Notes de Prod. : Be Bad !

    en DVD le 04 Janvier 2011

Be Bad ! : Notes de production

Le roman de C.D. Payne, Youth In Revolt: The Journals of Nick Twisp, et ses suites, Revolting Youth: The Further Journals of Nick Twisp et Young and Revolting: The Continental Journals of Nick Twisp, ont acquis bon nombre d’adeptes dès la parution du premier volume en 1993. Ses lecteurs ont volontiers adhéré à cette expérience unique, et néanmoins familière, de l’adolescence vécue par le héros, Nick Twisp.
Le producteur David Permut était fan de cette icône de l’irrévérence adolescente et du monde insolite qu’elle habite. « Nick est un intellectuel et sa culture dépasse largement ce que son âge présuppose. C’est un extra-terrestre débarqué sur une planète inconnue, peuplée par sa mère, son père, son beau-père et le reste de cette clique de personnages éclectiques. Il est à la recherche de la clé qui va lui permettre d’échapper à son environnement. » Le scénariste partage l’enthousiasme du producteur pour les livres de Payne et leur héros. Il déclare : « Mes parents ont divorcé quand j’étais jeune, je me suis donc immédiatement identifié à Nick, qui passe sans arrêt d’un foyer à l’autre. J’aime aussi cette structure narrative simple qui s’apparente à une odyssée : un garçon rencontre une fille en vacances et passe le reste de l’histoire à essayer de la reconquérir. »

Le scénario a reçu l’approbation de l’écrivain. « Le livre est si long qu’il a fallu le réduire assez radicalement », explique Payne. « Cette une étape un peu douloureuse pour l’auteur, mais j’estime qu’ils ont su rester fidèles à l’essence du livre et des personnages. »
Permut a envoyé le scénario à Miguel Arteta. Le producteur cherchait à collaborer avec Arteta depuis son premier film. « David me suit depuis Star Maps. Il m’a convoqué en 1997 et m’a dit : « Je veux travailler avec toi. » Depuis 11 ans, il cherche des projets sur lesquels nous pourrions collaborer. » L’attente s’est avérée fructueuse pour les deux hommes.
Le format du livre et du scénario présentait des défis inhabituels pour le réalisateur et les acteurs. « C’est un roman picaresque, » explique Arteta, « une série d’aventures avec de nouveaux personnages qui apparaissent toutes les 10 minutes, ce qui n’est pas évident à transposer au cinéma. Nous avions besoin de comédiens capables d’exceller en dépit de ces contraintes. » Les souhaits d’Arteta furent exaucés grâce à une distribution qui réunit Michael Cera et Portia Doubleday dans les deux rôles principaux, mais aussi Jean Smart, Steve Buscemi, Mary Kay Place, M. Emmet Walsh, Zach Galifianakis, Fred Willard, Ray Liotta, Justin Long, Ari Graynor et Jonathan B. Wright. « Nous avons été servis par des acteurs exceptionnels, capables de servir le propos du film, » se réjouit le réalisateur.
Michael Cera fut le premier à rejoindre l’aventure. Fan inconditionnel de Payne, le jeune comédien rêvait depuis longtemps d’incarner Nick Twisp. Il s’est engagé dans ce projet dès le début, bien avant la sortie en salles des deux films qui lui ont apporté une renommée internationale : Supergrave (2007) de Greg Mottola et Juno (2007) de Jason Reitman. « Michael est un grand fan du livre » explique Arteta. « C’est, selon lui, un des rares ouvrages de ce type à ne pas être condescendant envers les adolescents. » À Cera d’ajouter, à propos du roman et de son caractère universel : « J’avais l’âge du héros quand je l’ai lu et ça m’a beaucoup parlé. Tous ceux qui ont un jour été adolescents peuvent s’identifier à Nick. Et plus particulièrement, ceux qui ont vécu une histoire d’amour qui leur a un peu fait perdre la tête. »
Michael Cera explique le mal-être de son personnage : « Nick n’a pas une vie de famille très plaisante. Ses parents sont divorcés. Le nouveau copain de sa mère est un imbécile et sa vie fait du sur-place. Il rencontre cette fille qui chamboule son univers et il ressent le besoin de s’accrocher à elle. »

