Notes de Prod. : A l'intérieur

    en DVD le 20 Février 2008

Note de production

La genèse du projet

A L'Intérieur est l’aboutissement d’un désir : produire un vrai film de genre en France. Première production de La Fabrique de Films, société fondée par Vérane Frédiani et Franck Ribière, A L'Intérieur est un authentique thriller réaliste, radical et flirtant avec l’horreur. « Nous avons toujours aimé les films de genre. Dans nos métiers précédents et dans la distribution, nous étions toujours à l’affût de nouveaux talents dans ce cinéma » avoue Vérane Frédiani. « C’est un cinéma très créatif, divertissant, qui se doit d’être intelligent et qui joue avec les codes du cinéma pour surprendre le spectateur. Le cinéma de genre donne naissance à de très bons films qui résistent au temps et qui permettent de découvrir d’excellents réalisateurs. Peter Jackson, James Cameron ou encore Sam Raimi pour n’en citer que quelques-uns, ont commencé par des films de genre.

Nous souhaitions nous investir plus activement dans cette voie, en tant que producteurs cette fois-ci. D’autant plus que ces films se font très rares dans le cinéma français. Il nous restait alors à trouver le bon projet. » En tant que distributeur, La Fabrique de Films a sorti en France notamment Le Crime Farpait d’Alex De La Iglesia, The Descent de Neil Marshall ou plus récemment Severance de Christopher Smith ou bien encore Wilderness de Michael J. Bassett. Ancien critique cinéma chez Mad Movies, Alexandre Bustillo est à l’origine du script de A L'Intérieur. « Une de mes amies était enceinte quand l’idée de A L'Intérieur est née. Elle vivait dans une petite maison de banlieue. J’ai donc imaginé ce qui pouvait se passer si elle se retrouvait seule un soir chez elle et qu’un tueur venait lui « rendre visite ». Très vite, pour moi, ce tueur ne pouvait être qu’une femme. C’était une évidence : une femme désirant un enfant plus que tout était plus crédible qu’un simple slasher, et donc plus terrifiant. Je me suis alors immédiatement mis à écrire un premier jet du scénario, et plus j’avançais, plus je me surprenais à trouver cette idée réellement angoissante, très proche de certains faits divers qu’on peut lire dans les journaux ».

Alexandre Bustillo précise au sujet de son envie de mettre en scène des personnages féminins : « En matière de films d’horreur, les castings majoritairement féminins sont particulièrement efficaces. Par exemple The Descent – qui va au-delà de l’horreur et nous parle de la maternité -, si on remplace les femmes par des hommes, ça donne La Crypte, un film complètement insignifiant ». Si l’approche de A L'Intérieur est directe et parfois crue, le film baigne dans une atmosphère formelle proche d’un conte moderne. Pour l’auteur, « Construit en trois actes, A L'Intérieur pourrait se rapprocher d’une légende urbaine que l’on se raconte autour d’un feu le soir à la nuit tombée. Le premier acte est solidement ancré dans la réalité : on s’immerge dans le quotidien ravagé de Sarah (elle vient de perdre son mari) avant que La Femme n’arrive et ne l’agresse. Le deuxième acte brouille les perceptions des personnages et du spectateur : une fois l’électricité coupée, le film est plongé dans les ténèbres où se découpent les silhouettes fantomatiques des protagonistes. Le troisième acte est celui où se déchaîne la folie de La Femme, celui où sa détermination, sa fureur prennent le pas sur son humanité, faisant d’elle un monstre au sens classique, tragédien du terme. » Une fois le scénario terminé, Alexandre Bustillo se lance à la recherche de producteurs. Séduits par cette histoire où la terreur est avant tout psychologique, la peur profondément viscérale, humaine et qui prendra assurément les spectateurs aux tripes, les producteurs de La Fabrique de Films décident très rapidement de se lancer dans l’aventure.

« C’est un script original, malin, très différent de tout ce qui avait pu se faire en France jus-que-là » déclare Franck Ribière. « Deux aspects ont particulièrement attiré notre attention. Tout d’abord, l’histoire avec un casting exclusivement féminin, l’utilisation de peurs primales, un thème qui va en fait au-delà du simple film d’horreur pour évoquer la maternité. Et puis la personnalité d’Alexandre, sa motivation : c’est un spécialiste du film de genre. Cela faisait quelques temps déjà qu’on pensait qu’il fallait se tourner vers les fans, vers ceux qui connaissent ces films et leurs mécaniques sur le bout des doigts. »
« Nous partons d’une situation qui pourrait arriver à n’importe qui. Quand on est seul chez soi, on a toujours peur que quelqu’un s’y introduise pour venir nous tourmenter » insiste Vérane Frédiani. « Dans le contexte du film, la motivation de ces deux femmes est totalement compréhensible, et donc acceptable. Si leur affrontement est sans concession, c’est tout simplement parce que l’enjeu est un enfant. C’est d’ailleurs ce qui nous plaisait dans ce scénario. Nous ne sommes pas du tout dans la logique d’un film de torture, bête et méchant. ça ne nous intéresse pas.

