Notes de Prod. : Faubourg 36

    en DVD le 25 Mars 2009

Entretien avec Nora Arnezeder

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie.

Comment s’est déroulé le casting comédie ?
Je devais d’abord passer la première scène de Douce, lorsqu’elle arrive au Faubourg et qu’elle rencontre Galapiat [Bernard-pierre Donnadieu]. puis Christophe m’a fait jouer la scène où Milou [Clovis Cornillac] vient s’excuser le soir chez Douce. J’avais un trac monstrueux, bien plus que pour les essais de chant que j’avais passé comme un jeu. Là, il s’agissait de se battre pour le premier rôle, c’était autre chose ! Je me disais : il va trouver que je ne suis pas juste, il ne va pas m’aimer... et puis après, il y a eu toutes ces semaines d’attente. C’était atroce !

Quel a été votre parcours avant « Faubourg 36 » ?
Je suis née à Paris mais mes parents se sont installés à Aix-en-Provence lorsque j’avais deux ans. J’y ai vécu jusqu’à 12 ans puis nous sommes partis pour un an à Bali. Depuis toute petite, je prenais des cours de comédie et je jouais des scènes avec ma sœur. Mais j’avais une passion particulière pour le chant. J’ai été bercée par le jazz grâce à mon père. Il me chantait « Summertime » quand j’étais enfant. J’adore les grandes interprètes de jazz comme Stacey Kent, Katie Melua, Billie Holliday, Sarah Vaughan, et des musiciens comme Quincy Jones. A mon retour à Paris, j’ai suivi des cours à l’Académie internationale de Danse, de Chant et de Théâtre. Puis, j’ai fait plusieurs stages de comédie au cours Florent, chez Pygmalion et avec Jacques Walzer. Quand je me suis présentée pour le casting de Faubourg 36 je n’avais pas encore dix-huit ans...

Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario de « Faubourg 36 » ?
J’aimais la complexité des personnages, l’arrière-plan historique et social de l’époque, et bien sûr le personnage de Douce. J’ai été touchée aussi par la relation de Jojo et son père, le courage de Pigoil, cette lutte pour la survie du « Chansonia ». Et surtout, j’ai trouvé les chansons magnifiques. Une fois sur le plateau, je n’en suis pas revenue d’être dans un décor aussi beau. J’avais vu des maquettes avant, mais dans la réalité, cette place de paris, ce théâtre, c’était vraiment magique. Le cinéma dit de « studio » a cette vertu : il nous inscrit dans un rêve éveillé.

Comment définiriez-vous le personnage de Douce ?
C’est un personnage complexe, tout en nuances. Elle a du caractère, elle a envie de réussir, mais ce n’est pas une arriviste pour autant. Elle a de l’ambition au sens noble du terme mais elle ne calcule pas les choses. Il y a en elle un mélange de fragilité et de détermination. Elle est amoureuse de Milou, il n’y a pas de doute, mais en même temps, elle sait que Galapiat l’aime et qu’il l’aide, elle ne veut pas le faire souffrir mais elle a simplement peur de se retrouver à la rue... C’est pourquoi, à un moment du film, elle décide de partir, car le fardeau est trop lourd à porter pour une jeune fille d’à peine vingt ans. Elle est entière, courageuse et en même temps manque de confiance en elle. C’est un personnage qui me parle beaucoup, très proche de moi.

Une fois choisie, comment vous êtes-vous préparée au tournage ?
J’ai suivi un entraînement de plusieurs mois, avec des cours de chant et de danse. Des lectures avec Christophe et les autres comédiens. Puis on a enregistré les chansons en studio pour préparer les playbacks. C’était un moment extraordinaire. Avec les comédiens, le compositeur Reinhardt Wagner, le parolier Frank Thomas et Christophe, j’avais le sentiment qu’une équipe s’était réunie pour me soutenir !

Faites-vous une différence entre chanter et jouer ?
Non, je pense que chanter et jouer participent de la même expression. Il faut prendre confiance en soi tout en gardant une certaine humilité. Il ne faut pas avoir peur de douter, de se remettre en question en permanence.

Y a-t-il une scène que vous appréhendiez avant le tournage ?
Celle où mon personnage doit pleurer. Je me demandais si j’allais y arriver, éviter le recours aux fausses larmes. Aurais-je la force de pouvoir m’abandonner entièrement ? C’est, je pense, le plus difficile. Je redoutais un peu les scènes de danse mais j’ai tenu et j’ai travaillé. Je redoutais aussi la confrontation avec les autres comédiens. Ils avaient tous beaucoup d’expérience et un beau parcours alors que moi, j’étais la petite nouvelle. On m’avait choisie, il fallait que je sois à la hauteur ! Finalement, pour la scène d’émotion, c’est venu assez naturellement, Christophe m’a beaucoup aidée, ainsi que tous ces gens autour de moi, la maquilleuse, la costumière, la scripte. J’ai eu la chance d’être chouchoutée pendant le tournage. Je sentais beaucoup d’amour dans leur regard. Ça rendait les choses beaucoup plus faciles.

