La vérité est dans l'oeil de celui qui regardeAu cours d’une conférence sur le terrorisme, le Président des Etats-Unis s’approche du pupitre pour prononcer son discours. Des coups de feu éclatent, les gens hurlent. Le Président s’écroule.
Pour le réalisateur Pete Travis, le thriller d’action Angles D'Attaque était l’occasion d’explorer le concept de « vérité » et de montrer que celle-ci se trouve avant tout dans l’œil de celui qui regarde. Le film retrace les quelques minutes qui précèdent la tentative d’assassinat et celles qui suivent à travers les points de vue de huit personnages clés parmi lesquels le Président des Etats-Unis, les agents secrets chargés de sa sécurité et un touriste qui se trouve là par hasard. Pete Travis explique : « Pris isolément, le point de vue de chaque personnage ne permet pas de comprendre ce qui s’est vraiment passé. Par contre, tous ont été témoins d’une chose que les autres n’ont pas vue. Ce n’est qu’en rassemblant tous les éléments du puzzle que l’on pourra enfin découvrir la réalité du complot. »
Pete Travis poursuit : « Même si Angles D'Attaque réunit des stars, la véritable vedette du film est avant tout son histoire. Huit personnages, huit points de vue sur le monde, huit pièces du puzzle : c’est un vrai rêve pour un réalisateur parce qu’il faut aborder l’histoire avec le regard de chaque personnage pour comprendre l’intrigue. Il n’y a qu’au cinéma que l’on peut faire cela ! »
Dennis Quaid remarque : « Jouer en tenant compte de la subjectivité de chaque personnage était passionnant. Dans la vie, les gens ont souvent de vous une image différente de celle que vous avez vous-même. Dans le film, je jouais mon personnage d’une certaine façon quand l’histoire était racontée de mon point de vue, et d’une manière un peu différente quand elle l’était du point de vue d’un autre, afin de correspondre à l’image qu’il avait de moi. D’un regard à l’autre, tous les personnages du film se révèlent différents. »
Le scénariste Barry Levy ajoute : « Cette multiplication des regards ajoute au chaos ambiant. Les personnages ne connaissent que ce qu’ils ont vu de leurs yeux. Cela les empêche d’appréhender les choses dans leur globalité. Seuls les spectateurs peuvent voir chacune des huit perceptions, réunir tous les indices et comprendre ce qui s’est passé. Au final, le film est une seule et même histoire racontée selon huit perspectives différentes. »
Pour porter le scénario de Barry Levy à l’écran, le producteur Neal H. Moritz a engagé Pete Travis. Son premier film en tant que réalisateur, Omagh, racontait les événements qui ont suivi l’explosion d’une bombe de l’IRA dans une ville d’Irlande du Nord en 1998. Neal H. Moritz explique : « Sa façon de montrer la réalité, les personnages et les dialogues était très originale dans ce film. Après avoir vu Omagh, je savais que Angles D'Attaque serait entre de bonnes mains. »
Pete Travis et Barry Levy étaient conscients que le concept de base de l’histoire les obligeait à montrer les mêmes événements plusieurs fois selon des points de vue variables. Pete Travis déclare : « Il fallait que cela reste intéressant, nous avons donc ajouté un nouvel élément chaque fois qu’une scène était montrée depuis un point de vue autre. Par exemple, quand vous voyez pour la première fois l’esplanade, elle apparaît comme l’auraient filmée les caméras d’un journal télévisé : en plan large et de façon statique, ou avec des gros plans caméra à l’épaule. Quand on découvre la scène selon le point de vue d’un agent secret, on a l’impression d’entrer sur une scène de théâtre, et les sons sont différents. Alors que la foule avait l’air sympathique, elle semble plus inquiétante vue par un agent qui reprend son service un an après qu’on lui a tiré dessus. Pour lui, chaque visage peut être celui d’un assassin et chaque mouvement de drapeau est un signal potentiel. Tout est montré de façon très subjective pour qu’à chaque fois, la perception qu’en a le spectateur soit différente. »
Neal H. Moritz observe : « Pour différencier les histoires, nous avons aussi employé tous les moyens techniques et créatifs disponibles : plusieurs objectifs, plusieurs types de pellicules ou d’éclairages, et différentes façons de filmer - avec une Steadicam, une caméra à l’épaule, des dollies... Nous avons utilisé tous les potentiels pour personnifier les points de vue et impliquer les spectateurs dans l’histoire de chaque personnage. »
