Amateur d’épopées à grand spectacle,
Andy Tennant découvrit sa vocation à travers des films amples et lyriques comme le DOCTEUR JIVAGO et OUT OF AFRICA. En revisitant la légende de Cendrillon dans A TOUT JAMAIS - UNE HISTOIRE DE CENDRILLON,
Andy Tennant prouva récemment son affinité avec ce cinéma populaire, intemporel, qui conjugue brillamment histoire, féerie et merveilleux.
Séduit par l’ampleur et l’exotisme d’ANNA ET LE ROI,
Andy Tennant n’en fut pas moins sensible à sadimension humaine : “Une épopée, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes. Un film ne fonctionne qu’à travers ses personnages. L’amour reste la plus grande énigme de notre vie. Le scénario d’ANNA ET LE ROI m’a touché en me rendant sensibles les émotions d’une femme qui bouleversa le coeur d’un roi et le dilemme de deux êtres qui sacrifièrent leur amour à un idéal plus élevé”.
La relation entre les deux personnages principaux était également au coeur des adaptations cinématographiques précédentes, dont celle réalisée en 1946 par John Cromwell, ANNA ET LE ROI DE SIAM, et la version musicale signée par Walter Lang en 1956, LE ROI ET MOI. Tennant s’aperçut qu’il restait cependant beaucoup à dire sur les relations exceptionnelles que nouèrent les protagonistes et, à travers eux, sur la confrontation de deux civilisations. La définition des relations entretenues par Anna et le Roi était une condition importante pour rallier
Jodie Foster au projet : “J’aime incarner des personnages non-conformistes qui se heurtent aux conventions de leur temps. Anna Leonowens s’inscrit dans ce registre, car elle fut anticonformiste dans la plus conventionnelle des époques : l’ère victorienne”.
Bien que certains mettent en doute la véracité des journaux intimes d’Anna Leonowens,
Jodie Foster fut impressionnée par la personnalité et la bravoure exceptionnelles de cette femme : “A l’époque, il était très rare qu’une femme voyage aussi loin, sans son mari, seule avec son fils, indépendante et volontaire ; qu’elle traverse les mers et parcoure des milliers de kilomètres pour commencer une nouvelle vie, dans un pays aux antipodes de sa culture… C’était très courageux et hors du commun”.
Mais les différences de cultures confèrent également à cette histoire un aspect cruel, obligeant Anna et le Roi à renoncer aux sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. “Les amours impossibles font les plus beaux mélodrames, observe le coproducteur John Jashni. Dans ANNA ET LE ROI, les deux personnages ne peuvent s’unir car le souverain est déjà marié à son pays”. “Ce sont deux personnages qui se respectent, qui ont appris à se connaître et qui se sont alliés pour faire face à leurs problèmes. Mais la réalité de l’époque leur interdit de vivre ensemble. Je trouve beaucoup de fraîcheur et d’actualité dans la dimension épique de ce film à travers la description du Siam, de sa politique, de sa magnificence et de son architecture, autant d’aspects que n’avaient pas développés les versions précédentes”.
Jodie Foster savoura également le plaisir de jouer aux côtés d’une star les plus célèbres du cinéma asiatique,
Chow Yun-fat. L’équipe fut sensible à la complicité immédiate et à la parfaite “alchimie” des deux stars, qui contribuent grandement au charme du film. Il fallait tout le talent et la personnalité de
Chow Yun-fat pour incarner la grandeur, les ambitions et l’expérience politique de Mongkut, un personnage érudit qui étudia plus de trente ans dans un monastère, maîtrisant les lettres et l’astronomie. L’interprétation d’une figure aussi imposante aurait fait hésiter plus d’un comédien, mais
Chow Yun-fat releva le défi avec enthousiasme : “Quitte à surprendre les fans, je ne me considère pas comme un “spécialiste” du film d’action. J’ai aussi tourné beaucoup de comédies et de mélodrames pour la télévision de Hongkong, dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Je me sens donc très à l’aise dans le registre d’ANNA ET LE ROI”.
Chow Yun-fat et
Jodie Foster n’en furent pas moins confrontés à certaines difficultés lors de la préparation de leurs rôles, notamment l’apprentissage des langues.
Jodie Foster étudia la prononciation de l’anglais victorien, tandis que
Chow Yun-fat, assisté d’un répétiteur Thaï, s’efforçait de maîtriser le siamois ainsi qu’une variante, plus complexe, de ce dialecte, réservée à la famille royale.