Notes de Prod. : A History of violence

    en DVD le 19 Juillet 2006
A HISTORY OF VIOLENCE est un thriller d'action dont le sujet premier du film n'est pas la violence, mais la façon dont elle influe sur nos vies. À travers le parcours d'un homme qui lutte pour sauver les siens, ce sont toutes les zones d'ombre, toutes les violences dont chacun est capable suivant les circonstances que nous découvrons…
Lorsque le producteur JC Spink a lu la bonde dessinée de John Wagner et Vince Locke, « A History of Violence », il a tout de suite décelé son potentiel cinématographique. Avec son partenaire Chris Bender, ils ont proposé le projet à New Line Cinema, avec qui ils ont eu un contrat de première lecture. New Line a aussitôt acquis les droits. Josh Olson a écrit le scénario, en extrapolant à partir de la bande dessinée publiée six ans plus tôt chez Paradox Press. David Cronenberg a rejoint le projet fin 2003. Il explique : « J'ai trouvé le scénario passionnant. Il y avait là tous les ingrédients d'un classique, mais avec une approche complètement neuve. »
Josh Olson ajoute : « J'ai trouvé intéressant de placer cette famille de la classe moyenne dans une situation extrême, et de montrer comment elle en est affectée. Que se passe-t-il quand la violence pénètre dans un foyer extraordinaire et heureux ? »
Bien qu'il n'ait pas comme habitude de traiter des drames familiaux, David Cronenberg a été séduit par les personnages, et surtout par la famille Stall. « Cette histoire touche à des thèmes émotionnels puissants. Un couple marié avec deux enfants essaie de mener une vie droite, honnête, épanouie, et cela se révèle de plus en plus difficile. J'ai aimé ce contexte. »
Le réalisateur poursuit : « Derrière ce thème principal se profilent pourtant des choses beaucoup plus troublantes, dérangeantes. C'est un thriller intéressant parce qu'atypique. On peut le prendre à plusieurs niveaux, les enjeux ne sont pas aussi basiques que l'intrigue principale peu le laisser supposer. Les développements partent dans des axes aussi surprenants que variés. On peut d'abord voir ce thriller comme ceux deHitchcock où un homme innocent est pris pour un autre par des gens effrayants. Un naïf se retrouve plongé dans un monde dont il aurait mieux aimé ne rien savoir. Pour une simple méprise d'identité, le vie de Tom et de sa famille va basculer. Et ce n'est que le début… »
Le réalisateur a collaboré avec Josh Olson pour réviser le scénario, et notamment changer les noms des membres du crime organisé. D'italiens, ils sont devenus irlandais, afin de prendre une distance par rapport à la mafia.
Le producteur Chris Bender observe : « Nombre des films de David traitent de l'identité, de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas. Le personnage de Viggo Mortensen, Tom Sall, est le lien entre ce film et ses précédents. Tom se bat avec un problème d'identité qui remet en cause la réalité dans laquelle il vit. »
Josh Olson ajoute : « Tout en retrouvant les thèmes chers à David, A HISTORY OF VIOLENCE ne ressemble à aucun des films qu'il a pu faire le passé. »

Une fois la production lancée, l'équipe s'est installée à Toronto, au Canada, la ville natale de Cronenberg. Celui-ci reste fidèle à « sa famille de collaborateurs », des chefs de départements techniques avec qui il travaille depuis des années.
Parmi ceux-ci, Peter Suschitzky, directeur de la photo de Spider et Existenz notamment, qu'il retrouve pour la septième fois. Suschitzky confie : « Lorsque j'ai lu le scénario, j'ai tout de suite su que ce serait un film différent, beaucoup plus narratif que les précédents. J'ai encouragé David à y penser comme aux films de Fritz Lang : un des thèmes principaux des films de Lang est le personnage qui ne peut échapper à son destin. Cela ouvrait un point de vue intéressant. »

