Notes de Prod. : Astérix aux Jeux Olympiques

    en DVD le 22 Août 2008

Entretien avec Thomas Langmann et Frédéric Forestier

Thomas, qu’est-ce qui vous touche tant dans les albums d’Astérix?
Thomas Langmann – Pour moi, c’est lié à l’enfance. J’ai toujours eu une très grande tendresse pour les albums et surtout pour Obélix. Quand je lisais la B.D., que je voyais les dessins, que je regardais la couleur des sangliers et que je voyais Obélix manger des sangliers, ça me donnait faim ! C’est un personnage qui n’a pas d’âge, qui a cette force incroyable et en même temps toujours l’envie de reprendre une goutte de potion magique. Il est à la fois généreux et sans retenue. C’est vraiment un personnage de mon enfance. A côté, Astérix est plus adulte, plus réservé, plus français sans doute, mais il est bien plus complexe qu’il n’en a l’air, et ce qu’a très bien compris Clovis...

Thomas, à quel moment avez-vous pensé à Frédéric pour réaliser ?
Thomas Langmann Assez vite. Parce qu’on avait fait Le Boulet ensemble, un film que j’ai écrit avec les Matt Alexander, que j’ai produit et qu’il a réalisé. L’expérience s’était révélée très positive. Je savais en lançant le projet et en m’impliquant dans l’écriture que j’aurais envie d’aller plus loin et, comme cette complicité existait entre nous, que je connaissais sa générosité, j’espérais qu’il accepterait que je réalise le film avec lui.

Frédéric, avez-vous été surpris du souhait de Thomas de co-réaliser le film avec vous ?
Frédéric Forestier Pas tant que ça. Sur Le Boulet où j’étais arrivé aux commandes dans des circonstances un peu particulières et dans l’urgence, on avait dû réécrire pas mal de scènes, nous avions eu beaucoup d’échanges. Le courant était vraiment bien passé entre nous. Et surtout, j’avais vu son implication à tous les stades de production et de fabrication du film. Je m’étais dit : « Un jour, il réalisera un film. »Même si j’imaginais bien que ça ne se ferait pas en une seule fois. Astérix est devenu en quelque sorte la première marche vers cet objectif-là.

Est-ce que vous vous étiez réparti les tâches de manière très formelle avant le tournage ?
Frédéric Forestier Non. Au départ, on a réfléchi au mode de fonctionnement que l’on pourrait adopter et finalement les choses se sont faites instinctivement, assez naturellement. On parlait d’une scène ensemble, comment Thomas la voyait, comment je la voyais... Parfois, on avait une lecture identique, parfois différente, il fallait donc simplement se mettre d’accord. On a eu beaucoup d’échanges avant le tournage – et encore plus pendant ! D’autant que Thomas a souvent une impression globale de la scène, or quand on travaille plan par plan, on avance par petites touches et le résultat final n’est pas forcément visible au moment où l’on tourne.
Thomas Langmann – Et c’était encore plus vrai pour ce qui concernait les effets spéciaux. Je savais qu’il y en aurait beaucoup et que Fred les maîtrisait très bien. Il n’empêche que je lui mettais la pression parce que moi, j’ai besoin de voir. Lui, il peut imaginer beaucoup mieux ce que le plan va donner quand on aura rajouté la foule dans le stade ! Il a cette capacité d’avoir une vision des décors qui n’existent pas mais qui seront présents dans l’image finale. Il a aussi cette grande faculté de très bien s’entendre avec les acteurs... Frédéric est une bête de travail, quelqu’un qui est très bon techniquement. Il a aussi – et c’est peut-être là notre point commun ! – une forme d’inconscience qui lui permet sans souci d’affronter un barnum pareil, avec autant de vedettes... Notre association est en fait une addition de compétences et de caractères finalement très complémentaires.
Frédéric Forestier On se complète bien, c’est vrai. Thomas a une grande énergie pour mettre les choses en œuvre, pour réunir des gens d’horizons différents et... pour soulever des montagnes ! ça relève sans doute plus de la production, en même temps cela avait forcément des incidences sur la mise en scène. Je suis assez admiratif de ça. Et puis sur le plan artistique, là où on se complète, c’est que si je peux me laisser un peu enfermer par les contraintes de la réalité, Thomas, lui, a une certaine folie, une volonté d’assumer nos ambitions visuelles, spectaculaires... Il y a un moment aussi où il me met au pied du mur avec de vrais challenges. En fait, il a cette capacité d’emmener les gens au-delà de ce qu’ils se croient capables de faire.
Thomas Langmann On parle de folie mais je ne suis pas sûr que ce soit le terme approprié. C’est plus de l’ordre de l’ambition artistique, du plaisir d’une aventure exceptionnelle. Si on se complète, c’est que j’apporte des difficultés à Frédéric qui, lui, est capable de les dépasser...

