Notes de Prod. : AO, le dernier Néandertal

    en DVD le 02 Février 2011

Entretien avec Jacques Malaterre

“La préhistoire constitue un terreau extraordinaire. elle nous renvoie à toutes les interrogations sur ce que nous sommes aujourd’hui.”


À La Recherche De Nos Origines

Je n’étais pas, à l’origine, un spécialiste de la Préhistoire. Mais en réalisant trois fictions documentaires consacrées à cette période (L’Odysée de l’éspace : 2002, Homo sapiens : 2004 et Le sacre de l’homme : 2007), j’ai pris conscience que la Préhistoire constituait un terreau extraordinaire, et nous renvoyait à toutes les interrogations sur ce que nous sommes aujourd’hui. Il y a un proverbe africain qui dit: “Quand tu ne sais plus où tu vas, arrête-toi, retourne-toi et regarde d’où tu viens...” Je crois que l’engouement actuel pour la Préhistoire vient de là, de ce malaise de la société dans laquelle nous vivons, d’une certaine perte de sens. L’homme préhistorique, lui, a pour seule motivation de survivre. Ils se sait mortel, et ressent donc un besoin vital de vivre en harmonie avec le monde et de transmettre la vie. Il est porteur de valeurs essentielles et nous ramène à des notions premières : Pourquoi fais-je ceci ou cela, quelle est ma motivation et quel en est l’intérêt ? Rien chez Neandertal n’est parasité par des phénomènes extérieurs, notamment les codes (sociaux, moraux, religieux...) de nos sociétés contemporaines. La confrontation avec l’homme préhistorique et ses valeurs peut, je crois, provoquer chez nous une introspection salutaire.

Un Homme Préhistorique Sommeille En Chacun De Nous

Cet attrait pour la Préhistoire résulte aussi, je pense, de l’homme préhistorique qui sommeille en chacun de nous ! Pour moi, l’une des traces les plus évidentes de cette persistance, c’est la fascination partagée partout dans le monde pour les couchers de soleil ! Pendant 350 000 ans, nos ancêtres ont vu le soleil disparaître, en se demandant chaque fois, face à ce grand mystère, s’il se lèverait à nouveau le lendemain. C’est du même ordre que ce qui se passe lorsque l’on allume un feu dans la cheminée ou qu’on jette trois morceaux de bois dans un barbecue. Tout d’un coup, tout le monde s’arrête de parler pour regarder les flammes. Ce n’est pas parce que le feu est beau, mais tout simplement parce que pendant 350 000 ans on a surveillé ce feu, qui représentait la vie... La survivance de l’homme préhistorique dans l’homme moderne a maintes autres traductions. Ainsi beaucoup d’entre nous passent-ils leur vie entière à payer leur maison, et que font-ils quand ils pourraient en profiter, les week-ends ou en vacances ? Ils partent, ils bougent vers ailleurs. On ne peut pas, en quelques milliers d’années, oublier 350 000 ans de nomadisme!

Du “docu-fiction” à La Fiction Pure

Après m’être plongé dans le monde préhistorique, en avoir exploré les aspects documentaires et avoir longuement travaillé sur les moyens de le “reconstituer”, j’ai pris conscience qu’il y avait une vraie matière pour raconter une aventure humaine. Neandertal, en effet, est un héros. Il est parvenu à occuper l’Europe sur une période plus longue que nous, dans des conditions souvent hostiles. Et c’est un vrai héros de cinéma. Il a une sale gueule, il a eu un destin terrible... Et il a disparu. Mais qui était-il réellement, et quel était vraiment le monde dans lequel il vivait ? Il y a tout ce qu’il faut pour bâtir une aventure romanesque, une grande épopée humaine. Sa disparition elle-même est porteuse d’un message : elle nous dit que nous aussi nous pouvons disparaître. En une sorte d’effet miroir, le destin de Neandertal nous invite à prendre garde à ce que nous faisons de ce monde.

