Notes de Prod. : Battle For Haditha

    en DVD le 05 Janvier 2010

Extraits d’une rencontre entre Nick Broomfield

Qu’est ce qui vous a donné envie de traiter ce sujet de la bataille d’Haditha dans le conflit irakien ?

J’étais à la recherche d’un événement qui allait me permettre de raconter ce conflit de manière objective pour chacun des camps, une journée à travers de trois groupes différents. Mon projet était que chaque partie puisse se raconter elle-même. J’avais l’impression que depuis 5 ans que ce conflit dure, le récit qu’on en a fait vient toujours d’observateurs vivant en zone sécurisée.

Avez-vous été tenté de monter des archives dans le film

A part pour le président Bush dont le visage est connu, nous avons tout reconstitué. Des archives montées au milieu d’images de fiction peuvent créer une vraie confusion chez le spectateur, pour moi il est important que le public sache ce qu’il regarde.

Quelles ont été les relations entre Marines et Irakiens dans le film ?

C’était intéressant parce que j’ai compris pendant le tournage que les Marines n’ont jamais eu de vraies relations avec les civils irakiens, et inversement les Irakiens n’ont pour image des soldats américains que ceux qui ont attaqué leurs familles. Ils ont eux-mêmes été étonnés de partager de l’affection.

Quelles seront les réactions aux Etats-Unis quand le film y sera montré ?

Je ne sais pas, en ce moment a lieu le procès contre des Marines incriminés, et beaucoup d’information sont dissimulées ou diminuées, par exemple tous les témoignages des Irakiens ont été discrédités. Même si le film fait ressortir l’humanité en chacun, je pense que ce sera un film difficile pour les américains : bien que l’opinion publique juge de plus en plus que c’est une guerre à laquelle les Etats-Unis n’auraient pas dû participé, il n’y a pas eu de réaction de s’élever contre elle, comme ce fut le cas pendant la guerre du Vietnam.

Faut-il voir dans les troubles du caporal Ramirez une évocation des nombreux suicides dans les rangs de l’armée américaine ?

Tout cela est complexe car les autorités américaines n’ont pas pris leurs responsabilités au regard de la pression sur les soldats, il n’y a pas de véritable engagement du gouvernement. Pour la guerre du Vietnam il y avait appel ; ici, c’est très différent, les gens engagés dans l’armée en Irak sont pauvres issus de groupes ethniques. Ils éprouvent ensuite de vraies difficultés pour revenir à la vie civile.

Il y a une utilisation de l’image du côté irakien, aussi. Les rebelles prennent au piège les américains avec ces images.

Ce qui s’est passé à Haditha s’est passé un peu partout en Irak. Tous les attentats sont filmés, et ensuite vendus sur les marchés, souvent à des enfants. C’est quelque chose de quotidien. La particularité, ici, c’est que dans un premier temps l’incident n’a pas été couvert par les médias, et que pourtant il y avait des images, qui ont surgi brutalement. Il y a des deux côtés une manipulation des images, mais ici c’était particulièrement flagrant. Elles ont permis à Haditha d’être à un moment fort dans le recrutement pour les insurgés.

Quelques Repères Chronologiques

Haditha est une ville carrefour située sur l’Euphrate, entre Bagdad (à 250 km) et la frontière syrienne. D’après une étude du Guardian, la ville est en Août 2005 entièrement contrôlée par la rébellion. Elle vit sous un régime proche de celui des talibans.
 

Box-office au 13 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 9 954 entrées
  • Cumul IDF : 13 508 entrées

  • 1ère semaine France : 14 072 entrées
  • Cumul France : 20 742 entrées