De nombreux dialogues jouent sur les clins d’œil et les références – ceux de Delon bien sûr, mais d’autres aussi, comme celui qui rend hommage à Cyrano...
Frédéric Forestier Quand on lit la B.D., on retrouve des clins d’œil en permanence – aussi bien dans les dialogues que dans les dessins. Ca fait partie intégrante de la « culture » d’Astérix.
Thomas Langmann C’est sûr. Chabat aussi a parfois joué sur certains clins d’œil, sur lesquels à notre tour on a joué, comme l’utilisation des « guests » et le recours aux anachronismes. Dans les albums, il y a une grande tendresse qu’on a voulu retrouver. C’est pour ça que je tenais à ce que l’enjeu du film, que l’enjeu des Jeux Olympiques eux-mêmes, soit une histoire d’amour – sinon avec la potion magique, on était sûrs que les Gaulois allaient gagner ! L’avantage de faire un troisième Astérix était aussi d’essayer de faire la synthèse entre ce qui fonctionnait le mieux dans le premier et dans le deuxième. Sans doute est-on plus proche de la B.D. avec cette tendresse, cette émotion, et aussi ce sentiment d’aventure...

Comment avez-vous défini le style que vous vouliez donner au film ?
Frédéric Forestier On s’est dit que c’était à la fois l’adaptation d’une B.D. culte, un film historique, et on a voulu jouer sur tous les tableaux. Que ce soit un film visuellement riche – les décors, les costumes, la qualité de l’image... J’ai bien regardé les deux premiers Astérix, j’ai vu aussi de vrais peplums, des films plus « sérieux»et je me suis dit qu’il fallait lui donner du souffle, profiter de la démesure des décors, faire des plans larges tout en restant dans le mouvement... Comme il y a beaucoup de gags visuels, il fallait trouver les angles les plus efficaces, les plus drôles.
Thomas Langmann ... et puis finir la journée !
Frédéric Forestier Et en même temps, oui, finir la journée ! Parce que, malgré la durée du tournage, on avait un plan de travail relativement serré. On devait donc marier tout ça en se laissant une marge de manœuvre pour trouver de nouvelles idées, pour improviser, pour accueillir les propositions des comédiens... On a souvent eu des acteurs qui se retrouvaient sur le plateau pour la première fois ensemble, il fallait pouvoir tirer profit de ce qui n’allait pas manquer de se produire entre eux. Il fallait donc conjuguer un certain nombre de paramètres pour qu’au final, on ait une impression à la fois d’un spectacle grandiose et d’une comédie efficace...

Quel est selon vous le meilleur atout de Clovis Cornillac pour jouer Astérix ?
Thomas Langmann Je crois qu’il n’y a aucun acteur au monde qui puisse jouer Obélix mieux que Depardieu, qui soit capable de jouer avec cette grâce, cette naïveté, cette légéreté, cet humour. Mais pour Astérix, ce n’est pas tout à fait le cas. Sans doute parce que le personnage est moins clairement défini qu’Obélix. Et pour ce nouvel épisode, on avait envie de faire une proposition différente, de la même manière qu’en Amérique, on n’hésite pas à changer d’acteur pour interpréter Batman ou d’autres. Et puis, on se disait que c’était bien de casser les habitudes de Gérard. Gérard n’est jamais aussi bon que lorsqu’il a en face de lui un acteur qui le titille, qui l’excite...
Frédéric Forestier On aimait bien l’idée d’avoir un Astérix plus jeune, plus vif. C’est, dans la B.D., un personnage qui a une incroyable énergie intérieure. Il est toujours dessiné dans des poses très dynamiques. Clovis a su retrouver cette énergie des dessins. Il a apporté beaucoup de vivacité, un regard toujours un peu animal, et s’est très bien sorti du côté clown blanc. Il a joué un rôle très positif dans le fonctionnement du duo Astérix - Obélix.
Thomas Langmann Il a en effet apporté ce coté très « physique » d’Astérix. Quand Astérix boit la potion, avec Clovis, il n’y a quasiment pas besoin d’effets spéciaux ! Il possède la gestuelle, la tonicité. Il a d’ailleurs beaucoup travaillé la posture d’Astérix jambes fléchies. Cela en fait un Astérix incroyablement juste. Le couple Depardieu - Cornillac est tel que j’ai toujours vu Obélix et Astérix dans la B.D.

