Difficile de trouver plus culte dans l’univers du manga. Si
Akira n’a pas posé les bases de la japanimation, il les a certainement consolidées. Au japon, lors de sa sortie en vidéo,
Akira s’est vendu à 100 000 exemplaires. Lorsque le film débarque sur grand écran en France, aux Etats-Unis, en Australie, en Allemagne et en Angleterre, une réputation sulfureuse d’œuvre visionnaire le précède. Une popularité qui, aujourd’hui encore, étonne son créateur
Katsuhiro Otomo. Ce dernier destinait son film à l’unique marché nippon.
Créé au début des années 80, ce qui ne devait être qu’une série pour adolescents va vite faire l’objet d’un véritable culte. Poussé par le succès, Otomo entame donc la mise en chantier d’un long-métrage. Très vite, son choix se porte sur l’animation car, au début des années 90 et malgré les innovations technologiques, il était impossible de retranscrire dans un long-métrage de chair et de sang l’univers baroque d’
Akira.
Au final, le choix s’avère judicieux et Otomo accouche de ce qui est, sans aucun doute le manga long-métrage le plus ambitieux jamais réalisé. Révélant ainsi le genre "Manga" à l’Europe, il ouvre la voix en précurseur. Digne enfant terrible des sixties, Otomo livre 124 minutes de folie pure, d’un graphisme au réalisme inouï, de décors comptant parmi les plus sophistiqués et les plus incroyables vus dans un dessin animé, de réflexions philosophiques contestataires et de scènes d’action hyper violentes.
Akira ou l’énergie à l’état brut ! Afin de parfaire sa vision apocalyptique de l’archipel nippon, Otomo n’a pas lésiné sur les moyens. 7 millions de dollars de budget, une fourchette de plus de 300 coloris différents, un recours à quelques images de synthèse et une musique aussi intelligente que les propos qu’elle accompagne. Du grand art auquel l’édition collector DVD rend une justice... inaltérable.