Ecrire une histoire d’amour Post-Moderne
“Toutes choses égales par ailleurs, c’était Summer Finn – une fille comme les autres. Sauf que « pas du tout ».” Le Narrateur
500 Jours Ensemble est né dans l’angoisse. Le projet a été lancé par deux jeunes scénaristes – un célibataire, en convalescence de déception amoureuse, et l’autre, engagé dans une relation durable – s’imaginant les histoires d’amour qu’ils auraient pu vivre, qu’ils auraient peut-être dû vivre, mais qu’ils n’ont finalement, jamais vécues.
Scott Neustadter : « Il y a certains sujets auxquels les comédies romantiques font allusion : Est-ce que la « femme de sa vie », ça existe vraiment ? Et que se passe-t-il le jour où vous la perdez ? Que faire ensuite ? Est-il encore possible de croire en l’amour ? Est-ce que votre opinion au sujet de l’amour change ? » C’est ainsi qu’est né le personnage de Tom Hansen, un garçon qui croit passionnément et d’une façon tout à fait déraisonnable aux mystères et aux pouvoirs de l’amour, et celui de la femme qui n’y croit pas du tout – la muse romantique de Tom, son obsession, incapable de s’engager, le fléau de ses idéaux : Summer. Mais ce n’était pas tant Tom qui intéressait les scénaristes que les mécanismes de sa mémoire, alors qu’il se remémore ce qui s’est vraiment passé entre Summer et lui.
Scott Neustadter : « Nous voulions suivre un personnage qui se promènerait le long de sa mémoire, le long de sa relation, en faisant des allers-retours dans le temps, et se rendrait peu à peu compte de choses qu’il n’avait pas remarquées alors qu’il était en train de les vivre. »
Dès le début, Neustadter et Weber étaient irrités par la mièvrerie répétée, le sentimentalisme et les conventions inexpliquées de la comédie romantique – et cherchaient à trouver une manière plus réaliste de raconter la romance qui fait passer le cœur de Tom à la moulinette.
Scott Neustadter : : « On a mis de côté toutes les règles, et on a cherché des structures alternatives. On a suivi toutes nos idées, même les plus loufoques, de la manière dont les gens sont transportés par une chanson à celle dont ils noient leur tristesse dans un film. Tout ce qui était dans l’esprit et la mémoire de Tom devenait une cible légitime. » Les scénaristes ont pris des libertés avec la chronologie, passant de l’avance- rapide au retour en arrière tout au long de la relation de Tom et Summer. Comme l’explique
Michael H. Weber, « On a pris beaucoup de plaisir à déconstruire la chronologie de cette relation, mais on gardait toujours un minimum de méthode dans notre folie. En y réfléchissant, c’est la manière dont la mémoire marche : quelque chose va vous rappeler un moment incroyable, qui va vous rappeler un autre moment, autrement plus désagréable, mettant à jour le lien entre ces deux évènements et permettant une sorte de « révélation ». On est tous passés par les tranchées de l’amour, par les hauts et les bas. Il s’est donc imposé, à Scott et à moi, que le seul point de vue à prendre pour raconter cette histoire, c’était celui du vécu. C’était plutôt intéressant pour nous, puisque Scott était justement en pleine période post-rupture, et moi, au beau milieu d’une relation durable et stable. On a donc chacun apporté une vision complètement opposée du sujet.
