Notes de Prod. : L'échange

    en DVD le 02 Juin 2009

Décors et costumes : L.A. dans les années 1920

Réalisateur de plus d’une trentaine de films, Clint Eastwood est connu sur les plateaux pour sa rapidité et son efficience. Il réduit délibérément le temps de répétition pour préserver la spontanéité et l’authenticité du jeu et n’a pas pour habitude de multiplier les prises. Cette approche, qu’apprécient uniformément ses interprètes, découle de ses propres préférences d’acteur : «Tout ce que je fais en tant que réalisateur se base sur ce que j’apprécie en tant que comédien», explique-t-il. «On acquiert une certaine expérience au fil des ans, on découvre qu’il arrivera toujours sur le plateau des choses imprévues, bonnes ou mauvaises, auxquelles aucune préparation ne fera jamais obstacle. Chaque tournage reste une expérience passionnante où l’on tente de donner vie à ce qui n’est encore qu’un petit tas de pages imprimées.»
L’équipe et les acteurs savourent cette approche : «Clint est extraordinaire», dit Angelina Jolie. «Je pourrais faire son éloge pendant des heures. C’est un réalisateur d’une précision et d’une autorité sans faille, un leader qui estime à son juste prix chaque collaborateur et en tire le meilleur. Il est brillant. Je me verrais bien poursuivre toute ma carrière avec lui!»

La production sillonna la Californie du Sud pour retrouver l’image de L.A. à la fin des années 1920 et au début de la décennie suivante. Les premiers repérages révélèrent l’étendue du problème : les anciens bâtiments d’époque ont été rasés, les rues ont été transformées en autoroutes et des quartiers entiers ont disparu – notamment celui qu’habitait la famille Collins (à l’est de l’actuel Chinatown). Cette zone est aujourd’hui méconnaissable.

Le chef décorateur James Murakami (qui avait travaillé avec Eastwood et le directeur photo Tom Stern sur Lettres d’Iwo Jima) et le régisseur d’extérieurs Patrick Mignano réussirent à trouver des décors de banlieue intacts et appropriés à San Dimas, San Bernadino, Pasadena et autres localités. Le service déco finalisa les images tournées dans ces divers sites et construisit dans l’enceinte des Studios Universal les intérieurs de l’hôtel de ville et divers autres décors. Le superviseur effets visuels Michael Owens fut tout naturellement mis à contribution pour enrichir ce matériau visuel et recréer, par exemple, l’horizon de la ville et les trams rouges qui circulaient en nombre à l’époque.

La production eut la bonne fortune de découvrir à San Dimas une enfilade de maisons bordées d’arbres, qui ressemblait à s’y méprendre au quartier des Collins. «Ce fut un vrai coup de chance; cette section de la ville a très peu changé et est d’une grande beauté», dit Murakami. Et de poursuivre : «Globalement, nous avons opté pour une grande simplicité stylistique. Les couleurs sont discrètes, estompées, chaque décor est meublé avec soin et un grand souci du détail.»

Les fameux tramways rouges qui roulaient de Pasadena à Santa Monica faisaient intimement partie du paysage local et se devaient de figurer à l’image. Par chance, celui du film possédait un moteur en état de marche et pu donc circuler durant le tournage dans les rues de Pasadena et Los Angeles.

Eastwood, qui découvrit L.A. dans les années cinquante, a été témoin de son évolution : «C’est l’avantage d’être plus âgé que Rob et les autres! Les choses étaient très différentes à mon arrivée ici. On voyait encore ces trams un peu partout, ils étaient extrêmement appréciés.»

La ferme sinistre de Northcott fut reconstituée aux abords de Lancaster, à quelque 100 kms au nord de Los Angeles, après que Murakami et son équipe se furent rendus sur les lieux des massacres. «C’était assez impressionnant de se retrouver là-bas», reconnaît le chef décorateur, «mais indispensable pour bien comprendre la topographie.»

La production put utiliser l’hôtel de ville de L.A., fini en 1928. Il fut cependant nécessaire d’effacer les outrages du temps et d’occulter en post-production tout son environnement actuel : buildings, parkings, etc., de manière à lui rendre son apparence originelle.