Nous ne souhaitons pas faire des thrillers ou des films d’horreur juste pour choquer les gens. Nous sommes avant tout motivés par des histoires qui nous touchent. » Béatrice Dalle est également sur le même longueur d’on- des : « Je ne pense pas que A L'Intérieur soit extrêmement violent. ça ne va jamais au-delà de ce que l’histoire demande. Il n’y a aucune complaisance autour de la violence. Et on voit des choses tellement pires tous les jours, dans les journaux comme à la télévision. »

Les réalisateurs

Parallèlement à l’écriture, Alexandre Bustillo cherche un réalisateur pour mettre en scène son projet. Il le trouve en la personne de Julien Maury, qui s’était fait remarquer avec le court-métrage « Pizza à l’œil », pri- mé dans plusieurs festivals. « En regardant « Pizza à l’œil », j’ai été impressionné par le résultat obtenu avec des moyens limités. La mise en scène de Julien dégageait une véritable énergie. Julien s’est vite imposé pour réaliser A L’intérieur. A l’origine, je devais simplement écrire le scénario. On a finalement décidé de le réaliser à deux et d’unir nos forces».

Une collaboration motivée par une passion et des références communes. Interrogés sur leurs influences, ils citent en chœur : les slashers, principalement Halloween pour la mise en scène de la violence dans un milieu urbain réaliste, Calvaire et sa stricte beauté formelle, Maléfique pour l’ingéniosité de sa mise en scène en huis- clos, le giallo en général pour le personnage de Béatrice Dalle, autant pour son look que pour son mode opératique ou encore les thrillers fantastiques oppressants des années 70 comme Le Locataire... Une fois la décision prise de co-réaliser, ils se lancent alors ensemble dans une ultime réécriture de A L'Intérieur. « La période de réécriture s’est déroulée simplement » continue Alexandre Bustillo. « Les discussions portaient sur le développement du film à proprement parler : le déroulement des événements, les dialogues, la narration.

Les producteurs n’ont jamais essayé d’influer sur la teneur même du film. Ils ont toujours assumé le côté parfois très violent du projet. Ils nous ont surtout aidé à étoffer le script, à donner de l’épaisseur aux personnages et à ajouter des personnages secondaires alors qu’au départ, toute l’action était concentrée sur les deux héroïnes. » Le scénario finalisé, Alexandre Bustillo et Julien Maury se concentrent alors sur la pré- production du film. Une période de plus de dix semaines qui leur servira à réunir leur équipe, à trouver le décor idéal et à story- boarder le film. « C’est assez long mais tout à fait primordial sur un tel film » déclare Julien Maury. « Nous voulions absolument tout story- boarder. Et nous avons eu la chance de trouver une maison qui ressemblait énormément à ce qu’on avait en tête.

Le story- board n’a pas beaucoup changé une fois le décor trouvé. Nous avons également passé beaucoup de temps avec Jacques-olivier Molon de FX Cinéma et Rodolphe Guglielmi de BR Films sur les blessures et sur l’évolution physique des personnages. Il a fallu choisir quels effets nous voulions faire sur le plateau en direct et lesquels seraient faits en digital en post production. Leur expertise mais également leur imagination débordante et leur motivation nous ont été d’une grande aide. Nous voulions tous des effets à la hauteur de l’histoire. On a donc beaucoup travaillé en amont. Nous étions conscients qu’il nous faudrait avoir pensé au
moindre plan. Une fois sur le plateau, avec une trentaine de personnes à gérer, ça ne serait plus le moment d’hésiter. »

A L'Intérieurs’articule ainsi autour d’un trio exclusivement féminin : La Femme, Sarah et l’enfant qu’elle attend, qui est également une fille. « Le niveau de l’industrie technique en France est excellent, nous n’avions aucune in- quiétude de ce côté-là. Notre plus gros souci était plutôt de trouver les actrices idéales, les deux perles rares qui accepteraient de jouer Sarah et La Femme, et qui assumeraient leur rôle jusqu’au bout » avancent Vérane Frédiani et Franck Ribière.