Que diriez-vous de vos partenaires ?
J’étais très impressionnée, évidemment. Non seulement j’avais un premier rôle à défendre, mais en plus j’étais entourée de tous ces grands acteurs... Je m’étais mis un peu la pression. en réalité, quand j’y pense, j’étais dans un autre monde, complètement déconnectée de la réalité. Parmi mes magnifiques partenaires, j’avais une complicité particulière avec Pierre Richard. Comme moi, il adore le jazz. malgré sa brillante carrière, il est d’une générosité, d’une gentillesse, d’une simplicité incroyables. Je me souviens des scènes où il dirigeait l’orchestre alors que je chantais sur scène. Il me regardait avec beaucoup de tendresse, de poésie. Clovis Cornillac est très professionnel, très à l’écoute, calme, drôle. Ce qui est étonnant chez lui, c’est qu’il peut s’amuser entre les prises et dès qu’on dit « action », il est instantanément dans la scène. Je suis loin d’avoir cette souplesse là ! Si je fais l’imbécile entre les prises, je déconnecte totalement. Quant à Bernard-pierre Donnadieu, avec qui j’avais de nombreuses scènes, il est très sérieux, pendant et entre les prises. Il reste immergé dans son personnage et ne le lâche pas. Il est impressionnant. Il n’a pas besoin de jouer Galapiat car il l’incarne complètement. Il émane de lui une grande force et en même temps il reste très touchant.

Et Christophe Barratier, quel type de metteur en scène est-il ?
Il est très à l’écoute, rassurant, et il dirige vraiment ses comédiens. On a fait une réelle préparation ensemble : il m’a montré des films comme Quai Des Orfèvres, Pépé Le Moko, d’autres avec les jeunes premières de l’époque comme Michèle organ, Simone Simon ou Annabella. Pour ma part, j’ai beaucoup écouté Charles Trenet et Edith Piaf... on a fait aussi beaucoup de répétitions. Christophe ne renonce jamais à obtenir ce qu’il veut. il peut passer une journée entière pour une scène. Il n’arrête pas tant qu’il n’est pas satisfait. C’est très rassurant pour nous car on sait qu’au bout du compte, le résultat sera bon.

Quelle est la scène que vous avez préféré tourner ?
Celle où je chante « enterrée sous le bal ». Cette chanson a bercé toute la préparation. C’est une de mes préférées et la chanter en public était un moment très fort. J’en garde un souvenir merveilleux. Pierre Richard dirigeait l’orchestre pendant que je chantais, c’était tout simplement magique ! Je me souviens aussi du moment où je chante « Loin de paname », le public m’acclamait : « Une chanson, une chanson ! », Christophe avait insisté pour que je la chante a cappella. C’est inoubliable.

Quel a été votre sentiment lorsque le tournage s’est terminé ?
C’était étrange. Je suis quand même restée là-bas de juillet à octobre ! La fin du tournage a été assez émouvante, assez dure. C’était mon premier film et quand le cocon du tournage s’est brisé, revenir à la réalité a été un peu douloureux. J’ai eu du mal à décrocher du personnage de Douce, il est encore un peu en moi. C’est d’ailleurs tellement moi que j’ai l’impression que je ne pourrai jamais m’en défaire. Je chante encore les chansons de « Faubourg » tous les jours ! Elles ne veulent pas me quitter ! Quand j’ai vu le film, j’ai senti que c’était la fin et le début de quelque chose, comme une nouvelle naissance.

Notes de tournage...

Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier

Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008.

Entretien avec Christophe Barratier

Etait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse.

Entretien avec Gérard Jugnot

Avez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter.

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois.

Entretien avec Kad Merad

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film...

Entretien avec Pierre Richard

Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé.

Entretien avec Bernard-Pierre Donnadieu

Christophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable.

Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt Wagner

Ce sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?

Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur.

Entretien avec Jean Rabasse

De quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film.

Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes

Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 991 entrées
  • 1ère semaine IDF : 103 219 entrées
  • Cumul IDF : 272 355 entrées

  • 1ère semaine France : 438 976 entrées
  • Cumul France : 1 331 823 entrées