Notes de Prod. : Bangkok Dangerous

A Propos Du Film

En 2005, pendant la préparation des Les Messagers, le premier film en langue anglaise des frères Danny et Oxide Pang, leurs producteurs américains, William Sherak et Jason Shuman, prirent le temps de visionner la filmographie complète du duo de cinéastes asiatiques. Un film en particulier attira leur attention : le polar culte Bangkok Dangerous, un thriller sombre mettant en scène un tueur sourd-muet et son apprenti. A sa sortie en 1999, le film avait été remarqué par la critique du monde entier au gré des festivals où il était montré, jusqu’à remporter le Prix de la Critique (FIPRESCI) à Toronto en l’an 2000.

Selon Sherak, son partenaire et lui-même eurent instantanément la conviction que cette histoire pouvait servir de base à un remake anglo-saxon. “On est devenu de vrais fans du Bangkok Dangerous original. Une fois amis avec les frères Pang, Jason et moi leur avons fait part de notre conviction qu’il y avait là matière à un excellent film américain.” De leur côté, les frères Pang n’étaient pas insensibles à cette idée. Les deux jumeaux nés à Hong Kong se sont fait connaître en tournant plusieurs films cultes, dont le terrifiant THE EYE, un thriller fantastique dont Tom Cruise vient justement de produire le remake avec Jessica Alba.

Dans le cas de Bangkok Dangerous, les deux cinéastes étaient attirés par la perspective unique de recréer eux-mêmes leur propre film. “On nous offrait la possibilité d’actualiser nous-mêmes notre concept,” commente Oxide Pang. “Nous devions reprendre notre idée et l’affiner dans le but de la présenter à un public nettement plus important.” Pour s’atteler au travail d’adaptation, Sherak et Shuman firent appel à Jason Richman, jeune scénariste de la comédie d’action Bad Company, avec Chris Rock et Anthony Hopkins. En plus de moderniser l’intrigue, les producteurs tenaient à ce que Richman soit en mesure de capter au plus près la réalité de la culture Thaï. Ils s’envola donc pour Bangkok afin de s’en imprégner directement. “On est allé en Thaïlande faire nos recherches,” se souvient Richman. “Une fois sur place, le script m’est venu facilement, beaucoup plus vite que d’habitude. La possibilité de rencontrer des gens du cru et de découvrir la ville plus en profondeur que si je m’en étais tenu au circuit touristique classique m’a donné l’inspiration dont j’avais besoin. “Sans ce temps passé sur place, je n’aurais pas été capable de cerner le charme de la population et de la culture locales. Et je n’aurais pas eu l’idée de jouer sur le contraste entre la nature paisible des lieux et les agissements d’un tueur professionnel.” Les producteurs étaient ravis.“C’est une histoire très simple, très bien menée,” explique Sherak. “De nos jours, on voit des films aux intrigues tellement tarabiscotées qu’on en perd de vue la caractérisation des personnages.

Le travail de Jason a consisté à rendre l’intrigue agréable à suivre, de façon à ce que le public puisse se concentrer sur les personnages, du début à la fin du film.” Le processus de développement se déroula sans accrocs, à la grande surprise des frères Pang. “J’avais entendu dire qu’à Hollywood, bien souvent, plusieurs scénaristes se succèdent sur un seul et même projet,” raconte Danny. “Jason a conduit celui-ci du premier draft jusqu’au scénario clef en main que nous avons fini par tourner.” Dès le début, Richman, Sherak et Shuman étaient convaincus qu’un acteur et un seul s’imposait pour le rôlede Joe. “On avait Nicolas Cage à l’esprit dès l’écriture,” dit Sherak. “Comme le personnage n’a pas beaucoup de scènes de dialogues, il nous fallait un acteur capable d’exprimer ses émotions par sa force intérieure et sa simple présence. Et ça, Nic sait le faire comme personne.” Cage avait déjà eu l’occasion de tourner avec un réalisateur de Hong Kong, dans Volte Face et Windtalkers, Les Messagers Du Vent de John Woo. Grand amateur de cinéma asiatique, il connaissait le travail des frères Pang en général, et était fan de Bangkok Dangerous en particulier. “J’appréciais en particulier son style visuel et son rythme très original. Quand j’ai lu le nouveau script, j’ai d’abord été séduit par la relation entre mon personnage et son assistant. Une relation de maître à élève qui se transforme en amitié. Il est toujours intéressant de voir des gens de différentes cultures coopérer, coexister et finir par s’entendre.” Le producteur Norm Golightly, président de la compagnie de Cage, Saturn Films, ajoute : “Le principe était de plonger une star hollywoodienne dans l’univers visuel du cinéma asiatique. Pour Nic et moi, c’était très excitant de se retrouver sur leur terrain, de travailler à leur manière, de tout faire selon leurs habitudes.” Bien évidemment, la signature d’une vedette du calibre de Cage changea la nature du projet. Dans la version originale, Joe était sourd-muet, une infirmité qui l’isolait de son environnement. “Dans de nombreux de films, les tueurs perdent leur temps à parler,” explique Oxide. “Alors que, dans la réalité, on peut imaginer qu’un tueur consacre l’essentiel de son attention à sa cible. L’idée du tueur sourd-muet nous est venue de là.”

