Une comédie pour le réalisateur Istvan Szabo
Le réalisateur voit
Adorable Julia comme une histoire universelle, profondément humaine dans ses thèmes, et la relie à ses films précédents. « Malgré l'absence d'enjeu politique ou historique, le sujet est très proche de ceux de mes autres films. Il s'agit toujours de personnages forcés par la société de porter un masque, de jouer un rôle… Un rôle qui ne leur convient pas toujours mais qu'ils ne peuvent pas abandonner. De fait, l'histoire de Julia Lambert a beaucoup de points communs avec celle de
Mephisto. »
Proche de
Mephisto mais joué sur un registre quasi opposé,
Adorable Julia est plein d'humour et tourne parfois à la farce au sens classique, offrant une exploration détaillée de l'amertume ressentie par une femme à un carrefour de sa vie.
La reconstitution du Londres des années 30
Avec son casting de choix, son scénario soigné et sa mise en scène imaginative,
Adorable Julia se différencie par le soin particulier apporté à l'ensemble de sa conception. Sublimé par la lumière de
Lajos Koltai, le film marque la douzième collaboration de
Istvan Szabo avec le directeur de la photographie lauréat d'un European Film Award pour son travail sur
Sunshine et nommé aux oscars pour
Malena.
Les années 30 sont minutieusement reconstituées à l'écran par la décoratrice
Luciana Arrighi, qui a remporté un Oscar pour
Retour à Howard'S End et qui a été nommé pour
Les Vestiges Du Jour ainsi que pour
Anna Et Le Roi.
Adorable Julia représentait un challenge pour la décoratrice : elle devait à la fois recréer le glamour et la fantaisie du monde du théâtre mais aussi laisser entrevoir la réalité de l'Angleterre d'avant-guerre. « Nous avons recréé le monde de 1938, plein de faux-semblants et propre à faire rêver l'homme et la femme de la rue qui souhaitaient oublier leur quotidien, grâce à la splendeur de Julia et ses amis, mais nous avons dû utiliser les journaux de l'époque afin de rendre compte de ce qui se passait effectivement dans le monde réel. » Les symboles sont également une partie importante de l'aspect visuel du film. S'attachant à l'histoire, Ronald Hardwood fait remarquer que Julia est constamment entourée de miroirs parce qu'elle est obsédée par son apparence, vérifiant à chaque instant si elle est toujours aussi belle et sexy : « La chambre de Julia, pour laquelle nous nous sommes inspirés du travail de Syrie Maugham, épouse de W.Somerset Maugham et décoratrice de renom dans les années trente, fut un véritable cauchemar pour
Luciana Arrighi. Il n'y avait pas moins de soixante miroirs ! »
Une grande partie du film a été tournée en Hongrie, où la production s'est mis en quête de lieux possédant cette opulence surannée, reconnaissable aux panneaux de bois sur les murs, aux importantes fenêtres et cheminées, à la taille imposante des pièces et aux ornements des chandeliers. Ce style est typique de Londres comme de Budapest. Des bâtiments comme l'Hôtel Astoria ou le Moulin Rouge fournissent un arrière-plan magnifique pour les décors de
Luciana Arrighi.