Notes de Prod. : 24 Hour Party People

    en DVD le 04 Décembre 2003

Notes de production

The Factory… un Mythe !

Le punk, la new wave, New Order, The Hacienda…
Factory c'était tout ça, et plus encore. Un vrai mythe.
Factory était une usine, mais une fabrique à rêves où n'officiaient que de bons ouvriers, une manufacture à tubes…

1977, La jeunesse révoltée contre le conservatisme ambiant se passionne pour de nouveaux groupes teigneux et énergiques : les Sex Pistols, Magazine, les Buzzcocks…
Parmi ces protagonistes enragés se trouve le présentateur TV, Tony Wilson. Celui-ci fonde à Manchester le Factory Club afin d'y faire jouer ses groupes préférés : The Durutti, Column, Cabart Voltaire et Joy Division.
Après un premier concert convaincant, il décide d'approfondir l'expérience en fondant un label : Factory. Le concept est simple : chacun prend du plaisir à faire ce qu'il fait et des bénéfices sont partagés équitablement entre les groupes et l'entreprise.

Tony Wilson sait s'entourer de deux créateurs de génie, Martin Hannet et Peter Saville, graphiste à l'origine de la cold-wave. Hannet est le producteur du mythique et premier album des Buzzcocks. En 1978, il supervise l'enregistrement du premier opus du groupe Joy Division.

Le label devient plus qu'une simple fabrique de groupes géniaux, c'est un concept store avant l'heure, qui ne vous dit pas seulement quoi écouter, mais aussi comment adhérer à tout un idéal de vie en développant un merchandising bien pourvu.

The Hacienda, La genèse d'un lieu unique

Manchester, au début des années 1980…
Tony Wlson, Rob Gretton, et Joy Division sont à l'origine de l'ouverture d'un club qui n'existait nul part ailleurs, un nouveau temple de la musique : The Hacienda.
The Hacienda a été conçue aux antipodes des clubs existants à l'époque. Jamais aucune boîte de nuit n'avait été pensée avec une architecture délibérément industrielle. Le choc des "club bers" fut à la hauteur de la démesure architecturale. L'endroit était fonctionnel, dur, presque pesant et inquiétant comme peut l'être l'environnement d'une usine.

Ce lieu revendiquait la différence et la subversion. Le Situationnisme International inspira l'esthétique froide et minimaliste unique de l'univers de Tony Wilson. La nouveauté était partout et l'émergence de ce lieu n'était pas qu'un effet de mode, mais un véritable vivier de création. L'avant-gardisme du lieu assura son originalité pendant de longues années et la contagion artistique mit presque 10 ans avant de gagner de nombreux autres lieux de la nuit…
Tout au long de son existence, The Hacienda programma les plus grands créatifs du moment : The Smiths, Orchestral Manœuvre in the Dark, Oasis, Blur, Écho and the Bunnymen,…

Son âge d'or, du milieu à la fin des années 1980 consacra la house et l'extasy… et devint ansi le club le plus célèbre de la planète. Les DJ Mike Pickering, Graeme Park et Dave Haslam ont organisé les soirées les plus délirantes qui soient.
Le club faisait la part belle aux compositions musicales des indépendants de la ville et créa le mouvement "Madchester"…
The Hacienda rendait les gens heureux et provoquait l'extase.

Joy Division (New Order)

1977, le punk devient la nouvelle tendance à la mode. Emmenés par le groupe phare du mouvement, les Sex Pistols, les punks veulent exactement tout le contraire de ce que leur offre l'Angleterre conservatrice.
Quatre jeunes gens issus d'un quartier ouvrier, musiciens amateurs, fans de Bowie, d'Iggy Pop et du Velvet Underground, suivent les pas des Sex Pistols ; ils forment le groupe Joy Division. Bernard Sumer est à la guitare, Peter Hook à la basse, Stephen Morris à la batterie, et Ian Curtis au chant. Les membres du groupe s'amusent à provoquer la presse et le public. Musicalement, le son de Joy Division est révolutionnaire. Ian Curtis, à la voix sombre et déprimante, est ce qui fera de Joy Division un groupe unique dans l'histoire du rock…
Le suicide de ce dernier entraînera la fin de Joy Division. Les trois musiciens restants formèrent New Order. Le groupe suivit le chemin de la pop synthétique, mais son lourd passé lui donna, dans la mouvance plutôt légère du début de la New Wave une profondeur et un son très différent de la plupart des groupes synthé pop. Même s'ils n'ont pas repris le style insufflé par Ian Curtis dans Joy Division, les New Order ont toujours eu ce son de basse unique pour un groupe essentiellement synthétique.
C'est l'un des groupes majeurs dans l'évolution de la création musicale des années 80 et 90.

Happy Mondays

Le groupe rock britannique Happy Mondays se forme en 1985 à Manchester.
Issu de la scène rave, il est mené par le chanteur Shaun Ryder qui écrit des textes remplis d'allusions à la drogue et au sexe.
Happy Mondas se composait de cinq clubbers débraillés et originaires de Manchester : Shaun Ryder, chanteur et auteur, son frère Paul à la basse, Paul Davis "PD" au claviers, Gary Whelan "Gaz" à la batterie et Mark Day ("Moose") à la guitare. Plus tard, Mark Berry "Bez", percussionniste, viendra les rejoindre.
Comme les vedettes "locales" de Manchester, Joy Division, puis New Order, le groupe Happy Mondays a saisi l'opportunité d'une compétition musicale à The Hacienda pour s'envoler vers le succès.
Tony Wilson leur a donné la possibilité d'être produit sur son label, les propulsant ainsi vers un énorme succès. Outre le coup de maître de Wilson, le succès du groupe est aussi du groupe est aussi su à leur authenticité. Ils étaient géniaux, hédonistes, sexy, voyous, shootés…toujours partants pour s'éclater…

Entretien avec Michael Winterbottom

Pouvez-vous me parler de la genèse de "24 Hour Party People" ?
"Andrew Eaton (producteur) et moi, étions dans un bar canadien et nous recherchions des décors extérieurs pour le film "The Claim". C'était un bar à l'ambiance country et cela nous amena à réfléchir à la réalisation d'un film musical et étrangement je me souvenais de mon intérêt pour The Factory près de Manchester et je me suis dit qu'il serait bien de porter à l'écran l'histoire de "cette pépinière" de la création musicale.