Notes de Prod. : Steak

    en DVD le 20 Décembre 2007

Auto-interview de Quentin Dupieux

Quentin - Je viens de voir Steak. La première question que j’ai envie de te poser est la suivante : pourquoi avoir écrit le scénario de Steak tout seul ? Tu ne crois pas qu’un scénariste professionnel aurait pu t’aider à rendre ce film plus percutant ?
Non. Je voulais travailler sur une structure simple pour que le tournage soit ludique et souple. Et puis je connais déjà les règles d’un bon scénario. Par exemple, le personnage principal ne peut pas être un morceau de pain, sinon le public risque de s’ennuyer. On ne peut pas non plus montrer une scène du passé avant une scène du présent, sinon le public risque d’être perdu. Cela s’appelle un flashback.

Quentin - Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans Steak ?
Steak est une histoire de mecs. De clan. Je voulais me moquer un peu de tous ces hommes modernes totalement obsédés par leur apparence, ces dégénérés qui se font faire des soins de peaux, des liftings et qui se bichonnent comme des caniches. Je les trouve touchants et ridicules.

Quentin - La scène où Georges découvre son nouveau visage est saisissante. La ressemblance avec Michael Jackson était-elle voulue ?
Plus ou moins. Depuis la naissance du projet, je pensais beaucoup à lui puisqu’il incarne complètement la folie du lifting. Lorsque j’ai demandé à l’équipe maquillage de transformer Ramzy en Michael, ils en ont fait un grand brûlé transsexuel. Comme c’était trop dérangeant, nous avons décidé d’oublier Jackson un moment. C’est après plusieurs essais que nous sommes tombés sur un résultat satisfaisant, sans voir immédiatement la ressemblance avec Michael, période «Thriller».

Quentin - Oui, on pense également à «Thriller» quand Georges marche dans la brume avec son blouson Chivers déchiré. D’où vient ce nom Chivers ?
C’est simplement une référence à un film de David Cronenberg, Shivers. J’aime beaucoup ses premiers films, ils sont plein d’énergie et d’idées maladroites. Un peu comme Steak.

Quentin - D’autres références ?
Bertrand Blier, Luis Buñuel, Blake Edwards, John Landis... Kubrick bien sûr... mais pour d’autres raisons.

Quentin - C’est très classique tout ça ! Un ami qui a vu ton film pense que c’est un croisement entre Orange Mecanique et Brice De Nice. Qu’en penses-tu ?
C’est plutôt flatteur. Un chef-d’œuvre scandaleux croisé avec une débilité profonde. J’aimerais que tout le monde le perçoive comme ça ! Mais en même temps, j’aimerais assez que Steak soit juste Steak. Un film unique qui n’évoque rien d’autre que lui.

Quentin - Tiens, d’ailleurs, pourquoi Steak ?
J’en ai marre de répondre à ça. Je voulais que l’histoire s’inscrive dans un contexte universel, pour rendre le propos du film plus large. Il ne s’agit pas d’une bande de mecs à Limoges, ni d’une bande de mecs à Las Vegas. C’est une bande de mecs partout. Je ne pouvais donc pas appeler ce film Les Chivers A Saint-tropez.

Quentin - Je ne vois toujours pas le rapport avec Steak.
Le mot «steak» est partout sur la planète. Il évoque évidemment la viande, mais au-delà de ça, il n’évoque plus rien. Le mot est usé. On peut lui donner le sens qu’on souhaite. Ici ça veut dire «titre de film».

Quentin - Je trouve ça tiré par les cheveux, mais passons. Quel âge as-tu ?
Je viens d’avoir 33 ans. Mais je pense que les gens s’en foutent.

Quentin - Décris-toi en quelques lignes...
Sauvage, généreux, intelligent, écœurant.

Quentin - Le mot de la fin ?
Bottine !

Sur le tournage...

29 août 2006 - Eric et Ramzy dégustent un Steak cuisiné par Quentin Dupieux
Mélangez deux comiques à l’élocution douteuse (Eric et Ramzy), un oiseau jaune qui fume des saucisses de Strasbourg (Quentin Dupieu) et une maison de production royale (La Petite Reine) et vous obtiendrez un film baptisé Steak.
La Petite Reine des comédies, en plein tournage d’Astérix Aux Jeux Olympiques avec Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Alain Delon et Franck Dubosc, retrouve les deux loosers de Double Zéro, Eric et Ramzy, pour le premier long-métrage de Quentin Dupieu alias Mr Oizo. Une vieille réminiscence ? C’est à ce dernier que nous devons l’hybride plumé jaune qui répondait au nom de Flat Eric et qui opinait du chef sur de la techno dans les publicités pour Levi’s. Le film, tout droit sorti de l’imagination de l’artiste, promet d’être complètement déjanté.
Le tournage débutera le 30 août et s’étendra sur sept semaines dans Montréal et sa banlieue. Cette coproduction canadienne au budget de 6 millions d’euros enthousiasme les foules ; En effet, La Petite Reine se fait escortée par d’autres maisons de production, telles que Remstar Corp, Studio Canal et les sociétés d’Eric et Ramzy « 4 Mecs à Lunettes, 4 Mecs en Baskets ». Une question existentielle nous turlupine, le duo va-t-il devoir fumer le steak ?

La musique

La bande originale de Steak est conjointement réalisée par Mr Oizo, Sebastian et Sébastien Tellier.
BO disponible chez Because music / Ed Banger Records

Sébastian est un musicien électronique devenu célèbre en 2005 grâce à ses premières sorties dénommées «Smoking Kills» et «H.A.L», sur le label Ed Banger Records fondé par Pedro Winter. «Smoking Kills», titre puissant entre cut funk et break, a été joué par des DJ’s du monde entier comme Erol Alkan. SebastiAn compte déjà à son actif plusieurs maxis et bon nombre de remixes parmis lesquels Annie, Daft Punk, Cut Copy ou encore Uffi e, sa collègue du label. Depuis, le jeune prodige a été sollicité par Kelis ou Revol9n. En été 2006 paraît le maxi «Ross Ross Ross», constitué de morceaux electro-funk syncopés. Sebastian est considéré, avec Justice, comme l’un des artistes les plus talentueux de l’héritage Daft Punk.

Quand trois chefs cuisinent un Steak épicé…

Après avoir envahi les salles obscures, Quentin Dupieux alias Mr Oizo cosigne la bande originale de Steak avec deux noms incontournables de la scène électro : Sébastien Tellier et Sebastian.

Faisons les présentations… Quentin Dupieux s’est fait mondialement connaître avec le hit « Flat Beat » qui illustra la campagne Levi’s en 1999 (souvenez-vous la petite peluche jaune !). Deux albums de référence plus tard (« Analog Worms Attack » et « Moustache – Half a scissor »), il choisit de se tourner vers le Septième Art (réalisation et scénario) pour exprimer une créativité débordante parsemée d’un talent indéniable.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 51 013 entrées
  • Cumul IDF : 70 842 entrées

  • 1ère semaine France : 197 722 entrées
  • Cumul France : 290 674 entrées