Notes de Prod. : Appaloosa

    en DVD le 01 Avril 2009

Appaloosa, Nouveau-Mexique

«Pendant douze ans, nous avons maintenu la paix et l’ordre ensemble. Quand nous sommes arrivés à Appaloosa, je n’avais aucune raison de penser que ça changerait. Mais la vie a le don de rendre imprévisible ce qui était prévisible... Et ta vie est devenue imprévisible.»
Everett Hitch

Lorsque Ed Harris et Robert Knott ont écrit le scénario d’Appaloosa, ils ont imaginé la ville fictive d’Appaloosa au Nouveau-Mexique ou en Arizona. La production a envisagé de tourner en Arizona, au Nouveau-Mexique, puis au Texas, et a fini par opter pour le nord du Nouveau-Mexique.

Ed Harris se souvient : «Je voulais rendre hommage à la splendeur du Sud-Ouest américain. Le roman de Parker le méritait, et puis j’ai toujours adoré le Nouveau-Mexique. Le Ford Ranch à Santa Fe s’est avéré être le meilleur compromis. Il nous a permis de bénéficier de nombreux avantages pratiques au beau milieu d’un cadre idyllique. C’était l’endroit idéal parce que beaucoup de gens de cinéma se sont installés au Nouveau-Mexique, on y trouve bon nombre d’artisans du cinéma, les compétences sont déjà sur place. Et puis esthétiquement parlant, c’était parfait. Un ciel immense, des collines, le désert, le silence...»

Dean Semler, le directeur de la photographie d’Appaloosa, en est à son septième tournage au Nouveau-Mexique. Il explique : «Santa Fe est vraiment le lieu idéal pour y tourner des westerns. On y trouve une telle variété de paysages... Les plateaux des mesas, les collines de grès, le désert, les terrains montagneux, les plaines alluviales...»

Dean Semler a choisi de tourner en anamorphique et au format panoramique pour capter ces immenses paysages, en privilégiant les objectifs grand angle. Il précise : «Nous avons toujours pensé nos cadrages en fonction des sites afin de profiter au maximum de ces somptueux décors, en y incluant les personnages. Arrière-plans et personnages sont étroitement liés et intégrés dans l’image.»

Ginger Sledge observe : «La palette de couleurs qu’offre le Nouveau-Mexique rend un résultat vraiment incroyable à l’écran. Dean a saisi des vues stupéfiantes avec une richesse de tons et de couleurs infinie. Ce ciel d’un bleu poignant mêlé à toutes ces nuances de vert, à ces ombres, à ces roses pâles, à ces orangés aussi... Ce pays est hallucinant !»

Appaloosa a été tourné de fin septembre à début décembre 2007 à Santa Fe et dans ses environs. Parmi les lieux de tournage figurent les falaises de grès multicolores d’Abiquiu et les rives de la Chama. Là-bas, chaque automne, les champs de coton se parent d’une somptueuse couleur or.

La ville d’Appaloosa a été construite sur les terres du ranch Cerro Pelon à Galisteo, qui appartient au célèbre créateur Tom Ford. La scène dans laquelle les hommes de Bragg poursuivent Cole et Hitch a été filmée le long du Rio Grande à côté d’Algodones. Le film a été tourné presque entièrement au Nouveau-Mexique, excepté une scène importante à Austin au Texas, qui représente la ville fictive de Rio Seco.

En contraste total avec la beauté et la richesse des paysages, le chef décorateur Waldemar Kalinowski, en étroite collaboration avec Harris, a cherché à donner à la ville d’Appaloosa un aspect sinistre et sombre. Il explique : «Appaloosa connaît un véritable déclin économique, ce qui devait se ressentir dans son aspect : on perçoit le passé autrefois prospère et les difficultés actuelles. Ce n’est pas juste un bled paumé au milieu de nulle part, c’est une ville qui a une histoire et qui a été implantée par une compagnie minière».