Dans le nouveau film, le sentiment d’isolement du personnage ne provient pourtant pas d’un handicap physique mais de son inaptitude à communiquer en langue Thaï et de son manque de familiarité avec la culture locale. “On a considéré que le simple fait de débarquer à Bangkok sans parler la langue suffisait à créer la distance nécessaire entre Joe et son environnement. Le Thaï est une langue tellement difficile qu’on est vite aussi paumé que si on était sourd.” En hommage au film original, Richman décida néanmoins de créer un personnage sourd-muet – Fon, une jeune femme dont la connexion instantanée avec Joe souligne leur sentiment commun de solitude. “J’aime beaucoup le lien qui unit les deux personnages,” avoue le scénariste. “C’est une relation singulière, une histoire d’amour sincère que j’ai adoré écrire.” En une bonne douzaine de films, Oxide et Danny Pang ont développé une méthode de collaboration difficile à envisager pour des réalisateurs qui ne partageraient pas le même ADN. “C’est comme si on parvenait à fondre en un tout ce que chacun de nous est capable de faire,” décrit Oxide. “On travaille ensemble sur nos scénarios, puis sur les story-boards. A partir de là, on peut travailler séparément, parce qu'on sait l'un et l'autre exactement où on va,” ajoute Danny. “Un jour, je vais diriger une séquence, le lendemain, ce peut être Oxide. En dehors des grosses scènes, on travaille plutôt séparément.” Sherak s’étonne de ce que les deux frères semblent communiquer, même quand ils ne sont pas ensemble sur le plateau. “Toute l’équipe a été sidérée par la connexion entre Danny et Oxide. “Tu peux commencer une conversation avec l’un le lundi et la finir avec l’autre le mardi, sans sentir la moindre différence. Ça fait un peu bizarre, mais ça simplifie aussi grandement la vie, parce qu’ils peuvent venir sur le plateau alternativement tout en allant toujours dans le même sens.” Le chef décorateur James Newport a eu la même sensation. “Si tu ne trouves pas Oxide et que tu t’adresses à Danny, il sait exactement de quoi il est question, même si tu n’en as jamais parlé avec lui auparavant.” Les frères Pang étaient très excités de travailler avec Nicolas Cage, une de leurs “idoles” selon Danny. “J’aime son travail depuis Birdyde Alan Parker. Peu de gens se souviennent de ce film, mais moi, c‘est là que je l’ai remarqué.” Oxide ajoute que Cage est très facile à diriger. “On pouvait changer des éléments de l’intrigue en cours de route, il était toujours prêt à nous suivre,” dit-il. “Notre anglais n’est pas terrible, mais il prenait le temps de nous comprendre. On n’a jamais eu le sentiment de devoir gérer une ‘superstar.’