Les Valeurs Du Neandertal

Neandertal était très évolué, bien loin de l’image que l’on a encore souvent de lui. C’était un être doté d’une réelle intelligence, qui enterrait ses morts, qui respectait son environnement. Nous lui avons prêté des sentiments, parce qu’il en avait, évidemment ! Il ressentait de l’amour, de l’amitié, était sensible à la souffrance. Ces hommes préhistoriques avaient également de vraies valeurs, le respect de la vie, humaine mais aussi animale, la volonté de ne jamais prendre à la nature plus que ce qu’elle peut donner et que ce dont ils ont besoin. Et un comportement pacifique lui aussi avéré : je n’ai aucune raison de te tuer et de te prendre ce que tu as... S’il y a eu des conflits entre tribus, la guerre n’existait pas, on le sait : aucun charnier n’a jamais été retrouvé, et aucune trace sur les nombreux ossements mis à jour. Nous relevons chez Neandertal une véritable sagesse. Son seul souci est de s’inscrire en harmonie avec son environnement et sa seule mission est d’être un “passeur de vie”. Nous pouvons encore approcher ces valeurs lorsque l’on rencontre des peuples nomades. Je pense par exemple aux Dolgans de Sibérie ou aux Tsaatans de Mongolie : vous arrivez, vous êtes étranger, et ils vous ouvrent leur porte sans vous demander qui vous êtes ni pourquoi vous êtes là. Et ils vous donnent à manger ce qu’il y a de meilleur, tout cela parce que vous représentez une particule de vie, et qu’une particule de vie, cela se respecte et se protège. Au-delà du grand spectacle et de la grande aventure humaine que représente Ao, e film exalte aussi toutes ces valeurs.

Humanisme Et Tolérance

L’histoire des hommes préhistoriques, de ce que nous en savons et telle que j’ai souhaité la raconter dans mon film, aborde des thèmes intemporels et soulève des questions qui se posent toujours à nous aujourd’hui. Le rejet de l’autre, parce qu’il est différent, parce que son physique, ses modes de vie, sa culture et son origine ne sont pas les mêmes que les nôtres, est au cœur des relations entre les Neandertaliens, nomades, et les Sapiens, également nomades mais plus conquérants, les premiers dotés d’un physique très massif et les autres plus fins et élancés. Pourtant, ils appartiennent tous à la même famille humaine... D’où vient la peur de l’autre et de sa différence... est un thème essentiel sous-jacent de mon film, une question parmi d’autres posée à l’homme il y a 30 000 ans et qui n’a rien perdu de son acuité...

Du “vrai” au vraisemblable Nous souhaitions que nos choix narratifs se tiennent dans les limites du
vraisemblable. Autrement dit que les sentiments, les comportements, les épisodes de la vie... prêtés à Neandertal dans le fi lm constituent des hypothèses plausibles au regard de la science, à défaut d’être des certitudes. Nul ne sait pourquoi ni comment Neandertal a disparu il y a environ 30 000 ans. Mais la connaissance actuelle permet de rejeter certaines hypothèses. Il n’y a pas eu, je l’ai dit de massacres ni de guerres les opposant à des tribus d’Homo sapiens. Nous, nous avons fait le choix de montrer un Néandertalien qui, faute d’assez de mobilité et d’échanges avec les siens, est peut-être victime de consanguinité. Le héros saigne du nez, et cela symbolise la malédiction dont souffre l’homme de Neandertal, mais dont nous ignorons tout. Cette licence poétique procède de l’interprétation d’une certitude scientifique (la disparition de Neandertal). C’est la liberté fondamentale de la fi ction qui, par nature, n’est pas documentaire !