Pour construire la ville d’Appaloosa, l’équipe de Kalinowski a utilisé différents matériaux : le bois, la brique et l’adobe, un matériau de construction typique du Sud-Ouest américain. La plupart des structures ont été érigées en bois mais certains bâtiments principaux comme le Boston House Hotel and Saloon ont été construits en briques. La banque a une façade en pierre et le bâtiment de la compagnie minière ainsi que l’église sont en adobe.

Waldemar Kalinowski a recouvert les murs intérieurs de l’hôtel-saloon avec une réplique des luxueux papiers peints «William Morris» qui étaient conçus et fabriqués en Angleterre. «Ce papier peint très ornementé symbolise visuellement le retour à la nature, le naturalisme. Nos papiers peints ont été fabriqués à Londres puis nous ont été expédiés sur place.»

La conception et la création des costumes sont revenues au chef costumier David Robinson. Celui-ci a consulté un nombre impressionnant de photographies d’époque et de documents d’archive. Il observe : «On retrouve certaines similitudes entre les tenues des hommes à cette époque, quel que soit leur métier. C’était dû à des raisons pratiques. Par exemple, on portait un bandana autour du cou pour se protéger du froid, de la poussière et des frottements, et on mettait une veste pour avoir une couche de protection supplémentaire.»

«Je me suis efforcé de trouver un équilibre entre la mode et le réalisme. A l’époque, la photographie était une invention toute récente, et ceux qui avaient l’occasion de figurer devant l’objectif étaient sans doute beaucoup mieux vêtus que d’ordinaire.»

Le chef costumier explique : «Virgil Cole possède un style très classique, très “Prince Albert” avec sa veste gris anthracite, son pantalon noir et sa chemise rayée. Il est toujours tiré à quatre épingles. Hitch s’habille de façon plus pratique, il est plus simple, plus brut, plus terre à terre. Quand un de ses vêtements se déchire, il le recoud, voilà tout. Il est vêtu dans des tons de brun et de vert, des couleurs proches de la terre. Il a ajouté à sa veste une pièce de sellerie pour la protéger de l’usure.»

David Robinson a conçu, dessiné et fabriqué dans son atelier tous les costumes du personnage de Renée Zellweger. Le chef costumier explique : «Allie ne répond pas au stéréotype féminin des westerns traditionnels. Elle n’a pas un rôle de potiche. Elle a du style, elle est issue d’un environnement citadin et d’un milieu relativement aisé. Il nous semblait donc crucial de connaître quels étaient les critères de la mode en 1880 pour lui créer une garde-robe. Allie illumine Appaloosa de ses toilettes colorées ! On la voit d’abord dans une robe couleur bronze et bleu marine, ensuite en vert, puis dans des tons bordeaux... On la remarque particulièrement dans une chatoyante robe de soie et de satin rehaussée d’un superbe col de dentelle d’époque.

«Chez les hommes, le chapeau de cow-boy moderne à bords incurvés commençait à peine à se répandre. C’est pourquoi dans Appaloosa, la plupart des chapeaux ont une forme bombée, différente de celle que l’on a habituellement à l’esprit.»


L’utilisation d’armes à feu correspondant à la période historique fait partie des détails clés d’Appaloosa. Dans le film, l’arme la plus impressionnante est le calibre huit d’Everett Hitch. C’est une arme rare également nommée «punt gun» ou «market gun», d’une longueur de 127 cm pour un poids de près de 5 kg, vraiment intimidante ! En réalité, cette arme encombrante était plus traditionnellement utilisée pour chasser le canard ou les oies sauvages à partir d’un bateau, en la posant sur un pivot. Techniquement, avec ce genre d’arme, les cartouches explosaient et s’éparpillaient en sortie de canon.

Quant à Virgil Cole, son arme fétiche est un Colt 45 millésime 1873. Plusieurs douzaines de chevaux ont été utilisés pour les besoins du film, dont beaucoup de quarter horses, une race robuste et vigoureuse à la stature imposante. Il y a aussi des mules.

Le chef dresseur Rex Peterson a beaucoup étudié les peintures anciennes de Frederic Remington pour se faire une idée plus précise du harnachement des chevaux dans les années 1880.

