Qu’est-ce qui vous a attiré dans la comédie romantique ?
Alors que c’est un genre qui suscite globalement un certain mépris, je le trouve fondamental en tant que source, ou tout du moins reflet de la façon dont on envisage l’amour. Même si nous savons que ces films ne sont pas réalistes, ils entretiennent une sorte d’idéal – une idée, fausse, que l’amour est quelque chose qui nous arrive plutôt que quelque chose que nous devons choisir.
Quel était le principal défi lié au genre ?
Je voulais réaliser un film qui fonctionne à la fois en tant que pur film de genre, qui soit un vrai divertissement, mais qui se caractérise aussi par une sensibilité postmoderne en jouant de ses propres clichés. Tout le défi était évidemment de trouver un juste équilibre entre ces deux objectifs, parfois contradictoires. J’ai l’espoir que l’on puisse regarder Love (et ses petits désastres) comme une comédie romantique tout en appréciant son artifice et ses limites.
D’où le choix de personnages moins classiques ?
L’objectif concernant les personnages était effectivement de les rendre les plus originaux possibles. De nos jours, on a l’impression que les comédies romantiques hollywoodiennes s’efforcent de bâtir des personnages fades. Comme si les studios pensaient que la meilleure façon de les rendre le plus universel possible consistait à les débarrasser de la moindre excentricité, de les rendre « typiques ». Je suis convaincu du contraire : le public a bien plus de chances de s’identifier à des personnages uniques et mémorables.
Avez-vous le sentiment que les gens, d’un point de vue amoureux, ont tendance à vivre plus dans le rêve et le fantasme que dans la réalité ?
Je ne peux pas m’exprimer pour tous, mais je sais que mon gros problème est que j’ai parfois tendance à mélanger les deux … Le souci, quand on vit dans le fantasme, c’est qu’évidemment, cela empêche d’être en prise avec la réalité et donc d’intervenir sur elle. En même temps, rester coincé dans la réalité peut aussi avoir ses limites. J’imagine que le but ultime est de réussir à combiner les deux : être capable de rêver dans les grandes largeurs et en même de vivre à fond dans la réalité.
Comment s’est fait le choix du casting ?
J’ai commencé par choisir Jacks. Une fois que je l’avais trouvée, le reste du casting s’est assemblé comme les pièces d’un puzzle. Chacun des comédiens devait non seulement incarner son personnage mais il fallait aussi que tous fonctionnent les uns avec les autres. Finalement, j’espérais réunir un casting qui soit crédible pour faire exister ce groupe d’amis.
Il est assez original de conclure votre histoire par un film dans le film, avec Orlando Bloom et Gwyneth Paltrow dans les rôles des personnages principaux….
La fin du film a été le moment le plus compliqué pour moi car je voulais trouver le juste équilibre entre deux envies : réaliser une comédie romantique satisfaisante tout en me moquant des fins typiques du genre, toujours très joyeuses et nettes. La fin que nous avons choisie permet au spectateur, du moins je l’espère, d’avoir ce qu’il attendait et en même temps de rire de la superficialité de cette attente. Bien sûr, on pourrait me dire « pourquoi ne pas avoir tout simplement renoncé au happy end ? ». Mais je crois qu’on serait passé à côté en choisissant cette option. Ce qui m’intéressait, c’était d’admettre, de façon un peu coupable, le plaisir pris à ces histoires et à leur happy end, tout en sachant qu’il ne s’agit que de fictions…