Anges et Démons : un bon cru signé Ron Howard
Ron Howard se serait-il planté de titre ? Oubliez
« Anges et Démons », car « la » vraie question que pose par le film est
« Anges ou démons ? »
Si l’opposition très manichéenne Vatican /
Illuminati est claire dès le début, les lignes de séparation entre ces deux entités se brouillent progressivement pour converger vers un retournement final de situation sous forme de point d’interrogation : la science est-elle une menace contre l’Eglise ou l’Eglise une menace contre elle-même ? Qui sont les anges, qui sont les démons ?
Ron Howard choisit donc comme toile de fond un thème qui n’a de cesse de résonner par son actualité, à savoir l’opposition séculaire entre la religion et la science. Chacun sont ici symboliquement représentés par le Vatican et les
Illuminati, ces physiciens, astronomes et autres scientifiques, membres d’une société secrète qui contrôlerait l’avenir du monde et ses dirigeants telles de vulgaires marionnettes.
Le sujet, de par sa nature empreinte de mystère, est fascinant. On se prend très vite à ce jeu du chat et de la souris aux allures de course contre la montre. Langdon se la joue Jack Bauer, et du coup on se croirait presque dans un épisode de
24 Heures Chrono.
Petit conseil cependant pour les plus curieux : souvenez-vous que Google et Wikipédia sont vos amis. On se sent en effet quelque peu lésés avec ce film qui semblait pourtant nous promettre au moins quelques réponses concernant les
Illuminati. Dommage. Nous aussi on aurait bien aimé être "illuminés". Et on aurait même presque voulu que le camerlingue en soit un d'
Illuminati … mais peut être aurait-ce été
too much pour le Vatican ?
Une chose reste sûre, Howard a sans aucun doute trouvé le bon filon en faisant de Langdon son « héros » et de la religion son fil conducteur. Voilà une franchise qui a de beaux jours devant elle.
Verdict :
Anges Et Démons, un bon cru signé
Ron Howard, des performances solides, des effets spéciaux soignés, de l’action et un
Tom Hanks égal à lui-même, mais pas de quoi s’affoler, ni crier
« Oscar ! »
Quand à savoir si le film est meilleur que le
Da Vinci Code, on vous laisse seuls juges...
Bénédicte Lelong
(Le 6 Mai 2009)