« Car il s’agit de rôles très physiques et très éprouvants. Il nous fallait donc des actrices avec une force de caractère et une endurance hors norme, ce qui n’était pas si simple. » Le choix de la production et des auteurs se dirige alors vers Alysson Paradis pour le rôle de Sarah, et Béatrice Dalle, qui avait déjà approché le genre au détour de Trouble Every Day de Claire Denis, pour interpréter La Femme.

« Dès le départ, nous avons été très honnêtes avec elles. Nous ne leur avons rien caché. Les réalisateurs ont également été très francs sur leurs intentions. Le film n’était pas un prétexte pour tourner des scènes violentes. La motivation des réalisateurs était l’histoire. Les deux actrices ont aimé le scénario, les réalisateurs, et ont toujours gardé la même motivation. En revanche, il est amusant de constater que certaines actrices françaises contactées ont été horrifiées par le script ! » se souviennent les producteurs. Une fois engagées, les actrices principales ont entamé une préparation physique prise en charge par Emmanuel Lanzi, superviseur des cascades sur le tournage et interprète d’un des policiers, en vue des nombreuses scènes de combats avant le tournage.

Le Casting

Alysson Paradis
Pour les deux réalisateurs, Alysson Paradis s’impose d’elle-même dans le rôle de Sarah dès leur première rencontre. « Ça a été un véritable coup de foudre » explique Julien Maury. « Après le premier rendez-vous, nous en étions sûrs. Nous lui avons bien expliqué que le tournage de A L'Intérieur allait être compliqué et éprouvant, le film comportait de nombreux effets spéciaux et impliquait le port de prothèses pendant toute la durée du film.

Mais rien ne la rebutait. Au contraire, ça n’a fait que la motiver encore plus. » Alysson Paradis qui joue dans A L'Intérieurson premier rôle principal nous explique : « C’est un ami journaliste qui m’a orientée vers ce projet, et je lui en suis vraiment reconnaissante. Pendant le Festival de Valenciennes, alors que je lui confiais adorer les thrillers et les films d’horreur, il m’a parlé de A L'Intérieur, un projet qui était en train de se monter et il m’a mis en relation avec les producteurs. Lorsque j’ai lu le scénario, j’ai eu un choc mais j’ai adoré. Puis j’ai rencontré Alexandre Bustillo et Julien Maury qui ont fini de me convaincre. » Alysson Paradis interprète Sarah, une jeune photographe de presse enceinte, fragilisée par le décès accidentel de son mari. « C’est un personnage à fleur de peau, une jeune femme qui va devoir surpasser ses limites pour survivre et sauver l’enfant qu’elle porte en elle.

Nous avons beaucoup discuté du personnage en amont avec Alexandre et Julien. C’était important pour mieux cerner Sarah. Il s’agit d’un rôle assez difficile où l’on doit mettre ses émotions à nu. Mais Alexandre et Julien ont toujours été à mes côtés pour me soutenir et me recentrer. J’avais envie de tout leur donner, et de ne surtout pas les décevoir. Notre relation s’est bien passée, ils ont en eux une part de féminité ce qui leur a permis de faire un film qui touche de façon aussi intime les femmes. »

Béatrice Dalle
Pour le rôle de la Femme, c’est une Béatrice Dalle impressionnante qui a décidé de mettre son charisme au service de cette histoire après avoir été séduite par les deux jeunes réalisateurs. Béatrice Dalle explique : « J’ai toujours accordé beaucoup d’importance aux rapports humains, plus encore qu’aux scénarios qui me sont proposés. Je fonctionne à l’instinct. C’est ce que j’ai toujours fait jusqu’à présent et cela m’a plutôt réussi. Lorsque j’ai rencontré Alexandre et Julien, j’ai tout de suite su qu’on allait bien s’entendre et que ce film allait être une très belle aventure. Ils m’ont immédiatement donné envie de les suivre, quelle que soit l’histoire qu’ils me proposaient. Si ça avait été « L’Ile aux enfants », j’aurais également dit oui ! J’ai fait beaucoup de premiers films, et je n’en regrette aucun. Celui-là encore moins. » De leur côté, Alexandre Bustillo et Julien Maury se souviennent de leur première rencontre : « Elle était incroyablement humble, et nous a même dit qu’elle était impressionnée d’être en face de nous. Ce qui est quand même très ironique, car pour notre part, on était tout simplement liquéfiés depuis le début de l’entretien ! D’autant plus que nous n’étions pas sûrs qu’elle accepte. » se souvient Julien Maury. Le rôle de La Femme est un personnage mystérieux et dangereux qui va s’introduire chez Sarah pour lui voler son bébé. Béatrice Dalle précise à son sujet : « Personnellement, je ne considère pas mon personnage comme quelqu’un de foncièrement mauvais. Je la vois plutôt comme une femme qui souffre énormément et qui aurait perdu la raison suite à un manque d’amour dans sa vie.

