Notes de Prod. : Welcome

    en DVD le 16 Septembre 2009

Entretien avec Vincent Lindon

Qu’est-ce qui vous a touché dans Welcome?
Quand Philippe m’a parlé de cette histoire, elle m’a immédiatement emporté. Je me souviens qu’à la fin d’un déjeuner ensemble, je lui ai dit que je ne lirai le scénario que par plaisir. J’étais déjà certain de vouloir faire ce film. Plus tard, après l’avoir lu, je l’ai appelé pour lui dire à quel point j’étais emballé par ce très beau mélange de rugosité et de tendresse, et qu’il fallait que nous tournions vite tant j’étais impatient.
Ce que j’aime dans le cinéma de Philippe, c’est qu’il arrive à s’emparer d’un sujet très fort - en l’occurrence, le sort des réfugiés à Calais -, mais qu’il ne l’aborde pas frontalement. Il préfère s’attacher aux personnages, à leur affectif, à celui de Simon et à celui de Bilal, car tout est lié dans ce film : la petite histoire et la grande. La dramaturgie en est d’autant plus forte.

Est-ce que Philippe Lioret vous a parlé de Simon ?
En quelques mots seulement. En réalité, on a surtout parlé d’infimes détails. Ce sont des éléments instinctifs qui campent un personnage. Pendant le tournage, on a discuté des heures au bar de l’hôtel - mais pas forcément du film. On parlait de la vie, des femmes, de nos enfants, des films qu’on aimait...

Comment vous êtes-vous approprié le personnage ?
Encore une fois, ce sont les détails qui m’intéressent. Au cinéma, je pense que l’habit fait le moine. Dans les scènes de piscine, je me focalise sur la manière dont tombe mon survêtement, sur mes claquettes de maître-nageur. Ce qui compte pour moi, c’est de savoir si l’apparence du type que je joue est crédible :
les chaussures, le sifflet, le t-shirt et un peu de ventre aussi. Simon est un ex-nageur professionnel qui, depuis qu’il a abandonné la compétition, a pris du poids. Alors, pour devenir Simon, j’en ai pris moi- même, pour «faire le poids». tout doit sonner juste, les personnages, les sons qui résonnent dans la piscine, tout. La psychologie arrive après ; j’attaque d’abord la forme, le fond vient après.

Comment s’est passé le début du tournage ?
À peine arrivé à Calais, un samedi soir, Philippe m’a amené au «quai de la soupe» où les réfugiés viennent se nourrir. En en repartant, on en a croisé trois et on les a pris en voiture. Ils étaient dans un état de dénuement total, mais ils avaient le sourire. À leur demande, on les a déposés dans un endroit désert qui ressemblait à une immense décharge, pas âme qui vive et pas une habitation à la ronde. Ensuite, sans un mot, Philippe m’a déposé à l’hôtel. Cela se passait de commentaire. Ce sont mes tout premiers moments à Calais et j’avais vu ce qu’il fallait voir. Dès le lendemain, on a commencé le tournage.

Philippe Lioret explique que vous anticipiez ses demandes.
Tant mieux. C’est tout ce que je recherche dans mon travail : bouger comme l’a imaginé le metteur en scène en écrivant le personnage et m’arrêter au moment et à l’endroit même où l’on s’aperçoit tous les deux qu’il fallait le faire. Quand on arrive à cette osmose - et c’est rare d’y arriver, on sait lui et moi que ça sonne juste.

Vos personnalités à tous les deux auraient pu susciter des conflits très durs.

Absolument. Beaucoup de gens qui nous connaissent tous les deux craignaient qu’on soit en conflit. Et
c’est très exactement le contraire qui s’est produit : il n’y a jamais eu le moindre moment de doute ou d’absence de confiance de l’un envers l’autre. C’était comme si nous étions faits pour tourner ce film ensemble. Malgré plusieurs rendez-vous manqués sur ses autres films, j’ai toujours su au fond de moi qu’il y aurait un jour cette grande rencontre entre nous. J’ai eu l’impression de rencontrer mon double.

Comment s’est passé le tournage avec Firat Ayverdi, qui interprète Bilal ?
Je ne l’ai considéré ni comme un gamin, ni comme un comédien non professionnel. Les premiers jours, je l’impressionnais un peu mais, très vite, il s’est détendu et on a fini par établir une sorte de rapport père-fils. Du coup, j’avais l’impression d’être aussi protecteur avec lui sur le plateau que Simon l’est avec Bilal.

Notes de tournage...

Le 19 Octobre 2007 - Vincent Lindon chez Philippe Lioret

Philippe Lioret, qu’on connaît notamment pour Je Vais Bien, Ne T'En Fais Pas, devrait diriger Vincent Lindon (La Moustache, Ceux Qui Restent) dans Welcome, un film sur un maître nageur calaisien qui aide un réfugié Irakien à retrouver les faveurs de sa femme.

Entretien avec le Réalisateur

Comment est né le projet de Welcome?
D’abord de l’envie énorme de faire un film sur ce sujet-là et pas sur un autre. Sur ces types qui, fuyant leurs pays malades, veulent à tout prix rejoindre cet eldorado qu’est l’Angleterre à leurs yeux et qui, après un périple invraisemblable, se retrouvent coincés à Calais, brimés, brutalisés et humiliés à quelques kilomètres des côtes anglaises qu’ils aperçoivent là-bas.

Entretien avec Audrey Dana

Qu’est-ce qui vous a amené à tourner Welcome?
À chaque fois que j’ai vu le travail de philippe, je me suis dit «voilà un réalisateur avec qui je rêverais de tourner». Il est venu à l’une des premières projections de Roman De Gare de Claude Lelouch et m’a dit qu’il pensait à moi pour un film à venir... Je ne savais pas que c’était le prochain, lui non plus d’ailleurs car pour ce rôle il avait déjà envisagé quelqu’un d’autre.

La polémique

Le 10 Mars 2009 - Philippe Lioret répond à Eric Besson

Le cinéaste Philippe Lioret affirme avoir voulu, avec son film Welcome qui sort mercredi, non pas mettre en parallèle la situation des migrants à Calais et celle des juifs sous l'occupation, mais dénoncer des " mécanismes répressifs " qui se " ressemblent étrangement ".
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 555 entrées
  • 1er jour IDF : 11 885 entrées
  • 1ère semaine IDF : 93 715 entrées
  • Cumul IDF : 292 121 entrées

  • 1ère semaine France : 274 730 entrées
  • Cumul France : 1 177 301 entrées