David Cronenberg commente : « Dans ce film, je voulais que la violence soit réaliste, brutale. J'ai recherché la brutalité et le genre de violence que l'on verrait vraiment dans, disons, un combat de rue : maladroite, tout sauf chorégraphie, en recherche permanente d 'efficacité - l 'opposé des séquences esthétisantes que l'on voit souvent au cinéma. L'acte de violence que comment le personnage principal est justifiable. Tom Stall est contraint d'employer la violence, il n'a pas d'autre alternative. En même temps, on ne cache pas que la violence qu'il commet a des conséquences lourdes. Je veux faire passer l'idée que la violence est une chose mauvaise mais une part très réelle et inévitable de l'existence humaine. Je ne m'en détourne pas. On peut dire cependant que ce n'est jamais une chose séduisante. »
Viggo Mortensen souligne : « David montre les racines et les conséquences de la violence, mais il ne s'appesantit pas dessus. Il ne s'attarde pas sur la violence et ne la glorifie jamais. Il dit que la violence n'est jamais une bonne chose, mais il dit aussi qu'elle est inévitable. C'est une vérité qui dérange, mais c'est une vérité. »
Chris Bender souligne : « La violence qui se déroule au restaurant déclenche la lutte intérieure de Tom et a des conséquence sur tout le monde, de sa famille aux habitants de la ville. »
Viggo Mortensen ajoute : « Le film ne parle pas seulement de la violence et de la confusion, ou de la question de l'identité au sein d'une famille ou d'une société, il parle aussi du problème du culte de la célébrité. Tom Stall se trouve pris dans une situation de menace à laquelle il réagit instinctivement. La violence en découle. Et il est félicité pour la violence qu'il a employée, glorifié par les médias. David n'avait pas fait beaucoup de séquences de combat avant ce film, c'était un avantage, parce que la violence qu'il montre ici est tellement réelle qu'elle dérange. C'est perturbant parce que l'action physique est brute. »
Josh Olson, le scénariste commente : « David est capable de remonter à des idées et des émotions très primitives. Il va chercher au plus profond ce qui est le plus sombre, il nous montre des choses effrayantes dont on ne peut pas se détourner. »
David Cronenberg observe : « Beaucoup d'artistes sont attirés par ce que la nature humaine a de sombre, justement parce qu'il est caché, inexploré et parce qu'ils ont envie d'apporter de la lumière dans les recoins les plus obscurs. On a le sentiment d'être détective, et on ne se satisfait pas de ce qui est présenté comme normal. Le désir d'un artiste, comme celui d'un scientifique, est de ne pas se limiter à la surface des choses, mais de plonger dessous pour aller voir leur origine et comment cela se déroule. Cela vous conduit souvent en des territoires qui font peur, qui sont négatifs ou interdits. Mais je ne pense pas que la motivation soit uniquement de savoir ce qui est négatif, c'est de savoir ce qui est réel, de comprendre les multiples épaisseurs de la réalité. »
Ed Harris commente : « Pourquoi sommes-nous fascinés par le côté sombre des choses ? C'est peut-être cathartique de voir révéler le côté sombre de quelqu'un et de voir son bon et son mauvais moi. La plupart d'entre nous faisons cela, de manière bien plus subtile, au quotidien. Certains le font, certains choisissent une fois pour toutes le côté sombre. Et d'autres personnes n'y vont jamais, parce que cela leur fait peur. »
Maria Bello ajoute : « Je trouve intéressant que dans la vie, ce soient les gens qui ont accès à leur côté sombre qui soient souvent les plus légers, parce qu'ils en ont plus peur. David a si facilement accès à cette part de lui-même, qu'il n'a pas à la craindre. »

Présentation du film à Cannes le 16 mai 2005

La Violence selon Cronenberg...
Quatre ans après avoir présenté Spider, le cinéaste Canadien revient donc en compétition à Cannes avec un thriller violent qui suscite déjà la controverse chez les journalistes comme chez les festivaliers. Une histoire de violence donc, mais aussi de sexe, de mafia, de meurtres, de vengeance, de double personnalité… Cronenberg dénonce intelligemment tout un pan de la société américaine, ce fameux «American way of life », et à travers lui la violence. Une violence américaine, comme il l'explique lui-même lors de la conférence de presse :
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 113 574 entrées
  • Cumul IDF : 321 975 entrées

  • 1ère semaine France : 277 394 entrées
  • Cumul France : 798 036 entrées