A l'ouest des rails

A l'ouest des rails

Un documentaire de , en trois parties : Rouille, Vestiges et Rails.
Genre : Documentaire - Durée : 3H0 mn
Sortie en salles le 09 Juin 2004 - en VOD/DVD le 26 Janvier 2005
Presse
Spectateurs

Notes sur le film

Rouille
Dans le premier volet de sa trilogie documentaire consacrée à cette région, explore le dernier haut-fourneau dont la faillite annoncée semble inévitable. Durant plus d’un an, avec sa caméra DV, il accompagne les derniers employés de la fonderie, du ventre de l’usine rougeoyant aux salles de repos blafardes. Sans avoir recours à l’interview ou à la voix off, il entre dans l’intimité de ces hommes désabusés et dresse un fascinant portrait de la société chinoise en prise avec le changement. La fermeture imminente suscite de nombreux débats et révèle les faiblesses de l’être humain face à ses peurs, un thème universel.

Vestiges
Dans ce deuxième volet, W.Bing s’installe dans le quartier ouvrier de Rainbow Row. Construit en 1930 pour loger la main-d’œuvre venue en masse travailler dans les grandes usines du district de Tie Xi, ces maisonnettes vétustes doivent êtres démolis pour permettre à des investisseurs privés de bâtir une cité moderne. Pour des centaines de familles, ce projet signifie la fin d’une ère. Certes la municipalité a promis de les reloger, mais en quittant Rainbow Row, ils tournent une page importante de leur vie.
Comme dans le premier volet, la force de W.Bing est de nous raconter comment le destin d’hommes et de femmes sera bouleversé au fil des mois. Au début, le réalisateur se concentre sur la vie de quelques adolescents surtout préoccupés par les filles. Mais l’annonce de la destruction des logements bouleverse leurs habitudes. W.Bing entre alors au cœur des cellules familiales et observe les attitudes de chacun. Jusqu’au dernier jour, il restera auprès des irréductibles qui refusent de partir malgré l’absence d’eau et d’électricité.

Rails
Dans ce troisième volet consacré au district industriel de Tie Xi, W. Bing s’attache au quotidien des employés de la compagnie de chemin de fer. Malgré les fermetures d’usines, vingt kilomètres de rail assurent toujours le transport des matières premières et des produits manufacturés hors de la ville de Shenyang.
De longs travellings le long de ces voies rythment le film. Au fil des saisons, le paysage change et les rapports entre les individus deviennent plus forts. Dans la salle de repos, les cheminots échangent les nouvelles du moment, se disputent, se confient.
Tournée durant la même période que les précédents volets, cette troisième partie permet de tisser des liens entre les trois films. Les fêtes rituelles, comme le Nouvel An, reviennent dans chaque histoire, mais se chargent selon le contexte de significations différentes.

Tie Xi :
Tie Xi, quartier de la ville de Shenyang au nord-est de la chine, est le plus ancien et le plus vaste centre industriel du pays. Construites en 1934 pour produire le matériel de guerre de l’armée impériale japonaise, les usines furent vite reconverties après l’instauration de la République populaire de Chine en 1949.
À la fin des années 50, les usines ont été réaménagées avec du matériel fourni par l’Union Soviétique (essentiellement composé du stock de la Seconde guerre mondiale confisqué aux Allemands, à la fin de la guerre).
La plupart des 157 projets industriels chinois, financés par les Soviétiques à cette époque, étaient implantés dans le quartier de Tie Xi et la zone industrielle alentour.
Après la séparation sino-soviétique au début des années 60, beaucoup de ces usines furent délocalisées vers le centre du pays, mais plus d’une centaine restèrent en activité.
Au début des années 80, le plein emploi régnait dans ces usines. Comme les ouvriers, envoyés dans les campagnes, pendant la Révolution culturelle regagnaient les villes, la main-d’œuvre à Tie Xi atteignit le million de personnes.
Cependant au début des années 90, la plupart de ces entreprises d’état périclitaient et tournaient à perte. Fin 1999, les usines fermaient, les une après les autres.
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