L’une des forces de l’histoire et du film, c’est l’affrontement de Brutus avec César, de Benoît Poelvoorde avec Alain Delon. Deux personnages aux antipodes, deux personnalités très différentes, et donc deux manières de travailler et deux styles de jeu très différents... Comment gère-t-on cela sur le plateau ?
Frédéric Forestier - C’est vrai, ils ne travaillent pas du tout de la même manière. Alain Delon travaille au millimètre avec le texte qu’il connaît impeccablement. Benoit Poelvoorde, lui, a besoin de vivre les choses, c’est-à-dire que lorsqu’on dit « Moteur », on sait ce qui doit se passer, mais on ne sait jamais exactement ce qui va se passer ! Dans les premières prises, il cherche ses marques, avec une capacité d’invention hallucinante, ensuite, ensemble, on affine. Les prises s’enchaînent avec un seul objectif : la perfection. Car Benoît aussi est un perfectionniste. Il fallait juste trouver un territoire commun, un terrain d’équilibre entre Delon et Poelvoorde.
Thomas Langmann - C’est ça, l’un est un acteur qui n’aime pas l’improvisation et travaille au rasoir. L’autre est au contraire un acteur de l’improvisation. Benoît est, comme le dit Gérard Depardieu, un acteur qui est aussi un auteur et qui, en plus, est assez angoissé. C’est de là qu’il tire son talent, son génie même. C’est quelqu’un qui a besoin et qui a plaisir à inventer, qui peut rebondir immédiatement sur une phrase ou une situation et partir dans une direction inattendue. Surtout dans ce personnage de méchant de comédie qui peut être à chaque fois, et de manière différente, drôle, lâche, vache et tonitruant !C’était donc le choc de deux mondes et en même temps, c’est ce qui fait toute la saveur et la richesse de leurs dialogues. C’est fabuleux de voir ces deux monstres l’un en face de l’autre.
Frédéric Forestier Ce qui était frappant en travaillant avec Delon, c’est sa grande simplicité. Quand on sait ce qu’on veut, il lui faut très peu de prises. Deux ou trois. Et on en fait une autre, juste si on a envie d’essayer quelque chose d’autre, d’avoir une couleur un peu différente. Il accepte toujours ; une fois que la direction est donnée, il est pile dedans. Quand on dit « Coupez », son regard va tout de suite vers vous et il lit dans votre regard si la prise est bonne ou non. Déjà là, il a son propre sentiment sur la prise et il ne se trompe pas ! La manière dont il s’est approprié César est impressionnante. Il l’a joué très impérial mais il a su aussi lui apporter du deuxième degré. Il y a comme une légère distorsion du Delon habituel parce qu’il a été vers la comédie... Il est grandiose dans ce mélange du premier et du deuxième degré...
Thomas Langmann Je me souviens lorsqu’on a tourné la scène où il se regarde dans la glace, le matin même – j’avais dû en rêver pendant la nuit ! – je me suis imaginé Delon en train de se regarder sur la musique du Clan Des Siciliens. On a trouvé la musique et on l’a mise sur le plateau sans rien lui dire. Il a marqué une légère surprise et a joué le jeu magnifiquement... Il est d’une précision, d’une acuité incroyables. En plus, on voyait qu’il avait un réel plaisir à porter le costume de César. Cela participait aussi à sa jubilation à jouer ce personnage...