Il s’est par ailleurs délecté en jouant l’alter ego de Nick, François. « Incarner la rébellion du personnage par le biais d’une version française de lui-même est une idée formidable, » commente Arteta. « La chef costumière, Nancy Steiner, et la chef maquilleuse, Roz Music, ont fait un travail extraordinaire. Elles, Michael et moi, nous accordions à penser qu’il ne fallait pas trop en faire. Michael a eu la très bonne idée de ne pas trop forcer son accent et a ainsi évité tous les clichés. Pour sa coiffure, nous avons regardé des films de la Nouvelle Vague. Roz a suggéré de lui ajouter une petite moustache pour lui donner l’air fatigué et Nancy a pensé au pantalon blanc moulant et à la chemise bleue. » L’objet évasif du désir naissant de Nick, Sheeni Saunders, est jouée par une nouvelle venue, Portia Doubleday. « Je pense que Sheeni est attirée par Nick parce qu’il lui ressemble, il la comprend et parle le même langage qu’elle » explique la comédienne novice. « Quand il s’approche d’elle et qu’elle réalise qu’il est capable d’avoir une conversation avec elle, elle est quelque peu décontenancée. »
Cera lui-même a pu s’identifier à la complexe et mystérieuse Sheeni : « C’est impossible de savoir ce qu’elle pense ou ce qu’elle ressent véritablement. Elle est très énigmatique. Et c’est ce que j’aime chez elle. Elle est parfaitement décrite dans le livre et j’ai ainsi pu réellement partager son malaise. » Mary Kay Place, qui joue la mère de Sheeni, estime que la jeune comédienne incarne son personnage à la perfection grâce à la délicatesse qu’elle lui apporte : « Elle respire la pureté et l’innocence, tout en donnant l’impression d’avoir déjà vécu. C’est un mélange fascinant et son personnage, qui pourrait facilement paraître un peu trop manipulateur ou sournois, en bénéficie. La pureté intrinsèque de Portia crée un parfait équilibre. »

Michael Cera était fan de Jean Smart et suggéra son nom pour interpréter la mère de Nick, Estelle Twisp. De son côté, Smart a estimé que BE BAD ! réunissait tous les éléments nécessaires à une expérience créative unique : « Parfois, on choisit de faire un film pour le personnage qu’on incarne. Parfois, on se dit : « Le rôle est potable, mais j’ai tellement envie de travailler avec ce réalisateur. » Parfois encore, on pense : « C’est un projet à peu près décent, mais je veux vraiment jouer avec ce comédien. » Une bonne distribution ne peut que devenir meilleure à mesure qu’elle s’étoffe. Plus il y a de bons comédiens, plus le projet en attire. Pour ce film, tous les atouts étaient réunis. » « Je pense qu’Estelle aime son fils, même si ça n’est pas très évident, » déclare Jean Smart. « Malheureusement, le plus important pour elle, est d’avoir un homme à ses côtés pour s’occuper d’elle. C’est une mère divorcée qui n’arrive pas à vivre seule. Le fait d’avoir un fils ado ne facilite pas la tâche. » Steve Buscemi joue le père de Nick, George Twisp. « Ce fut un vrai plaisir de travailler avec lui, » déclare le réalisateur. « J’aime assez l’idée que Jean Smart et Steve Buscemi auraient pu engendrer Michael Cera. »
Estelle entretient avec Jerry une relation vouée à l’échec. « Jerry est camionneur. Il n’a pas beaucoup d’égards envers Nick. C’est un mec plutôt insouciant » explique Galifianakis. Galifianakis était enthousiaste à l’idée de travailler avec Cera : « Michael est un comédien très subtil. C’est agréable de voir un jeune acteur qui n’en fait pas des tonnes. C’est ce qu’il y a de si génial chez lui. »

