Le choix des acteurs selon la réalisatriceLéora Barbara : « Très vite, j’ai su que Léora serait Stella. Il y avait chez elle quelque chose, une façon de ne pas chercher à plaire, ni à bien faire, que j’ai reconnu immédiatement. Une familiarité entre nous.
J’ai vu d’autres enfants, bien sûr, mais pour revenir très vite à Léora. Nous avons fait des essais avec elle où je lui donnais la réplique. Des essais avec Karole aussi. Et puis, il a fallu convaincre sa mère qui avait quelques réticences sur ce que le scénario impliquait.
A aucun moment, je n’ai eu à regretter mon choix. Sur le plateau, Léora est devenue la personne sur laquelle je savais à tout instant pouvoir compter, malgré des conditions de tournage pas toujours simples. Elle a très vite su se faire respecter de tous, à sa façon, d’une manière parfois même intimidante pour l’équipe. La confiance qui s’est installée entre nous, son intelligence, la façon qu’elle a eu de prendre le rôle à son compte, ont créé une relation très exclusive qui, je le sais maintenant, a servi le film.
On n’avait pas besoin de se parler.
Elle savait... »
Mélissa Rodrigues : « C’est François Guignard, le directeur de casting, qui a découvert Melissa dans un centre aéré à Pantin. Elle était un peu « la terreur » là-bas. François pensait qu’elle pouvait être une Stella crédible. Mais comme je restais fixée sur Léora, j’ai vu en Melissa une
Gladys possible. Je ne voulais surtout pas une copine « faire valoir » et Melissa me semblait avoir l’éclat suffisant pour éviter cet écueil. Et la différence immédiatement visible entre les deux petites m’intéressait.
Melissa s’est mise au travail avec une vraie détermination. Elle n’était pas immédiatement crédible en « première de la classe », même décalée. Nous avons travaillé. Et comme elle est douée, elle s’est imposée avec ce mélange de douceur et de violence qui lui est propre. La rencontre avec Léora a fini de me convaincre. La manière qu’elles ont eue de s’allier tout en restant l’une et l’autre sur leur réserve, correspondait parfaitement aux deux personnages. »
Karole Rocher : « Karole a toujours été « la mère de Stella » dans mon esprit. Dès l’écriture du scénario. D’ailleurs, dès que mon choix s’est porté sur Léora, j’ai eu besoin de la voir avec elle. Comme je connais le talent d’improvisation de Karole, je savais que si Léora tenait le choc, ce serait bon signe.
Je savais dès le départ que je pourrais compter sur Karole, son talent, son énergie, et pour ce film, j’avais besoin de cette alliée.
Et je savais qu’elle était la seule à pouvoir rendre avec justesse le mélange de brutalité, de dureté, et d’extrême faiblesse de son personnage. Et, surtout, la rendre émouvante. »
Benjamin Biolay : « Pour incarner le père de Stella, le mien donc, j’avais besoin d’un acteur capable d’interpréter avec élégance un homme au bord de la déchéance.
Nous venions de faire Sang Froid ensemble, il y tenait le rôle principal, et je savais pouvoir trouver en lui assez de profondeur et de délicatesse pour incarner mon papa.
Il a su rendre digne, attachant, sexy même, un personnage qui n’a pas tout pour lui : alcoolique, cocu, dépassé.
Il fallait que l’on puisse partager l’amour avec lequel Stella regarde son père. Benjamin, sa générosité, la tendresse qui émane de lui, ont permis ça. »
Guillaume Depardieu : « J’avais envisagé Guillaume pour le rôle du père de Stella, mais quand je l’ai rencontré, j’ai immédiatement pensé qu’il devait incarner Alain-Bernard, le personnage positif du film. Le Prince Charmant de Stella.
Il a tout pour lui plaire. La profondeur, la gentillesse, la tristesse et un visage qui ne ment pas.
Guillaume m’a apporté son talent, une manière d’être là, totalement, pour le film ; il a su, avec beaucoup de pudeur, créé avec Léora, une relation privilégiée.
Comme Prince Charmant, je ne pouvais rêver mieux. » Présentation du film à Venise : Nos ImpressionsLe nouveau film de Sylvie Verheyde est le coup de cœur de la journée. Stella est une fillette qui fait sa rentrée en classe de 6ème dans un nouveau collège plus huppé que le milieu populo d’où elle vient. Elle grandit dans un café-hôtel que tiennent ses parents, un endroit avec ses fidèles piliers de bar. On est en 1977 et c’est l’époque des disques vinyles de Sheila et d’Eddy Mitchell. Entretien avec la réalisatriceQuelle a été l’origine de Stella ?
Stella s’est construit autour de mes souvenirs d’enfance, et particulièrement de mon entrée en sixième, en 1977. Le désir d’en faire un film est là depuis longtemps. Mais c’est l’entrée en 6ème de mon fils, il y a quatre ans, qui en a déclenché l’écriture. A ce moment-là, le débat sur l’école était assez vif : autorité, mixité, le voile, l’école comme ascenseur social etc., tout cela me renvoyait à ma propre vision de l’école et du lycée. Un lycée auquel je me suis accrochée malgré les nombreux déménagements de mes parents, et qui a été mon seul repère, mon seul point d’ancrage durant mon adolescence. J’ai eu envie de témoigner de cette chance qui m’a été donnée. |
|
|