Notes de Prod. : A côté

    en DVD le 05 Janvier 2010

La prison aujourd'hui

63 211 détenus en France au 1er avril 2008 dont 17 466 prévenus.
La surpopulation carcérale est de 13 737 personnes.
117 maisons d'arrêt, 24 centres de détention, 29 centres pénitentiaires, 5 maisons centrales, 13 centres autonomes de semi liberté.

ARTICLE D. 402 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE :
En vue de faciliter le reclassement familial des détenus à leur libération, il doit être particulièrement veillé au maintien et à l’amélioration de leurs relations avec leurs proches, pour autant que celles-ci paraissent souhaitables dans l’intérêt des uns et des autres.

SELON LES TERMES DES RÈGLES PÉNITENTIAIRES EUROPÉENNES :
« Les modalités des visites doivent permettre aux détenus de maintenir ou de développer des relations familiales de façon aussi normale que possible. » Il y a aujourd’hui en France 7 UVF ( Unités de Vie Familiale). Dans les plans de construction à venir, les établissements seront équipés d’UVF. En juillet 2007, la Garde des Sceaux installait le Comité d’orientation chargé de préparer la loi pénitentiaire : « Il faut traduire, dans notre droit positif, les règles pénitentiaires européennes adoptées par le Conseil de l’Europe. »

La loi pénitentiaire devrait être discutée avant la fin de l’année par les parlementaires.

Histoire d'un tournage par Stéphane Mercurio, réalisatrice

En 2003, je rencontre Anna Zisman à une terrasse de café. Elle porte un désir de fi lm sur les lieux d’accueil à côté des prisons. Un film semble possible. Je ne sais pas grand-chose de ces familles et j’ai une forte envie de rencontrer ces « invisibles ». J’aime cette idée de lieu unique, symbole à la fois de la parenthèse et de l’enfermement.

La Genèse par Anna Zisman, coauteur

C’est Françoise, mon amie monteuse, qui m’a aidée à soulever le couvercle. Elle connaît mon écriture. Elle me connaît, tout simplement. Elle m’a dit : « Tu as une écriture cinématographique ». J’ai gardé cette phrase dans ma boîte. Et puis je lui ai parlé de ce sujet, à propos de ces hôtels à côté des prisons, qui ne devaient être là que pour accueillir ceux qui venaient de trop loin voir leur proche incarcéré, forcés de passer là une nuit avant de rentrer. J’avais compris que c’était un film qu’il fallait faire.

Création sonore

J’ai utilisé les prises de sons spécifiques réalisées pendant les séances photo. En les découpant en échantillons, j’ai ainsi créé une partie de mon « instrumentarium ». Tantôt transformés, tantôt bruts, les sons viennent faire respirer et rythmer les séquences. Ils apportent la dimension temporelle de l’événement, ce qui contraste avec la fixité de ce que nous voyons. Des sons instrumentaux viennent compléter chacun de ces moments selon le lieu. La présence de ces univers est tantôt discrète, tantôt forte, mais laisse toujours la place aux récits et aux confidences des femmes et des hommes qui traversent ces « bulles » de leurs voix. Toutefois, je considère la voix comme une manifestation instrumentale à part entière, elle est travaillée comme faisant partie intégrante de la composition. La voix a aussi un rôle musical qu’il ne faut pas négliger. Ainsi la composition générale de la musique intègre à la fois des sons du réel, des voix et des sonorités instrumentales. Le tout orchestré pour faire jaillir la musicalité des lieux et de ces instants hors du temps.

Hervé Birolini

Photographies de Grégoire Korganow

Comme beaucoup, je n’avais jamais imaginé que derrière un détenu il y avait souvent une famille qui aimait cet homme privé de liberté. J’ai photographié ces vies suspendues : lors d’un procès d’assises, d’un déménagement pour se rapprocher du mari incarcéré, d’un parloir sauvage – des femmes viennent parfois au pied des murs de la prison pour tenter de communiquer avec leur proche emprisonné. C’est interdit. J’ai raconté aussi l’intimité, la solitude. J’ai photographié cette vie où tout semble attendre le retour du père, du mari ou du fi s. Pas d’image spectaculaire, juste des regards, des gestes qui racontent cette vie à côté de la prison : Claire qui se pelotonne dans un T-shirt porté par son homme, Chantal seule, tendue dans la salle rouge de la cour d’assises de Nantes, ou encore Christine sur le trottoir hurlant des mots d’amour à son mari derrière les barreaux. J’ai poursuivi ce travail au-delà du film, au centre d’accueil de Rennes et j’ai fait des portraits. J’ai photographié des femmes à leur sortie du parloir. Quelques minutes pour saisir ces visages silencieux sur lesquels l’amour mais aussi la violence subie sont inscrits.
En observant ces visages qui fixaient l’objectif, je cherchais à saisir ce lien si fort qui unit ces femmes à leur proche incarcéré. Femmes courages qui portent sur leurs épaules cette double condamnation, celle de l’être aimé et celle d’une administration qui les méprise. Les écouter, les regarder, c’est résister.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 30 entrées
  • 1ère semaine IDF : 1 225 entrées
  • Cumul IDF : 1 283 entrées

  • 1ère semaine France : 2 842 entrées
  • Cumul France : 2 842 entrées