Le mythe du vampireJusqu’au bout de la nuit la plus longue...
Le producteur Bob Tapert, fondateur avec Sam Raimi de Ghost House Productions, raconte : «Nous avons tout de suite été séduits par l’idée de vampires profitant d’une nuit qui dure un mois entier pour attaquer les habitants d’une petite bourgade perdue en Alaska. Ce projet était très excitant parce que l’horreur qu’il engendre possède une intensité et une esthétique stylisée tout à fait exceptionnelles. J’ai toujours adoré ce genre de films. Pour Sam Raimi et moi, qui avons réalisé et produit Evil Dead, 30 Jours De Nuit est un véritable retour aux sources. »
Impressionnés par le premier film de David Slade, Hard Candy, Rob Tapert et Sam Raimi lui ont confié la réalisation de 30 Jours De Nuit.
Tapert note : « David a un style et une façon de travailler vraiment uniques. Il a toujours une image claire de ce qu’il veut, et sait très bien comment l’obtenir en dirigeant ses acteurs. C’est un adepte des plans serrés et des gros plans, il est très attentif aux détails, et cela apporte énormément d’énergie au film. »
David Sladeconfie : « Longtemps avant qu’on ne me propose de réaliser 30 Jours De Nuit, j’ai acheté la première édition de la bande dessinée. J’adorais les dessins de Ben Templesmith, en particulier celui où Eben voit les vampires pour la première fois. Après avoir réalisé mon premier film, j’ai eu une entrevue avec des cadres de Columbia Pictures qui m’ont appris qu’ils avaient les droits de l’histoire. Quand j’ai su cela, je leur ai dit que j’étais prêt à me couper un bras pour réaliser le film ! »
Dans la littérature occidentale, la mythologie du vampire s’inspire très largement de la légende qui entourait Lord Byron et du roman Dracula de Bram Stoker paru en 1897, mais cette créature de la nuit existe dans certaines cultures du monde entier depuis bien plus longtemps. Pourtant, les vampires auraient, de l’avis de Steve Nileset Ben Templesmith, perdu un peu de l’horreur qu’ils inspiraient.
Avec 30 jours de nuit, les auteurs de la B.D. souhaitaient revenir aux racines du genre et s’éloigner de l’image gothique et romantique rattachée à leurs monstres préférés.
Steve Niles explique : « Nous voulions rendre aux vampires tout leur potentiel horrifique, les montrer comme des créatures effrayantes, brutales et sauvages, pour qui les humains ne sont que de la nourriture. En explorant ce concept dans ses dessins, Ben a donné une esthétique terrifiante à la bande dessinée. »
Ben Templesmith commente : « L’imagerie classique des vampires est très romantique, et je voulais quelque chose de beaucoup plus bestial et d’étrange, de puissant, sombre et torturé. Je voulais de vraies machines à tuer. »
Un des objectifs premiers des cinéastes a été de transposer fidèlement la puissance du style graphique de la B.D. à l’écran. David Slade déclare : « J’avais adoré les dessins de Ben Templesmith et je voulais absolument retrouver la même esthétique et la même ambiance dans le film. »
Bob Tapert ajoute : « David et son équipe ont vraiment su capter le style et les textures de la B.D. En alliant l’action au style graphique de Ben, ils ont donné à ce film un style visuel vraiment à part. »
Pour rester fidèles à la B.D., les vampires du film devaient paraître presque humains. Même si les maquillages spéciaux créés par le département des effets reposent en partie sur des prothèses, celles-ci devaient rester discrètes.
David Slade explique : « Je voulais juste modifier un peu le visage des vampires, en briser les lignes pour les rendre moins humains, bien que toujours aussi réalistes. Ils sont suffisamment humains pour qu’on puisse les reconnaître, mais ils sont quand même assez différents de vous et moi ! »
Pour réaliser les créatures, les cinéastes ont travaillé avec les artistes néo-zélandais de Weta Workshop qui ont participé à la trilogie Le Seigneur Des Anneaux et au film Le Monde De Narnia - Chapitre 1 : Le Lion, La Sorcière Blanche Et L'Armoire Magique.
Rob Tapert commente : « Nous voulions vraiment rester fidèles au dessin de Ben Templesmith, mais nous voulions aussi créer un nouveau Nosferatu, une créature originale capable de vraiment terrifier la jeune génération qui aime les vampires. David Slade a travaillé avec Gino Acevedo, de Weta Workshop, et Aaron Sims, un artiste conceptuel, pour créer le résultat final. David et Aaron ont fait beaucoup de dessins à Los Angeles, et Gino en a ensuite tiré des modèles en trois dimensions. Gino s’est aussi occupé avec son équipe de la fabrication, du moulage, de la mise en couleur et de l’application des prothèses. Ils ont fait un travail incroyable tout en restant fidèles à l’esthétique que David et moi avons voulue pour les vampires. »
Humains et vampires aux limites du monde
Josh Hartnett interprète Eben, le shérif de Barrow.