Elle ne veut pas vraiment de mal au personnage de Sarah. Tout ce qu’elle veut, c’est son enfant. Vous verrez qu’il y a d’ailleurs de véritables scènes de tendresse entre elles. En fait, il y a un rapport d’amour et de haine qui se crée entre ces deux personnages. »

Nathalie Roussel
Nathalie Roussel est Louise, la mère de Sarah. Un choix que nous expliquent les réalisateurs : « C’est l’image de la maman parfaite du cinéma depuis son rôle dans La Gloire De Mon Pere et Le Chateau De Ma Mere. Tous ceux de notre génération se souviennent d’elle», explique Alexandre. « On s’est justement dit que ce serait ignoble de tuer cette mère parfaite de façon gore, mais c’est une sorte d’hommage (rires). »
Le casting est complété par : Nicolas Duvauchelle, François-régis Marchasson, Ludovic Berthillot, Aymen Saïdi et Emmanuel Lanzi.

Les effets spéciaux

Le scénario prévoyant de nombreux affrontements et de nombreux effets visuels, l’un des ingrédients incontournables de A L'Intérieurce sont les effets spéciaux de plateau, prothèses et maquillages. Ils ont été confiés à l’équipe de FX Cinéma, la société de Jacques-olivier Molon, ce dernier confie sur son travail : « Il y a de nombreux effets spéciaux, du plus simple au plus élaboré. S’occuper de l’intégralité des effets sur un film est très stimulant. » Un défi que Jacques-Olivier a accepté avec enthousiasme après lecture du scénario : « Je l’ai lu d’un seul trait.

Le rythme et le suspense sont soutenus, sans faille en maintenant une pression constante. Au fur et à mesure que je progressais dans l’histoire, je me posais sans cesse la même question : jusqu’où vont-ils aller ? » Pour Alexandre Bustillo, cette collaboration a été très enrichissante pour le film : « Jacques-Olivier a travaillé très en amont sur les différents effets et prothèses. Il s’est investi au maximum et nous a ainsi fait tout un tas de propositions, que ce soit pour le look de La Femme ou le déroulement de certains meurtres. » Les maquillages de A L'Intérieurvont de la simple petite coupure à des prothèses faciales très sophistiquées, il a fallu régulièrement prévoir 1 à 2 heures pour poser les différentes prothèses. Certains maquillages de Béatrice Dalle ont même de- mandé 4h30 d’application. Jacques-olivier Molon précise : « On a parfois été obligé de procéder en deux étapes de manière à faire une petite pause car il s’agit d’un processus très éprouvant. On était parfois jusqu’à 6 personnes rien que pour assurer le maquillage de Béatrice. Un véritable ballet d’éponges, de pinceaux, d’aérographes.

On colle, on peint, on retouche, on met du faux sang...» Béatrice Dalle précise sur ces séances : « Les effets spéciaux, c’est une véritable tannée. Certaines prothèses sont très désagréables à porter. Certains jours, je n’entendais rien et je ne voyais que d’un œil. C’est une sensation terrible. Mais en même temps, le résultat est tellement percutant qu’on finit par se laisser prendre au jeu. » De son côté, Alysson Paradis n’était pas en reste puisque son personnage nécessitait une heure quotidienne de maquillage minimum et il lui est arrivé de porter 5 prothèses majeures sur le visage. « Certains maquillages peuvent être vraiment effrayants » avoue Alysson Paradis. « À un moment, je me fais ouvrir la bouche et cela m’a vraiment impressionnée. Je me souviens qu’au moment où les réalisateurs ont dit « coupez ! » je me suis mise à pleurer. On a beau savoir que tout est faux, avoir passé deux heures à se faire maquiller, mais quand le sang gicle pour la première fois, c’est très perturbant. Surtout parce que c’est très réaliste. »

Si Jacques-olivier Molon assurait tous les effets de plateau, ceux-ci étaient parfois réalisés de concert avec BR Films, société spécialisée dans les effets visuels et co-productrice de A L'Intérieur, de manière à ce que certains d’entre eux puissent être retravaillés et affinés lors de la post-production. Malgré tout, comme A L'Intérieurétait filmé chronologiquement, la difficulté autour de la gestion des effets spéciaux était croissante, comme en témoigne Julien Maury. « Lorsqu’on fait intervenir les effets numériques, tout prend alors une ampleur énorme. Chaque scène demande une mise en place précise et minutieuse, plusieurs prises, et sans déplacer la caméra. Il faut alors faire preuve d’une extrême patience et être encore plus rigoureux que d’ordinaire. Comme nous nous en doutions, on a essayé d’anticiper et de planifier les effets de plateau ou numériques au maximum dès le début. Et une fois toutes ces complications gérées, cela reste un moment magique de voir certains effets prendre forme grâce au numérique. »

