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Notes de Prod. : Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans

    en DVD le 24 Août 2010

Entretien avec le réalisateur dans Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Bad Lieutenant, le film réalisé par Abel Ferrara, a marqué les esprits lorsqu’il est sorti en 1992...

: Je n’ai pas vu ce film. En fait, je n’ai vu aucun film d’Abel Ferrara. Mais mon scénariste m’a dit que mon film n’avait rien à voir avec le sien. Ceci dit, j’aimerais beaucoup qu’Abel Ferrara voie mon film, et inversement.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?

Pour commencer, et moi avons réalisé que nous n’avions encore jamais travaillé ensemble. Quel scandale ! (rires) Donc, quand l’opportunité de faire Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléanss’est présentée, il m’a semblé normal de lui en parler. J’avais aussi le sentiment que c’était le bon moment pour un film noir parce que c’est un genre qui va de pair avec les grandes crises. Son origine remonte à la Grande Dépression des années 1930, quand des auteurs comme Dashiell Hammett, James M. Cain et Raymond Chandler ont commencé à écrire leurs « fictions noires », qui ont ensuite été adaptées en films comme Le Grand Sommeil ou Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois. En avril 2008, je sentais qu’il y avait quelque chose dans l’air. L’ambiance était tendue, et quelques mois plus tard cela a été la crise. En même temps, je voulais faire un nouveau genre de film noir, un film noir encore plus sombre et abyssal. m’a demandé : « Pourquoi ce personnage est-il si méchant ? Est-ce que ce sont les médicaments, la drogue, La Nouvelle-Orléans, ou la destruction causée par l’ouragan Katrina ? » Je lui ai répondu : « Non, rien de tout cela. Ne réfléchis pas si loin, je crois qu’il est juste attiré par le mal et qu’il aime ça. » Il a tout de suite compris.

Ce plaisir qu’il éprouve à faire le mal le rend parfois très drôle.

Oui, parce que cela donne lieu à des scènes complètement dingues. Tous ceux qui ont vu le film ont été frappés par son humour. Le film n’a jamais été conçu comme une comédie, mais je savais qu’il allait être drôle. Les techniciens chargés de vérifier le mixage sonore ont commencé à glousser quand ils ont vu le film. Ils ont essayé d’arrêter pour ne pas m’offenser, mais au bout d’un moment ils ne pouvaient plus se retenir et ils ont éclaté de rire.

Il y a dans le film quelques scènes surréalistes, comme celle avec les iguanes ou celle où le personnage de dit qu’il voit danser l’âme du tueur que les gangsters viennent d’abattre.

Tout cela n’était pas dans le scénario et je savais que cela allait être à la fois très étrange et très amusant. J’ai filmé moi-même l’iguane avec un petit objectif. Je le tenais à quelques millimètres de sa peau et ensuite je suis remonté jusqu’à son œil. Ce pauvre lézard était tellement perplexe qu’il a fini par me mordre le pouce. J’ai eu un mal fou à lui faire lâcher prise, mais je suis très fier de ce plan parce que la scène et l’animal semblent complètement absurdes.

était-il prêt à vous suivre dans ce genre de délires ?

Absolument. Je lui ai dit que j’allais l’emmener là où il n’était jamais allé auparavant, et il m’a répondu qu’il me faisait confiance. C’est un acteur capable de jouer énormément de choses, il savait que j’allais peut-être le pousser dans ses retranchements, mais cela ne lui faisait pas peur. Je lui ai dit : « Je veux que tu lâches le cochon », c’est une expression bavaroise qui signifie « devenir complètement dingue et se débarrasser de toutes ses inhibitions ».

Est-ce que vous avez demandé la même chose à ?

Oui, et comme Nicolas, elle a accepté. J’ai dû me battre pour l’avoir parce que les producteurs étaient réticents à l’idée de l’engager, mais c’était l’actrice qu’il me fallait étant donné ce que traverse le personnage de . J’avais besoin d’une femme forte, obstinée et sexy, et Eva était idéale pour ce rôle. Quelques mois plus tard, elle a été élue « la femme la plus sexy de la planète », et la production m’a appelé pour me féliciter d’avoir insisté. Nous sommes tous très fiers d’avoir travaillé avec elle.

Bien que vous ayez demandé à vos acteurs de « lâcher le cochon », il semble qu’ils aient eu la belle vie pendant le tournage, les journées de travail se terminant parfois à midi ou en début d’après-midi.

