Notes de Prod. : Bébés

    en DVD le 03 Novembre 2010

Pour la première fois à l’écran : Bébé Ponijao (Namibie)

L’attrait pour le projet
«J’ai accepté le projet car je n’étais jamais allée à l’hôpital pour aucune de mes grossesses. Ça m’a permis d’être suivie par un médecin. Je suis très pauvre et je n’aurais pas eu les moyens d’en consulter un sinon. C’était très intéressant d’être filmée en même temps que d’autres femmes de différents pays.» (Tarererua)
«La production a emmené Tarererua à l’hôpital sans prendre mon argent. Je n’ai pas eu besoin de vendre une chèvre. On a été payés pour le tournage mais on a accepté d’y participer en ne pensant qu’à l’avenir de Ponijao. Avant de commencer le film, Thomas a apporté beaucoup de choses : des fleurs, des vivres. Il avait choisi ma femme parmi tant d’autres. Il était le bienvenu !» (Hindere)

Le casting
«Deux personnes sont venues nous voir après avoir trouvé mon nom sur le registre du village. Elles m’ont prise en photo. Thomas nous a dit avoir informé le chef du village que des Français venaient tourner un documentaire. Il nous a dit avoir vu d’autres femmes de villages voisins. Elles ne souhaitaient pas participer et il a choisi de faire son film ici avec nous. J’étais très contente mais j’avais du mal à y croire ! On a accepté ses conditions. On lui a dit qu’on l’aiderait dans sa démarche.» (Tarererua)

Le point de vue des parents…
En novembre et décembre derniers, une projection de Bébés a été organisée pour les parents et les enfants «stars» du film. Ces derniers ont bien grandi. Aujourd’hui, ils ont entre trois ans et demi et quatre ans. Regards croisés des parents namibiens (Tarererua, la mère et Hindere, le père), américains (Susie et Frazer), japonais (Seiko et Fumito) et mongols (Mandakh et Purev) sur cette expérience inédite…

Les conditions de tournage
«J’avais confiance pendant le tournage. Thomas filmait du matin au soir. On faisait une pause seulement pour déjeuner. On a travaillé ensemble comme si on formait une vraie famille. On était contents quand il venait tourner. Il s’assurait toujours de savoir si tout le monde était en bonne santé et heureux. Il nous apportait ce dont on avait besoin, de la nourriture notamment. Il prenait soin de nous.» (Tarererua)

Regard sur leur enfant
«Pour moi, Ponijao est une star. C’est la première fois que je la vois sur un écran ! Elle est très heureuse et joyeuse dans le film. Aujourd’hui, je veux qu’elle soit en bonne santé. J’aimerais qu’elle vive dans de meilleures conditions, dans des lieux plus sains afin qu’elle puisse prendre soin de ses propres enfants comme on le fait pour elle avec l’argent reçu pour le film.» (Tarererua)

À propos des autres cultures
«L’évolution des autres Bébés est différente. Je pense qu’ils ont de meilleures conditions de vie. Les mères les nourrissent bien. Ils mangent de la nourriture saine. Ils sont en bonne santé. Mais j’ai été étonnée de constater qu’elles ne s’occupent pas d’eux. Ils sont seuls. J’ai eu peur que la petite Américaine se blesse lorsqu’elle tombe de la voiture au parc. Moi, on voit que je suis avec mes enfants. Celui qui est le plus heureux, c’est le petit Mongol même s’il joue tout seul avec son rouleau de papier toilette.» (Tarererua)

Informations sur la famille
• Appartient à la tribu Himba. • Habite à Epembe près d’Opuwo, au nord ouest de la Namibie. • Élève des vaches et des chèvres. • Hindere (le père) se déplace constamment pour trouver des points d’eau pour nourrir le bétail. • Vit au plus près de la nature. • 10 enfants dans la famille, dont un nouveau-né : l’aînée (Tjombinde) a presque 26 ans et Ponijao (l’avant-dernière) a 3 ans et demi. • Tarererua était enceinte de 8 mois environ quand le réalisateur l’a rencontrée pour la première fois. • Tarererua est partagée entre son envie d’avoir une belle maison comme en ville et de continuer à vivre selon la tradition himba, tout en la transmettant aussi à ses enfants. • 1 seul des enfants du couple va à l’école, mais la mère aimerait bien en envoyer 2 autres. • Traits de caractère de Ponijao : sens du clan familial, pas compliquée à vivre, très photogénique, adore danser, préfère jouer avec des petites lanières de sac alimentaire qu’avec un vrai jouet !

L’avis des enfants
«Ponijao était très contente de voir le film. Elle s’est vue bébé puis marchant à quatre pattes ! Elle était fière de dire que c’était elle sur l’écran avec son frère, sa sœur et sa mère. Moi, on ne me voit pas dans le film même si j’étais parfois présent lors du tournage. Il n’y a pas que les femmes qui s’occupent des Bébés, les pères le font aussi. Mais les hommes sont toujours très occupés à veiller sur leur troupeau.» (Hindere)

Séquences étonnantes ou déroutantes
«J’ai été surprise de voir la mère américaine mettre une pompe sur sa poitrine pour extraire son lait et pouvoir nourrir sa fille. Chez nous, on attend que le lait monte tout seul. Ça peut prendre deux jours. En attendant, on donne du lait de chèvre au bébé. C’était très intéressant de voir ça !» (Tarererua)

Bilan de l’expérience
«Je suis ravie qu’on puisse me voir dans d’autres pays. J’aimerais bien rencontrer les autres femmes du film. Je veux que Ponijao puisse revoir ce documentaire quand elle sera grande afin de voir ce qu’on a fait pour elle. C’est pour son bien et pour qu’elle grandisse dans de meilleures conditions qu’on a participé au projet.» (Tarererua)
«C’est une bonne chose d’avoir fait ce film. C’est très instructif de voir d’autres pays et leur façon de vivre. S’il y a une suite, l’équipe sera de nouveau la bienvenue dans notre famille.» (Hindere)

Pour la première fois à l’écran : Hattie (Etats-Unis)

L’attrait pour le projet
«Le projet proposait une vision universelle de l’enfance. On a pensé que ce serait intéressant pour Hattie d’être en connexion avec d’autres pays. Tous ces Bébés grandissent selon leur propre culture. On voit la vie telle qu’elle est et elle nous ouvre des horizons. Il serait bien qu’à l’âge de douze ou treize ans Hattie puisse rencontrer les autres enfants du film lors d’un voyage par exemple.» (Susie)

Pour la première fois à l’écran : Mari (Japon)

L’attrait pour le projet
«J’étais enceinte quand on nous a parlé du projet. Comme c’était notre premier enfant, j’y ai vu la possibilité d’une expérience formidable et peu commune pour toute la famille. Mon mari et moi travaillons dans le monde de la mode. On sait ce qu’est un tournage, mais participer à un documentaire c’est différent. Je n’avais pas pensé que ce film sortirait partout dans le monde !» (Seiko)

Pour la première fois à l’écran : Bayarjargal (Mongolie)

L’attrait pour le projet
«Quand on nous a parlé du projet, je n’étais pas certain de vouloir être filmé. On nous a expliqué qu’on n’aurait pas à jouer la comédie, qu’on devrait juste continuer à vivre comme d’habitude. L’idée consistait à observer nos vies et la manière dont nos enfants grandiraient. On n’a pas eu à faire d’efforts et on n’a pas abusé de notre temps. Cette approche m’a plu. Avec ma femme, on a donc décidé d’accepter.» (Purev)