Notes de Prod. : Amours Troubles

    en DVD le 18 Mai 2004
Martin Brest, scénariste et réalisateur de GIGLI, confie : " Au fil des ans, je me suis senti de plus en plus attiré par le concept d’un personnage central assez antipathique de prime abord, mais dont on révèle peu à peu l'humanité. C’est ce qui m’a poussé à écrire GIGLI, autour de l’idée d’une personne qui se construit une apparence, une carapace, pour mieux se protéger. Larry Gigli s’imagine être un certain genre de personne, et se surprend lui-même au fur et à mesure de l’histoire en découvrant des aspects de sa propre personnalité qu’il ignorait. C’est à la fois un ressort dramatique intéressant et une excellente source d’humour.
" Sur le plateau, poursuit-il, l’atmosphère était propice à explorer ces deux dimensions. Les personnages vivent parfois des moments difficiles, qui se révèlent drôles vus sous un angle différent. C’est le genre d’observations, de second degré, que je recherchais. "
Une fois le scénario de GIGLI achevé, Martin Brest s’est tourné vers son partenaire de longue date, Casey Silver, pour le produire. Il observe : " Nous nous étions rencontrés sur LE FLIC DE BEVERLY HILLS, et avions retravaillé ensemble à plusieurs reprises. Il était naturel que je revienne vers lui. "

Deux destins pour une rencontre...

En écrivant le scénario, Martin Brest s'est imaginé un personnage oublié par le temps, qui vit dans le passé, à l’écart de ses contemporains. " La sensibilité de Gigli est celle d’une autre époque, ce qui le rend assez amer, précise le scénariste-réalisateur. Ses amis ont déménagé, se sont mariés, ont fondé une famille, et lui a toujours ce job miteux, cet appartement minuscule. Quelque part en chemin, il a pris la mauvaise route et il est coincé. C’est pour cela qu’il se donne un genre, qu’il prétend être un dur.
" Pour ce rôle, j’ai pensé à Ben Affleck parce qu’il avait la présence physique nécessaire pour rendre Gigli intimidant, tout en possédant du charme et une profonde sensibilité. Il a une nature extravertie qui trahit à la fois un certain manque d’assurance et un vrai sens du doute. Ben a parfaitement perçu les contradictions de ce personnage et a su équilibrer ces émotions. "

Ricki est la jeune femme qui va bouleverser la vie de Gigli, par sa sensibilité et par sa vision de la vie si différentes des siennes. " Il a été difficile de trouver la juste interprète pour Ricki, confie Martin Brest. Il fallait une jeune femme capable de vous regarder droit dans les yeux et de vous dire ce qu’elle pense, sans se préoccuper de ce que vous pensez d’elle, et en même temps elle devait être douce et sensuelle. En en parlant, je réalise que je suis en train de décrire parfaitement Jennifer Lopez ! "
Casey Silver, le producteur, observe : " Larry Gigli est un personnage en nuances dont le comportement rude masque ses vrais sentiments ; Ricki a son propre secret et une vraie finesse, une perspicacité qui lui permet de le percer à jour. Cette dynamique crée entre eux deux une tension de plus en plus grande qui va finir par briser leurs défenses respectives et leur apporter l’espoir d’un avenir meilleur. "

Pour incarner Brian, le réalisateur et le producteur ont choisi un nouveau venu au cinéma, Justin Bartha, à la suite d’un casting libre. Casey Silver raconte : " Marty a vu son enregistrement et l’a trouvé fantastique. La vraisemblance et l’authenticité du personnage étaient essentielles pour que l’histoire fonctionne, et Justin était parfait. "
Martin Brest souligne : " Justin avait un jeu d’une grande qualité et trouvait constamment de nouveaux moyens d’explorer son personnage. "

Pour le rôle de la mère surprotectrice de Gigli, Martin Brest a choisi Lainie Kazan. Il explique : " C’est le genre de mère qui aime son fils sans limites, de manière totale et désintéressée, et cela le fait grincer des dents ! C’est la source de situations amusantes… pour nous ! "

Le rôle de Starkman, le parrain de New York dont la seule présence fait frémir la salle, a été confié à Al Pacino, qui avait remporté l’Oscar en tournant déjà sous la direction de Martin Brest dans LE TEMPS D’UN WEEK-END. Le réalisateur note : " Al a ce don de nous faire croire à ses personnages. Il émane de lui une vraie puissance. "