Je suis un réalisateur qui ne filme que ce dont il a besoin, rien de plus. Je ne fais pas de plans supplémentaires, ce qui est un peu déstabilisant pour mes collaborateurs. Parfois je ne fais qu’une seule mise en place par scène, et seulement une ou deux prises. était lui aussi un peu surpris, il est même venu me voir pour me dire : « Toi, tu sais vraiment ce que tu fais. » Quant aux producteurs, ils étaient très contents parce que j’ai terminé le film dans les temps et sans dépasser le budget.

Tourner peu d’images peut cependant poser des problèmes au moment du montage...

Oui, c’est pour cela qu’il faut absolument savoir ce que vous faites. En général, je développe les scènes sur le plateau avec les acteurs. Ensuite, je choisis les axes caméra, et après nous répétons intensivement. Parfois je préfère filmer sans faire de répétitions parce que cela donne aux acteurs plus de spontanéité et de fraîcheur.

Le fait que vous exploriez de nouveaux genres comme le film noir à ce stade de votre carrière est-il un hasard ?

Je ne me suis jamais cantonné à un seul genre et j’explore toujours de nouveaux chemins. Je ne reste jamais inactif. Depuis que je suis aux États-Unis, j’ai trouvé de nouveaux partenaires de production, de nouvelles façons de distribuer mes films et de nouveaux sujets comme Grizzly Man ou Encounters At The End Of The World qui ont tous été pour moi très revigorants. Durant les onze derniers mois, j’ai fait trois films. Après Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans, j’ai mis en scène Parsifal de Richard Wagner à Valence avec le chef d’orchestre Lorin Maazel. Ensuite, je suis allé dans le sud de l’Éthiopie, une région sauvage où il n’y a pas d’électricité mais où tous les gamins de six ans ont une Kalashnikov, pour y tourner un court métrage, « La Bohème ». Après cela, j’ai fait un autre film produit par David Lynch, My Son, My Son, What Have Ye Done ? qui raconte aussi une histoire très sombre. J’ai aussi travaillé sur la traduction anglaise de mon livre, « Conquest of the Useless ». Je viens juste de revenir d’Inde où j’ai enregistré l’histoire d’un Américain qui vit dans un petit village au nord de Bangalore. J’ai écouté son incroyable saga familiale pendant cinq jours et quatre nuits. Je suis toujours en mouvement, constamment à la recherche de choses nouvelles, même si finalement, rien n’est jamais complètement nouveau. Je pense qu’en regardant Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléansles gens verront tout de suite que c’est un film de .

Vous avez quitté l’Allemagne pour la Californie, où vous vivez depuis quatorze ans. Est-ce que cela a changé votre sensibilité et vos goûts artistiques ?

Au fond de mon cœur, je reste bavarois. C’est très excitant de vivre à Los Angeles, mais pas à Hollywood. Pour moi ce sont deux choses différentes. Je vis à Los Angeles pour être avec ma femme, mais je suis aussi très heureux d’être ici parce que c’est un endroit très productif. Pour moi, c’est la ville la plus riche des Etats-Unis sur le plan culturel. Au-delà du faste et du glamour hollywoodien, c’est un endroit important et très exaltant. D’un autre côté, je passe la plupart de mon temps sur les plateaux de tournage.

Vous avez été mordu par un iguane pendant le tournage, et vous êtes resté stoïque quand on vous a tiré dessus avec une carabine à air comprimé durant une interview. Y a-t-il quelque chose qui vous fasse peur ?

Non, le mot « peur » ne figure pas dans mon dictionnaire. C’était très excitant de se faire tirer dessus sans succès. La balle était insignifiante et je voulais continuer l’interview même si je saignais. Malheureusement, le caméraman avait pris la fuite et le preneur de son s’était jeté au sol et mis à couvert. En fait, on m’avait déjà tiré dessus bien plus sérieusement auparavant.

Mais vous n’avez jamais été touché ?

Non. Une fois, on m’a tiré dessus alors que j’étais au beau milieu d’une rivière, le Rio Coco, qui se trouve entre le Honduras et le Nicaragua, avec un groupe de guérilleros, des indiens Miskito. Nous avions observé l’autre rive pendant un jour et demi. Nous pensions qu’il n’y avait personne dans la jungle de l’autre côté mais quand nous avons traversé la rivière, ils ont ouvert le feu avec un ou deux fusils d’assaut qui tiraient comme des mitrailleuses. Nous étions des cibles faciles sur la rivière, et je voyais les impacts de balles tout autour de moi. C’était assez désagréable.

En quoi était-ce comparable aux célèbres altercations que vous avez eues avec Klaus Kinski, l’interprète principal de plusieurs de vos films dont Aguirre : La Colère De Dieu et Fitzcarraldo ?

