Notes de Prod. : A la recherche du bonheur

    en DVD le 05 Septembre 2007

San Francisco en 1980

Le chef décorateur J. Michael Riva confie : « La plus grande difficulté pour moi a été de reconstituer la période à laquelle se déroule l’histoire, le début des années 80, sans que cela semble trop artificiel. Le style années 80 n’est pas particulièrement mémorable dans la culture américaine. C’est une époque difficile à représenter dans n’importe quelle ville, y compris San Francisco, parce que rien n’est vraiment typique visuellement. Nous étions encore ébranlés par le Vietnam. Le pays était fatigué, las. Nos réactions étaient plus innocentes, il y avait une sorte d’inconscience, de léthargie. C’était une époque où un homme sans foyer avec un enfant de cinq ans pouvait tranquillement s’enfoncer… Une des images qui restent de cette époque est celle de Michael Douglas avec plein de cheveux dans « Les rues de San Francisco » à la télévision. Recréer un style moins marqué a été la grande difficulté de ce film. Le mot d’ordre était « imperceptible ». Dans les années 80, tout le monde fumait, la publicité et les affiches étaient naïves, innocentes, les cols de chemise étaient boutonnés, il y avait des voitures en mauvais état, et on jouait Raging Bull au cinéma du coin… Notre travail consistait à injecter dans les images toute ces petites choses qu’on ne remarque pas forcément, plutôt que de choisir une optique très marquée. »

Louis D’esposito, le producteur exécutif chargé de la logistique du tournage, révèle : « Nous avons acheté 50 véhicules que nous avions avec nous tout le temps. Ils pouvaient être garés pour ajouter de la texture aux plans. Nous avions aussi quatre bus d’époque, un pour les intérieurs, un pour les extérieurs, et deux qui servaient de véhicules passant dans l’image. Nous avons également demandé aux figurants de venir s’ils le pouvaient avec des voitures des années 60 à 70. »
Le chef décorateur ajoute : « Nous avons utilisé de vieilles affiches publicitaires que nous avons placées sur des panneaux d’affichage ou sur les bus. L’une de mes préférées est celle d’Angie Dickinson, avec son corps superbe, allongée le long d’un bus pour vendre des avocats… »

Une autre tâche d’envergure a été la création des bureaux de la firme de courtage Dean Witter. Le chef décorateur précise : « Normalement, on construit un décor pour ce genre de prises, mais Gabriele et moi voulions tourner ce film dans des lieux réels et tenter notre chance avec la météo. C’était très excitant et j’aime travailler avec cette sorte de confiance en soi. Une des difficultés a été le Quotron, une version « préhistorique » des ordinateurs actuels, qui était l’outil de travail de base des courtiers à l’époque. Ils travaillaient avec des écrans noirs et des lettres et des chiffres verts… Il a fallu en fabriquer 70 ! »

La chef costumière Sharen Davis a elle aussi choisi la subtilité dans la création des costumes. « Nous voulions que rien ne saute aux yeux. Nous avons pris la silhouette des années 80 et avons sous-joué les costumes. Heureusement, les costumes masculins étaient très basiques en 1981 – ils ressemblent même beaucoup à ceux d’aujourd’hui, près du corps avec un pan droit devant. »

Habiller Will Smith et Jaden Smith a été compliqué parce que leurs personnages n’ont pas d’argent pour la nourriture ni pour le logement, et encore moins pour se vêtir. Davis commente : « Will était complètement en accord avec notre approche, il se fichait de devoir porter la même cravate trois jours de suite ou que son costume ne soit pas parfaitement coupé. Quand à Jaden, il porte le vêtement pour enfants le plus populaire à l’époque, une salopette Osh Kosh B’gosh, qui ne se fait plus. Nous avons trouvé la plupart de ses vêtements sur e-Bay. J’ai cependant créé la petite veste qu’il porte pendant tout le film. »

Au sujet du style de Linda, le personnage de Thandie Newton, Sharen Davis explique : « Les tenues de Linda viennent tout droit des années 70. Elle est jolie, mais on voit que ses vêtements ne sont plus à la mode. Elle porte des jeans pattes d’eph et ses vêtements sont vieux et défraîchis. Elle est toujours sexy, on comprend que Chris soit attiré par elle, mais sa garde-robe est datée. »

A La Recherche Du Bonheur a été tourné principalement à San Francisco, avec quelques jours dans le centre d’Oakland, dans les quartiers résidentiels riches de Piedmont et Hayward où sont situés les locaux de formation et les entrepôts du réseau de trains Bart (Bay Area Rapid Transit). Le tournage s’est déroulé en 60 jours seulement. Le producteur exécutif Louis D’esposito commente : « San Francisco est une petite ville, très belle, mais où il est difficile de se déplacer. Nous avions environ 242 scènes à tourner et nous avons essayé de les grouper pour qu’il y ait le moins de déplacements possible pour l’équipe. »
J. Michael Riva ajoute : « San Francisco possède une architecture très particulière. Notre ligne de conduite était claire : maintenir la tonalité visuelle discrète du film tout en s’appuyant sur la beauté architecturale quand nous voulions faire ressortir le contraste entre la vie des nantis et ceux qui n’ont rien. »

