Notes de Prod. : Ballistic

    en DVD le 10 Février 2005

NOTES DE PRODUCTION

Retour aux origines...

BALLISTIC est né de la fascination du scénariste Alan Mcelroy pour "la part de mystère et de non-dit que recèle l'information officielle. À tort ou à raison, nous sommes nombreux à soupçonner derrière certains faits-divers la marque de réseaux d'espionnage se livrant à travers le monde une lutte féroce, à grand renfort d'opérations clandestines et de coups tordus."

Le scénariste choisit de focaliser son histoire sur la Defense Intelligence Agency (DIA), une officine ultra-secrète, créée en 1961. Regroupant sur la scène internationale quelque 7000 agents civils et militaires, cette unité de combat du Département de la Défense joue un rôle important dans les activités de renseignement et de contre-espionnage américaines. "Mais", fait malicieusement observer McElroy, "qui en a jamais entendu parler?".
Le réalisateur Kaos en ignorait lui-même l'existence avant BALLISTIC, mais jugea que l'anonymat de cette organisation constituait un atout supplémentaire pour le film. "À vrai dire, je ne sais toujours pas ce que ses agents sont censés faire dans la vie! Ceux du film suivent en tout cas très fidèlement le script. J'espère seulement que leurs homologues sont moins méchants, car j'aurais peur de les voir débarquer un jour chez moi."

L'équipe...

Chris Lee, producteur du premier long métrage 100% infographique, FINAL FANTASY, a présidé durant plusieurs années le service Production de Columbia/TriStar. Durant cette période, le studio sortit pas moins de trois films prestigieux couronnés à l'Oscar : PHILADELPHIA, JERRY MAGUIRE et POUR LE PIRE ET POUR LE MEILLEUR.

Devenu freelance sous la bannière des Productions Chris Lee, son attention fut rapidement attirée par le scénario de BALLISTIC. Lee espérait travailler avec Kaos, jeune réalisateur thaïlandais dont le premier film, FHA, reste l'un des dix grands succès locaux des dernières années, et jugea que BALLISTIC serait le projet idéal.

"FHA est un film remarquable à bien des égards", explique Chris Lee. "Il n'a coûté que 500 000 dollars et a été réalisé pour 50 millions. Sa qualité technique, ses cascades sont remarquables. Kaos sait manifestement se servir d'une caméra et raconter une histoire. Il a tiré le maximum de chaque scène."

Kaos (de son vrai nom : Wych Kaosayananda) cherchait pour ses débuts aux États-Unis un film d'action dense et très rythmé, et trouva son bonheur dans BALLISTIC. Lee et lui apportèrent encore quelques modifications au script avant de le proposer à Franchise Pictures, où il fut reçu avec enthousiasme par les producteurs Elie Samaha et Andrew Stevens (BRAQUAGES de David Mamet, THE PLEDGE de Sean Penn, MON VOISIN LE TUEUR de Jonathan Lynn, etc.).
Kaos, pendant ce temps, avait déjà commencé à explorer "mentalement" le riche potentiel du script et la stratégie qui lui permettrait "de tirer le maximum de ses personnages puissamment dessinés et de ses incroyables scènes d'action". Cinéphile de longue date et fan du cinéma d'action, le réalisateur cite parmi ses sources d'inspiration les grands films policiers américains des années soixante-dix et leur savant dosage d'action et d'effets spéciaux.

Action !

Kaos et Lee accordent beaucoup d’importance au style et à l’ambiance du film qui renforcent le mystère autour des personnages et il était impératif pour eux de choisir des acteurs qui traduisent leurs émotions sans avoir recours à la parole. Kaos opta pour une action à la fois réaliste et spectaculaire. Les effets spéciaux et les cascades seraient réalisés en "live", en durée réelle, sans fond vert ni infographie, ni "amélioration" en postproduction.
Chris Lee approuve totalement cette démarche : "Les films high-tech à effets stylisés ont bien évidemment leur place, mais c'est un tout autre look que nous visions ici. Nous voulions raconter cette histoire à la façon des années soixante-dix, sans faire joujou avec la caméra ni recourir systématiquement à un montage ultra-serré."

"Nous avons pris pour modèle le style des romans graphiques" complète Kaos. "À l'encontre des comics, où l'imagination se donne libre cours, les romans graphiques se réclament d'un certain réalisme. C'est dans cet esprit que nous avons traité nos scènes d'action – sans maquettes et avec un strict minimum de fonds verts. Le tournage en super-35, qui donne de l'ampleur à l'image, nous a permis d'inscrire les personnages dans des décors ouverts, en disposant d'un champ bien éclairé et net du premier plan à l'arrière-plan. Le spectateur a ainsi une vue globale de l'action et plonge immédiatement au cœur de celle-ci."

Le décor idéal...

À Vancouver, Kaos trouva à la fois l'espace, les décors et l'atmosphère qu'il souhaitait. "La ville fait partie intégrante du film", explique Chris Lee. "La plupart des équipes de cinéma viennent y chercher des répliques d'autres métropoles nord-américaines et s'imposent par là même des champs très étroits. Nous avons fait exactement l'inverse : nous avons ouvert le cadre et permis au public d'apprécier pleinement la beauté et la diversité de Vancouver, ville habituellement plus sereine que dans ce film!"

L'équipe travailla notamment dans la Bibliothèque Publique, où Sever décime plusieurs dizaines d'agents de la DIA lancés à ses trousses. "La ville a été on ne peut plus généreuse avec nous", souligne Lee, "en nous réservant une section entière de cette bibliothèque pendant plus d'une semaine."
La municipalité boucla en outre plusieurs rues pour le spectaculaire crash du bus, tourné sur Pacific Boulevard à hauteur de la B. C. Place. Le tournage put aussi profiter de lieux comme l'Aquarium de Vancouver, le Brockton Oval de Stanley Park, les terrasses du grand magasin Woodward's et la gare de Vancouver Nord.
La plupart de ces décors furent utilisés "en l'état", sauf rares exceptions. Le chef décorateur dut notamment créer l'essentiel du décor de gare à l'intérieur du B. C. Rail Yard existant. L'équipe y mit en place de nouvelles voies et fabriqua des répliques grandeur nature des voitures de marchandises de la B. C. Railway en plaques d'acier léger et d'aluminium assemblées à la colle.
"Bruce a conçu ces voitures pour des explosions spectaculaires mais sans danger", souligne Doug Higgins. "Contrairement à la tradition, nous n'avons pas filmé dans des décors semi-clos à deux ou trois pans, mais entre quatre murs, de manière à ce que les caméras puissent faire le tour des voitures."