Le producteur,
Mason Novick : « C’est une histoire à laquelle on ne peut pas vraiment mettre d’étiquette. Ce n’est pas une comédie romantique typique, et ce n’est pas non plus un drame – c’est une vision curieuse, drôle et rafraîchissante de la relation amoureuse contemporaine. Bien sûr, la réalité dépasse souvent la fiction, mais les scénaristes ont été capables d’apporter ce côté réel en l’incorporant au point de vue très particulier qu’ils ont sur le monde et sur le fait de devenir un membre du couple. » Comme l’ajoute
Jessica Tuchinsky, productrice : « Les auteurs, Scott et Michael, sont en fait deux Tom. Ils ont grandi en écoutant les mêmes chansons, les mêmes films, et ils ont ressenti les mêmes feux d’artifices intérieurs lorsqu’ils sont tombés amoureux. »
Les producteurs cherchaient un metteur en scène créatif à l’image du scénario, ils contactèrent
Marc Webb, nouveau venu qui avait fait ses armes dans le clip et la publicité, et cherchait à tourner son premier long-métrage.
Il eut immédiatement un coup de cœur pour
500 Jours Ensemble : « La première fois que j’ai lu le scénario, j’ai eu l’impression d’être Tom rencontrant Summer pour la première fois. Je viens d’un monde où les règles ne sont pas légion, où vous n’êtes pas obligés de coller à une sensibilité narrative stricte, ce qui permet de s’éloigner des conventions et de s’en libérer. C’est pourquoi j’adorais l’idée de me plonger dans une comédie qui me permettait de ne pas être linéaire. Le défi pour moi était, une comédie qui me permettait de ne pas être linéaire. Le défi pour moi était, avec toutes ces libertés, d’arriver néanmoins à garder des personnages réalistes qui puissent se livrer l’un à l’autre à un niveau émotionnel poussé. On peut dire que je voulais garder la ligne entre la magie et la réalité
A la recherche du Casting
“Calme-toi. T’emballe pas. C’est rien d’autre qu’une fi lle. Qui ne veut rien de sérieux. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est dans ton lit, là, maintenant, tout de suite. Nue. Ca n’a rien de sérieux ça, hein ?” Tom
Dans
500 Jours Ensemble, toute l’histoire est racontée du point de vue du garçon. Tout provient de l’esprit enamouré de Tom Hansen, un garçon qui écrit de savoureuses déclarations d’amour pour les autres, mais semble incapable de communiquer la profondeur de ses sentiments à la seule femme qui ait une quelconque importance pour lui : l’insaisissable Summer. Trouver l’acteur capable d’endosser le rôle de Tom était essentiel.
Marc Webb, le réalisateur, a choisi
Joseph Gordon-levitt. Jeune acteur, il s’est distingué à plusieurs reprises ces dernières années, dans des fi lms comme
Mysterious Skin,
Brick ou
La Jurée.
Marc Webb : “ Joe est malin, et a tout de suite compris tout ce qui faisait cette histoire et le personnage de Tom. Il était aussi très curieux, posant beaucoup de questions. Il trouve le moyen d’être très drôle tout en apportant de l’émotion à chaque scène avec beaucoup de sincérité. »
Joseph Gordon-levitt adorait l’idée de raconter une histoire d’amour à partir du point de vue masculin, assez peu utilisé généralement : « L’idée que l’histoire ait été écrite par deux mecs, et réalisée par un troisième me plaisait bien, tout en n’ayant aucun problème quant au fait que l’histoire soit racontée de notre perspective. Le film ne prétend à aucun moment donner un point de vue objectif. L’histoire entière est vue au travers du prisme de l’expérience de Tom, de son expérience de l’amour. L’amour n’est pas rationnel, ni logique, ni linéaire. C’est une histoire d’amour authentique, mais qui ne se prend pas au sérieux pour autant. Pour Tom l’amour est comme dans les films ou dans les chansons . Il essaye de vivre un amour idéal, au lieu de vivre la réalité de sa relation avec Summer ... Ce qu’il découvrira bien plus tard. On m’a déjà brisé le cœur, en mille morceaux, mais lorsque je repense à cette période, c’est hilarant, parce que le ressenti est tellement plus intense que ce qu’il est vraiment. Ce que j’adore avec
500 Jours Ensemble, c’est que le film ne donne pas une lumière avantageuse de ce que nous traversons au cours de nos romances, mais une image honnête d’une relation, qui est souvent comique. »
L’autre plaisir pour
Joseph Gordon-levitt était de retrouver
Zooey Deschanel, avec laquelle il avait déjà joué dans
Manic de Jordan Melamed : « C’était génial de partager quelque chose de complètement différent avec elle, et de se marrer tous les jours.
