Notes de Prod. : 24 Hour Party People

    en DVD le 04 Décembre 2003

Entretien avec Michael Winterbottom

Pouvez-vous me parler de la genèse de "24 Hour Party People" ?
"Andrew Eaton (producteur) et moi, étions dans un bar canadien et nous recherchions des décors extérieurs pour le film "The Claim". C'était un bar à l'ambiance country et cela nous amena à réfléchir à la réalisation d'un film musical et étrangement je me souvenais de mon intérêt pour The Factory près de Manchester et je me suis dit qu'il serait bien de porter à l'écran l'histoire de "cette pépinière" de la création musicale.
Petit à petit (…), nous eûmes exactement la vision de ce que devait être ce film. Dès mon retour en Angleterre j'en parlais avec Andrew à Franck Cottrell Boyce, le scénariste.
De plus, nous étions à la recherche d'extérieurs du scénario écrit par Franck et qu'il nous apparaissait jute de lui dire que The Factory Records serait un sujet intéressant et que le charisme d'un personnage comme Tony Wilson était tel que la musique, l'endroit et l'époque lui apparaîtraient suffisamment riches pour écrire un bon script.
Son enthousiasme fut réel et immédiatement il rencontra les acteurs de cette époque. D'interview en interview, il réussit à recréer un climat de référence concernant tous les personnages de cette formidable aventure…"


Quels étaient vos premiers souvenirs personnels concernant Tony Wilson ?
"Je me souviens d'avoir regardé Granada Reports et de l'avoir vu en tant que présentateur télé et je pense que c'est toujours fascinant quand on se rend compte qu'un personnage peut avoir plusieurs facettes.
Dire que ce type s'était impliqué dans The Hacienda et dans la découverte des groupes de l'époque et qu'en même temps il réalisait des reportages pour la télévision locale !
Son talent de manager fut vite reconnu. Je pense précisément ç un moment du film où le personnage de Shaun Ryder dit que chaque artiste a besoin d'être soutenu et que Tony peut être ce soutien car il ne le fait pas comme un travail mais comme une passion."


Qu'est ce qui motive vraiment Tony Wilson, Tony Wilson ou le personnage de Tony Wilson ?
"Je ne peux pas dire ce qui motive le vrai Tony Wilson. (…) Nous étions assez inquiets de sa première réaction (…), mais finalement quand nous lui avons parlé de notre idée il fut très enthousiaste, très ouvert et nous a raconté beaucoup d'anecdotes concernant sa vie, son travail avec les groupes et la musique… Vous pouviez sentir une émotion réelle qui touchait ces gens et il nous a vraiment aidé à rencontrer les personnages de cette formidable époque. Pour tout vous dire je pense qu'il est le cœur même de son personnage car c'est un type ouvert, enthousiaste et qui essaie toujours d'aider les autres."

Comment avez-vous choisi les acteurs qui interprètent le groupe Joy Division ?
"C'est comme pour tout autre casting, vous voulez des acteurs qui soient jutes. C'est forcément subjectif et en même temps pas très compliqué. Dans le cas présent, il y avait des performances musicales à réaliser ; à la fois faire partie d'un groupe e savoir jouer d'un instrument. Il ne s'agissait pas de ressembler à tout prix aux vrais musiciens mais plutôt d'être inspiré par leur musique et recréer une énergie commune en quelque sorte ! À ce sujet certains m'ont dit, après avoir vu le film, que "mon groupe" Happy Mondays faisait passer une ambiance proche de celle du vrai groupe. Ils ont réussi à faire passer cette complicité permanente qui existait entre tous les musiciens, qui en fait se connaissaient déjà depuis plusieurs années avant d'enregistrer leur premier album."

Avez-vous rencontré des difficultés à tourner cette histoire sur des gens qui sont toujours vivants ?
"Je pense qui si quelqu'un venait vers vous et vous disait "je vais tourner un film sur votre vie, ou votre personnage sera dans un film que je suis en train de réaliser", vous seriez pour le moins perplexe et peut-être même contrarié…
De plus, nous voulions par notre scénario, nous adresser au plus grand nombre et nous ne souhaitions pas être polémiques ou dénigrer certains groupes musicaux.
Le film se déroule de 1976 à 1982, période pendant laquelle la créativité musicale fut immense et surtout tous ces gens là s'amusaient vraiment, chacun y trouvait son compte et tout cela n'était pas encore dominé par l'argent ! Alors pour moi, c'est plutôt une façon de leur rendre hommage et je pense qu'ils seront heureux en voyant le film, enfin je l'espère…"


Le film va crescendo, on ressent bien cette légendaire ascension…
"Il fallait qu l'intérêt soit permanent pour le spectateur, le scénario devait relater ce qui unissait tous ces personnages, quelque soit leur degré de célébrité, avec les hauts et les bas. Ils sont restés amis jusqu'au bout de l'aventure. L'autre point intéressant est l'unité de lieu de cette histoire qui se déroule dans sa totalité à Manchester, qui devient par le fait, un événement central du film où les personnages vont et viennent."

Quelle fut votre approche de la musique dans le film ?
"La musique a un rôle très important mais ce n'est pas un film rock. On voulait la vraie musique et cela implique que vous devez prendre de vrais artistes (…). Nous voulions que le film ressemble à la Factory elle-même."

Notes de production

The Factory… un Mythe !

Le punk, la new wave, New Order, The Hacienda…
Factory c'était tout ça, et plus encore. Un vrai mythe.
Factory était une usine, mais une fabrique à rêves où n'officiaient que de bons ouvriers, une manufacture à tubes…

1977, La jeunesse révoltée contre le conservatisme ambiant se passionne pour de nouveaux groupes teigneux et énergiques : les Sex Pistols, Magazine, les Buzzcocks…