Notes de Prod. : Faubourg 36

    en DVD le 25 Mars 2009

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois.

On connaît la passion de Christophe Barratier pour le cinéma classique français qui nourrit son cinéma et qui irrigue « Faubourg 36 ». En avez-vous parlé ensemble ?
Bien sûr. D’autant que c’est une passion que je partage. Christophe m’a même donné les DVD de Pépé Le Moko, du Le Jour Se Lève - et il n’avait pas trouvé celui de La Belle équipe ! De toutes façons, je n’ai pas voulu les revoir avant de tourner. Justement, ce qui me plaît chez Christophe, c’est qu’il ne s’en sert pas comme d’une référence pure, comme d’un modèle à dupliquer. On sait seulement qu’ils font partie de notre culture commune, qu’ils font partie de ce que nous sommes. Ils sont comme une odeur, comme un parfum qui nous accompagne et qui nous lie... Christophe ne voulait pas faire de copie ni de pastiche, mais simplement laisser parler notre héritage commun.

Comment définiriez-vous votre personnage, Milou ?
On pourrait dire que s’il n’avait pas de conviction, ce serait un apache, mais grâce à sa foi dans le progrès social, c’est un bonhomme, un gaillard ! C’est quelqu’un de convaincu, « grande gueule », doté d’une certaine noblesse. Il incarne cette noblesse des petites gens, cette aristocratie des ouvriers et des artisans qui s’est dissoute dans le monde moderne avec cette image de réussite égoïste, cette suprématie de l’argent que distillent les médias. Milou est animé par cette illusion lyrique que représentait alors le communisme. Même si l’on sait ce que ça a donné par la suite, notamment en URSS, cela constituait à l’époque un vrai rêve, un idéal à atteindre. Et cette foi en un monde meilleur n’était pas qu’utopique puisque, justement au moment du Front populaire, elle porte ses fruits. Bien que ce ne soit pas un film engagé, et que nous soyons tous de bords politiques différents, « Faubourg 36 » évoque avec beaucoup de justesse un chapitre de l’histoire sociale de notre pays - qui n’est d’ailleurs pas sans écho avec les préoccupations d’aujourd’hui, c’est même ce qui est troublant. C’est pour ça que j’aime particulièrement le personnage de Milou, et ce qu’il représente. D’autant plus qu’il n’est pas monolithique. Loin de là ! Son côté baratineur, ses petits mensonges qui illustrent bien qu’on est toujours partagé entre ce qu’on est et ce qu’on aimerait être, sa vulnérabilité d’homme amoureux le rendent très attachant. Je pense qu’il peut susciter une vraie empathie auprès du spectateur. C’est le genre de pote qu’on aimerait avoir, sur lequel on peut compter, un vrai emmerdeur mais en qui on peut avoir confiance. on part sans problème au combat avec des gars comme ça !

Quand on voit Milou, on ne peut pas ne pas penser à Gabin, ne serait-ce que par son allure...
Je n’ai jamais cherché à l’imiter, mais il est vrai que j’ai été nourri par Gabin et par ce cinéma-là et j’assume cette part d’héritage culturel. En plus, il y a quelque chose qui est lié à mon histoire familiale. Je viens de ce milieu là. Je suis donc habité par des attitudes, des comportements que j’ai vus enfant, aussi bien chez mes grand-parents que dans ses films. Cet héritage remonte naturellement à la surface lorsque le film ou le personnage s’y prêtent. Je n’ai pas besoin d’y penser concrètement pendant la préparation ou sur le tournage. Lorsqu’on sait qu’on va faire un film, plusieurs mois avant le tournage, tout devient prétexte pour vous nourrir, pour vous inspirer. On capte tout ce qui peut avoir un lien même lointain avec le film ou le personnage : un type dans un bar, un livre qu’on lit, une photo, un dessin... Je me suis aussi imprégné du travail qu’a fait par exemple la créatrice des costumes, Carine Sarfati, quand elle venait me voir avec ses recherches, ses photos découpées, ses cahiers... Car si j’ai en tête ce à quoi mon personnage doit ressembler, je suis incapable de savoir dans le détail comment il doit être habillé. Je ne suis pas très fort pour ça. Carine s’inspire de photos, de documents, de tableaux, et peu à peu l’allure du personnage se dessine. Bien sûr, quand j’ai vu ses photos de Brando et de Gabin, je n’étais pas très à l’aise avec de telles références ! mais j’ai compris ce qu’elle voulait créer : un mélange de rudesse et de quelque chose de sexy. Je lui ai fait confiance... même la création du personnage que vous avez à jouer est un travail d’équipe.