Méfiez-vous des apparences

Ben Affleck confie : " Mon personnage mène une vie dans laquelle il ne se sent pas bien. Il fait semblant. Sous des dehors machos, c’est quelqu’un de doux et de malheureux. L’histoire a trouvé un véritable écho en moi. Je me suis aussi aperçu que c’était très drôle !
" GIGLI joue avec les conventions, ce qui est libérateur pour un acteur. Nous avons un protagoniste très peu sympathique dont le comportement va à l’encontre des bonnes manières. Face à lui, la femme n’est pas une ingénue. Gigli est à la fois attiré et intimidé par elle. C’était excitant d’avoir à jouer quelque chose qui permette de ne pas suivre les règles établies ! "
Il poursuit : " L’étrange " dynamique familiale " entre les trois personnages évolue constamment durant l’histoire, ce qui renforce encore le plaisir de jeu : avec Brian, Gigli et Ricki agissent à tour de rôle comme le père et la mère, chacun échangeant les fonctions selon les situations… Cela ouvre aussi des questions sur la façon dont se crée une famille. "
Jennifer Lopez précise : " Comme Gigli, Ricki développe de l’affection pour Brian. Elle le considère comme son petit frère et veut s’occuper de lui. Sans en prendre conscience, tous trois créent des liens familiaux, aussi dysfonctionnels soient-ils. "

Le tournage :

Ben Affleck confie : " Martin Brest et moi partageons le même sens de l’humour et une certaine vision du monde. Sa passion et son enthousiasme sont inépuisables. C’est un artiste, un technicien et un artisan. Il fait beaucoup plus de prises que la plupart des réalisateurs avec qui j’ai travaillé, ce qui est un luxe pour un acteur parce que cela vous permet d’expérimenter. Je crois qu’il aime vraiment les acteurs, et ce dont je suis sûr, c’est qu’il aime les films. "

Le tournage de GIGLI s’est déroulé sur plus de 20 sites différents à Los Angeles, et sur les plateaux des studios historiques de Culver City. Le réalisateur précise : " Je savais que Gary Frutkoff, le chef décorateur, saurait saisir ce que je voulais montrer de Los Angeles : ce sentiment de vacuité derrière les apparences, cette solitude latente. "

L’un des décors les plus importants du film est celui de l’appartement de Gigli. Le bâtiment qui a servi pour les extérieurs est situé à Hollywood, et l’intérieur a été conçu en studio par le chef décorateur Gary Frutkoff et son équipe.
Le chef décorateur a traité l’espace extérieur, que l’on aperçoit par les fenêtres, de manière à ce qu’il semble vivant, en s’inspirant d’un véritable immeuble du milieu du siècle de Hollywood possédant cour intérieure, piscine et palmiers. Sur le plateau ont été construits une vraie piscine et un jacuzzi, des façades d’appartements sur deux étages, le tout agrémenté de vrais palmiers.
L’ensemblière Maggie Martin et son équipe ont eu la tâche difficile de faire naître l’environnement minimaliste de Gigli. Martin Brest explique : " Le personnage ne lit pas, il n’y a donc pas de livres. Nous ne pouvions rien mettre sur les murs parce que Gigli ne s’intéresse pas à l’art. Il est beaucoup plus facile de créer un décor riche d’objets qu’un décor vide comme celui-ci, mais les décorateurs ont fait un sacré travail ! A l’aide de petits détails – ampoule grillée, clou peint dans le mur, brûlures de cigarettes –, ils ont rendu toute une atmosphère. On a l’impression de voir les perturbations intérieures de Gigli, comme s’il se demandait ce qu’il faisait là, ce qui avait pu l’y amener. "
C’est durant un repérage du côté de Sunset Strip, un quartier qui paraît issu tout droit des années 50 ou 60 où aurait pu vivre Gigli, que Gary Frutkoff et Martin Brest ont repéré dans un garage une Impala Supersport de 1967. Le réalisateur se souvient : " Nous avons immédiatement pensé que Gigli aurait ce genre de voiture rétro. Cela a été le point de départ matériel des discussions portant sur sa garde-robe, les lieux de tournage et les décors. Nous voulions que le film semble sur le point de basculer dans le genre " film d’époque ". "