500 Jours Ensemble est tellement léger, rêveur et charmant – c’est assez facile de ressentir tout ça quand vous êtes avec Zooey. »
Marc Webb : « Zooey est l’ingénue parfaite. Elle est Summer pour des raisons très différentes. Elle est drôle, sincère, très vive, elle a les plus beaux yeux du monde et une sorte d’énergie volatile qui la rend fascinante à regarder. »
Zooey Deschanel : « Summer est un personnage passionnant, puisqu’elle n’est envisagée que du point de vue de Tom, en tant qu’idéal féminin, alors qu’en fait, c’est une fille intelligente et intéressante, avec ses problèmes. J’étais très enthousiaste à la lecture du scénario. C’était une nouvelle manière de raconter une histoire qu’on avait déjà entendue auparavant. Je connais Joe depuis des années et je me sens complètement à l’aise avec lui. Il est parfait dans le rôle de Tom parce que tout en étant adorable et mignon, il arrive à faire passer une certaine naïveté charmante. » L’entourage de Tom, ses amis et sa famille, sont ses conseillers et ses confidents tout au long de la relation. Ses deux meilleurs amis – Paul, son ami docteur et son collègue McKenzie – luttent pour éclaircir le point de vue de Tom. Ils sont interprétés par
Matthew Gray Gubler et
Geoffrey Arend.
Matthew Gray Gubler : « Paul et McKenzie sont la bonne et la mauvaise conscience de Tom. Paul est plus collet monté, alors que McKenzie est complètement exubérant. Ils donnent des avis complètement différents à Tom. Paul est marié depuis des années à une fille qu’il a rencontrée à la maternelle et McKenzie a dû sortir avec une seule fille (et encore) dans toute sa vie. Il a donc deux handicapés sociaux en guise d’Obi Wan Kénobi. »
Geoffrey Arend : « Tom, c’est l’éternel optimiste, il passe ses journées à attendre que Cendrillon vienne l’enlever, alors que McKenzie est un pessimiste notoire qui est persuadé que rien ne marche jamais, et que l’amour c’est un mythe. Mais quoi que disent Paul et McKenzie, Tom fait toujours ce qu’il veut. » Étonnamment, la source de conseil la plus avisée de Tom semble être Rachel interprétée par Chloë Grace Moretz, sa petite sœur de 12 ans, capable de perles de clairvoyances comme « ce n’est pas parce qu’une jolie fille aime les mêmes conneries bizarres que toi, que ça fait d’elle ton âme sœur. »
A Propos de la Musique
“Je suis vraiment pas assez bourré pour chanter devant tous ces gens.” Tom
Il y a peu de choses plus à même de capturer le bonheur béat d’une amourette et l’agonie d’une séparation en aussi peu de temps qu’une chanson – et la musique a toujours été un élément clé dans la vision générale de
500 Jours Ensemble. Alors même qu’ils écrivaient le scénario,
Scott Neustadter et Michael Weber se remémoraient certains morceaux – de l’hymne « God Bless America » de Lee Greenwood à une version karaoké du plaintif « Train in Vain » des Clash en passant par la ballade omniprésente « You Make My Dreams Come True » de Hall & Oates – pour les mettre dans le tableau. La musique est présente tout au long de l’histoire ; c’est ce qui rapproche Tom et Summer ; ce qui nourrit son extase amoureuse et suit ses angoisses tout au long des montagnes russes de leur relation. C’est même un sujet de dispute, se retrouvant dans un débat fantasque sur le Beatles préféré.
Le look de Summer : Créer le monde de Tom, réel et rêvé.