Que vous ayez à danser et à chanter, c’était plutôt une excitation supplémentaire ou une crainte ?
Les deux ! Je n’ai ni le talent, ni la velléité de chanter, mais j’ai été séduit par l’idée de créer un personnage qui n’est justement pas chanteur, qui n’en a pas la vocation, mais qui va s’y mettre pour participer à une aventure collective. Milou va sur scène comme s’il allait au charbon... C’était très ludique. J’ai touché à quelque chose que je ne connaissais pas et j’ai eu la chance de le faire avec un réalisateur qui est lui-même un grand musicien. L’idée était assez plaisante et j’ai suivi des cours de chant. J’aime bien cette notion de travail à faire, d’apprentissage. Après, la réalisation est plus difficile car il y a bien entendu une vraie différence entre chantonner à peu près juste dans la vie de tous les jours, pour s’amuser, et enregistrer en studio. Pour ce qui est de la danse, j’ai plus de facilité car je fais beaucoup de sport et j’utilise toujours beaucoup mon corps lorsque je joue. Je suis très à l’aise avec ça, j’ai pas mal d’endurance, je peux enchaîner les prises sans problème.

Le fait que l’histoire du film se passe dans le milieu du spectacle, dans un petit théâtre de quartier, est-ce que cela augmente votre plaisir d’acteur ?
En fait, c’est presque l’inverse ! Je suis assez sceptique sur les films qui parlent de notre milieu, je crains le côté nombriliste. Mais dans le cas de « Faubourg 36 », c’est non seulement une autre époque, donc on peut découvrir et apprendre des choses, mais surtout ce n’est pas le milieu du cinéma ni même du théâtre, mais de quelque chose entre le cabaret et le music hall, ce qui est complètement différent. En plus, à cette époque-là, c’est assez particulier, ce petit théâtre relève vraiment de la vie du quartier. C’était intéressant de mettre l’accent là-dessus. et se retrouver dans le Chansonia, créé par Jean Rabasse, ça, oui, ça inspire et ça multiplie le plaisir ! C’est presque un plaisir d’enfant ! Pourtant, j’ai déjà eu la chance d’être dans de beaux décors, dans de belles reconstitutions grandeur nature comme sur Un Long Dimanche De Fiançailles. Là, il faut bien dire que le travail de Rabasse est incroyable. C’est comme se balader dans l’histoire, c’est une machine à remonter le temps extraordinaire.

Douce, la jeune chanteuse dont vous tombez amoureux, n’a pas 20 ans. On n’a pas l’habitude de vous voir troublé au cinéma par des jeunes filles...
C’est vrai, c’est un truc assez nouveau pour moi ! Ça m’est déjà arrivé une fois dans Eden Log où je tombais amoureux d’une jeune fille de 20 ans alors que je venais d’en avoir 40. C’est assez curieux parce que je vis avec des gens de ma génération, ma femme a à peu près mon âge, alors que dans les films, je commence à avoir de très jeunes partenaires... Je me rends compte peu à peu que je bascule de l’autre côté ! mais je m’y fais. D’autant qu’avec Nora, Christophe a fait le bon choix. Il l’a cherchée longtemps mais lorsqu’il nous a montré ses essais avec elle, on a tous été frappés par sa photogénie, par cet air de défi qu’elle a dans le regard et qui correspond bien au personnage, et puis surtout par sa voix. On a tous été impressionnés ! Nora est très travailleuse, très talentueuse, avec une vraie envie d’y arriver...

