Notes de Prod. : Faubourg 36

    en DVD le 25 Mars 2009

Entretien avec Kad Merad

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film...

Comment définiriez-vous Jacky ?
Jacky Jacquet est au départ une sorte d’artiste raté, un imitateur qui rêve de gloire, un ambitieux qui ne vit que pour son « talent » auquel il croit et qui est prêt à tout pour y arriver - même au pire, comme on le verra. En même temps, j’ai l’impression que c’est quelqu’un de plus humain, de plus gentil qu’il ne le laisse paraître. Je pense qu’il est plus tendre à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est partagé entre ses désirs de réussite et sa nature profonde. Quand il voit Nora (enfin... Douce !) chanter, portée aux nues par toute la salle, il la regarde non pas avec jalousie mais avec une certaine envie. Sans animosité. Il aurait juste voulu être applaudi lui aussi. C’est un personnage non dénué d’ambiguïté. On ne connaît pas sa vie en dehors des planches, ni sa sexualité - j’ai d’ailleurs joué un peu avec ce mystère. Il n’est ni séduisant ni séducteur. Il a même un côté ridicule, pathétique, sans pour autant être dénué d’une certaine tendresse. Et je pense qu’il dégage malgré tout une certaine lumière.

On vous sent ému par lui. Qu’est-ce qui vous touche le plus chez lui ?
Sa mauvaise foi. Quand il rentre dans les coulisses après avoir pris un bide colossal, et qu’il a l’aplomb de dire : « oh, ils ne sont pas très chauds ce soir ! », sa mauvaise foi est émouvante. il est en déni complet de la réalité quand elle ne lui renvoie pas l’image dont il rêve.

Le fait que vous ayez aussi à chanter et à danser dans ce film, ça a fait partie de votre plaisir d’acteur ?
Plaisir, c’est exactement le mot ! Pour Christophe, cela faisait partie des conditions de départ qu’on puisse chanter et danser. Il voulait faire un film musical qui ait une vraie ambition en termes de chansons et de chorégraphies. Il était très exigeant là-dessus, il avait en tête des références américaines. Moi, j’avais un « plus » par rapport à mes camarades : j’ai dans ce domaine une véritable expérience. J’ai commencé en faisant de la musique. J’animais des réveillons derrière ma batterie et dans les chœurs, et j’adore chanter. Il a quand même fallu travailler. Beaucoup travailler ! Six mois avant le tournage, j’ai pris des cours de chant avec une chanteuse lyrique et des cours de danse avec une chorégraphe. Je tournais « Les Ch’tis » à Dunkerque et tous les week-ends je revenais à Paris pour travailler le samedi et le dimanche. Et une fois à Prague, on a continué : lorsqu’on ne tournait pas, on répétait encore. Mais au moins, quand on arrivait sur le plateau, on était prêt ! En France, il n’y a pas beaucoup de réalisateurs qui ont l’exigence artistique de Christophe. On savait tous que c’était le prix à payer pour que les scènes de music-hall soient crédibles.

On vous voit aussi faire des imitations, plus ou moins réussies d’ailleurs...
Un avion, une grenouille, Fernandel... en fait, Christophe m’a demandé s’il pouvait me « piquer » une idée inspirée d’un de mes sketches. Avec Olivier, on avait en effet créé un imitateur qui, quelque soit ce qu’il imitait - une voiture, un train, un avion... - faisait toujours le même bruit ! il s’en est servi dans le spectacle raté. Quant à l’imitation de la grenouille, il fallait justement qu’elle soit ridicule. Il y a longtemps que je sais que lorsqu’on est acteur, il ne faut pas craindre le ridicule. Avec Olivier, on a fait tellement de choses, tellement de sketches, (et tellement de bides aussi !), que je ne me pose plus ce genre de questions. Quand il le faut, j’y vais à fond. Je ne pense qu’à une chose : aux gens qui vont voir le film, pas à l’équipe qui me regarde. On voulait aussi que Jacky imite des gens et on s’est demandé quelle personnalité de 1936 il pourrait imiter qu’on reconnaisse aujourd’hui, et qui fasse rire. Forcément, on est arrivés très vite à Fernandel ! La chanson qu’ont écrite spécialement Reinhardt Wagner et Franck Thomas est incroyable. « Je ne sais pas si Raymonde est blonde... ». Même si je le connais bien, Fernandel, j’ai une vieille vidéo chez moi où il chante et c’est hallucinant, il fallait, pour faire rire, que je ne l’imite pas trop bien non plus. Il fallait trouver la bonne nuance. J’ai laissé place à l’improvisation. Ce type de personnage de music hall, avec tous ses numéros plus ou moins ratés, plus ou moins réussis, c’est un plaisir multiplié pour un acteur. C’est excitant, quand on est face à un projet de cette ambition, de se donner les moyens d’être à la hauteur, à tous les niveaux. Même les costumes participent à ce plaisir ! Surtout que Jacky porte toute une collection de vestes toutes plus improbables les unes que les autres. Ce qui était bien, c’est que le plus souvent sur le tournage, alors que d’habitude on dit aux acteurs: « tenez, aujourd’hui, c’est cette tenue », Christophe me laissait libre de porter celle que je voulais. Je choisissais avec la costumière la veste qui correspondait à l’humeur, à l’état d’esprit de mon personnage.