Il raconte : « J’ai été très impressionné par la façon dont la B.D. mélangeait les meilleurs aspects du mythe du vampire. C’était drôle et effrayant à la fois, et l’histoire était simple, percutante. J’ai beaucoup aimé le fait qu’elle se développe autour des personnages. Quand un film met en scène des protagonistes aussi intéressants, c’est toujours plus facile pour les spectateurs de se laisser entraîner dans leur univers fantastique. »
Avant d’accepter le rôle d’Eben, Josh Hartnett a rencontré David Slade pour discuter avec lui de sa vision du film.
L’acteur explique : « Nous sommes allés dans un bar que je fréquente depuis l’âge de 21 ans et que je connais très bien. Au moment de partir, David a pris des photos du bar et me les a envoyées par e-mail quelques jours plus tard. Il avait retravaillé l’exposition, la lumière pour leur donner une atmosphère sombre et ténébreuse. Je ne reconnaissais plus l’endroit ! A ce moment-là, je me suis dit que s’il était capable de faire ça, le film allait vraiment donner la chair de poule. »
David Slade observe : « Josh est parfait dans son rôle. Même si son personnage reste un premier rôle assez romantique, il a aussi su en faire un héros blessé, ce qui est toujours plus intéressant. C’est un personnage humain qui a des défauts et à qui il arrive de perdre son calme, un homme comme vous et moi, pas un super héros invincible qui décapite des vampires à tour de bras. »
Melissa George joue Stella, la femme d’Eben.
Elle raconte : « Eben et Stella se sont séparés. J’aime beaucoup ce personnage parce qu’elle est forte et vulnérable à la fois. Elle aime les gens de Barrow, elle aime encore Eben... et elle aime aussi beaucoup son arme ! »
Rob Tapert confie : « C’est David Slade qui a eu l’idée de prendre Melissa pour le rôle de Stella. Selon lui, elle était la seule à pouvoir apporter un peu de chaleur à ce personnage. Force est de constater qu’il ne s’est pas trompé ! »
Danny Huston incarne Marlow, le chef des vampires.
L’acteur observe : «30 Jours De Nuit renoue avec les classiques du cinéma d’horreur. Les gens vont être tout simplement terrifiés ! De plus, comme il s’inspire d’une B.D., le film est très graphique, les vampires qu’il montre ne sont pas ceux que nous sommes habitués à voir. J’ai beaucoup de compassion pour un être comme Marlow.
On tournait uniquement la nuit et à force de jouer les vampires, j’en venais presque à avoir peur du soleil quand il se levait le matin... Se balader avec les ongles, les dents, les lentilles et les prothèses n’était pas très agréable, mais cela m’a permis de mieux comprendre ce que pouvait être une telle créature. C’est difficile d’être un vampire, c’est une vie très pénible ! »
David Slade ajoute : « Danny était habité par son personnage. Je suis sa carrière depuis Ivans Xtc et The Proposition et en travaillant avec lui, je me suis rendu compte que c’était un véritable perfectionniste. Il s’est beaucoup impliqué dans la création du langage que parle son personnage. »
Ben Foster interprète l’Etranger.
Il raconte : « J’avais très envie de travailler avec David Slade, en particulier sur ce projet. Je le connais personnellement depuis quelques années et j’étais déjà un fan de la bande dessinée. Le personnage qu’il me proposait m’intéressait beaucoup en raison de sa volonté de faire partie d’un groupe et de mourir pour lui. Les gens comme lui sont rares. Pour moi, il est une sorte de métaphore. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’interpréter. »
David Slade se souvient : « A notre première entrevue, Ben m’a mitraillé de questions sur son personnage. C’était très agréable de voir qu’il s’y intéressait autant. Parmi toutes ses questions, il m’a demandé d’où venait l’Etranger. Je lui ai répondu qu’il serait intéressant qu’il vienne du Sud. Là-dessus, il s’est entraîné tout seul à parler avec l’accent cajun. C’était une très bonne idée parce que cela a beaucoup enrichi son personnage. L’Etranger a un rôle très spécifique dans cette histoire de vampires.
S’il faisait partie du monde de Bram Stoker, il serait Renfield. C’est une sorte de fou qui aide les personnages principaux tout en désirant plus que tout devenir lui- même un vampire. Il a vu des choses horribles, il a même vécu parmi eux. Quand le film débute, il sait que c’est sa dernière nuit en tant qu’humain, et il attend avec jubilation de subir sa transformation. Plutôt que d’en faire un fou, Ben a préféré faire ressortir les émotions qui l’agitent. Il en a fait un personnage vil et repoussant, mais en même temps assez sympathique - du moins autant que peut l’être le démon. » Secrets de tournage Le tournage
Avec 30 Jours De Nuit, les cinéastes voulaient un film aussi créatif et esthétique que la B.D. originale. Le chef décorateur Paul Austerberry raconte : « David Slade était très clair sur le fait que la B.D. devait être le point de départ de toutes nos créations. » |
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