Notes de Prod. : Molière

    en DVD le 26 Septembre 2007

Notes de production

Molière. À lui seul, le nom évoque un univers d’une incroyable richesse. Célèbre et emblématique d’un art qu’il a maîtrisé au point de le personnifier, Molière est pourtant souvent réduit à une sorte de génie d’un théâtre du passé. Loin de célébrer un monument ou un cliché, par un biais aussi original que surprenant, le nouveau film de Laurent Tirard nous plonge au cœur de la vie et de l’œuvre de celui qui, avant de devenir le plus grand des auteurs, fut d’abord un homme. Toutes les biographies de Molière mentionnent une absence aussi longue que mystérieuse alors qu’il n’a que vingt-deux ans. Et si, pendant ces mois-là, Molière avait rencontré ceux dont il allait faire ses personnages ? Et si pendant cette aventure, il avait vécu les sentiments extrêmes qui enflamment ses pièces et bouleversent le public quelles que soient les époques ? Et si, dans le secret de cette parenthèse, il avait rencontré celle qui allait lui donner la clé de lui-même et l’inspirer à jamais ?

Une autre approche

Laurent Tirard, coscénariste et réalisateur, explique : « On pourrait imaginer que je suis un grand fan de Molière et que j’avais envie de faire ce film depuis longtemps, mais ce n’est pas du tout le cas. Le projet est né de façon presque accidentelle. Au moment de la sortie de Mensonges et Trahisons, mon premier long, je me suis rendu compte que ce que je pensais être un film original, un peu nouveau, s’inscrivait en fait dans l’espèce de mode des films sur les trentenaires. J’ai alors réagi avec l’envie de ne surtout plus faire une comédie contemporaine et de travailler sur un film qui ne ressemblerait pas aux autres. Pour Mensonges et Trahisons, j’avais pris beaucoup de plaisir à tourner toutes les petites séquences sur la Préhistoire, le Moyen-Âge, le XIXe siècle ou même les années 80. L’idée d’une comédie décalée, aux thèmes modernes mais en costumes, m’attirait vraiment. Le champ restait encore vaste.

“ J’avais le souvenir d’avoir lu Le Misanthrope avec plaisir au lycée, mais rien depuis. Je me suis donc replongé dedans et, maturité et expérience aidant, cela m’a beaucoup plus parlé aujourd’hui qu’à l’époque ! Du coup, j’ai eu envie de lire Molière. J’ai découvert Les Femmes Savantes que je ne connaissais pas du tout. J’ai tout aimé de cette pièce brillante. Au-delà de la magie des mots, les situations étaient universelles, intemporelles et Molière les restituait avec un sens de la nature humaine unique. Comment faire un choix ? Comment adapter ? Le Misanthrope ne me suffisait pas, Les Femmes Savantes non plus. En parallèle, je me suis évidemment intéressé à l’auteur et j’ai commencé à lire des biographies.”

“ Pour arriver à un projet satisfaisant, Grégoire Vigneron, mon coscénariste, et moi devions digérer ce qu’avait écrit Molière et son histoire personnelle afin de tout réunir. Il nous fallait orchestrer une rencontre imaginaire entre l’auteur et son œuvre. Ce film devait avoir l’esprit des pièces de Molière et en même temps, refléter notre point de vue sur lui. ”

Marc Missonnier, producteur, se souvient : “ Après Mensonges Et Trahisons, Olivier Delbosc et moi souhaitions retravailler avec Laurent. Il est venu nous présenter plusieurs projets et celui-là nous a tout de suite enthousiasmé. Un sujet pareil traité par Laurent et Grégoire offrait un vrai potentiel. Tout à coup, loin des images classiques et de l’académisme que l’on associe souvent à Molière, ils insufflaient la vie. Leur approche changeait tout. Même si leur idée relevait de la fiction, elle avait le mérite de dépoussiérer le mythe et de nous plonger dans ce que son œuvre a de plus vif, de plus drôle, de plus émouvant et de plus intemporel. ”

Au cœur d’une œuvre d’un homme

Laurent Tirard explique : “ Avec Grégoire, nous partageons un certain point de vue sur la vie et surtout, nous rions des mêmes choses. Sur un plan plus technique, nous nous complétons également très bien. Je m’occupe surtout de la structure et de la construction de l’histoire et Grégoire, lui, s’attache davantage aux personnages. Il m’aide à les creuser et à les explorer. Nous venons de milieux assez similaires mais avec des expériences de vie totalement différentes. J’ai eu une existence très protégée et je suis bien trop sage. Cela a le mérite d’amener une certaine rigueur dans l’écriture qui rassure Grégoire. Lui, s’est plus frotté à la vie et la connaît beaucoup mieux que moi. Avant de travailler avec lui, je faisais évoluer les personnages de façon terriblement logique, et il a su me démontrer que les gens agissent rarement ainsi ! ”

Grégoire Vigneron intervient : “ En lisant l’œuvre de Molière, nous nous en sommes sentis très proches car son travail associe étroitement l’étude de mœurs et une remarquable description sociale. Molière a inventé la comédie de mœurs que nous aimons tant et que des gens comme Woody Allen pratiquent. ”

