Propos de Jean-Marc Barr et de Pascal Arnorld
Point de départ du film
Pascal Arnold :
C’est dans un journal que j’ai découvert le fait divers qui a inspiré Chacun sa nuit. Le fait que les protagonistes de ce fait divers n’ont jamais expliqué leurs actes a provoqué mon imaginaire. S’il y avait eu des raisons précises derrière tout ça, je n’aurais jamais écrit cette histoire. En passant un tel fait divers au prisme de la fiction, je cherchais à cerner comment des adolescents pouvaient arriver à cet extrême-là. Régulièrement des adolescents ou des jeunes adultes passent à l’acte, dans une révolte à priori inexplicable, dans la sphère de l’intime. Notre fi lm n’entend pour rien démontrer, ni livrer de quelconques explications psychologiques. On souhaitait juste questionner un manque de repères de plus en plus évident dans notre société, où, par voie de fait, la trahison comme ce meurtre est le point ultime. On en arrive à tuer ceux qui nous ressemblent puisque certains jeunes, s’affirmant peut-être dans un rejet de ce qu’ils sont, s’en prennent de plus en plus à ceux auxquels ils ressemblent. À l’heure des révolutions introuvables, ces adolescents-là sont à la recherche de moyens pour exprimer leur mal-être existentiel.
Jean-marc Barr :
On avait alors déjà un autre long métrage en projet mais j’ai immédiatement su qu’il fallait commencer par celui-ci. Parce que son scénario me plaisait vraiment avec à la fois du réalisme et de la poésie. Il y avait un exotisme évident dans l’univers créé. Je voyais dans cette histoire une joie et un amour qui permettaient une tragédie humaine à laquelle on pouvait s’identifier. Il y a dans ce film quelque chose capable de relier le spectateur avec le mal-être qui a cours dans notre époque : un certain manque de repères. Pour cela, on a souhaité montrer toute la lumière qui entoure nos personnages malgré la noirceur de leur environnement et de leurs actes. Entre eux, il y a quelque chose de rassurant et d’apaisant. Donc de troublant pour le spectateur. Chacun sa nuit peut offrir des repères un peu différents à la jeunesse, une autre manière d’appréhender le monde. L’individualité du personnage de Pierre représente un espoir : l’humain, chacun dans ses particularités, peut exister malgré l’étouffement de l’époque. Pierre manifeste son désir de vie. Il nourrit cet espoir jusqu’à la mort car il assume jusqu’au bout son individualité. On ne fait pas assez attention aux êtres “sacrifiés” d’une époque.
Travail en duo
Pascal Arnold :
Pour la première fois dans notre collaboration, j’ai écrit le scénario seul. Mais cela n’a rien changé à notre travail commun. Et on l’a d’ailleurs retravaillé ensemble, une fois la première version achevée. Pour autant, je suis toujours incapable d’entrer dans les détails précis de notre collaboration. C’est une alchimie qui recèle sa part de mystère. Comme dans toute expérience forte, trop expliquer tue l’illusion (rires). Nos différences sont un terreau créatif stimulant.
Jean-marc Barr :
Moi je dirais que dans notre duo, ma force est de privilégier l’instinct à la perfection. Pascal, lui, fait le plus dur. Il accouche de l’histoire, il définit un style. Il possède cet art du scénario que je n’ai pas. Il se nourrit de tout ce qu’il a lu et vu pour créer un univers de plus en plus singulier. Et je le laisse s’envoler ! (rires) J’aime notre collaboration pour son dynamisme, pour notre capacité à rebondir, à enchaîner. En sortant du laboratoire Eclair avec les pellicules sous le bras, j’avais en tête l’idée que ce film allait sans doute bousculer des vies, comme Too much flesh, à son époque, a pu influencer des gens.
Les intentions
Pascal Arnold :
A mes yeux, notre trilogie sur la liberté - Lovers, Too much flesh, Being Light - constitue un seul et même film. Chacun sa nuit est donc en quelque sorte notre deuxième long métrage. Nous souhaitions avancer dans notre façon de faire du cinéma. Ainsi, avec ce film, on ne voulait pas de structure linéaire. On souhaitait prendre des ingrédients du film de genre - le polar avec l’enquête - pour les distiller à l’intérieur des relations très fortes qui unissent ce groupe d’adolescents. Le pari du film résidait dans la réussite de ce cocktail. Car avec Jean-Marc, on est très éclectiques dans nos goûts et nos désirs de cinéma. Si on avait envie d’aller vers le film de genre et de» marquer une rupture visuelle dans notre manière de réaliser, il n’était pas question de perdre pour autant notre style en cours de route. Chacun sa nuit devait aussi s’appuyer sur des personnages forts, des relations passionnées et nos thèmes de prédilection : le corps et la sexualité. On voulait aborder ce sujet sans complaisance en se focalisant sur le contraste entre les énergies à priori insouciantes de ce groupe d’adolescents et un acte violent où coupables et victime se ressemblent étrangement.
Jean-marc Barr :
Avant Chacun sa nuit, on avait déjà écrit deux polars en anglais. Il y a donc chez nous le désir d’une nouvelle trilogie, cette fois-ci consacrée aux films noirs. C’est un univers que je connaissais pourtant mal il y a encore cinq ans mais durant toute cette période, Pascal m’a nourri d’auteurs du genre. Je me suis alors peu à peu imprégné de cet univers et l’envie de nous y plonger est donc née tout naturellement. Avec, bien évidemment, en toile de fond le désir de tisser des liens entre l’intrigue policière de notre film et la réalité de la société d’aujourd’hui.
