Notes de Prod. : Faubourg 36

    en DVD le 25 Mars 2009

Entretien avec Gérard Jugnot

Avez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter.

Comment définiriez-vous Pigoil ?
Pigoil est un homme qui vit une véritable déchéance - trompé, puis abandonné, et finalement privé de son fils. Mais il va s’en sortir, se reconstruire, grâce à l’amour qu’il a pour son fils et à l’amitié de ceux qui l’entourent. Tout ça dans un contexte historique et social passionnant : la période de rêve et d’espérance que représente le Front populaire. J’ai un réel attachement pour ce type de personnages qui tombent et se relèvent. J’ai aimé ce défi de jouer un personnage à qui tous les malheurs arrivent mais qui trouve la force de reconquérir sa dignité et peut donc à nouveau se regarder dans une glace. C’est un modèle d’abnégation, un magnifique personnage généreux et plein d’amour - d’ailleurs, il ne se bat pas pour lui mais pour son fils qui, à la fin, est le véritable vainqueur. On est loin de l’ignoble Adolpho Ramirez de Papy Fait De La Résistance ! Ma chance, aujourd’hui, c’est que je peux à la fois faire des méchants et des gentils, Monsieur Batignole et Les Choristes ont, c’est vrai, changé mon image en profondeur. D’ailleurs, c’est amusant de voir l’image qu’on a. par exemple en Espagne ou en Italie, où je suis essentiellement connu pour Les Choristes et un peu pour Monsieur Batignole, je ne suis pas du tout considéré comme un acteur comique.

Christophe Barratier ne vous a pas seulement donné un personnage qui touche et émeut mais aussi quelqu’un qui chante et danse...
Ma part dans les chansons et les numéros dansés est très modeste. Heureusement d’ailleurs ! J’avais déjà un peu chanté pour « Les restos du cœur » mais je ne suis pas chanteur... il nous a fallu travailler avant le tournage. Aussi bien les chansons que la chorégraphie. on a enregistré les chansons et on a tout tourné en play-back sauf la scène du retour de Jojo, quand on me voit à mon balcon. D’ailleurs, c’est peut-être pour cela qu’elle est aussi émouvante. Comme si cette prise de risque supplémentaire renforçait ce qui se passait... Ce qui m’a bluffé, c’est la manière dont Christophe a réussi à montrer que le premier spectacle de cette bande de joyeux amateurs est un ratage alors que le second devient une vraie réussite ! C’est toujours délicat. Or, dans le film, lorsqu’on voit la progression, c’est très crédible. La séquence de « Partir » est incroyable cinématographiquement parlant. Tout cela est le fruit d’un travail considérable, de la part de Christophe et de ceux qui l’entouraient. En plus bien sûr, du talent de Nora et des musiques de Reinhardt Wagner...

Y avait-il une scène que vous appréhendiez ?
Les scènes de larmes. On en a tous dans le film et comme je suis assez pudique, j’ai beaucoup de mal avec ce genre de choses. Et puis, je préfère éviter l’écueil du larmoyant. Christophe, une fois de plus, a su trouver le bon compromis. Sur ce registre-là, il m’a beaucoup appris.

C’est-à-dire ?
Sur la qualité de l’émotion. Sur comment la musique peut amener à l’émotion. Et pas seulement à l’image. Même pendant le tournage. Sur le plateau, il me faisait parfois écouter des musiques qu’il avait choisies, et qui n’avaient pas été écrites pour le film, pour me parler de la couleur d’une scène, d’une réaction, d’une émotion. Ça m’a beaucoup aidé et c’est quelque chose que j’ai découvert avec lui. Il ne faut pas oublier que c’est un grand musicien de formation classique. Il conjugue l’amour de la musique et l’amour du cinéma. Cela se retrouve d’ailleurs dans la manière qu’il a de construire ses histoires et de monter ses films. On pourrait dire que Les Choristes est un concerto, et que Faubourg 36 est une symphonie. Des histoires et des destins s’y croisent, il y a de très beaux personnages et des grands sentiments, de la musique, de l’émotion, du rire, et un fond d’histoire sociale qui n’est pas qu’un prétexte. Je trouve l’itinéraire de Christophe atypique et passionnant. Après l’immense succès des « Choristes », il a su garder la tête froide. Le tour du monde, la nomination aux oscars, les jalousies qu’un tel phénomène suscite... il a réussi à très bien se tirer de tout ça. Sa chance, sans doute, c’est que ce séisme est arrivé alors qu’il avait déjà une certaine maturité. Après Les Choristes, il aurait pu faire n’importe quoi, prendre beaucoup d’argent sur n’importe quel projet de n’importe quel budget. Au contraire, il a cherché un sujet qui le touche, qui lui soit personnel, qui lui permette de parler de ce qu’il aime et il a travaillé très longuement sur son scénario. Il y a eu un gros travail d’écriture. Il me racontait ou il me faisait lire au fur et à mesure. Du coup, c’est un projet dont je me suis senti très proche. Faubourg 36 va montrer qu’il creuse son sillon désormais. Je vois des thèmes se dessiner dans son travail, mais tricotés différemment. Il y a des éléments qui reviennent, un air de famille... Le personnage de Pierre Richard qui renvoie au Clément Mathieu des « Choristes » : un musicien cassé qui renaît... Les rapports de Pigoil et de Jojo qui renvoient à Mathieu et Pepinot... Le thème de l’enfant qu’on retire au père... Ce film va consacrer l’idée qu’il est un véritable auteur metteur en scène qui possède un univers propre.