Estelle atterrit finalement dans les bras de Lance, interprété par Ray Liotta. « Dangereuse Sous Tous Rapports (1986, de Jonathan Demme) m’a beaucoup incité à réaliser des films » déclare Arteta, à propos d’une des performances les plus acclamées de Ray Liotta. « J’ai pensé qu’il serait vraimentparfait pour interpréter un homme qui a le pouvoir de faire de la vie de Nick, un enfer. » Mary Kay Place joue Mme Saunders, la mère hyper protectrice de Sheeni. « Je suis fan de Mary Kay Place depuis mon enfance à Puerto Rico, « s’enthousiasme le réalisateur. « Je regardais « Mary Hartman, Mary Hartman ». Je n’y comprenais rien mais j’étais fasciné. »
Be Bad ! marque la seconde collaboration d’Arteta avec Fred Willard. Le comédien apparaissait déjà dans le film qu’il réalisa à l’American Film Institute quand il était encore étudiant. Le réalisateur se réjouissait de retrouver Willard : « Il n’a que quelques répliques mais son personnage est essentiel. » Michael Cera suggéra Jonathan B. Wright et Ari Graynor pour les rôles de Trent et Lacey. Tous deux apparaissaient déjà aux côtés de Cera dans Une Nuit à New York (2008) de Peter Sollett. À Arteta d’ajouter : « Ils se sont littéralement imposés au moment des essais. Ils correspondent parfaitement à l’esprit si original de ce film. »

Wright joue Trent, l’ennemi juré de Nick, et commente avec ironie son rôle de « méchant » : « Il est intéressant de constater que Trent ne fait rien de bien méchant, alors que Nick multiplie les méfaits tout au long du film. On est pourtant immanquablement du côté de Nick. »
Wright apprécie l’approche originale que prend le film pour parler de l’amour chez les adolescents. « En comparaison des autres films pour ados, l’histoire est tellement plus élaborée et passionnante. C’est un film à la fois fantastique et réaliste. Miguel, Michael et tous ces acteurs géniaux qui ont pris part au projet ont créé quelque chose d’unique. Je suis très fier d’avoir été de l’aventure » déclare Wright.
Justin Long interprète Paul Saunders, le frère de Sheeni, qui adore servir des champignons hallucinogènes à ses amis et sa famille. « Justin est un des comédiens les plus incisifs, » estime le réalisateur. « Son habileté verbale est confondante. Il est capable de faire fuser les répliques en restant totalement intelligible. Sa prestation rappelle les meilleures comédies loufoques des années 40. » M. Emmet Walsh qu’Arteta admirait depuis sa prestation dans Sang Pour Sang (1984) des frères Coen, et Erik Knudsen, complètent la distribution dans les rôles respectifs de M. Saunders et Lefty.

Miguel Arteta et son équipe ont parcouru la campagne du Michigan pour y trouver les paysages susceptibles d’évoquer la Californie du Nord. Le chef décorateur Tony Fanning a travaillé avec le réalisateur pour localiser des parcelles du Michigan qui s’apparentaient à l’état de la Côte Ouest : « Nous avons cherché des maisons et des cadres qui rappelaient la Californie. La végétation y est similaire. Nous avons eu la chance de dénicher des extérieurs qui ressemblaient à certaines parties du littoral californien, et nous avons sillonné presque tout l’état pour trouver les équivalents de Berkeley et d’Oakland. » Le choix d’utiliser des décors naturels contribue à l’authenticité du film, mais il a aussi présenté un défi particulier quand il a fallu trouver une maison dans le salon de laquelle faire tenir une voiture. Fanning explique : « On aurait tendance à penser qu’il eût été préférable de faire ça en studio, mais Miguel voulait pouvoir suivre les personnages de l’extérieur jusqu’à l’intérieur de la maison, et enregistrer leurs réactions à la vision de la voiture. Nous avons donc décidé d’essayer de le faire en décors naturels, mais trouver la maison adéquate s’est avéré un vrai challenge. Nous avons dû visiter environ 35 maisons avant de rencontrer la personne disposée à nous laisser mettre une voiture dans son salon. »
La production et les habitants y ont finalement trouvé leur compte. « Nous avons réussi à convaincre les propriétaires de nous laisser enlever un pan de mur. Ils ont trouvé le résultat sympa. Nous avons donc comblé l’ouverture par une baie vitrée quand nous avons remis la maison en état après le tournage. »