La chef costumière Deborah Hopper, qui a enchaîné récemment Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, connaît chaque grand fournisseur de vêtements «vintage» de Los Angeles au Canada. Elle dut faire appel à tous ses contacts pour habiller le millier d’hommes, de femmes et d’enfants qui peuple le film. Des recherches supplémentaires n’en furent pas moins nécessaires pour vêtir la figuration dans le style caractéristique de la Dépression. «C’est toujours difficile de dénicher des costumes d’époque, surtout de ces périodes reculées, parce que les tissus tiennent rarement le coup», explique Hopper. «Il a fallu sillonner le pays de long en large, et c’est seulement d’extrême limite que nous sommes arrivés à nos fins.»

La garde-robe du film est des plus éclectiques, des uniformes en laine des policiers aux knickers et chaussettes longues des deux Walter. La mode féminine des années vingt est largement représentée. Elle privilégiait, dans toutes les classes sociales, une silhouette «chaste», des robes à taille surbaissée, des manteaux à cols de fourrure, des chapeaux «cloches» qui couvraient une bonne partie du visage et mettaient en valeur des cheveux courts et ondulés. Le décorum était assez rigide, le style le plus relax paraît aujourd’hui terriblement conservateur.

Le travail très documenté de Deborah Hopper et ses recherches sur Christine facilitèrent grandement l’approche d’Angelina Jolie : «C’est en endossant le costume de Christine que j’ai commencé à me mettre dans sa peau. Ce style vestimentaire des années vingt est d’une étonnante douceur. Il vous rend vous-même douce et délicate, il vous masque, il vous protège de l’extérieur. Tout cela m’a beaucoup aidée.»

Christine Collins qui supervisait une équipe de standardiste parcourait chaque jour des centaines de mètres à l’intérieur des bureaux. Les photos la montrent juchée – en talons hauts! – sur une paire de patins à roulettes munies de longues lanières de cuir enserrant toute la cheville. Angelina Jolie dut donc maîtriser cette technique de déplacement pour le moins inattendue : «C’est une des choses les plus drôles que j’aie jamais eu à apprendre pour un film, et un bel exemple des trucs fous que les gens faisaient à cette époque.»

Notes de production

«Mrs. Collins a fait un exposé précis, indiquant qu’elle savait dès le départ que ce garçon n’était pas son fils disparu… Après l’avoir soumise à un interrogatoire serré, le Président Schweitzer lui a demandé ce qui s’était passé juste avant son internement psychiatrique à l’Hôpital du Comté. «On m’a fait comparaître devant le capitaine Jones en présence de plusieurs autres personnes», a-t-elle déclaré.

L’Histoire

La chronique de L.A. est émaillée de faits divers à sensations, de crimes maquillés, de meurtres et d’histoires de corruption. Du procès de Roscoe «Fatty» Arbuckle pour le viol et l’assassinat de la starlette Virginia Rappe en 1921 à l’enlèvement de l’évangéliste Aimée Semple McPherson en 1926 et au meurtre du Dahlia Noir en 1947, des scandales ont terni durant des décennies l’image de L.A. et de ses dirigeants.

Le tournage

Eastwood, Imagine, Angelina Jolie : l’échange devient une réalité
Ce scénario choc, «basé sur des faits réels», retint l’attention de Brian Grazer et Ron Howard, deux producteurs qui excellent à porter à l’écran des histoires vécues, et qui ont remporté d’immenses succès critiques et populaires avec American Gangster, Un homme d’exception, De l’ombre à la lumière et Apollo 13.

Des flics, un prêtre, un tueur en série : le casting

Durant son odyssée, Christine eut à la fois des supporters et des détracteurs. Dans la première catégorie, les plus efficients furent le Révérend Gustav Briegleb, pasteur des églises presbytériennes St. Paul et Westlake de L.A., et l’avocat S.S. Hahn. Dans celle des détracteurs, se situe en premier lieu le capitaine de police Jones, qui fut durant sept ans un adversaire acharné de Christine. Le scénariste a conservé autant que possible les noms des protagonistes et a aussi amalgamé divers personnages et types représentatifs du L.A. de l’époque.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 741 entrées
  • 1ère semaine IDF : 154 580 entrées
  • Cumul IDF : 437 693 entrées

  • 1ère semaine France : 452 651 entrées
  • Cumul France : 1 421 478 entrées