Une jeune femme beaucoup plus douée pour les jeux de lettres que pour la vie, un jeune homme qui voit tout sauf ce qu’elle cache en elle… Voici quelques-uns des ingrédients de cette aventure aussi tendre que drôle où chacun va essayer de trouver sa case.
Il y a quelque chose chez Mary
En lisant le scénario de
Kim Barker,
All About Steve,
Sandra Bullock a immédiatement été séduite par le personnage central, Mary Horowitz. Cette bizarre et attachante jeune femme, créatrice de mots croisés, est l’héroïne excentrique d’une histoire émouvante et complètement folle. Connue en tant qu’actrice et productrice pour ses choix judicieux, comme en témoigne sa récente interprétation dans la comédie
La Proposition,
Sandra Bullock s’est enthousiasmée pour ce personnage comique qui correspondait au type de rôle qu’elle recherchait.
Elle explique : « Mary est un personnage absolument unique. C’est une personne terriblement intelligente et brillante qui a grandi dans une sorte de bulle que ses parents pleins d’affection, mais surprotecteurs, ont créée autour d’elle. Elle est donc devenue celle qu’elle était censée devenir sans aucune influence extérieure – et c’est justement ce qui pose problème. »
Sandra Bullock poursuit : « Au début, j’avais un peu de mal à me faire une image précise de Mary, je me suis donc inspirée de plusieurs personnes que je connaissais. Je me suis inspirée d’une enfant de trois ans et demi, de
Kim Barker, et de moi-même quand je suis complètement survoltée, et en recollant tout cela j’ai fini par trouver Mary. »
Le monde tolère mal les individus aussi particuliers que Mary, et le film reflète cet état de fait à travers de nombreuses scènes à l’humour décalé et insolent.
Sandra Bullock note : « Ce qui était très intéressant avec
All About Steve, c’était de trouver le bon équilibre entre plusieurs styles de comédies. L’histoire est réaliste, un peu cruelle, et l’humour va parfois très loin. C’est un film nerveux et mordant, et j’aime ça. »
La scénariste
Kim Barker ajoute : « Il y a tellement de Mary partout dans le monde... Ce ne sont pas les plus populaires à l’école, ni celles qui ont le plus d’amis parce qu’elles ne rentrent pas dans le moule. Mary est différente parce qu’elle est extrêmement intelligente. Elle n’a jamais trouvé d’autres personnes comme elle, et en tant que scénariste c’était très intéressant d’explorer et d’exploiter ses différences. »
L’idée de
Kim Barker de raconter une histoire sur une cruciverbiste professionnelle n’est pas née de son intérêt pour les mots croisés. La scénariste était d’abord intriguée par les personnes qui possèdent l’intelligence et la masse d’informations nécessaire pour créer ces complexes grilles de mots.
Elle explique en souriant : « Les seuls mots croisés que j’arrive à faire sont ceux qui sont sur internet, ceux qui vous disent si votre mot est correct ou non et qui vous permettent de le corriger. J’ai beaucoup de mal à faire ceux qui sont dans les journaux. »
Malgré cela,
Kim Barker s’est forcée à faire plusieurs grilles par jour et à visiter différents sites et forums pour explorer le monde des créateurs professionnels de mots croisés. Sa recherche a renforcé son idée de faire de Mary Horowitz une véritable encyclopédie vivante.
En plus de sa cruciverbiste rejetée par la société, le scénario de
Kim Barker mélangeait des éléments de comédie classique à des situations parfois dramatiques et souvent complètement folles. Ce mélange a plu à
Sandra Bullock et à sa partenaire productrice
Mary Mclaglen, qui a commencé à travailler avec elle il y a une dizaine d’années sur
Ainsi Va La Vie.
Mary Mclaglen raconte : « En lisant le scénario, j’ai tout de suite été attirée par Mary Horowitz. Cette jeune femme complètement excentrique se retrouve dans un monde dans lequel elle veut s’intégrer, et c’est une chose que tout le monde peut comprendre. »
Tout sur Steve… et les autres
Pendant la préproduction, il est devenu évident pour
Sandra Bullock,
Mary Mclaglen et le réalisateur
Phil Traill que l’acteur
Bradley Cooper (
Very Bad Trip et
Serial Noceurs) devait jouer
Steve, le beau caméraman dont Mary tombe éperdument amoureuse durant leur premier et très bref rendez-vous. Son charme viril, son charisme inné et le timing comique parfait dont il a fait preuve récemment dans
Very Bad Trip formaient un mélange parfait.
