Gueule d'ange, sourire diabolique, démarche féline, le
Richard Gere de ce début des années 80 en "American Gigolo" avait de quoi faire rêver les vieilles rombières, et les autres, en mal d'interdits. En lui donnant le rôle de Julian Kay, ce gigolo trop parfait pour être vrai, le réalisateur
Paul Schrader (scénariste notamment de " Taxi Driver ") ne pouvait faire fausse route. Et pourtant, ce n'était pas Gere qui devait occuper la tête d'affiche de ce thriller érotico policier mais, John Travolta !
En 1979, ce dernier est au zénith de sa gloire grâce à " La fièvre du samedi soir ". Une gloire mal vécue puisqu'il craque quelques jours avant le début du tournage d'American Gigolo.
Paul Schrader pense alors au ténébreux Richard qu'il a repéré se faisant " allumer " par Diane Keaton dans " A la recherche de Monsieur Goodbar ". Gere, qui aime préparer méthodiquement ses rôles, met alors les bouchées doubles pour prendre possession de son personnage. Il visionne le " Samourai " de Jean-Pierre Melville et " Plein Soleil " de René Clément pour capter l'insolence et l'arrogance physique d'Alain Delon.
Il écume ensuite les bars pour rencontrer de véritables gigolos. Au terme de ce marathon d'observation, il se transforme, hâle son teint. Il se sait irrésistible. Et incendie l'écran.
A sa sortie, le film remporte un succès mitigé et heurte les bonnes consciences américaines et ce, même avec sa dimension presque rédemptrice lorsque le héros trouve le grand amour après une vie de débauche. Qu'importe, " American Gigolo " propulse
Richard Gere au rang de mythe érotique, de bombe sexuelle. Une réputation de sex-symbol dont
Richard Gere ne s'est toujours pas débarrassé et qui semble l'avoir toujours profondément embarrassé. Dans la foulée, en 1982, il tourne "Officier et gentleman" qui restera son plus grand succès personnel avant l'ouragan "Pretty Woman" dix ans plus tard.
En tout cas, ce rôle de gigolo, en short ou en costume Armani, l'a installé pour toujours dans le panthéon des plus grands séducteurs d'Hollywood