Laurent Tirard reprend : “ Il existe différents types de biographies sur Molière. Certaines sont très documentées mais un peu froides, presque cliniques. La biographie très romancée de Mikhaïl Boulgakov fait grogner beaucoup d’historiens mais elle nous a donné un éclairage beaucoup plus humain sur le personnage. Les biographies ont souvent le défaut de vouloir absolument mettre en valeur les qualités de Molière et de montrer son incroyable génie. En idéalisant le personnage, les biographes créent une distance et nous empêchent de nous attacher à lui humainement. En revanche, ses défauts, sa faible capacité à l’autodérision, son côté un peu caractériel, sa lâcheté, le descendent un peu de son piédestal et le rapprochent de nous. ”

Grégoire Vigneron ajoute : “ Notre ambition n’était pas de faire une thèse sur Molière. Notre histoire est une fiction, mais directement inspirée de son esprit et de son travail. Il a quand même été réellement jeté en prison pour dettes, et c’est ensuite qu’il a disparu... ” Laurent Tirard reprend : “ Les biographies des années 50 parlent d’une disparition de plusieurs mois. Même si ce fait est aujourd’hui parfois remis en cause, nous avons choisi de nous intéresser à cette période décisive qui survient au moment où Molière affronte son pire échec de tragédien, juste avant le grand départ pour la tournée en province qui marquera le véritable début de son envol. De ce mystère, de cette absence, nous avons décidé de faire le cœur du film. Nous avons également cherché à nous imprégner de son œuvre en relisant tout, en analysant chaque scène. C’était un vrai plaisir parce que nous retournions ainsi vers la pure comédie et nous avons commencé à comprendre la mécanique de ses pièces. Pendant trois mois, nous avons pris des notes, trouvé des idées de scènes, des principes de comédie ou seulement relevé certaines répliques. Nous avons ainsi accumulé une espèce de matière première un peu chaotique sans tout de suite chercher à l’organiser. Le plaisir que nous avons éprouvé en accomplissant ce travail a véritablement changé notre façon d’écrire. Pour Grégoire et moi, il y aura forcément un “ avant Molière “ et un ”après Molière ”.

Sur le tournage...

Le 17 janvier 2006 - Romain Duris est Molière

Laurent Tirard, scénariste de la comédie Le plus beau jour de ma vie, travaille actuellement sur son deuxième film en tant que réalisateur après Mensonges et trahisons, Molière ou le comédien malgré lui.
Le film présentera le portrait de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, acteur, dramaturge, metteur en scène et directeur de troupe qui est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands écrivains français. Pour interpréter cet homme de légende, Romain Duris (De battre mon cœur s'est arrêté) est fortement pressenti. Il se murmure également qu'Edouard Baer (Combien tu m'aimes ?), Laura Morante (L'empire des loups), Ludivine Sagnier (Une aventure) et Fabrice Luchini (La cloche a sonné) dans le rôle de Monsieur Jourdain pourraient être de la partie. Laurent Tirard retrouverait ainsi Edouard Baer qui tenait le rôle principal dans son premier long-métrage.
Le tournage de ce film devrait débuter le 27 mars prochain…

Bien plus humain qu’une statue

Grégoire Vigneron explique : “ Pour appréhender un personnage comme Molière, il faut oublier son poids historique. C’est d’abord un héros comme nous les aimons. Il est en plus surpuissant et ultra prolifique, il a quand même écrit Le Tartuffe en deux semaines ! À côté de cela, il est aussi un peu lâche. Il y a à ce propos une anecdote savoureuse. Beaucoup de gens se reconnaissaient dans ses pièces et en étaient souvent blessés. Un jour, dans les couloirs de Versailles, un vieux soldat croyant s’être reconnu fait semblant de vouloir l’embrasser. Molière s’approche et le soldat lui déchire la joue sur un des boutons de sa veste ! À l’époque, et dans ces lieux, cela impliquait normalement un duel dès le lendemain matin ! Duel que Molière aurait perdu. Et il est parti en feignant de ne s’apercevoir de rien ! Ses préfaces étaient de pures entreprises de flatterie mais il était aussi capable de se mettre à dos les puissants simplement parce qu’il écrivait sincèrement, avec un mélange d’innocence et de spontanéité ! Toutes ses contradictions, ses passions, ses paradoxes lui donnent une autre densité que l’image d’icône dans laquelle il est souvent enfermé. C’était un être vivant, émotif et tout ce qu’il a écrit était d’abord remarquablement senti et observé. ”

Incarner plus que des rôles

Laurent Tirard explique : “ À partir de cette connaissance et de cette matière concrète, nous avons commencé la construction du film en choisissant les personnages qui nous parlaient le plus. Nous avons dû en éliminer beaucoup, ce qui fut souvent douloureux. Nous avons resserré sur certains, en avons aussi fusionné plusieurs en un seul. Ainsi, Célimène est un mélange de la Célimène du Misanthrope, de la Philaminte des Femmes Savantes et elle est entourée des Précieuses Ridicules. Même Jourdain est un mélange. Nous avons aussi attribué les qualités de certains personnages à notre Molière lui-même.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 86 052 entrées
  • Cumul IDF : 242 347 entrées

  • 1ère semaine France : 387 836 entrées
  • Cumul France : 1 242 083 entrées