Sandra Bullock observe : « Quand j’ai vu Bradley dans
Serial Noceurs, je me suis dit que c’était notre
Steve. Il joue à merveille le goujat tout en étant capable d’évoluer vers un personnage plus émouvant et incompris. »
Bradley Cooper raconte : « J’ai tout de suite accepté ce rôle parce que j’avais très envie de travailler avec
Sandra Bullock. C’est une actrice formidable et je savais que cela allait être une grande expérience. »
Le réalisateur
Phil Traill, qui est né aux Etats-Unis mais a grandi en Angleterre, a apporté son propre sens de l’humour décalé au projet. Sa sensibilité comique, évidente dans son court métrage primé « Dangle » et dans la série anglaise « Snoops » qu’il a réalisée, était parfaite pour
All About Steve, mais ce n’est qu’au terme d’une conversation marathon avec
Sandra Bullock que le réalisateur a accepté… de tout raconter sur
Steve. Il se souvient : « Après avoir lu le scénario pendant un week-end, j’ai passé trois heures au téléphone avec Sandra. J’avais beaucoup de choses à dire sur cette histoire. Elle a su me mettre en confiance et nous avons parlé très ouvertement de ses idées, et de ce que je voulais faire et ne pas faire. Tout s’est mis en place très facilement. »
Sandra Bullock déclare : « Après avoir vu ses épisodes de « Snoops » et ses courts métrages, je savais que
Phil Traill était capable de réaliser
All About Steve, et la première conversation que j’ai eue avec lui me l’a confirmé. Il avait déjà parfaitement compris l’histoire et les personnages. »
Phil Traill ayant rejoint le projet, le casting est devenu la première des priorités. Pour les cinéastes, la difficulté était de trouver les acteurs capables de rendre vivant et spontané l’humour entre les autres personnages principaux du film : le journaliste pompeux Hartman Hughes,
Steve le caméraman insolent, et le producteur aux abois Angus McCormack. Ce trio est interprété à l’écran par
Thomas Haden Church,
Bradley Cooper et
Ken Jeong.
Hartman Hugues avait à l’origine été écrit comme un reporter mou et mielleux habillé en Prada, mais en voyant
Thomas Haden Church, les cinéastes ont vite réalisé que ce Texan d’un mètre quatre-vingt-huit pouvait donner à Hartman un côté macho qui lui assurerait un avantage certain dans la compétition qui l’oppose à
Steve.
Phil Traill raconte : « Thomas est brillant. Il a fait de Hartman un reporter arrogant portant des treillis et impeccablement coiffé. Il a un charisme irrésistible. »
Convaincre l’acteur d’accepter le rôle alors qu’il venait de terminer le tournage et la promotion de deux films physiquement éprouvants, le blockbuster SPIDER-MAN 3 et le téléfilm « Broken Trail », a pris un certain temps. Pour y parvenir,
Sandra Bullock s’est inspirée de la façon de penser particulière de Mary Horowitz.
Thomas Haden Church se souvient : « Mon agent m’a appelé pour me dire que
Sandra Bullock avait demandé mon numéro et qu’elle allait sûrement me passer un coup de fil. Quelques jours plus tard, je me suis aperçu en regardant mes appels en absence que le mari de Sandra, Jesse James (Jesse James est une star aux Etats-Unis où il présente une émission de tuning automobile), m’avait appelé. J’ai noté le numéro, j’ai rappelé, et nous avons discuté Sandra et moi pendant deux heures. » Après plusieurs conférences téléphoniques entre
Mary Mclaglen,
Phil Traill et
Kim Barker, les cinéastes ont décidé quelques jours plus tard d’engager
Thomas Haden Church pour le rôle de Hartman.
Pour le rôle du producteur angoissé Angus McCormack,
Sandra Bullock,
Phil Traill et
Mary Mclaglen ont choisi l’acteur et comédien
Ken Jeong, dont la performance dans
En Cloque, Mode D’emploi de Judd Apatow les avait impressionnés. Après le succès de cette comédie,
Ken Jeong a continué de faire rire le public dans les films produits par Judd Apatow
Délire Express et
Frangins Malgré Eux, ainsi que dans les comédies
Les Grands Frères et
Very Bad Trip dans lequel il a joué le rôle d’un patron du crime complètement fou.