Quelles étaient les scènes que vous appréhendiez le plus ? Les petits shows comiques qui « agrémentent » les réunions politiques du S.O.C., le parti d’extrême droite ?
Oui, bien sûr. D’autant que j’ai commencé le tournage par ces scènes ! Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à Prague dans un immense hangar peuplé d’une centaine de tchèques qui ne comprenaient pas un mot de ce que je disais et qui devaient rire sur commande au signal de l’assistant, et moi je devais faire des sketches racistes ! Comme premier contact avec mon personnage, ce n’était pas évident. Jusqu’à maintenant, pour tous les rôles que j’ai faits, l’analogie était plausible. Pour Jacky, c’était tout simplement impossible. Je ne pouvais donc pas me servir de ça et comme j’évite au maximum d’intellectualiser le travail sur mes personnages, je me demandais comment j’allais faire. Je me suis simplement aidé du décor, du public, des mecs sur la tribune. En regardant les figurants tchèques, qui ne comprenaient rien à ce qui se passait, je me disais : « Jacky, on lui donne enfin la chance de sa vie : jouer devant une salle comble. Normal qu’il ne soit pas très regardant. » En même temps, il n’est pas idiot, il fallait jouer cela aussi. Il était important pour moi que l’on sente que son passage au S.O.C. était un accident. Ce qui m’a aidé, c’est de savoir dès le début que Jacky aurait une possibilité de rédemption. Finalement, c’était bien de commencer par toutes ces scènes, parce que, une fois passées, non seulement j’en étais libéré mais, surtout, j’avais compris qui était vraiment Jacky. Ce qui était troublant aussi, très troublant même, c’étaient les échos qu’elles éveillaient. On se dit qu’en enfilant cet étrange costume, on va raconter des histoires d’hier, des choses qui n’existent plus, et puis, en fait, on a vite le sentiment de mettre un costume d’aujourd’hui et d’écouter les mêmes horreurs, les mêmes énormités... plus de soixante-dix ans après !

Quelle est votre scène préférée ?
Quand on est, Clovis, le môme Jojo et moi au pied de l’immeuble de Gérard. Elle est très émouvante. Elle n’était pas facile à faire, il faisait très froid, on avait l’oreillette pour la chanson, les conditions étaient compliquées mais on savait que c’était une scène forte.

Après Les Choristes, vous retrouvez donc Gérard Jugnot...
La première fois que j’ai tourné avec lui sur Les Choristes, j’étais très impressionné. Maintenant que je le connais bien, je peux dire que c’est quelqu’un de très généreux, de très gentil, qui aime son métier, qui aime les tournages et l’ambiance qui y règne. C’est amusant de les voir, Christophe et lui, sur un plateau. Ils ont une relation très particulière. Ils ont quelque chose... d’un vieux couple ! On sent que Christophe est attentif à ses remarques, ce qui ne l’empêche pas parfois de ne pas être du tout d’accord. Gérard sait bien que Christophe lui donne des rôles merveilleux qui lui permettent d’explorer de nouvelles facettes. Malgré son parcours, on a l’impression que c’est un acteur qui vient d’arriver. C’est incroyable ! Il intellectualise beaucoup, il se prend la tête comme un jeune comédien. Ça le rend très touchant, et en même temps, ce n’est pas fait pour me rassurer. Je me dis que si Gérard en est encore là après le parcours qu’il a accompli, mes doutes et mes interrogations ne sont pas prêts de s’en aller !

