Notes de Prod. : 24 Mesures

    en DVD le 21 Août 2008

12 morceaux pour battre le rythme de 24 mesures…

Jalil Lespert pensait que le jazz se jouait en 24 mesures, c’est le grand jazzman Archie Shepp qui lui fit remarquer l’erreur, le jazz se joue en 12 mesures. Séduit par le nombre 24, 24 décembre, 24 images par secondes… Jalil garde le titre tel quel et se rattrape sur le nombre de morceaux pour la bande originale du film. Douze morceaux qui battent le rythme violent et libérateur du film, douze morceaux comme un petit clin d’œil à Archie Shepp.

La première chose qui frappe à l’écoute du cd, c’est la variété de styles musicaux. On commence par un morceau assez pop des Islands, pour s’enfoncer peu à peu dans la hardtech avec Manu le malin, après avoir fait un petit détour par l’électro avec entre autres le Dj Superpitcher. Il faut bien le dire, ce bouillonnement électro qui tient la place centrale dans le disque surprend un peu. On s’attendait peut être à quelque chose de beaucoup plus jazzy, de plus voluptueux où la violence se serait réfugiée dans les cris de martyre d’un saxo ténor.
Mais finalement cette essence hardtech habite tout le film, cette musique, ce son est celui d’une nouvelle génération qui a besoin d’exploser. Dans le film, les acteurs se libèrent sur le son de la techno surpuissante, ils se laissent aller presque animalement pour retrouver ensuite le rythme de leur propre pouls.

Cette bande originale mélange savamment musique universelle et musique de la génération 2000… Finalement, le message reste le même dans les deux genres, seul le moyen d’expression change.
Après la partie électro, on s’offre un petit moment gros rap qui n’est pas pour déplaire à la génération NTM, Kery James. Le rap c’est la première musique dans laquelle à baigner Jalil, c’est le son de la génération 90, c’est ce rap qui l’a poussé vers le jazz. Pour lui, le free exprime la même révolte que le rap, il incite au même acte de libération.
Le cd s’achève donc sur quelques sons d’Archie Shepp, qui clôt ces douze mesures avec toute la beauté et toute la soif de liberté qui habite le film.

Archie Shepp est le cœur du film, son rythme cardiaque. Il est celui qui se libère et comprend. Alors on est peut être plus séduit par sa musique que par les morceaux hardtech, mais tout cela reste une question de goût et quoi qu’il en soit, ceux pour qui 24 mesures sera un choc, apprécieront très certainement le cd.

24 mesures, La bande originale du film - Disponible le 3 décembre 2007 - Label Uwe

Florence Rochat (03 décembre 2007)

Entretien avec Jalil LESPERT, Réalisateur et scénariste


On vous connaît en tant que comédien. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer à la réalisation ?

J’ai toujours été cinéphile, mais je n’avais pas prévu ni même souhaité devenir comédien. Je venais d’avoir mon bac et j’ai eu l’occasion de participer à un court métrage en tant qu’acteur. Cela m’a plu mais j’ai, depuis le départ, été intéressé à la fois par le jeu et par la façon concrète dont se fabrique un film. C’est donc en tant que cinéphile, puis acteur, que m’est venue doucement mais sûrement l’envie de faire un court métrage. Le premier a été réalisé en 2000, de manière totalement improvisée. Pour le second, j’ai pris beaucoup de plaisir à réfléchir à la dramaturgie, au processus de l’écriture, à créer des personnages et raconter une histoire. Cela m’a conforté dans l’idée de réaliser un long métrage. J’aime raconter des histoires, et m’investir dans celles des autres uniquement en tant que comédien ne me suffisait pas. J’avais l’envie et l’énergie d’aborder le cinéma autrement. J’adorerais pouvoir raconter à travers des romans ou même de la musique, mais le cinéma est ma grammaire. C’est pour moi le meilleur moyen de partager une histoire.

HELLY par Lubna Azabal

Lorsque j’ai découvert le scénario, j’ai immédiatement été tentée par le projet. Je l’ai plus ressenti qu’analysé. On percevait déjà sur le papier cette force brute, cette urgence qui touche tous les personnages. Il y avait cette errance et puis, pour avoir vu DE RETOUR, le court métrage de Jalil, je savais qu’il saurait filmer comme il avait écrit, sans concession.

DIDIER par Benoît MAGIMEL

J’ai eu envie de participer au projet de Jalil. Sans avoir besoin de lire, sans en savoir beaucoup sur l’histoire, il était une raison suffisante pour me donner envie de m’engager, comme ça, à l’instinct. L’idée de travailler avec un acteur que j’aime beaucoup et dont je suis proche était une vraie motivation. On sentait que c’était un film qu’il avait envie de faire avec ses tripes, il y avait une urgence. C’était pour moi l’occasion de faire du cinéma autrement, sur un tournage court, intense et pour moi qui suis curieux, c’était forcément passionnant. De plus, je trouve que chaque fois qu’un acteur passe derrière la caméra, il y a une belle promesse, quelque chose d’intéressant.

CHRIS par Sami BOUAJILA

Je connais bien Jalil, et il m’a parlé de son projet très tôt. Je savais juste qu’il souhaitait me confier un rôle. Il m’a fait lire dès qu’il a pu et j’ai beaucoup aimé l’écriture. On sentait déjà quelque chose de spécial. Il n’y avait pas d’effet de style, seulement l’énergie d’un choc, d’une série de rencontres qui le temps d’une nuit, marquent des tournants dans la vie des protagonistes. Les personnages étaient denses, les situations très concrètes, toujours aiguës et fortes.

MARIE par Bérangère ALLAUX

Dès que j’ai découvert le scénario, j’ai ressenti quelque chose de fort. Le film m’intéressait par l’intensité qu’il promettait. Depuis mes débuts, dans tout ce que j’ai fait, que ce soit au théâtre ou au cinéma, j’ai toujours eu envie de jouer des choses qui vous embarquent, qui ne trichent pas.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 8 365 entrées
  • Cumul IDF : 10 303 entrées

  • 1ère semaine France : 13 002 entrées
  • Cumul France : 16 140 entrées