Sans dévoiler la surprise, il y a pas mal de « guests », de grands sportifs qui passent dans le film le temps d’une scène ou d’une apparition. C’était compliqué de les réunir ?
Thomas Langmann C’est mon inconscience qui m’a permis de me lancer dans ce casting un peu particulier qui se prêtait si bien au film, à son univers et à son histoire. Ce qui facilitait ma tâche, c’est que les stars de cinéma adorent les sportifs, que les sportifs adorent les gens de cinéma. Chacun rêve d’aller dans un univers qu’il ne connaît pas... Et ce qui a énormément joué, c’est l’effet boule de neige. A chacun, j’ai dit que les autres avaient déjà accepté ! Du coup, ils se sont laissé convaincre. Il a « juste » (!) fallu adapter ensuite le plan de travail en fonction de leurs disponibilités.
Frédéric Forestier Ensuite, c’est assez surréaliste d’être face à Michael Schumacher sur un plateau de cinéma.

A quel moment avez-vous réalisé que vous étiez partis pour faire le film français le plus cher de l’histoire du cinéma ?
Frédéric Forestier Pendant la préparation. On a beaucoup jonglé avec les budgets, on rajoutait des idées, des scènes, des décors...
Thomas Langmann On n’a pas cherché à battre des records ! C’est seulement le désir qu’on avait de faire beau, grand, spectaculaire et de prendre les meilleurs à tous les postes, aussi bien dans le casting que dans la composition de l’équipe, qui a fait qu’on en est arrivé là. En même temps, je dois avouer que le premier jour de tournage a été pour moi un grand moment d’émotion. Quand je suis arrivé le matin dans la forêt de Fontainebleau et que j’ai vu tous ces camions alignés, j’ai eu une espèce de fierté enfantine... Tout ce dont on avait rêvé, finalement, allait se réaliser, c’était du concret...
Frédéric Forestier Mais il ne fallait pas se laisser polluer par toute cette logistique et cette infrastructure. Il ne faut jamais perdre de vue l’essentiel, c’est-à-dire ce qui se passe devant la ou les caméras.
Thomas Langmann L’essentiel, c’est en effet la comédie !

Notes de tournage...

16 décembre 2005 - 78 millions d'euros pour Astérix aux jeux olympiques !
Le troisième film tiré de la célèbre bande dessinée relatant les aventures d'Astérix et Obélix sera tourné en Espagne, avec un budget annoncé de 78 millions d'euros !
Ce troisième volet cinématographique fait suite à Astérix Et Obélix Contre César de Claude Zidi et Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat. Il devrait être réalisé par Frédéric Forestier (Les Parrains avec Gérard Lanvin, Gérard Darmon et Jacques Villeret). Le casting de ce nouvel « Astérix » est hétéroclite… Alain Delon incarnera Jules César, Jean-claude Van Damme sera l'athlète romain Cornedurus et le rôle d'Obélix devrait être repris par Gérard Depardieu. Quant à Astérix, joué les deux fois précédentes par Christian Clavier, il devrait être interprété par l'acteur montant Clovis Cornillac, actuellement à l'affiche du film Le Cactus. Selon les médias espagnols, le film comptera également des apprentis acteurs aussi prestigieux que Zinedine Zidane, David Beckham et Michael Schumacher.
Le film, qui devrait réunir quelque 300 acteurs et figurants, sera tourné dans le complexe de studios de la Ciudad de la Luz, à Alicante, au sud-est de l'Espagne. Francisco Camps, le président de la région de Valence, a indiqué que le budget total du film serait de 78 millions d'euros, « dont 28 resteront à la ville d'Alicante ». La date de début de tournage est prévue pour mai 2006, pour une sortie en salles en décembre 2007, mais ces informations n'ont pas été confirmées. Patience…