A L’origine Du Film

Le film est librement inspiré de ‘‘ao, l’Homme ancien’’ , de Marc Klapczynski (Éditions Aubéron). Ce livre a été l’élément déclencheur de mon passage à la fiction. Il m’a donné le courage, vingt-cinq ans après La Guerre du Feu, de Jean-Jacques Annaud, de faire une fiction préhistorique qui nous amène encore plus loin, parce que les connaissances ont évolué et qu’on commence a considérer l’homme préhistorique comme quelqu’un de véritablement intelligent et non plus comme un imbécile qui court à travers une pampa d’un autre temps ! Ce que j’ai gardé du livre c’est son esprit, sa philosophie, qui me correspondent bien. Mais nous avons bien sûr réalisé un gros travail d’adaptation. Là où le roman peut faire parler son héros, analyser sa pensée, la commenter, un film sans dialogues compréhensibles ce qui était notre choix ne le peut pas. Il faut à chaque fois réinventer une situation, un contexte qui permette de raconter l’histoire de manière purement visuelle, sans faire du mime pour autant. Les scènes doivent donc toucher dans leur forme, dans leur symbolique, et non par un côté purement illustratif. Si le héros a faim, il ne se tape pas sur le ventre !

Un casting anglais...

Pour le choix des deux rôles principaux, j’ai cherché en Angleterre. J’adore les acteurs, je suis en permanence en contact avec eux, et, sur un plateau de cinéma, je suis toujours, comme à l’ancienne, non pas derrière un retour vidéo mais tout près de la caméra. Je veux qu’ils jouent pour moi. C’est pourquoi j’aime l’école anglaise d’acteurs, qui est une école dure, une école de vérité. Pour les Anglais, à la différence de la France où on a l’habitude de faire croire que tout le monde peut le faire, le métier d’acteur est un vrai métier, on s’y donne à 200 % ! J’ai donc commencé par m’entourer des bonnes personnes, notamment en engageant le directeur de casting de Ken Loach, Dees Hamilton. Je recherchais des petits trapus pour Neandertal et de grands basanés pour Sapiens. Je lui ai donc préalablement demandé de me trouver des corps. Il m’a montré plus de six cents vidéos, à partir desquelles nous avons réalisé une première sélection de deux cent cinquante. Nous avons ensuite pu réellement travailler, en une sorte de “workshop” qui a duré quinze jours, durant lesquels les deux cent cinquante personnes choisies ont répété avec moi et Craig Morris (voir plus loin) qui joue aussi dans le film. Le dernier jour, il restait dix acteurs, cinq couples. On leur a fait jouer les scènes du film et j’ai finalement choisi deux personnes : Simon Paul Sutton, qui vient du théâtre anglais d’avant-garde, et Aruna Shields, actrice et top model, numéro deux à Bollywood ! Deux univers totalement différents.

... et bulgare

J’ai ensuite fait le même travail en Bulgarie, à une échelle beaucoup plus large. Mais nous avons choisi, puis fait travailler nos figurants, avec la même exigence que les acteurs des premiers rôles. En effet, si vous faites passer un personnage en arrière-plan d’une scène avec une perruque, un masque et un cuisseau de sanglier sur l’épaule et qu’il n’a pas travaillé les postures, les attitudes, ça devient vite un film comique ! Le problème, c’est que lorsqu’on demande à quelqu’un, acteur ou pas, de jouer un homme préhistorique, la première chose qu’il fait c’est d’en faire un imbécile. Il faut donc déjà prendre le temps de lui expliquer qu’il était totalement adapté à son environnement, au même titre qu’un lion ou une gazelle, qui ont l’air de tout sauf d’imbéciles et qui savent parfaitement tirer partie de la nature ! En Bulgarie, j’ai vu 1 600 personnes en casting, en procédant à des éliminatoires pour en garder 200 au final, qui joueraient Neandertal ou Sapiens. Nous avions choisi ce pays, où nous avons tourné de nombreuses scènes, du fait de sa grande richesse de paysages, mais aussi de la diversité des types humains, correspondant à nos besoins pour incarner Neandertal et Sapiens. Nous y avons engagé Vesela Kazakova, qui est une star dans son pays, et de nombreux Gitans. Ce travail effectué, nous avons créé deux groupes, Sapiens d’un côté, Neandertal de l’autre, afin de constituer deux véritables clans.

