Notes de Prod. : Amerrika

    en DVD le 06 Avril 2010

Un pont entre deux mondes

A l’image du scénario, l’équipe de tournage a dû faire la jonction entre deux pays, deux cultures, deux appréhensions artistiques notamment pour Aidan Leroux, chef décorateur. « Nous avons commencé par faire des repérages à Ramallah et ne serait-ce qu’en matière d’architecture, c’était passionnant », se souvient Aidan. « Devoir reconstituer cette ville au Canada aurait été catastrophique. Cherien a eu raison de tenir bon sur ce point. Il y avait une incroyable palette de couleurs, une diversité de pierres, une lumière chaleureuse qui serait le contrepoint idéal à celle plus froide et artificielle des Etats-Unis ».

De retour au Canada, il fallut aussi trouver, dans le même souci d’authenticité, un décor approprié pour la maison de Raghda et de Nabeel, qui accueille Mouna et son fils pendant leur séjour. Mission quasiment impossible à Winnipeg, jusqu’à ce que l’on découvre la demeure d’une famille de Palestiniens… venant de Ramallah. « Ils avaient non seulement décoré leur intérieur avec des tissus et des objets en provenance de cette ville, mais ils avaient également trois filles approximativement du même âge que celles décrites dans le scénario! », explique Aidan Leroux. Une chance pour la production, suivie d’un autre miracle : contre toute attente, la chaîne de fast-food « White Castle », dans laquelle Mouna trouve un emploi, accepta d’envoyer à Winnipeg tout un lot d’accessoires rendant le décor canadien crédible. Au point d’ameuter chaque jour les fans de burgers de la région, immanquablement frustrés. Lorsque le tournage prend fin, près de trois ans se sont écoulés depuis la rencontre décisive entre Cherien Dabis et la productrice Christina Piovesan. « Nous avions cinq acteurs venus du monde entier, trois autres de l’Ontario, nous avons tourné au coeur de la Cisjordanie puis au Canada : c’était à la fois exaltant et stimulant », conclut la réalisatrice.

Entretien avec Cherien Dabis

La question de l’identité est au coeur du parcours de Mouna et de son fils : étrangers dans leur pays, ils le sont aux Etats-Unis comme partout dans le monde…
Lorsque les gens me demandent d’où je viens, cela reste encore aujourd’hui une question perturbante. Mes parents ont immigré aux États-Unis juste avant ma naissance. Je suis née à Omaha, dans le Nebraska et j’ai grandi dans les régions rurales de l’Ohio, tout en retournant chaque été en Jordanie. Je me suis peu à peu rendue compte que je n’étais ni assez américaine pour les Américains, ni assez arabe pour les Arabes. C’est pour cela que je ne me suis jamais sentie nulle part chez moi.

La Croisée des continents

Le sujet d’Amerrika balaye les frontières pour ériger une passerelle entre les peuples. Mais la production pouvait-elle être à son image? Pour Christina, la réponse ne faisait aucun doute : « Je savais dès le départ qu’une partie des fonds allait venir du Moyen-Orient. Le coeur du film est pluriculturel, le financement devait nécessairement s’y conformer». Sitôt le projet signé avec Cherien Dabis, Christina Piovesan se lance dans une nouvelle quête, autrement compliquée. L’un des anciens amis de la USC Film School , Al-zain Al-sabah à la tête d’une maison de production basée au Koweït, devient coproducteur du film et lui ouvre les portes d’autres voies de financement.

En Quête des origines

Il aura fallu des années pour que Cherien Dabis se lance dans l’écriture d’une histoire, la sienne, celle de sa famille d’origine palestinienne, celle aussi que beaucoup de familles migrant vers « l’Eden » américain ont un jour connu. L’impact de la Première Guerre du Golfe sur son quotidien d’adolescente de 14 ans dans une petite ville de l’Ohio ; l’exemple de sa tante ayant quitté la Jordanie et bataillant pour s’intégrer en Amérique ; les attentats du 11 septembre 2001 avec pour nouveau dommage collatéral la crispation des esprits envers les Arabes, sans distinction d’origine : autant d’événements qui ont inspiré et motivé la naissance d’Amerrika.

A la poursuite d'une famille formidable

Pour Cherien Dabis, le choix des comédiens dans un récit qui privilégie l’humain était crucial : « La réussite ou l’échec du film dépendait du casting, alors j’ai décidé de parcourir le globe. Je suis partie à New York, Chicago, Los Angeles, Dearborn, Toronto, Winnipeg puis je me suis rendue à Paris, enfin j’ai sillonné le Moyen-Orient : Amman, Beyrouth, Haïfa, Jérusalem, Bethléem et Ramallah ». Au compteur, six mois de voyages intensifs mais à l’arrivée, une perle, la première et l’essentielle : Nisreen Faour, une grande dame du théâtre vivant au Nord de la Palestine. Le coup de foudre est immédiat entre les deux femmes, comme entre l’actrice et son personnage : « Mouna est d’un optimisme sans borne, c’est un être humain d’une grande pureté », souligne Nisreen. « Elle aime profondément la vie et se bat sans relâche, qu’elle habite à Ramallah ou s’installe en Amérique.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 624 entrées
  • 1er jour IDF : 3 311 entrées
  • 1ère semaine IDF : 26 123 entrées
  • Cumul IDF : 60 241 entrées

  • 1er jour France : 6 992 entrées
  • 1ère semaine France : 52 011 entrées
  • Cumul France : 143 931 entrées