A propos du film

Ça commence comme un rêve d’enfant. Il y a longtemps en effet que Thomas Langmann rêvait de porter lui-même Astérix à l’écran. C’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de la transposition au cinéma des aventures du petit Gaulois. Grand fan depuis toujours des albums de Goscinny et Uderzo et sûr du succès que remporterait une adaptation en chair et en os, il a fait croire, il y a quinze ans, qu’il était mandaté par son père, Claude Berri, l’homme-phare du cinéma français, pour jeter les bases d’un tel projet et a organisé, avec la complicité de la fille du dessinateur d’Astérix, Sylvie Uderzo, la rencontre entre les deux hommes. On connaît la suite : Astérix Et Obélix Contre César, réalisé par Claude Zidi en 1999, 9 millions d’entrées France. Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre, réalisé par Alain Chabat en 2002, quasiment 15 millions de spectateurs français. Et c’est lorsqu’a capoté le troisième projet, Astérix en Hispanie, que Thomas Langmann, a décidé, avec sa société, La Petite Reine, et toujours le soutien de Pathé, de se lancer lui-même à l’assaut du monument Astérix.

La préparation

Après la visite de plusieurs sites en Europe et en Afrique du Nord, ce sont les tout nouveaux studios d’Alicante, « La Ciudad de la luz », en Espagne qui sont choisis. 95 % du tournage se déroulera là. En dehors d’apports financiers non négligeables, d’une situation climatique idéale, d’une infrastructure flambant neuve, ces studios disposent aussi d’immenses « backlots », vastes terrains vierges dominant la mer sur lesquels va pouvoir être installé l’un des décors phares du film – et l’un des plus spectaculaires jamais construits pour un film français : le stade olympique. La conception en est confiée à Aline Bonetto, la fidèle décoratrice de Jean-Pierre Jeunet, qui travaille avec lui depuis Délicatessen et pour qui elle a créé les décors impressionnants des tranchées d’Un Long Dimanche De Fiançailles (qui lui a valu son deuxième César et sa première nomination aux Oscars).

Le Casting

Chemin faisant, Thomas Langmann et Frédéric Forestier composent le casting. Et peu à peu, Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Alain Delon et Benoît Poelvoorde sont rejoints par Stéphane Rousseau, le comique québécois, qui sera Alafolix, le jeune premier gaulois, Vanessa Hessler, sublime jeune fille italo-américaine qui jouera la princesse Irina et dont les Français connaissent le visage depuis la publicité Alice, Franck Dubosc, qui ressemble comme un clone au barde Assurancetourix, Jean-pierre Cassel, qui a pris les traits du druide Panoramix (ce sera l’un de ses derniers tournages), mais aussi José Garcia, âme damnée de Brutus, Alexandre Astier, créateur et héros de Kaamelott, lieutenant de Brutus, Elie Semoun, et Bouli Lanners, complice belge de Poelvoorde, méconnaissable sous la perruque, la barbe et la toge du roi grec Samagas, Francis Lalanne (autre barde, aussi insupportable qu’Assurancetourix). Les rejoindront aussi Jérôme Le Banner, champion du monde de K1, boxe pieds- poings, qu’on dirait dessiné par Uderzo, sous les traits d’un centurion, Nathan Jones, le géant découvert dans Troie aux cotés de Brad Pitt.

Le tournage

Le 19 juin 2006, le tournage débute pour quelques jours dans la forêt de Fontainebleau où Uderzo, accompagné de sa fille et de son gendre, Sylvie et Bernard de Choisy, associés à la production du film, viennent découvrir Clovis Cornillac en Astérix et retrouver Gérard Depardieu en Obélix. Mais très vite, l’équipe se retrouve à Alicante dans les studios dominés par le stade olympique. Elle va y rester jusqu’aux premiers jours de novembre... Pendant tous ces longs mois, « La Ciudad de la luz » va ressembler à une ville en chantier, au Q.G. d’une armée en campagne, à une véritable usine tout entière dédiée à Astérix, avec d’immenses entrepôts où l’on va de l’un à l’autre grâce à de petites voitures électriques. Ateliers de construction, de finition, de peinture, de couture, de coiffure, rayonnages interminables de costumes, d’accessoires, d’armes et boucliers, de postiches...