Un Entraînement Long Et Intensif

Il fallait réveiller l’homme préhistorique qui sommeille en chacun... Pour imprégner nos acteurs et figurants de leur personnage et les débarrasser de leur peau de civilisé , nous les avons fait répéter huit heures par jour durant quatre mois. J’étais assisté de Craig Morris. Acteur chorégraphe et danseur, Craig Morris est connu pour s’être enfermé pendant huit jours, en vue d’un rôle, dans une cage aux milieux des babouins afin d’observer leur comportement au plus près. Depuis, il est devenu un spécialiste de la gestuelle simiesque. Il s’agissait en effet pour nous d’élaborer un véritable langage corporel pour Sapiens et Neandertal, à partir d’un répertoire de mouvements, d’attitudes et de postures, et de permettre aux acteurs de les intérioriser afin, même dans les conditions les plus extrêmes (froid, tempête, combat...), de pouvoir les reproduire “naturellement”. Un travail déjà effectué précédemment pour mes trois fictions documentaires, ce qui nous a considérablement aidés et fait gagner du temps. Nous avons également formé et entraîné les acteurs à la langue du fi lm, à la taille de pierre, à la chasse, à toute la gestuelle propre à leur clan. Et nous avons travaillé à la fois les rôles et l’histoire mais aussi la cohésion de chaque groupe. A la fi n il n’y a plus un réalisateur avec des comédiens mais une famille qui n’attend qu’une chose : entrer sur le plateau pour jouer ce film que tous rêvent depuis quatre mois. Dix jours avant le tournage, j’ai réuni toute l’équipe technique, et nous avons fait un filage. Les acteurs et figurants, comme au théâtre, ont joué l’intégralité du film sans s’arrêter. Ce degré de préparation était rendu nécessaire par les conditions extrêmes auxquelles je savais que nous serions confrontés, et où il faudrait s’adapter sans arrêt.

Une Préhistoire Peuplée De Vrais Animaux

Il n’y a dans AO ni trucage numérique, ni animatronique (à l’exception d’une courte séquence avec des abeilles). Tous les animaux du films sont vivants, y compris dans les scènes de chasse et de combat : vautours, bisons, ours, chevaux... Cela a requis un important travail en amont mais aussi sur le tournage avec le dresseur Jean-Philippe Varin, afin de conférer à chaque scène son authenticité. J’ai choisi de ne travailler qu’avec des animaux existants. Je ne voulais pas d’une Préhistoire en 3D ! Ne pouvant mettre en scène des mammouths (l’espèce a disparu il y a environ 10 000 ans) et ne souhaitant pas en “reconstituer”, j’ai préféré me contenter de les évoquer : une scène est tournée au milieu d’un cimetière de mammouths, où ne subsistent que cadavres et squelettes, comme une métaphore de la disparition de Neandertal. J’ai fait le choix du réalisme et de la vérité. Il existe encore aujourd’hui des animaux suffisamment impressionnants pour qu’on n’ait pas besoin d’en créer électroniquement. Ca n’enlève rien à la dangerosité de la nature. Un troupeau de bisons, c’est aussi dangereux que deux mammouths, et cela montre de manière tout aussi éloquente la fragilité de l’homme face à la nature.

Des Conditions De Tournage Extrêmes

Nous ne tournons pas dans la nature, nous tournons avec elle. Il faut accepter qu’elle soit un acteur à part entière. Parfois elle est un acteur merveilleux, qui démultiplie ce que l’on a rêvé, parfois elle ronchonne et nous empêche de faire ce que l’on voulait, obligeant à trouver d’autres solutions. C’est comme tourner avec un animal ou avec un bébé, vous n’êtes plus le patron ! Il faut savoir être à l’écoute. Nous avons filmé dans des marécages de Camargue infestés de moustiques, dans des grottes bulgares perdues au cœur des montagnes, dans le Vercors et la toundra ukrainienne, en pleine tempête de neige par moins 20 ou moins 30° C, loin de tout... Ce devait être une aventure humaine et cinématographique unique, et cela l’a été ! Durant neuf semaines et demi de tournage, les acteurs ont montré un investissement physique total afin d’atteindre un maximum de réalisme, parfois pendant des heures torses nus dans le le blizzard... Ils ont été magnifiques, à aucun moment personne ne s’est plaint. Et quand je disais : “Tu as froid ?”, “Yes sir” ; “Tu veux qu’on arrête un moment ?”, “No, sir”. Après ces journées épuisantes, certains d’entre eux, comme je leur avais demandé d’avoir un corps parfait, trouvaient encore la force d’aller faire une heure de gym...