Il explique : «Les éléments de sellerie ont été agrémentés de pièces d’argent comme c’était la mode à l’époque. Les Indiens, eux, avaient des selles et des rênes simples, sans ornements.»

Ed Harris et Viggo Mortensen étant d’excellents cavaliers, ce sont eux qui apparaissent dans les scènes où Cole et Hitch sont à cheval. Ils montent de grands chevaux bai et alezan.

Monter à cheval sur les versants abrupts de la région d’Abiquiu a requis une bonne préparation et beaucoup de concentration. Viggo Mortensen raconte : «Nous avons fait le plus dur la première semaine ; de grandes chevauchées à flancs de colline pentus sur terrain rocailleux. Rex avait choisi deux montures vraiment très impressionnantes pour Cole et Hitch parce que les deux hommes veulent en imposer dès leur toute première apparition en ville. Leurs chevaux sont donc beaucoup plus grands que ceux de tous les habitants.»

Michael London remarque : «L’image de Cole et Hitch faisant leur entrée en ville à cheval relève de l’iconographie classique du western. Ce sont deux personnages qui viennent pour redresser des torts. Cela peut paraître une mission simple et évidente au départ, mais ils vont s’apercevoir que la situation est bien plus complexe qu’il n’y paraît, qu’il y a des nuances qui rendent leur tâche impossible à accomplir sans accepter quelques compromis.»

Viggo Mortensen commente : «Appaloosa n’est pas un western révisionniste, ce n’est pas un film sur l’année 1882 vue à travers le regard du XXIesiècle, je crois plutôt que c’est un portrait dénué de tout jugement des gens tels qu’ils semblaient se comporter à cette époque. Les critères de comportement étaient différents alors. Sous certains aspects, il y avait davantage de politesse et de galanterie, mais sous certains autres, les gens étaient bien plus directs et brutaux les uns avec les autres. Ni Ed ni moi, en tant que protagonistes principaux, n’essayons de justifier la violence qui accompagne notre travail dans cette histoire, et nous n’avons pas tenté non plus de faire paraître nos personnages plus héroïques qu’ils ne le sont.»

Ed Harris conclut : «Le plus important aux yeux de Robert Knott et aux miens lorsque nous avons écrit le scénario a été de rester fidèles aux intentions de Robert Parker. Une fois sur le plateau, nous avons recherché en permanence la vérité chez chaque personnage, dans leurs intentions individuelles et dans leurs relations entre eux. Le cadre de l’histoire est les années 1880, mais la nature humaine dicte, comme elle le fait aujourd’hui, les réactions des gens envers leurs semblables et leur comportement avec eux. Les problèmes et les conflits qui peuvent surgir au sein d’une amitié, les questions de loyauté et de trahison, sont toujours aussi pertinents aujourd’hui. Voir tout cela porté à l’écran grâce à une équipe si talentueuse est un rêve qui s’accomplit. Cela restera pour moi une expérience extraordinairement enrichissante.»

Notes de Tournage...

On connaissait l’actrice Renee Zellweger pour être abonnée aux comédies (romantiques) : 2008 sera pour elle une année… dramatique.

Le nom de Renee Zellweger ne peut vous être inconnu, c’est normal, la tête blonde a fait décoller sa carrière en endossant le slip géant de la célibataire british la plus célèbre dans la littérature contemporaine, et maintenant au cinéma : Le Journal De Bridget Jones.

Une histoire d’honneur et d’amitié

«Nous sommes allés un peu partout. On engage Virgil pour remettre les choses d’aplomb dans des villes qui en ont besoin, et moi je l’accompagne.»
Everett Hitch

«Tuer n’est pas mon métier, je fais seulement respecter la loi. Mais c’est parfois une conséquence.»
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 006 entrées
  • 1ère semaine IDF : 61 622 entrées
  • Cumul IDF : 133 708 entrées

  • 1ère semaine France : 131 985 entrées
  • Cumul France : 317 370 entrées