Y avait-il une scène que vous appréhendiez ?
Un peu la scène de la blanchisserie où s’impose le personnage de Milou, avec son côté leader syndical : les discours, les slogans, l’internationale et tout ça... il faut que ce soit tout de suite crédible sinon on peut frôler le ridicule. En dehors de ça, je n’avais pas d’appréhension particulière sauf peut-être, avant le tournage, une petite inquiétude autour de la relation d’amitié à trois, entre Kad, Gérard et moi. Pour l’histoire d’amour, je n’avais pas de souci, on est deux à se regarder dans les yeux, il y a toujours des choses à jouer, mais entre nous trois, il ne suffisait pas de bien jouer, il fallait qu’il y ait quelque chose en plus, une sorte d’alchimie, de magie invisible qui passe entre nous. On ne peut pas vraiment maîtriser ça, quelque que soit le talent des acteurs. On peut le provoquer, mais on ne peut pas être sûr du résultat. Il fallait vraiment que les spectateurs se disent : « voilà trois potes » et pas : « voilà Kad, Gérard et Clovis ». J’ai été assez vite rassuré. Le courant passait très bien entre nous, on se chambrait bien, et puis il y a entre nous à la fois une sorte de complémentarité et une vraie différence, exactement comme il peut y avoir dans la vie entre des potes qui se retrouvent.

En quoi, d’après vous, êtes-vous différents et complémentaires tous les trois ?
Nos trajectoires sont très éloignées les unes des autres. Mais je crois que ce qui nous rassemble, c’est notre côté « populaire ». Nous avons tous les trois, pour des raisons différentes, quelque chose d’humain, de simple qui donne un sentiment de proximité, de familiarité. Du coup, lorsque nous sommes ensemble, nous offrons un large éventail au spectateur : il a trois possibilités différentes de s’identifier. Il peut choisir la personne avec qui il va traverser le film.

Vous souvenez-vous de votre premier jour de tournage ?
C’était une scène entre Kad, Gérard et moi, dans le bus. C’était en France, juste avant de partir à Prague. Nous nous sommes bien marrés. Je suis assez bon public et j’ai du mal à ne pas rire lorsque j’ai des camarades de tournage au tempérament comique. Jugnot est quelqu’un qui peut déclencher des fous rires énormes, souvent malgré lui. Il utilise parfois des mots à la place d’autres pendant la scène, et moi, je ne peux pas résister ! Sur « Faubourg 36 », on avait beaucoup de choses à faire ensemble et j’étais ravi d’apprendre vraiment à le connaître. Il dégage cette humanité et cette générosité auxquelles les gens sont très sensibles. Il est capable de faire d’un homme très ordinaire un héros, notamment aux yeux d’un enfant. Il apporte de la crédibilité et de la profondeur à des scènes d’émotion, d’une simplicité extrême, qui sont très difficiles à faire. Grâce à sa présence, pas mal de choses deviennent possibles.

Quel est le meilleur atout de Kad pour jouer Jacky Jacquet ?
Kad a un côté volontaire, déterminé, qui colle parfaitement à son personnage qui rêve de devenir un prince du cabaret. Son personnage devient attachant du fait de sa persévérance, de son rêve impossible, et de ses échecs successifs. Et puis j’aime le fait que Kad n’ait pas eu le penchant qu’ont certains acteurs de vouloir racheter leur personnage, de vouloir montrer qu’ils sont plus intelligents, plus malins que lui. Il est à l’endroit où est son personnage. Il ne le fantasme pas. Il ne fait pas semblant de rater ses sketches ou de flirter avec le pire, il y va ! J’aime jouer avec lui.