Une Langue Réinventée

Les Neandertals (comme les Sapiens) possédaient un larynx et des organes de phonation, donc une aptitude au langage. Mais quel était ce langage et quel était le degré d’élaboration de celui-ci ? Nous souhaitions, pour la vérité des personnages, que les acteurs parlent une “vraie” langue, porteuse de leurs idées, de leurs émotions. Il était hors de question qu’ils grognent ou s’expriment uniquement par onomatopées. Pour créer la langue primitive utilisée dans le film, nous nous sommes appuyés sur des recherches conduites par le romancier Pierre Pelot, qui avait collaboré avec le paléontologiste Yves Coppens sur plusieurs romans “préhistoriques”, et sur des travaux consacrés aux sons qui ont pu apparaître avec le développement du larynx chez l’homme. Nous nous sommes également référés aux dialectes encore existants dans les régions les plus reculées, ainsi qu’aux mots communs à toutes les langues et que l’on considère comme étant des traces contemporaines de la première langue de l’humanité, la langue des origines. Le mot maman, par exemple, quel que soit le pays, se dit de manière très similaire. C’est ainsi que nous avons totalement inventé, ou réinventé, la langue des origines du film. Au départ, nous avons écrit des dialogues avec des idées simples. Et à partir de la langue en l’occurrence des langues - que nous avions reconstituées et de leurs lexiques, nous avons traduit et adapté ces dialogues en langage Sapiens et Neandertal. Les acteurs avaient ainsi un dictionnaire Neandertal et Sapiens. A l’issue des répétitions, ils avaient une telle maîtrise de ces nouveaux langages qu’ils arrivaient à discuter entre eux et à se comprendre ! Le film a été scénarisé et dirigé pour une compréhension immédiate, sans sous-titrage des dialogues. Il recourt cependant très ponctuellement à une voix-off. Il ne s’agit en aucun cas d’une béquille de la narration, mais d’un parti pris visant à faire entendre la “voix intérieure” des personnages, et à mieux pénétrer leur psychologie. Une manière de montrer que Neandertal et Sapiens avaient déjà une
pensée élaborée.

La Musique, Acteur à Part Entière

Mon choix s’est porté sur le compositeur israélien Armand Amar car je voulais une musique à la fois “world” qui revienne aux origines en utilisant nos instruments contemporains ainsi que des instruments primitifs, mais aussi des voix, car je crois que les voix d’hier résonnent encore dans les voix d’aujourd’hui... Armand s’est fondu dans le film. Il en prolonge le souffle et apporte dans sa musique une résonance lointaine, comme un écho du passé. La musique est très présente tout au long d’Ao, car elle joue un rôle essentiel. Elle n’est pas simplement là pour accompagner mais pour nous emporter encore un peu plus loin que l’histoire. Je voulais qu’elle raconte quelque chose, qu’elle soit ainsi un véritable acteur du film. Quant à la musique de Neandertal lui-même, nous pouvons imaginer que le premier homme préhistorique qui a cassé un caillou pour faire une pointe de lance a en même temps découvert les premières variations rythmiques ! Puis qu’il s’est appliqué à les reproduire... Nous savons que les hommes préhistoriques avaient des formes musicales, et pas seulement percussives : la flûte des Sapiens retrouvée par Ao dans le film existait bel et bien chez nos ancêtres. J’ai aimé qu’il y ait un échange entre la musique du film et la musique dans le film et que parfois la musique “dans le film” devienne la musique du film !


Neandertal‘‘réhabilité’’

Marylène Patou-Mathis, conseillère scientifique sur Ao, le dernier Neandertal, évoque le destin de l’Homme de Neandertal, un “mal-aimé” que de récentes découvertes viennent de réintégrer à la famille humaine...

Neandertal était-il Vraiment La Brute épaisse Qui Perdure Dans L’imaginaire Collectif ?