La maison des Saunders a également demandé du chef décorateur un surplus de créativité. L’inspiration peut venir de rencontres insolites, et Fanning et Arteta la trouvèrent lors de repérages dans un terrain pour camping-cars. « Les propriétaires étaient un couple de gens charmants : le mari avait acheté un grand orgue à sa femme, qu’ils avaient ensuite installé dans leur caravane extra large, » explique Fanning. « J’ai trouvé l’idée fantastique. Nous l’avons donc utilisée pour la maison des Saunders, qui sont des gens trés religieux. Il nous fallait une caravane à deux étages, ce qui n’existe pas réellement. Il existe des caravanes à un étage et demi, datant des années 60, mais très peu ont été fabriquées. Nous avons réuni toutes ces idées et nous avons conçu notre propre caravane à deux étages. Ça a été très marrant à faire. »
La chef costumière Nancy Steiner a travaillé avec Arteta, le directeur de la photo Chuy Chávez et Fanning pour créer des costumes qui aident à définir les différents personnages et s’harmonisent avec la palette visuelle générale du film. « Nous voulions rester assez classiques, et ne pas trop ancrer les costumes dans une époque spécifique. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de téléphones portables dans le film. Il n’y a pas non plus de couleurs éclatantes. Il s’agit plutôt d’un riche mélange de tons intermédiaires » explique Steiner. Tout au long du film, différents types des séquences animées viennent enrichir l’histoire. La mission de Peter Sluszka, responsable de l’animation, était d’intégrer ces séquences à l’univers de Be Bad ! : « Elles fonctionnent comme le journal intime de Nick Twisp. Avec ce genre de structure narrative, le point de vue est exclusivement celui du héros. Ces séquences correspondent à la façon dont cet ado voit et conçoit le monde. Elles sont régies par son psychisme et son imagination, et montrent que le narrateur n’est pas toujours une source objective d’informations. »

Le producteur explique : « Certains éléments du livre auraient été difficiles à tourner de façon traditionnelle. L’animation est devenue une composante du film qui le distingue d’une production classique. Elle contribue à le rendre différent, original et novateur. Le film est raconté du point de vue de Nick et l’animation représente ce qui se passe dans sa tête. Je crois que le public contemporain est à l’affût d’idées audacieuses et uniques comme celle-ci. » Le thème principal du film est l’amour chez les adolescents. « L’idée était de montrer ce que signifie être amoureux pour la première fois, et toutes les choses insensées que l’on est capable de tenter quand ce sentiment se manifeste, » ajoute Permut.
« Nick est l’outsider par excellence. Mais il est le genre de personnage auquel on peut tous s’identifier parce qu’on est tous passés par là un jour. On veut l’aider à résoudre son dilemme. Nick provoque pas mal de dégâts pour arriver à son but, mais finalement, c’est pour une noble cause. »

Sur le tournage de Be Bad !

Le 25 Juin 2008 - Justin Long est révolté
Le casting de Youth in revolt s'est complété.
Justin Long, Mary Kay Place, Fred Willard, Zach Galifinakis et Erik Knudsen rejoignent le projet de Miguel Arteta, a annoncé The Hollywood Reporter.
Ils travailleront notamment aux côtés de Ray Liotta et Michael Cera.