L’Histoire est jalonnée de grandes batailles, mais tout le monde les a oubliées. La seule chose qui compte c’est ce qui reste à l’écran, et ce qu’a fait Klaus devant les caméras était d’une intensité incomparable. Tout le monde se moque de savoir à quel point Marlon Brando a été insupportable pendant le tournage de Sur Les Quais. Les acteurs savent que je vais les emmener en terrain inconnu, ils savent dans quoi ils s’embarquent en signant. Et Kinski le savait lui aussi.

Maintenant que vous êtes devenu une icône pour une nouvelle génération d’acteurs, ne pensez-vous pas que vous devriez assumer ce statut et arrêter de vous réinventer sans cesse ?

Bien sûr que non ! Est-ce que vous me voyez faire Aguirre : La Colère De Dieu encore et encore depuis toutes ces années ? Cette année je suis allé au Festival du Film de Venise avec quatre films : Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans, le court métrage « La Bohème », My Son, My Son, What Have Ye Done, et je suis le narrateur de Plastic Bag, un film de Ramin Bahrani, un jeune réalisateur américain. Je travaille toujours autant, j’aime ça et j’adore ce que je fais.

Notes de production de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Fort d’une sensibilité à fleur de peau et d’un style qui a fait sa marque, , le réalisateur culte, réinvente le classique réalisé par Abel Ferrara en 1992 avec Harvey Keitel dans le rôle-titre. Dans cette version, c’est , au sommet de son art, qui incarne le personnage principal.

Entretien avec Nicolas Cage, interprète dans Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Qu’est-ce qui vous a attiré dans Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans ?
C’était un projet audacieux, et j’avais envie de relever le défi. Je suis arrivé à un stade où j’ai besoin de trouver de nouveaux projets intéressants qui entretiennent ma passion pour le métier d’acteur. Je connais Harvey Keitel, je l’ai trouvé excellent dans le premier Bad Lieutenant et Abel Ferrara avait réalisé un grand film, mais l’histoire s’inscrivait dans une logique très judéo-chrétienne.

Entretien avec Eva Mendès, interprète dans Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Pourquoi avez-vous accepté de travailler avec Werner Herzog ?
Quand il m’a demandé si je voulais jouer ce rôle, j’ai pensé sans la moindre hésitation : Bien sûr que je vais travailler avec toi ! » Fitzcarraldo et Aguirre : La colère de dieu sont pour moi de véritables chefs-d’œuvre et ses documentaires sont absolument fantastiques.

Entretien avec Edward R. Pressman, producteur de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Comment vous est venue l’idée de faire un remake de Bas Lieutenant ?
J’avais envie de revisiter cette histoire depuis longtemps. Je suis très fier du film d’Abel Ferrara, dont j’étais producteur : j’ai toujours pensé que c’était une étude de personnage passionnante qui pouvait être poussée encore plus loin. L’approche de William M. Finkelstein nous a donné un personnage solide et attachant, un personnage qui fait honneur au film original et qui peut plaire à un large public.

Entretien avec Peter Zeitlinger, chef opérateur de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Depuis douze ans, vous avez tourné de nombreux films avec Werner Herzog. Comment s’est passé le tournage de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans?
C’était le premier film que Werner tournait dans une grande ville américaine, cela a donc été une expérience nouvelle. C’était aussi la première fois que nous travaillions avec un équipement aussi sophistiqué. J’ai l’habitude de travailler avec de grandes équipes, contrairement à Werner, et cela a représenté plusieurs défis pour nous deux.

Entretien avec Toby Corbett, décorateur de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans1 étoile

Comment était-ce de créer des décors pour Werner Herzog ?
Werner Herzog a été à mes débuts une de mes influences majeures. Pour moi son approche est celle d’un documentariste, par opposition à mon expérience et mon travail qui est plus porté sur la narration. Ses univers découlent de la réalité qu’il crée, et mon travail était, à travers les décors, de l’aider à définir les personnages et les différents endroits du film.

Sur le tournage de Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans

Le 3 Juillet 2008 - Val Kilmer et Xzibit sont des vilains garçons
Val Kilmer et le rappeur Xzibit rejoignent Nicolas Cage à l’affiche de The Bad Lieutenant, le pas-remake du film d’Abel Ferrara Bad Lieutenant.
Décidément, l’ancien interprète de Batman enchaîne les projets. Après The Silver Cord dont on vous annonçait le tournage hier, il vient de signer pour le drame policier de Werner Herzog. Il jouera le coéquipier de Nicolas Cage. Pour Xzibit, The Bad Lieutenant s’ajoute à une filmographie qui s’agrandit de jour en jour. Il sera le grand méchant du film de Herzog.