La post-production

A côté du montage, qui a d’ailleurs déjà débuté parallèlement au tournage, et de la musique, dont Frédéric Talgorn, le compositeur d’Anthony Zimmer et de Nos Jours Heureux, a déjà écrit l’essentiel, la partie la plus lourde et la plus longue de la post-production, qui durera de décembre 2006 à octobre 2007, est bien sûr la réalisation des effets spéciaux puisqu’il y aura dans le film plus de mille plans truqués... Pour répondre au volume de travail par rapport aux délais dont il dispose, le superviseur des effets visuels, Christian Guillon de E.S.T. a réparti la charge entre trois sociétés. De 150 à 200 personnes peuvent ainsi travailler en même temps sur le film. Pour leur simplifier la tâche, il a préféré limiter les allers-retours entre les différentes sociétés et a confié des séquences entières à chacune. Buf s’occupe du rêve de Brutus lorsqu’il se voit à la tête d’une armée innombrable, et du stade où il faut rajouter les gradins et y faire vivre la foule des spectateurs. Dubois a en charge l’extension numérique des décors, rajoutant ces éléments qui vont donner une dimension supplé- mentaire aux palais de Samagas et de César, et créant les extérieurs du palais de César, de Rome ou d’Olympie. Ainsi que les effets « bourre pif », liés à la prise de potion magique et à ses conséquences : effets d’illumination, de vitesse, de surnaturel, etc. A Microsimage reviennent les cascades, et notamment celles de la course de chars... Tout cela est assez complexe parce que le résultat doit être parfait en termes de mouvement de caméras, de rendu de l’image, de couleur. On ne doit pas voir la différence entre le vrai et le faux, entre ce qui a été tourné « en vrai »et souvent en extérieurs, ce qui a été filmé sur fond bleu en studio et ce qui est rajouté virtuellement...

Entretien avec Gérard Depardieu

C’est la troisième fois que vous retrouvez le personnage d’Obélix. Qu’est-ce qui vous touche chez lui ?
Gérard Depardieu L’amour qu’il a pour les choses et les gens qui l’entourent. C’est quelqu’un qui n’a aucune mauvaise pensée. Il ne voit pas le mal – c’est quand même reposant ! En plus, s’il lui arrive de le voir, il s’amuse avec. C’est quelqu’un d’extrêmement intelligent qui, grâce à la potion magique, est muni d’une force incroyable qu’il n’utilise jamais à mauvais escient. C’est la beauté de cette bande dessinée...

Entretien avec Clovis Cornillac

Vous souvenez-vous de la première fois que Thomas Langmann vous a proposé de jouer Astérix ?
Clovis Cornillac Très bien puisque... je lui ai dit non ! Cela devait être au début de 2005. Je trouvais que ça n’avait pas beaucoup de sens. Je ne comprenais pas pourquoi il me le proposait. Heureusement, il a insisté et est revenu plusieurs fois à la charge.

Entretien avec Alain Delon

Avez-vous été surpris que Thomas Langmann vienne vous proposer de jouer César dans Astérix Aux Jeux Olympiques?
Alain Delon –Disons que je n’ai pas été surpris par César mais que j’ai été surpris par le contexte d’Astérix! C’est tout à l’honneur de Thomas Langmann d’avoir insisté pour me faire lire le scénario bien qu’ayant déclaré que j’arrêtais le cinéma. Hormis une petite participation dans Les Acteurs de Bertrand Blier, je n’avais pas fait de film depuis 1998, depuis Une Chance Sur Deux. Lorsque j’ai refermé le scénario, j’ai dit : « Je le fais ». C’est aussi simple que ça. Astérix Aux Jeux Olympiques est donc mon retour au cinéma. J’ai trouvé le scénario vraiment bien et le rôle fabuleux. Et en même temps inattendu – pour l’acteur que je suis et que connaissent les spectateurs.

Entretien avec Benoit Poelvoorde

Comment définiriez-vous le Brutus que vous jouez dans Astérix Aux Jeux Olympiques ?
Benoît Poelvoorde C’est très simple : je suis le fils de César et je veux devenir César à la place de César. Comme Iznogoud ! Je veux tuer mon père et aussi gagner les Jeux Olympiques pour obtenir la main de la princesse Irina. Je suis donc le méchant !
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 6 278 entrées

  • 1ère semaine France : 3 007 811 entrées