Notes de Prod. : Faubourg 36

    en DVD le 25 Mars 2009

Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt Wagner

Ce sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?

Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur.

Reinhardt Wagner - Il faut dire que son texte était très fort ! J’ai découvert en la personne de Frank un auteur formidable. Je dis bien auteur et pas parolier. Frank ne se contente pas d’écrire une chanson sur tel ou tel sujet. Il est capable de s’approprier une idée, et de la dépasser. C’est un poète, qui crée son propre univers. Il a le pouvoir de trouver la phrase qui tombe juste, de se laisser ensevelir par les mots... Après cette première chanson, il m’a envoyé d’autres textes, j’ai composé d’autres musiques. On a continué quelques temps comme ça, jusqu’au jour où j’ai réalisé que toutes ces chansons qui tournaient autour de l’accordéon, pouvaient faire un tout. Je lui ai dit que nous pourrions faire pour la télévision une sorte d’histoire de l’accordéon ou quelque chose comme ça. Puis, Roland Topor, qui était un de nos amis, nous a soufflé l’idée d’en faire un film, un film musical. Frank a trouvé tout de suite le titre : « Faubourg 36 ».

Frank Thomas - On a trouvé l’idée d’une chronique d’un quartier de Paris en 1936. Je me suis mis à écrire une dizaine de pages... On a rencontré Christophe, qui travaillait chez Jacques Perrin. À l’époque, il ne s’occupait que de production, pas encore de mise en scène.

Reinhardt Wagner - On lui a joué et chanté les chansons, elles lui ont plu. Il nous a dit : « on pourrait en faire un film ». Frank et Jean-Michel Derenne ont commencé à écrire un scénario, on s’est mis à chercher un metteur en scène. Certains étaient intéressés mais ils avaient d’autres projets à faire avant. D’autres ne croyaient pas du tout à un film musical. Le processus a duré des années. Le temps passait sans que nous ne trouvions quelqu’un pour prendre le projet en mains. C’était devenu l’Arlésienne. Nos amis se moquaient de nous : « Alors, votre film, il en est où ? ».

Frank Thomas - Quelques temps après, Christophe a réalisé un court métrage, « Les tombales » avec Lambert Wilson. Puis il a fait Les Choristes avec le succès que l’on sait. Quand il a cherché le sujet de son deuxième film, Faubourg 36 est remonté à la surface. On en a parlé. Je trouvais que c’était une très bonne idée qu’il soit « notre » réalisateur. Il est musicien, l’univers lui va bien... Son désir et le succès des « Choristes » ont cette fois accéléré la mise en œuvre du projet. Il a gardé le cadre de départ, mais il a complètement réinventé l’histoire.

Combien de chansons avez-vous écrites et composées pour « Faubourg 36 » ?

Frank Thomas - Au final, j’ai dû en écrire quasiment une quarantaine ou une cinquantaine. Beaucoup, bien sûr, n’ont pas été conservées. Mais sur la dizaine de chansons qui sont aujourd’hui dans le film, il doit bien y en avoir cinq ou six qui font partie des chansons qu’on avait écrites à l’origine, au tout début du projet, comme par exemple « Le môme Jojo ». Les autres, espérons qu’elles resserviront un jour ailleurs !

Reinhardt Wagner - Au départ, quand on a présenté le projet, je crois qu’il y en avait vingt-cinq et à l’arrivée, effectivement, on n’en a gardé que cinq ou six. pour les besoins du scénario et de certains personnages, Christophe nous a demandé d’en écrire de nouvelles, comme par exemple « est-ce que Raymonde est blonde ? » que chante Kad dans son numéro d’imitation de Fernandel, ou les petites chansons des auditions... Une des principales nouveautés est « Partir pour la mer » qui n’existait pas dans la version d’origine. Christophe m’a dit un peu avant le tournage qu’il lui fallait une chanson de fin, qui évoquerait le Front populaire, les premiers congés payés, elle pourrait parler de gens qui partaient pour la mer... Je suis rentré chez moi et dans le taxi j’ai commencé avec deux notes sur « Partir ». Puis j’ai appelé Frank en lui disant juste qu’il fallait écrire une chanson sur des gars qui partent à la mer et qui commencerait par « Partir ». Je sais comment il travaille, il n’a pas besoin de beaucoup d’informations. Il est venu chez moi, et tout de suite, il a enchaîné : « Partir, partir pour la mer qu’on ne voit pas, pour le bon air qu’il y a là-bas... »