Parmi les lieux de tournage majeurs figurent le quartier des finances où travaille Chris, Chinatown où il place son fils à la garderie, le quartier de Tenderloin où il trouve refuge dans des foyers pour sans-abris, et les nombreuses stations souterraines du BART, où lui et son fils se réfugient quand toutes les autres options ont échoué. Le chef décorateur explique : « La force visuelle de San Francisco suggère l’argent et le pouvoir, particulièrement dans les scènes du quartier des finances. Nous voulions montrer le plus possible de cette image à travers les fenêtres du bureau de Chris. Nous avons eu la chance de trouver un vrai lieu où tourner avec une vue magnifique sur la ville. »

La garderie Mrs. Chu’s, nouvellement construite, se trouve à Chinatown. « Gabriele voulait que Chinatow soit dans le film, explique le chef décorateur, alors je lui ai suggéré que Linda pourrait travailler dans un hôtel chic du centre, et dans ce cas l’endroit logique pour placer son fils en garderie serait quelque part dans Chinatown. J’y ai trouvé un immeuble vide, et avec l’accord des voisins, nous avons remplacé la façade et construit une structure de bois plus ancienne et plus authentique sur l’allée. Nous avons aussi construit les intérieurs, de manière à pouvoir utiliser cet endroit à la fois pour les plans intérieurs et extérieurs plutôt que de passer par un studio pour les intérieurs. Bien sûr, cette façon de faire ne peut fonctionner que si on a un directeur de la photo aventureux, comme c’est le cas de Phedon Papamichael ! Sa présence était une chance. »

Le quartier de Chinatown à San Francisco, aussi authentique et coloré soit-il, a toujours été un lieu où il est difficile de tourner. J. Michael Riva commente : « Il a fallu signer des contrats nous permettant de tourner avec quelque chose comme 900 vendeurs, ce qui a nécessité des interprètes – cinq parlant mandarin et deux parlant cantonais. Molly Allen, notre régisseuse, a eu un sacré travail ! Mais tout a parfaitement marché. »

L’autre lieu de tournage principal a été le quartier de Tenderloin. Longtemps considéré comme les bas-fonds de l’une des plus belles villes du monde, il est fréquenté par une grande partie des sans-abri et des drogués de la ville depuis les années 60. C’est aussi là que se trouve Glide, le foyer qui a accueilli Chris Gardner et son fils lorsqu’ils sont expulsés de leur appartement.
Le chef décorateur commente : « Après avoir fait des recherches et appris combien Glide avait une place importante, je me suis fait la promesse que certaines scènes y seraient tournées pour de bon, malgré toutes les difficultés que cela occasionnerait. D’ailleurs, Glide a joué un tel rôle dans le parcours de Chris que j’aurais trouvé malhonnête de ne pas utiliser les vrais lieux. Heureusement, les producteurs étaient du même avis et se sont arrangés pour que l’on puisse tourner là-bas et même faire appel à des membres du personnel de Glide. Cela a été très bénéfique pour le film, et lui a apporté une sorte de réalisme que l’on peut difficilement obtenir autrement. Glide est devenu l’âme du film de Gabriele. Tourner un film de cette manière a été un rêve qui n’arrive qu’une fois ou deux dans la vie d’un décorateur… »

A Propos du tournage...

3 mai 2005 - Will Smith à la poursuite du bonheur…
Après avoir été un professeur de drague dans Hitch - Expert En Séduction, Will Smith emploiera tous ses talents d'acteur à incarner le millionnaire américain Chris Gardner dans The Pursuit Of Happyness. Le film sera réalisé par l'italien Gabriele Muccino (Souviens-toi De Moi) et écrit par Steve Conrad (scénariste de The Weather Man).

Notes de production

« Ne laisse jamais personne te dire que tu ne peux pas y arriver. Tu as un rêve, tu dois le protéger. Si tu veux quelque chose, bats-toi. »

En 2003, Mark Clayman, producteur exécutif de A La Recherche Du Bonheur, a vu à la télévision un reportage du magazine d’actualités « 20/20 » sur Chris Gardner. Il se souvient : « Ma femme et moi sommes tombés sur ce sujet qui racontait comment Chris avait surmonté d’énormes obstacles, notamment le fait de se retrouver à la rue. Le reportage le montrait, revenant des années après dans les toilettes d’une gare, avec son fils, et il racontait comment il lui avait donné son bain dans le lavabo… Notre fils avait un an à l’époque, et ma femme et moi avons été émus aux larmes. Pour moi, cette histoire n’était pas celle d’une réussite sociale, mais celle, bouleversante, de l’amour d’un père pour son fils. J’ai dit à ma femme qu’il fallait que je trouve les droits de cette histoire, que ce serait un rôle formidable pour Will Smith. »

Transmettre une expérience

L’étape suivante a consisté à transformer un sujet de reportage télévisé de 15 minutes en un long métrage cinéma. Todd Black explique : « Tout repose sur la découverte du bon scénariste. Heureusement pour nous, nous venions de travailler avec Steven Conrad sur The Weather Man. Quand nous lui avons montré la cassette, il a dit : « Je sais comment en faire un film. Vous devez me laisser le faire. »

A la recherche du réalisateur et des acteurs

Plusieurs réalisateurs s’étaient montrés intéressés après avoir lu le scénario de Conrad, mais Will Smith et James Lassiter ont insisté pour faire appel à Gabriele Muccino, en dépit du fait qu’il n’avait encore jamais réalisé de film en anglais. Son film Juste Un Baiser avait obtenu le Prix du public au Festival de Sundance en 2002, et sa suite, Souviens-toi De Moi, avec Monica Bellucci, avait été saluée par les critiques du monde entier.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 102 142 entrées
  • Cumul IDF : 269 949 entrées

  • 1ère semaine France : 338 027 entrées
  • Cumul France : 893 717 entrées