Une fois de plus, vous retrouvez Pierre Richard...
Avec Pierre, c’est une longue histoire. Nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre ! il dit partout que je suis son agent depuis le film de Catherine Corsini. en effet, depuis, à chaque fois que je lis un scénario et où je vois un rôle qui lui correspond, je dis : « Vous devriez le proposer à Pierre Richard ! » Non seulement, ses films ont marqué ma jeunesse mais c’est un acteur sublime, et un très bel homme ! J’ai tout de suite adoré la complicité que nous avons eue dans le travail. On est parti en improvisation tous les deux et on s’est régalé comme deux mômes. La première fois que je l’ai rencontré, je l’ai vu de mes propres yeux provoquer un nombre incroyable de catastrophes en un temps minime. J’étais très impressionné ! Maintenant je suis habitué.

Comment définiriez-vous Christophe Barratier sur le tournage ?
J’ai beaucoup aimé travailler avec lui parce qu’il est très généreux, très enthousiaste et en même temps très vigilant, très exigeant. Sur le plateau, je le voyais regarder les acteurs, leur parler. C’est très agréable de jouer en sachant qu’on est vraiment regardé. Il a beaucoup travaillé, d’abord seul, puis en équipe. Il sait aussi très bien s’entourer, ce qui est une grande marque d’intelligence. Il voulait une lumière particulière, des cadres qui aient du sens dans la narration. Il est allé chercher l’un des meilleurs : Tom Stern, le chef opérateur de Clint Eastwood. Je les ai vus travailler ensemble sur le découpage. Tom posait beaucoup de questions très précises et Christophe, du coup, devait expliquer et justifier chacun de ses plans. Il y avait une véritable émulation entre eux. Il n’y a pas de plans gratuits dans le film. Jusqu’au casting plein de surprises : Bernard-pierre Donnadieu, François Morel, Julien Courbey et tous les autres... C’est motivant de se lancer dans des projets aussi réfléchis que « Faubourg 36 ». Enfin, la grande qualité de Christophe, c’est d’assumer pleinement ce qu’il est et ce qu’il aime. Il a le populaire dans le sang. Christophe émeut les gens avec ce qui l’émeut, lui. Il les touche avec ce qui le touche, lui. Il n’invente pas, il ne truque pas. Ce qui le touche est profondément simple et populaire. Il a le langage des gens sans jamais être démago. Lorsque les émotions sont présentées avec ce talent et cette simplicité, loin de produire un quelconque effet racoleur, ça en devient beau.

Si vous ne deviez garder qu’une seule image de toute cette aventure ?
La scène où l’on chante avec le môme Jojo. C’est la nuit, on est au milieu de nulle part dans un champ où un faubourg entier de paris a été reconstitué, il y a tous ces éclairages, on connaît l’importance du projet, et on se rend compte que tout tient finalement sur trois mecs et un enfant qui chantent une chanson sous un réverbère avec un accordéon ! C’est juste ça mais c’est énorme. Si vous repensez à tout ce que le film implique, la reconstitution d’un décor du Paris des années 1930, en République Tchèque, toute une équipe, tous les moyens investis dans ce projet, tout ça pour trois types qui chantent autour d’un accordéon, c’est fou ! Mais c’est aussi ce qui rend la scène si émouvante...

Notes de tournage...

Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier

Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008.

Entretien avec Christophe Barratier

Etait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse.

Entretien avec Gérard Jugnot

Avez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter.

Entretien avec Kad Merad

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film...

Entretien avec Nora Arnezeder

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie.

Entretien avec Pierre Richard

Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé.

Entretien avec Bernard-Pierre Donnadieu

Christophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable.

Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt Wagner

Ce sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?

Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur.

Entretien avec Jean Rabasse

De quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film.

Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes

Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 991 entrées
  • 1ère semaine IDF : 103 219 entrées
  • Cumul IDF : 272 355 entrées

  • 1ère semaine France : 438 976 entrées
  • Cumul France : 1 331 823 entrées