“ Une relation, c’est souvent le bordel. On en prend plein la gueule. Qui a besoin de ça ? On est jeunes. On vit dans une des plus belles villes du monde. Moi je dis, marrons-nous tant qu’il est encore temps...” Summer
Marc Webb a travaillé avec le Directeur de la Photographie
Eric Steelberg : « Les directions esthétiques de Marc, c’était de rester très naturel, tout en ponctuant ce naturalisme de moments fantasmagoriques, qui traduisent l’élan des sentiments de Tom pour Summer. Il voulait aussi photographier Los Angeles de façon originale, et il m’a montré de très belles photos de villes en couleur dans les années 50 et 60. C’était le style dont il voulait s’inspirer. »
Marc Webb : « Nous voulions utiliser des schémas de couleur de manière à leur donner du sens. Même si la palette est assez limitée, on voulait que ça soit chaleureux, accueillant et artistique. » L’envie de Webb de filmer Los Angeles comme une ville icône de l’amour à l’instar de New York ou Paris a tout de suite séduit la décoratrice,
Laura Fox : « Nous avions l’opportunité de créer une vision totalement inattendue de Los Angeles. C’est une ville qui peut être très belle, romantique et excitante lorsqu’on s’intéresse aux détails architecturaux, aux bâtiments et à son histoire. »
Marc Webb : “Nous avons été très vigilants en évitant des décors trop modernes, propres et élégants. On a plutôt tourné dans le centre ville d’avant-guerre, dans Korea Town et dans ce bar de karaoké qui vous donne l’impression d’être tombé sur un vieux livre de comptines abandonné sur une étagère : un peu corné, un peu passé, mais avec des trésors d’espoirs en lui. »
Le film a aussi été l’occasion pour
Hope Hanafin, la créatrice des costumes, de laisser libre cours à sa créativité, en utilisant un mélange d’intemporel, de style et de romantisme pour faire évoluer l’évocation du monde de Tom.
Hope Hanafin se rappelle de
Marc Webb, lui montrant quelques photos pour donner le ton : « Les sujets étaient contemporains, mais avaient un air d’être hors du temps. Une sorte de qualité monochromatique et assez diffuse qui leur donnait une impression de distance et de romantisme. C’était notre point de départ – chercher des images existant uniquement dans l’imaginaire parce qu’elles ne sont pas liées à un moment en particulier. »
Pour trouver cette sensibilité, elle créa tous les costumes de manière synchrone, mélangeant et accordant les pièces comme dans un collage. Elle commença par Tom, dont les costumes changent avec ses émotions : « Au travail Tom est plutôt en pantalon Docker mal repassé et Pull passé, parce qu’il n’est pas très investi émotionnellement dans le monde professionnel, mais lorsqu’il est dehors et a une chance d’être lui-même, il a un look plus branché, plus jeune, qui se réfère aux années 60 et au cinéma français. Tom est toujours le point central de chaque composition. »
Effectivement, le look de Summer émerge du point de vue de Tom, qui la voit comme l’ultime objet de son affection – d’où les robes rétro, les caracos et les coiffures, qui appuient la mémoire distante d’une féminité parfaite. Mais il y avait autre chose d’important pour définir Summer... La couleur bleue.
Hope Hanafin poursuit : « On a gardé le bleu exclusivement pour le personnage de Zooey. Elle a d’incroyables yeux bleus, et il y a quelque chose de vraiment magique à lui faire porter du bleu. Personne ne met du bleu dans le film sauf pour une scène un peu spéciale... où le monde entier devient bleu. »
Marc Webb : « Je voulais me libérer des conventions et en faire de ce film un voyage émotionnel s’attachant à montrer des personnages qui cherchent une place pour la passion dans leur vie. J’aurais bien aimé avoir entendu parler de Tom et Summer quand j’avais 18 ans – Ca aurait sûrement simplifié ma vie amoureuse ! »