Frank Thomas - Il y a « Loin de Paname » aussi qui a été écrite pour un autre projet. C’est un hasard qu’elle soit dans le film. Un jour où Christophe cherchait d’autres chansons, et qu’il nous demandait : « mais vous n’en avez pas d’autres ? », Reinhardt la lui a chantée, il a adoré. C’est devenu un des thèmes récurrents du film.

Comment avez-vous l’habitude de travailler ensemble ?

Frank Thomas - Il n’y a pas vraiment de règle. Je lui donne un texte et il trouve une mélodie qui s’accroche dessus. Parfois, c’est l’inverse. Il me donne un air et je trouve les mots. Puis, on retravaille tous les deux ensemble. Nous sommes très complémentaires finalement.

Reinhardt Wagner - C’est un vrai plaisir de travailler avec lui. Par exemple, ça ne l’embête jamais lorsque je trouve que c’est un peu trop long ou au contraire qu’il me manque des pieds. Je le lui dis, et hop, dans les minutes qui suivent, il trouve la solution ! et il n’a pas besoin de dictionnaire de rythmes ! Contrairement à beaucoup d’autres, il n’écrit pas couplet-refrain, il écrit une chanson sur deux pages comme une histoire, avec des images très fortes, comme dans « enterrée sous le bal » : « Y en a qui rêvent du Père-Lachaise avec un marbre, des lettres d’or et pour faire bien dans le décor deux anges qui se disent des fadaises », ou « et la sciure en quelques poignées f’ra les étoiles de la Grande 0urse, en d’ssous, je saurai quel orchestre turbine à faire de la romance »... Un texte comme ça, ça vous inspire forcément. La musique me vient assez facilement, j’ai l’impression parfois qu’elle est incluse dans le texte et qu’il suffit de l’en extraire. C’est peut-être une vision un peu poétique mais je le vois vraiment de cette manière. Parfois, c’est l’inverse, je lui chante d’abord quelque chose : « La, lalala, la... » et la phrase lui vient. Par exemple, pour « Attachez-moi », j’avais trouvé la mélodie dans le métro. Je l’ai notée sur du papier à musique que j’ai toujours sur moi. J’ai appelé Frank, je lui ai chanté l’air au téléphone. Là, il me fait « Ah... attachez-moi à la barbe, à papa »... Directement ! on a composé comme ça un couplet au téléphone et on a fini le lendemain. C’est vrai que nous sommes complémentaires. S’il fallait trouver une différence, c’est que je suis peut-être un peu plus cartésien que lui. En musique, il y a un peu de mathématiques...

Avez-vous participé au casting pour trouver Douce ?

Frank Thomas - Comme spectateur seulement. j’ai bien dû voir une quarantaine de filles qui auditionnaient en chantant deux chansons : « Attachez-moi » et « Enterrée sous le bal ». C’était à l’Elysée Montmartre. Je ne prenais pas cours à la discussion mais j’écoutais. Il y avait beaucoup de comédiennes et de chanteuses très talentueuses. Puis un jour, ils ont trouvé cette fameuse Nora qui chante bien, qui joue la comédie, et qui est très photogénique.

Reinhardt Wagner - Je crois qu’eux, ils en ont vu 2000 ! Déjà trente ou quarante, je trouvais que c’était beaucoup ! J’ai découvert que faire un casting c’est à la fois amusant et tragique. La première qualité de Nora, c’est d’être le rôle. Elle est Douce. Elle a le même âge, elle est ingénue. De surcroît, elle débute vraiment, comme Douce quand elle arrive à Paris. La première fois que nous avons vu Nora, elle avait 17 ans, on ne peut pas avoir fait grand chose à 17 ans. Elle chantait très bien et jouait aussi très bien. C’était l’idéal. on l’a faite travailler. Elle était très volontaire. Les autres aussi d’ailleurs, Kad, Gérard, Clovis...Iil a fallu faire travailler aussi Maxence Perrin, le fils de Jacques, qui joue Jojo. C’est vraiment lui qui joue de l’accordéon, on lui a fait prendre des cours. J’ai ramené aussi deux autres copains sur le projet : Eric Bouvelle, qui fait tous les passages de virtuose d’accordéon, et François Morel avec qui j’avais fait un spectacle que Christophe était venu voir.