Et sur le plateau, en quoi a-t-il, selon vous, le plus changé ?
Il a gagné en sérénité. Sur Faubourg 36, il se baladait ! Il avait une grande maîtrise, il prenait le temps de se concentrer sur les choses importantes, il dirigeait tout avec beaucoup de calme et de certitude. Il a un sens du rythme redoutable comme un chef d’orchestre qui a su créer une troupe autour de lui. Il sait s’entourer des bonnes personnes, les écouter, tenir compte de leurs avis et faire vivre autour de lui de vrais talents - Tom Stern, le chef opérateur, Jean Rabasse le décorateur... - C’est aussi un excellent directeur d’acteurs. Ce film est aussi pour vous l’occasion de retrouver Kad Merad, Clovis Cornillac et également Pierre Richard... Ce sont de belles retrouvailles car ce sont de beaux personnages. Et le trio - Clovis, Kad et moi - qu’a créé Christophe est très réussi. Finalement, c’est Kad que je connaissais le mieux grâce aux « Choristes ». Là, il sortait des « Ch’tis », il était déjà très content - j’imagine combien il doit l’être maintenant. Il a un instinct formidable et je dois reconnaître que côté chant et danse, il se débrouille bien mieux que moi ! Clovis, j’avais juste fait avec lui un petit rôle sur Les Brigades Du Tigre. C’est un acteur épatant. Son côté caméléon est impressionnant. Entre Mensonges Et Trahison, où il joue un idiot, Le Serpent où c’est un psychopathe terrifiant, et Faubourg 36 où il a des airs de Gabin, on peut dire que son éventail est large ! C’est un bosseur. D’une grande rigueur, très sérieux, et en même temps avec une fantaisie que je ne lui soupçonnais pas. On a beaucoup ri ensemble. Quant à Pierre Richard, on avait fait quelques films ensemble il y a longtemps mais on était passé à côté l’un de l’autre. Cette fois, on s’est réellement découvert et j’en suis profondément heureux. C’est une belle rencontre. Il apporte une poésie incroyable à son personnage. Mais tout le casting qu’a réuni Christophe est une réussite. Nora a énormément de talent aussi bien comme chanteuse que comme actrice. Il y a longtemps qu’on n’avait pas vu Donnadieu comme ça, à la fois effrayant et... amoureux ! Elizabeth Vitali qui joue ma femme est formidable et Christophe Kourotchkine, qui joue son deuxième mari, est épatant. J’étais ravi de retrouver Maxence Perrin qui, cette fois, joue mon fils, comme j’avais été ravi de retrouver Jean-Baptiste Maunier dans L’auberge Rouge. Maxence a grandi, il a une vraie présence, un beau physique, une grande justesse. Et il a travaillé comme un professionnel : il a appris à jouer de l’accordéon pour être en phase avec son rôle.

Si vous ne deviez garder qu’une image de « Faubourg 36 » ?
La magie du décor à la fin du film, lorsqu’il est enneigé. Pendant un mois, on a tourné les séquences à l’intérieur du théâtre. Autant dire qu’on était chez nous. Quand on a fait le spectacle, les figurants avaient l’air d’être un vrai public, on avait vraiment l’impression que c’était notre théâtre. Ça nous a crevé le cœur quand on a dû le détruire. Jouer dans des décors pareils, c’est extrêmement stimulant. Cette ville au milieu de nulle part, en plein champ, entourée d’une quarantaine de caravanes comme si vivaient là des gens du voyage, avec cette place, le théâtre, les escaliers, les immeubles... Christophe s’était donné les moyens de réaliser quelque chose de beau et de crédible. C’était un vrai voyage dans l’espace et dans le temps. C’était incroyable ! rien ne manquait. Pas même les pigeons. Le dernier soir, on a fait un feu d’artifice dans le décor alors qu’il allait être détruit quelques jours après ; c’est un souvenir exceptionnel.

Notes de tournage...

Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier

Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008.

Entretien avec Christophe Barratier

Etait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse.

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois.

Entretien avec Kad Merad

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film...

Entretien avec Nora Arnezeder

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie.

Entretien avec Pierre Richard

Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé.

Entretien avec Bernard-Pierre Donnadieu

Christophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable.

Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt Wagner

Ce sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?

Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur.

Entretien avec Jean Rabasse

De quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film.

Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes

Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 991 entrées
  • 1ère semaine IDF : 103 219 entrées
  • Cumul IDF : 272 355 entrées

  • 1ère semaine France : 438 976 entrées
  • Cumul France : 1 331 823 entrées