Notes de Prod. : The Bubble

    en DVD le 06 Mars 2007

Interviews : Eytan Fox et Gal Uchovsky

Tel Aviv: une bulle

Eytan:The Bubble est le surnom que les israéliens donnent à Tel Aviv. Il y a une connotation péjorative dans cette expression. Comme Gal et moi, les personnages du film vivent rue Shenkin, dans le quartier branché et alternatif d’Israël. Beaucoup de gens se sont volontairement coupés des réalités sociales et politiques du pays. Leur attitude est souvent jugée comme superficielles et irresponsables. Naturellement, ce n’est pas ce que nous pensons. Cette « bulle » est selon nous un mécanisme de survie.

Gal: Beaucoup des forces créatrices d’Israël sont concentrées dans ce quartier devenu aujourd’hui une pépinière d’artistes. On y trouve également de nombreux cafés, des boutiques branchées.
De nombreux Israéliens, notamment les plus jeunes, rêvent de venir vivre ici. Pour nous, ce quartier reflète un certain état d’esprit de Tel Aviv. Si vous voulez vivre comme vos pairs à New York, à Londres ou à Paris, vous devez faire abstraction des conflits qui déchirent le Moyen-Orient. C’est tout le dilemme de cette ville.

L’homosexualité en Israël.

Eytan:Etonnement Tel Aviv est devenue une terre d’accueil pour les homosexuels du monde entier. Cela n’a pas toujours été le cas. Nous pensons que c’est en réaction aux années d’oppression qui ont frappé cette minorité.
Cette révolution a été rapide. Très vite sur nos écrans on a pu voir en prime time des séries télé avec des personnages homosexuels (ma série « florentine » était l’une de celles la), des émissions avec des hommes politiques et des personnalités ouvertement homosexuels.

Gal: Israël est en général très tolérante avec la question de l’homosexualité. Je pense que la raison principale tient du fait que nous soyons déchirés par une guerre. Dans un pays où les jeunes meurent beaucoup, à l’armée, sous les bombes, les parents évaluent la vie de manière différente. C’est pourquoi, quand votre enfant fait son coming out, ce n’est pas vraiment la fin du monde. L’essentiel est qu’il soit en vie.
Beaucoup de personnes ont travaillé sur ce sujet. Nous sommes fiers d’assumer notre sexualité d’autant plus que nous sommes un peu des pionniers en la matière. Partout à Tel Aviv les gens assument leur homosexualité. Ivi Lider qui a écrit la musique du film, et qui chante «The Man I Love» est la plus grande star de rock d’Israël. Il ne cache pas son homosexualité, au contraire, il en parle beaucoup.

L’amour entre israéliens et palestiniens

Gal: C’est très difficile, d’abord parce que la société palestinienne n’est pas encore ouverte sur la question de l’homosexualité. Pour les couples hétérosexuels ce n’est pas mieux non plus, il y a toujours dans un cas comme dans l’autre, cette idée de dormir avec son ennemi.

Check Points

Eytan:Depuis quelques années, les jeunes israéliens (comme Noam dans le film) font leur service militaire ou leur devoir de réserve dans des checkpoints de la zone ouest. Pour beaucoup d’entre eux c’est le seul endroit où ils peuvent rencontrer des palestiniens. Ce sont des lieux terribles où les conséquences de la guerre et de l’occupation sont évidentes.

Gal:Ces checkpoints sont en quelque sorte les symboles de l’occupation. C’est ici que les palestiniens subissent les pires humiliations.
Mais l’armée israélienne insiste sur la nécessité de ces passages qui permettent l’arrestation des kamikazes. Ces endroits sont devenus de vrais champs de bataille.
Il y a ces femmes incroyables qui vont sur tous les grands checkpoints pour surveiller les soldats et vérifier qu’ils soient corrects avec les palestiniens. Elles doivent faire face aux insultes incessantes des colons venus spécialement pour ça.

L’espoir

Eytan: Le film à l’image de la vie à Tel Aviv oscille en permanence entre espoir et désespoir. Parfois nous arrivons à croire que le cours de notre vie peut être différent, que les idées que nous défendons peuvent contribuer à changer les choses. D’autres fois, on a le sentiment que la situation est sans espoir parce que nous sommes entourés de gens qui ne sont pas d’accord avec nous, et, comme le dit Noam à la fin du film, parce qu’on ne se comprendra jamais. C’est tragique de voir que les jeunes sont obligés de s’engager dans la guerre plutôt que dans la vie.
D’un autre côté, le fait que ces gens continuent malgré tout de croire en l’amour et au changement, est une source d’espoir.

Gal:Je suis un grand optimiste. Le film existe et c’est une façon d’être optimiste. Il a connu un grand succès en Israël, notamment auprès des jeunes. Nous vivons une guerre terrible mais nous devons croire en un avenir meilleur.
Si nous n’y croyons plus, pourquoi continuer de vivre ici ?
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 18 299 entrées
  • Cumul IDF : 55 777 entrées

  • 1ère semaine France : 28 792 entrées
  • Cumul France : 102 073 entrées