“Nic Cage, c’est Nic Cage,” dit Sherak. “Il donne littéralement vie à son personnage. Il peut exprimer toutes les nuances de l’intrigue par la seule richesse de ses expressions. Il joue face à une sourde-muette, l’essentiel doit donc passer par son visage. Il a rendu cela possible au-delà de toute espérance.” Cage raconte volontiers que les contradictions et la complexité de son personnage le fascinaient. “Joe vient d’un milieu militaire, mais c’est un assassin à louer, un mercenaire. Des problèmes familiaux l’ont perturbé toute sa vie. Il est malfaisant, c’est sûr, mais il essaie de s’en sortir. Il cherche à échapper à la violence et à ses démons à cause de cette fille et peut-être aussi à cause de la Thaïlande elle-même. Il est attiré par une vie paisible mais c’est là que le bât blesse, parce que ce n’est pas dans sa nature. Ce qui lui est arrivé pendant son enfance ne l’y autorise pas.” Cage ne tarit pas d’éloges sur Charlie Young, l’actrice qui joue sa compagne, Fon. “L’alchimie avec elle était merveilleuse. C’est une femme formidable, douce, pleine d’empathie, et c’est une actrice remarquable,” dit Cage. “A l’écran, cela donne quelque chose de très fort. Les histoires d’amour mixtes restent une exception au cinéma.” Pour les besoins du rôle, Young a appris le langage des signes avec l’aide de Katitha Rattanasin de l’association nationale des sourds. “Elle apprend vite et fait preuve d’une grande détermination, raconte Rattanasin. “Charlie enregistrait nos leçons de façon à pouvoir étudier de son côté et communiquer avec des sourds dans la vie de tous les jours.” En plus du langage des signes, Young devait également apprendre une danse thaï traditionnelle. Pour le reste, elle décida de ne pas pousser trop loin la préparation. “Parfois, le feeling immédiat est plus important. Je voulais que Fon soit la moins affectée possible, qu’elle soit très naturelle.” A l’inverse, Shahkrit Yamnarm, qui joue Kong, s’est immergé dans le scénario pour développer son personnage d’apprenti tueur. “J’ai bossé comme un fou sur ce script. Je l’ai lu en long en large et en travers, pour m’en imprégner et connaître Kong jusqu’à ne faire qu’un avec lui.” Yamnarm décrit Kong comme un gosse des rues, un débrouillard qui vend des montres de camelote aux touristes. “Il fait ça très bien, mais je ne crois pas qu’il soit si malin que ça. Ce n’est pas vraiment un assassin. Il ne tue personne lui-même, mais il apprend beaucoup aux côtés de Joe. Il y a beaucoup d’émotion et de compréhension entre ces deux types isolés du monde qui les entoure.” En remplissant sa mission d’émissaire secret pour Joe, Kong tombe amoureux de Aom, une belle “coyote girl” qui se produit dans un club des quartiers chauds de Bangkok. La star de la télé Panward Hemmanee fait sa première apparition sur grand écran dans le rôle de Aom, qui sert aussi de messagère entre Joe et son employeur. “J’ai auditionné face à beaucoup d’autres actrices,” se souvient-elle. “On devait faire une scène de danse, c’était un peu gênant, mais je n’avais pas le choix. Pareil pendant le tournage, j’avais peur que toutes les autres ‘coyote girls’ soient cent fois plus sexy que moi. Je me demandais tout le temps ce que je pouvais trouver pour me mesurer à elles !” Nirattisai Kaljareuk, un acteur-réalisateur thaï réputé,joue le gangster Surat qui engage Joe pour abattre ses ennemis. “J’ai regardé tous les films de mafia imaginables. Surat est l’opposé de ce que je suis dans la vie. C’est très marrant d’être maléfique à ce point.”

Mais le personnage le plus intrigant du film est sans doute la Thaïlande elle-même. Ainsi que le résume le producteur William Sherak : “Dans notre film, Bangkok n’est pas un simple lieu de tournage. La ville et ses habitants transforment notre personnage d’assassin en profondeur, en lui donnant l’envie de renoncer à tuer. La culture locale l’éloigne de la violence et de ses préjugés.Il découvre ce qui nous a tous frappés à notre arrivée à Bangkok la première fois : cet endroit est magique.” Nicolas Cage raconte avoir ressenti cette magie à sa descente de l’avion. “J’ai respiré l’air et je me suis senti instantanément sous son emprise. On y ressent beaucoup d’énergie et de liberté. N’est-ce pas d’ailleurs ce que ‘Thaï’ veut dire, ‘libre’ ?” Les frères Pang ont tenté de représenter la Thaïlande moderne de la façon la plus juste possible, sans chercher à la magnifier. “Un réalisateur étranger imagine parfois un pays d’une certaine façon en y plaquant ses propres idées. Là, c’était différent, il s’agissait de tourner en Thaïlande et de capter la culture locale et sa vie spirituelle.” Les cinéastes ont intégré plusieurs symboles thaï traditionnels, qui ont une portée spéciale auprès d’une population essentiellement bouddhiste. Cage eut ainsi à partager une séquence avec un jeune pachyderme. “Cette scène m’a beaucoup touché,” raconte l’acteur. “C’était un bébé éléphant, très mignon. On aurait dit qu’il souriait quand je le nourrissais.” En tout, le film a été tourné à 47 endroits différents de Bangkok et des provinces alentour, le district de la Lumière rouge, des parcs, des bidonvilles, des centres d’affaires, les rives du fleuve Chao Phraya et des suites d’hôtels de luxe. En charge des lieux de tournage, Andrew Perry précise qu’en 10 ans passés à travailler à Bangkok, c’est le premier film qu’il voit tourné intégralement sur place.“Les bouchons et les petites ruelles posent pas mal de problèmes aux grosses productions,” dit-il. “Un des lieux que les réalisateurs m’avaient spécifiquement demandé est le Temple Kao Luang à Petchburi, à deux heures au sud de Bangkok,” dit Perry. “L’endroit se trouve au fond d’une grotte remplie de statues de Bouddha. Les rayons du soleil l’éclairent depuis une ouverture au sommet de la montagne. C’est un endroit magnifique.” Le tournage fut interrompu brièvement par un événement que personne n’aurait pu anticiper. A mi-film, le premier ministre thaïlandais futrenversé par un coup d’Etat militaire, le Parlement, dissout et la Constitution, temporairement suspendue. Fort heureusement, aucun coup de feu ne fut échangé. “Les chaînes de télé ont cessé d’émettre et le tournage a dû stopper pendant une soirée, se souvient le producteur Norm Golightly. “J’ai vu des tanks dans les rues et j’ai eu le sentiment de survivre à un petit moment d’Histoire. Parlez d’imprévu... Je n’avais jamais rien vécu de tel au cours de ma carrière dans le cinéma.”