Pascal Arnold :
C’est dans un journal que j’ai découvert le fait divers qui a inspiré Chacun sa nuit. Le fait que les protagonistes de ce fait divers n’ont jamais expliqué leurs actes a provoqué mon imaginaire. S’il y avait eu des raisons précises derrière tout ça, je n’aurais jamais écrit cette histoire. En passant un tel fait divers au prisme de la fiction, je cherchais à cerner comment des adolescents pouvaient arriver à cet extrême-là. Régulièrement des adolescents ou des jeunes adultes passent à l’acte, dans une révolte à priori inexplicable, dans la sphère de l’intime. Notre fi lm n’entend pour rien démontrer, ni livrer de quelconques explications psychologiques. On souhaitait juste questionner un manque de repères de plus en plus évident dans notre société, où, par voie de fait, la trahison comme ce meurtre est le point ultime. On en arrive à tuer ceux qui nous ressemblent puisque certains jeunes, s’affirmant peut-être dans un rejet de ce qu’ils sont, s’en prennent de plus en plus à ceux auxquels ils ressemblent. À l’heure des révolutions introuvables, ces adolescents-là sont à la recherche de moyens pour exprimer leur mal-être existentiel.
Jean-marc Barr :
On avait alors déjà un autre long métrage en projet mais j’ai immédiatement su qu’il fallait commencer par celui-ci. Parce que son scénario me plaisait vraiment avec à la fois du réalisme et de la poésie. Il y avait un exotisme évident dans l’univers créé. Je voyais dans cette histoire une joie et un amour qui permettaient une tragédie humaine à laquelle on pouvait s’identifier. Il y a dans ce film quelque chose capable de relier le spectateur avec le mal-être qui a cours dans notre époque : un certain manque de repères. Pour cela, on a souhaité montrer toute la lumière qui entoure nos personnages malgré la noirceur de leur environnement et de leurs actes. Entre eux, il y a quelque chose de rassurant et d’apaisant. Donc de troublant pour le spectateur. Chacun sa nuit peut offrir des repères un peu différents à la jeunesse, une autre manière d’appréhender le monde. L’individualité du personnage de Pierre représente un espoir : l’humain, chacun dans ses particularités, peut exister malgré l’étouffement de l’époque. Pierre manifeste son désir de vie. Il nourrit cet espoir jusqu’à la mort car il assume jusqu’au bout son individualité. On ne fait pas assez attention aux êtres “sacrifiés” d’une époque.
Travail en duo
Pascal Arnold :
Pour la première fois dans notre collaboration, j’ai écrit le scénario seul. Mais cela n’a rien changé à notre travail commun. Et on l’a d’ailleurs retravaillé ensemble, une fois la première version achevée. Pour autant, je suis toujours incapable d’entrer dans les détails précis de notre collaboration. C’est une alchimie qui recèle sa part de mystère. Comme dans toute expérience forte, trop expliquer tue l’illusion (rires). Nos différences sont un terreau créatif stimulant.
Jean-marc Barr :
Moi je dirais que dans notre duo, ma force est de privilégier l’instinct à la perfection. Pascal, lui, fait le plus dur. Il accouche de l’histoire, il définit un style. Il possède cet art du scénario que je n’ai pas. Il se nourrit de tout ce qu’il a lu et vu pour créer un univers de plus en plus singulier. Et je le laisse s’envoler ! (rires) J’aime notre collaboration pour son dynamisme, pour notre capacité à rebondir, à enchaîner. En sortant du laboratoire Eclair avec les pellicules sous le bras, j’avais en tête l’idée que ce film allait sans doute bousculer des vies, comme Too much flesh, à son époque, a pu influencer des gens.
Les intentions
Pascal Arnold :
A mes yeux, notre trilogie sur la liberté - Lovers, Too much flesh, Being Light - constitue un seul et même film. Chacun sa nuit est donc en quelque sorte notre deuxième long métrage. Nous souhaitions avancer dans notre façon de faire du cinéma. Ainsi, avec ce film, on ne voulait pas de structure linéaire. On souhaitait prendre des ingrédients du film de genre - le polar avec l’enquête - pour les distiller à l’intérieur des relations très fortes qui unissent ce groupe d’adolescents. Le pari du film résidait dans la réussite de ce cocktail. Car avec Jean-Marc, on est très éclectiques dans nos goûts et nos désirs de cinéma. Si on avait envie d’aller vers le film de genre et de» marquer une rupture visuelle dans notre manière de réaliser, il n’était pas question de perdre pour autant notre style en cours de route. Chacun sa nuit devait aussi s’appuyer sur des personnages forts, des relations passionnées et nos thèmes de prédilection : le corps et la sexualité. On voulait aborder ce sujet sans complaisance en se focalisant sur le contraste entre les énergies à priori insouciantes de ce groupe d’adolescents et un acte violent où coupables et victime se ressemblent étrangement.
Jean-marc Barr :
Avant Chacun sa nuit, on avait déjà écrit deux polars en anglais. Il y a donc chez nous le désir d’une nouvelle trilogie, cette fois-ci consacrée aux films noirs. C’est un univers que je connaissais pourtant mal il y a encore cinq ans mais durant toute cette période, Pascal m’a nourri d’auteurs du genre. Je me suis alors peu à peu imprégné de cet univers et l’envie de nous y plonger est donc née tout naturellement. Avec, bien évidemment, en toile de fond le désir de tisser des liens entre l’intrigue policière de notre film et la réalité de la société d’aujourd’hui.