La photographie

L’image et la lumière de A L'Intérieuront été confiées au directeur de la photographie Laurent Barès qui se souvient des indications que lui ont données Alexandre Bustillo et Julien Maury la première fois qu’ils se sont rencontrés. « Leur référence principale pour la lumière de A L'Intérieur, était le film français Mort Un Dimanche De Pluie, réalisé en 1986 par Joël Santoni. Cela m’a séduit d’emblée car il s’agit en effet d’un très bon et très beau film et généralement, lorsqu’un réalisateur français se lance dans un film de genre, ses références sont plus volontiers anglo-saxonnes. Nous nous sommes également mis d’accord sur un autre point, qui était pour moi, tout comme pour eux, très important. Nous souhaitions que la couleur dominante du film soit le rouge du sang. Avec Marc Thiébault, le chef décorateur, nous avons donc choisi des couleurs comme le blanc ou le vert car elles font bien ressortir le rouge. Nous avons également utilisé beaucoup d’accessoires gris. Quant aux costumes, Alysson est entièrement habillée de blanc et Béatrice de noir. On a fait beaucoup d’essais pour déterminer quelle texture de faux sang il fallait utiliser. De mon côté, au niveau de l’image, j’ai utilisé des gélatines pour le souligner. A l’étalonnage, on a à nouveau retravaillé l’image pour faire ressortir un rouge éclatant, carmin. C’est un élément de réflexion très important : ça conditionne des choix de matières, d’accessoires et de décors, ainsi que de sources lumineuses. On ne pouvait pas se permettre de faire un film aux couleurs ternes car le sang serait alors apparu gris, ou pire encore, noir. C’était très important, car dans le film, il y a beaucoup de sang. Vraiment beaucoup ! La production a acheté 400 litres de faux sang. »

Le montage

« En plus de l’originalité de son histoire, visuellement, A L'Intérieurse démarque des autres films qui sont faits en France. L‘ambiance, le rythme et la lumière ne semblent pas franco-français, ce qui était très importants à nos yeux » s’enthousiasme Vérane Frédiani. Pour assurer le montage de A L'Intérieur, la production a fait appel au talent de Stéphane Freess, dit Baxter, monteur terriblement efficace de Haute Tension et du remake de La Colline A Des Yeux, et donc une référence incontournable dans le genre. « J’aime beaucoup le rythme de A L'Intérieurqui sait installer l’angoisse et faire augmenter la tension, accélérer l’action et les situations crescendo dans le même temps » déclare Baxter. « Trop de films aujourd’hui ne laissent pas à la peur le temps de s’installer. Donc, ça ne fonctionne pas. En tant que spectateur, on ne ressent rien. Idem pour la présentation des personnages. Dans A L'Intérieur, on connaît et on comprend le passé de Sarah, ce qui fait qu’on peut très vite s’identifier à elle et donc rentrer à fond dans le film, sans aucun détachement ni recul. »

La musique

Comme dans de nombreuses productions, le choix du compositeur s’est fait tard et François-eudes Chanfrault est arrivé sur le film alors que le montage était presque terminé. « Nous voulions tout d’abord savoir à quoi allait ressembler le film au niveau du rythme et de la tension pour décider de quel style de musique le film avait besoin. En l’occurrence, nous avons décidé tous ensemble de donner au film une musique d’envergure qui puisse souligner la tension sans lourdeur et amplifier les brefs moments de pause ou de répit » expliquent les producteurs.

Les réalisateurs quant à eux avaient une exigence particulière concernant le personnage principal : « Il nous fallait un thème fort et émouvant pour accompagner le personnage de Sarah. Pour elle, il nous fallait de vrais instruments et pas seulement de la musique électronique. » François-eudes Chanfrault explique « mon travail était très spécifique et a consisté à écrire une partition électro acoustique originale, très contemporaine dans sa forme et qui mêle conception traditionnelle des thèmes et imbrication profonde dans l’univers sonore du film. La musique est devenue l’une des composantes les plus importantes de ce qui fait sens dans le film. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 13 631 entrées
  • Cumul IDF : 24 814 entrées

  • 1ère semaine France : 36 266 entrées
  • Cumul France : 70 514 entrées