Pour James Newport, le chef décorateur, Bangkok Dangerous est une ode passionnée à la capitale et à la culture thaïlandaise. “La Thaïlande est mon second pays, et j’ai toujours rêvé de montrer la Bangkok contemporaine dans un film. C’est une ville très excitante visuellement et la porter à l’écran était l’un des grands atouts de ce projet,” dit-il. A la recherche d’une retraite pour son protagoniste, Newport y vit l’opportunité de montrer comment modernité et tradition se mélangent dans la Thaïlande d’aujourd’hui. “L’employeur de Joe a mis à sa disposition une maison hors de la ville, dans un coin très isolé,” dit-il. “Il s’agissait pour nous de combiner le style des nouvelles constructions qu’on peut trouver à Bangkok et des architectures plus traditionnelles.” Une des meilleures scènes du film est aussi l’une des plus picturales, située dans un décor qu’on ne pourrait trouver qu’en Thaïlande, le marché flottant de Damnoen Saduak. Au cours d’une séquence très complexe, Joe poursuit l’une de ses cibles à travers les canaux. “Cette scène seule nous a pris une bonne semaine,” raconte Danny Pang. Le marché attire une masse incroyable de gens, ce qui rend le tournage sur place encore plus difficile. Heureusement, les commerçants et les riverains nous ont accueillis avec beaucoup de chaleur. “Il y a dans le film une poursuite en pirogue, du quasi jamais vu, et une scène où Nic poursuit un de ces bateaux à moto. Comme on le fait souvent, on s’est partagé le boulot : j’ai tourné la scène en bateau, et Oxide s’est chargé de la séquence de moto.” “Le marché sur l’eau est un endroit fabuleux pour une scène d’action,” dit Sherak. “Le public occidental n’a pas l’habitude de voir des trucs pareils, surtout que nous n’avons construit aucun décor. Il y a vraiment des gens sur place avec leurs chariots de provisions et leurs petits bateaux. Ils vivent comme cela au quotidien.” La forteresse du vilain Surat dévoile une autre facette de la Thaïlande. “Dans la réalité, c’est une tannerie, note Sherak. L’odeur était terrible, mais on aimait le contraste entre l’enceinte délabrée et le bureau de Surat qui la surplombe, propre comme un sou neuf. Une bonne expression de la façon dont il se considère par rapport à ceux qui travaillent pour lui.” Golightly demeure très impressionné par les infrastructures du pays pour le cinéma. “La Thaïlande ne manque de rien en terme de production cinéma. Les lieux de tournage sont sans égal, et les équipes sont d’une efficacité et d’un talent à toute épreuve.”

Pour décrire ce nouveau Bangkok Dangerous, Oxide Pang le compare au Tom Yum Goong. “C’est un plat traditionnel thaï, explique-t-il. Il est très épicé, ce qui fait peur à certaines personnes tout en attirant leur curiosité. La première fois que tu le gouttes, tu as une certaine appréhension, parce que tu ne sais pas à quoi t’attendre. Mais peu à peu se révèle la richesse de ses épices et de ses saveurs aigres douces, à l’image de notre film.” Son frère Danny ajoute : “Les réactions du public sont imprévisibles, nous le savons bien. Mais je crois qu’après avoir vu le film, les gens se rendront compte qu’il est encore supérieur au premier.” Tout en sachant que Joe n’est pas un personnage exemplaire, Nicolas Cage est convaincu que sa quête de Rédemption touchera les spectateurs. “Les gens changent,” note-t-il. “Certaines personnes ne croient pas au changement, mais ce n’est pas ma philosophie. Je suis convaincu qu’on peut être éveillé par un professeur, ou par une expérience romantique. Ou simplement en descendant d’un avion, en respirant l’air qui nous entoure...”

Notes de tournage...

Le 7 Juin 2006 - Nicolas Cage sera un tueur à gages dans le remake d’un film thaïlandais

Après avoir été l'un des plus gros vendeurs d'armes clandestins du monde dans Lord Of War, Nicolas Cage jouera le rôle d’un tueur à gages dans le remake de Bangkok Dangerous.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 031 entrées
  • 1ère semaine IDF : 51 679 entrées
  • Cumul IDF : 99 199 entrées

  • 1ère semaine France : 173 148 entrées
  • Cumul France : 402 919 entrées