Comment est né votre amour du cinéma ?
Quand j’étais enfant, il y avait le dimanche une émission sur Hollywood avec des films des années 30 à 50 que je regardais en compagnie de ma mère, au grand désespoir de mon père qui pensait qu’il y avait autre chose à faire ! Puis à l’âge de 13 ans, je me suis tourné vers le cinéma européen, et j’ai été fasciné par des films comme SATYRICON ou AMARCORD de Fellini, LES DAMNÉS de Visconti, LE DERNIER TANGO À PARIS de Bertolucci ou CRIS ET CHUCHOTEMENT de Bergman. Il y a aussi
Rainer Werner Fassbinder que j’admire plus que tout pour l’acuité psychologique des personnages, l’humour ironique et cet équilibre entre l’aspect personnel, politique et mélodramatique.
Comment est né le projet du film ?
A la lecture du livre, j’ai été emporté par le personnage de Billy qui se bat pour son indépendance et qui essaie tant bien que mal de s’accepter, et tout ça se passe dans un coin perdu. J’étais en Inde quand j’ai commencé à écrire le scénario, de ma chambre je voyais l’Himalaya qui se rapproche des paysages grandioses de Nouvelle-Zélande. Il m’a fallu plus de cinq ans pour aboutir au scénario final, mais je me suis accroché !
Comment s’est passé la préparation du film ?
Je savais déjà que je voulais tourner à Central Otago, au sud de la Nouvelle Zélande, qui est réputé pour ses couleurs ocres et changeantes. Toute la population fut mise à contribution car il fallut recréer l’atmosphère du coin dans les années 70 et ressortir vieux camions et pick-up d’époque. Le casting a été compliqué et long car plus un livre est un succès et plus il est difficile d’incarner le héros sans décevoir les lecteurs. J’ai parcouru le pays pendant plus d’un an, allant d’école en
école, pour trouver le personnage de Billy, mais également les autres enfants du film. Il fallait que tous les personnages soient sur la même longueur d’onde pour que l’on ait vraiment une intimité et que l’on comprenne bien chaque caractère, et je suis plutôt fier du résultat et de mes comédiens !