Et chez Clovis Cornillac, qu’est-ce qui vous touche ?
Sa détermination, sa motivation, sa soif du travail bien fait. Clovis, c’est une machine avec un énorme cœur. Quand je dis « une machine », ce n’est pas péjoratif, c’est juste pour dire qu’il avance, qu’il ne se pose pas de question et qu’il est très performant. Un travailleur incroyable. Respect ! Ce qui ne l’empêche pas de tomber sans retenue à certains moments dans la rigolade la plus folle. Il a tout quoi ! On s’est tellement bien entendu qu’on a décidé de faire un film ensemble l’année prochaine. C’est aussi ça ce métier, de belles rencontres. Avec Clovis, quand on joue, on se regarde dans les yeux, je peux compter sur lui à chaque instant, on parle de notre travail, on échange beaucoup. Ce n’est pas toujours facile d’être acteur.

Qu’est-ce que vous voulez dire ?
C’est difficile de faire rire, de faire pleurer, il ne suffit pas de dire un texte. C’est une implication de chaque instant à laquelle vous pensez sans arrêt. Quand vous jouez, vous êtes en permanence dans une espèce de concentration qui ne vous lâche jamais. et plus les projets sont importants, plus la pression est grande car plus le résultat est primordial.

Pensez-vous que le succès historique des « Ch’tis » vous mettra une pression supplémentaire à la sortie de « Faubourg 36 » ?
Pas tant à la sortie de Faubourg 36 qui est un film choral, où l’on est nombreux à se partager l’affiche, mais pour d’autres où j’ai le rôle principal, très certainement... en même temps, on ne va pas se plaindre !

Sur Faubourg 36, vous avez aussi retrouvé Pierre Richard...
… que j’avais déjà croisé sur le film de pef [Essaye Moi]. J’ai passé de grands moments avec lui. Il a les yeux d’un jeune homme de 15 ans alors qu’il en a 74 ! C’était amusant de le voir à Prague. Là-bas, comme en Russie, comme dans tous les pays de l’est, c’est une immense star. Tout le monde le reconnaît dans la rue, l’arrête, il devait sortir avec un garde du corps. Comme Gérard, il est très angoissé et se pose, lui aussi, autant de questions qu’un jeune acteur. On s’est déjà tous revus depuis la fin du tournage. Ce qui montre bien qu’il s’est passé quelque chose sur ce plateau. « Faubourg 36 » ce n’était pas juste des feuilles de service avec mon nom, mon horaire de transport... Quand on arrive à une telle osmose, c’est formidable. Les décors impressionnants, de gros moyens, un tournage long... on aurait pu croire de l’extérieur à une grosse machine. et en fait, il n’y avait pas tant de différence que ça avec le tournage des « Choristes ». Les journées de tournage étaient chargées mais d’une grande simplicité. C’est aussi la force de Christophe. il a réussi à créer une espèce d’intimité en s’entourant de gens bien, à tous les postes.

Quel est, selon vous, le principal atout de Christophe ?
La précision, l’exigence et le calme. Il n’y a jamais de heurts, jamais de cris. C’est rare. Et puis j’aime sa manière de préparer un film. on en parle beaucoup avant, on travaille en amont, longtemps avant le tournage, et ainsi on a le temps de penser beaucoup au film, au personnage, et quand on arrive sur le plateau, on est prêt. Cela évite les discussions oiseuses et le stress du dernier moment. Tout est clair.

Si vous ne deviez garder qu’une seule image de l’aventure du film ?
Le premier soir à Prague. on s’est tous retrouvés pour dîner à une grande table en terrasse dans un restaurant italien - qui allait devenir notre Q.G. il y avait tout le monde. C’était un moment fort. On avait l’impression d’être une troupe de théâtre, sauf qu’on n’avait pas encore joué ensemble ! Et puis aussi bien sûr, le Chansonia. Ça ne ressemblait pas à un décor, c’était un vrai théâtre ! Et enfin, dernière image : les dégustations de vins dans la loge de Gérard qui rapportait des bouteilles de sa cave personnelle !

Notes de tournage...

Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier

Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008.

Entretien avec Christophe Barratier

Etait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse.

Entretien avec Gérard Jugnot

Avez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter.

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois.

Entretien avec Nora Arnezeder

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie.

Entretien avec Pierre Richard

Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé.

Entretien avec Bernard-Pierre Donnadieu

Christophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable.

Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt Wagner

Ce sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?

Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur.

Entretien avec Jean Rabasse

De quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film.

Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes

Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 991 entrées
  • 1ère semaine IDF : 103 219 entrées
  • Cumul IDF : 272 355 entrées

  • 1ère semaine France : 438 976 entrées
  • Cumul France : 1 331 823 entrées