Pete Travis ajoute : « Après le tournage, nous avons aussi trouvé une autre façon de valoriser le suspense. Au montage, nous avons fait en sorte que chaque histoire se termine sur un mystère. Ce n’est qu’à la fin, lorsque tous les points de vues se conjuguent, que l’on commence à percevoir la réalité de ce qui s’est passé. »
Dennis Quaid déclare : « J’avais vu Omagh, le précédent film de Pete Travis. J’aimais beaucoup son style réaliste, il allie l’action et le sens. Ses films sont saisissants, et même si les personnages sont joués par des acteurs, ils donnent l’impression d’être de vrais documentaires. »
Matthew Fox confie : « Avec ce film, nous avions l’occasion de montrer qu’un seul et même personnage peut être très différent selon l’angle sous lequel on le considère. C’est un concept que je trouvais absolument fascinant. »
Couronné l’année dernière par l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans Le Dernier Roi D'Ecosse, Forest Whitaker ajoute : « Quand j’ai rencontré Pete, il m’a raconté qu’il avait été travailleur social avant de faire du cinéma. Forcément, avec une expérience comme celle-là, vous avez un autre regard sur le monde ! Dès notre première rencontre, j’ai accepté de jouer dans son film. »
Dennis Quaid reprend : « Pour moi, Angles D'Attaque était aussi l’occasion de refaire un film d’action : il y a des fusillades, des explosions, des poursuites en voiture, plein de choses excitantes à faire. C’était très amusant. »
Pete Travis observe : « D’une certaine façon, les scènes d’action soulignent aussi le concept du film dans la mesure où elles ont été tournées pour montrer les choses comme on ne les avait jamais vues avant. La caméra devient elle-même un point de vue. Quand les gens courent, la caméra court avec eux, quand ils entrent dans une pièce, elle les suit. Nous étions au plus près de l’action, à tel point que la scène où on voit de l’intérieur une voiture être percutée et se mettre à tourner dans tous les sens a été filmée par notre coordinateur des cascades, Spiro Razatos, qui conduisait et tenait la caméra en même temps. »
Pour la poursuite en voiture, Pete Travis et Spiro Razatos se sont inspirés de leurs poursuites préférées au cinéma. Pete Travis raconte : « Nous nous sommes assis autour d’une table avec des petites voitures et nous avons planifié et storyboardé toutes les cascades de façon à donner au public le sentiment qu’il se trouve vraiment dans la voiture. Nous avons là encore joué sur le point de vue : quand on voit Dennis Quaid en train de conduire, la caméra est juste derrière son épaule. On le voit poursuivre quelqu’un, mais cela donne surtout l’impression d’être soi-même dans la voiture en pleine poursuite. Cela rend l’action encore plus réaliste et excitante. »
Le producteur Neal H. Moritz note : « Pour moi, Angles D'Attaque était aussi un moyen de rendre hommage à un de mes films préférés, Rashomon d’Akira Kurosawa. Ce classique explore les mêmes thèmes. Même avec la meilleure volonté du monde, nous interprétons tous les événements et la vérité différemment. Angles D'Attaque mettait en scène cette idée dans une histoire passionnante et pleine d’action. »Huit personnages, huit regardsAngles D'Attaque est interprété par un ensemble de stars confirmées et de valeurs montantes du cinéma international. Chacun des huit acteurs est à tour de rôle le personnage principal de son propre segment.
Dennis Quaid raconte : « Thomas Barnes, mon personnage, est un agent secret qui, un an plus tôt, a pris une balle en protégeant le Président. C’est son premier jour de travail depuis cet événement. Il est très nerveux, aux aguets, prompt à réagir – un peu trop même, parce que son instinct ne va pas lui souffler la bonne réaction cette fois. Mais il faut se dire que dans ce genre de cas, si jamais les choses tournent mal, il n’aura pas eu tort d’être à ce point sur ses gardes… » L'Espagne au MexiquePour ajouter à la confusion nécessaire à l’histoire, les cinéastes ont décidé de tourner le film hors des Etats-Unis. Pete Travis explique : « Nous ne voulions pas nous cantonner aux protagonistes américains pour faire comprendre l’histoire ; nous voulions représenter tous les points de vue, pas uniquement ceux des compatriotes du Président. Tourner à l’étranger et faire intervenir des personnages de nationalités différentes permettait de donner une vision plus globale à travers diverses sensibilités. De plus, je voulais que cette histoire se déroule dans un pays chaud et exotique. L’Espagne m’a paru idéale. » |
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