L’humour décalé de
All About Steve a poussé
Ken Jeong à accepter le rôle d’Angus McCormack, dont le visage juvénile contraste avec l’allure de vétérans de Hartman et
Steve.
Ken Jeong raconte : « Ils traitent Angus un peu comme un stagiaire. Il essaye désespérément d’être à la hauteur, mais le résultat est souvent catastrophique. »
Ken Jeong continue : « Cette histoire montre qu’il faut s’accepter tel qu’on est, et je pense que c’est un message universel qui résonnera en chacun. »
Une franche camaraderie s’est vite installée entre
Ken Jeong,
Thomas Haden Church et
Bradley Cooper.
Bradley Cooper commente : « Je ne sais pas comment ils ont fait, mais Sandra, Phil et Mary ont réussi à créer un trio qui fonctionnait vraiment très bien. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus Thomas, Ken et moi. Nous nous sommes beaucoup amusés et Phil nous a laissés transposer à l’écran l’alchimie qu’il y avait entre nous. »
Les répliques spontanées et « testostéronées » que s’envoyaient les acteurs ont parfois enrichi les dialogues du scénario.
Mary Mclaglen commente : « Nous avions d’un côté ce scénario dont nous étions tous amoureux, et de l’autre des acteurs qui adoraient improviser. Tant que ce qu’ils disaient restait dans le cadre de l’histoire, nous laissions Bradley, Thomas et Ken improviser. »
Bavard et se répandant en explications, en faits et chiffres et en digressions toutes plus complexes les unes que les autres, le personnage de Mary Horowitz n’a laissé que peu de marge de manœuvre à son interprète.
Sandra Bullock explique : « Je ne pouvais pas beaucoup improviser avec Mary parce que contrairement à elle, je ne connais pas l’origine de tous les mots, leurs définitions et tous leurs synonymes. Je devais donc me concentrer sur un sujet que je connais bien et me lancer. Je l’ai fait deux ou trois fois et c’était vraiment très difficile. »
Les marginaux qui accueillent Mary dans leur tribu sont Howard, qui sculpte dans des pommes des bustes de célébrités, et Elizabeth, une jeune femme adorable qui ne sait pas s’habiller et qui s’enflamme pour toutes les grandes causes. Howard est interprété par
Dj Qualls et Elizabeth par
Katy Mixon. Très vite, ces deux personnages deviennent les deux acolytes de Mary et se lancent avec elle sur les routes à la recherche de
Steve. L’amitié que Mary construit avec eux lui permet d’accepter et même d’utiliser leurs particularités et leurs petites manies.
Howard Hesseman et
Beth Grant jouent les parents de Mary, Albert et Layla Horowitz. Aussi excentriques que leur fille, le spectacle hilarant qu’ils offrent permet de comprendre pourquoi Mary est devenue… Mary.
En explorant les nombreuses particularités de Mary, de sa famille et de ses amis, le scénario de
Kim Barker porte un regard caustique sur la véritable guerre des médias que déclenchent certains faits-divers dramatiques. La scénariste raconte : « Quand j’ai écrit le scénario de
All About Steve, la couverture excessive que faisaient les médias de certains faits-divers qui se sont déroulés à cette époque m’a donné l’idée d’incorporer cet élément dans mon histoire. Les médias ne parlaient plus que de ces histoires, au point d’en arriver à faire des montages de leurs propres reportages. C’était complètement ridicule. »
En regardant les reporters parler sans fin à la télévision, la scénariste a aussi remarqué les centaines de curieux qui s’agglutinent autour de ces célébrités du petit écran, et qui semblent toujours avoir une opinion à partager devant les caméras.
Thomas Haden Church observe : « J’ai beaucoup aimé le commentaire sur les médias que faisait
Kim Barker dans son scénario. C’est une chose dont Phil, Kim, Sandra et moi-même avons discuté en profondeur. Le scénario retourne l’idée que nous sommes manipulés par les médias, et les manipulateurs se retrouvent embarqués par leur propre création. »