Reinhardt, vous avez aussi composé bien sûr la musique originale du film. Est-ce que les chansons vous ont servies de point de départ ?

Reinhardt Wagner - Bien sûr. Même si ce sont deux choses différentes et qu’en France on confond souvent les deux, la preuve, aux César, il n’y a pas comme aux oscars une récompense pour la meilleure chanson et une autre pour la meilleure musique. Ça allait de soi de partir des chansons pour créer la musique additionnelle. Je me suis amusé avec les différents thèmes. C’est d’ailleurs ce que Christophe voulait - il l’avait fait avec Les Choristes - et c’est intéressant. J’ai ainsi pu mettre le thème en amont, avant qu’on n’entende la chanson. On prépare ainsi les oreilles des spectateurs de manière inconsciente. Ou je m’en sers après la chanson pour jouer sur le même type d’émotion, d’impression, de sentiment... La musique est un travail extrêmement différent de la chanson. Ce n’est pas que c’est plus difficile, c’est juste plus laborieux, plus long. Pour une chanson, lorsqu’on a les deux premières mesures, c’est gagné. Pour un film, il faut trouver le thème principal. C’est un peu plus compliqué. En même temps, lorsqu’on l’a trouvé et qu’il fonctionne, une grande partie de la création est faite. Ensuite, il y a un énorme travail de développement, d’adaptation, d’orchestration... Pour l’orchestration justement, j’ai travaillé avec Hubert Bougis qui est formidable. Je lui apportais les sketchs, la musique écrite, et c’était à lui de les interpréter. On a d’abord enregistré les chansons avant le tournage pour que les acteurs soient plus libres au moment des scènes. La musique a été enregistrée après, à Prague avec une soixantaine de musiciens du CNSO. Le fait que Christophe soit musicien et qu’il aime à ce point la musique enrichit considérablement le dialogue. Finalement, le projet s’est fait au moment où il devait se faire, avec les bonnes personnes !

Si vous ne deviez garder qu’une image ou qu’un moment de toute cette aventure ?

Frank Thomas - Le tournage à Prague, la scène de nuit sous la neige dans ce décor incroyable... il y avait tellement de monde sur le plateau. Et les acteurs qui ont recommencé vingt fois la scène... pourtant, à chaque fois, c’était magique !

Reinhardt Wagner - Déjà, mes scènes de tournage puisque Christophe m’a demandé de jouer Blaise, le pianiste qui accompagne Nora, qui chante et qui est dans l’orchestre que dirige Pierre Richard. C’était drôle - et impressionnant : je voyais Christophe, son équipe technique et ses acteurs travailler. Sinon, j’ai été surpris par... la quantité de saucisses qu’on trouvait sur la table régie ! Je vais balancer d’ailleurs : c’est Gérard Jugnot qui en a mangé le plus, et, en plus, en se cachant ! Mais je crois que le moment que je retiendrai, c’est celui où l’on a signé notre contrat quand Christophe a décidé de faire Faubourg 36. On l’avait tellement attendu, ce film ! On s’est dit : « ça y est, enfin, on le fait ! ».

Notes de tournage...

Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier

Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008.

Entretien avec Christophe Barratier

Etait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse.

Entretien avec Gérard Jugnot

Avez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter.

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois.

Entretien avec Kad Merad

Vous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film...

Entretien avec Nora Arnezeder

Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie.

Entretien avec Pierre Richard

Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé.

Entretien avec Bernard-Pierre Donnadieu

Christophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable.

Entretien avec Jean Rabasse

De quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film.

Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes

Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 991 entrées
  • 1ère semaine IDF : 103 219 entrées
  • Cumul IDF : 272 355 entrées

  • 1ère semaine France : 438 976 entrées
  • Cumul France : 1 331 823 entrées