Notes de Prod. : 9m2 pour deux

À propos du film…

Le point de départ

Il s'agit d'expérimenter dans le contexte de l'univers carcéral une expression du cinéma de l'intime à l'aide d'une caméra mini-dv. Cela permet de questionner l'acte de filmer, le rapport filmeur-filmé ainsi que la relation entre le réel et la fiction.

Le choix des personnages

La rencontre avec les détenus s'est faite dans une cellule de détention identique à celle construite pour l'expérience. Chaque candidat devait se raconter en toute liberté face à l'objectif. C'est leur personnalité et leur motivation qui ont déterminé notre choix.

Filmer l'intime

La mise à distance avec leur intimité s'est jouée grâce à l'espace de la cellule décor. Ce déplacement du réel a permis le travail d'interprétation, et d'échapper au spectacle de la vie privée. Ainsi, ils n'étaient pas dans l'exhibition, mais dans l'élaboration d'une parole, dans la construction d'une image, et dans l'interprétation de leur réalité. Ici, beaucoup de choses échappent au regard, mais ce n'est pas l'Institution qui les a cachées, ce sont les détenus, qui dans le travail d'interprétation, ont maîtrisé ce qu'ils pensaient pouvoir partager.

La mise en place de l'expérience

Un travail théorique sur la « caméra-poing » et son utilisation a été mis en place, suivi d'une étude technique et pratique de l'outil : composition du cadre, mouvements de caméra exécutés à partir du corps, prise en main à tour de rôle et entraînement quotidien avec l'appareil.
D'autre part, une série de visionnage de films ont permis de faire un travail d'analyse sur l'image, la mise en scène, l'interprétation.
Parallèlement aux exercices théoriques et pratiques sur la cinématographie, nous avons mis en place un décor construit à l'identique d'une cellule de détention. Cette structure a été fabriquée à l'extérieur et implantée dans le studio par les décorateurs de cinéma.
Ce décor a permis de dépasser le poids des conditions carcérales : effectuer le trajet au travers de la détention, entre la vraie et la fausse cellule a mis une distance physique et psychologique entre vie réelle et interprétation du vécu.
Des projecteurs ont été acheminés à l'intérieur de la détention, mis en place et installés par les détenus sous notre direction. Ils ont ensuite été préréglés pour créer les climats lumineux appropriés aux intentions dramatiques de chacune des séquences.
Créer de toutes pièces cet espace de jeu a été un élément déterminant.
La lourdeur technique du dispositif fictionnel a fait prendre conscience des règles et des lois liées au tournage, ce qui pour des « hors-la-loi » était la base du respect et du travail.
Le ludique cinématographique a alors été pris au sérieux.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 738 entrées
  • Cumul IDF : 2 635 entrées

  • 1ère semaine France : 2 348 entrées
  • Cumul France : 2 348 entrées