Très tôt durant la préproduction,
Ruben Fleischer a commencé à réfléchir sur l’aspect du film et sur l’apparence des
zombies. Le réalisateur confie : « Avant de me lancer dans l’aventure
Bienvenue à Zombieland, le seul film de
zombies que j’avais vu était
28 Jours Plus Tard. J’étais loin d’être un inconditionnel du genre mais je me suis énormément documenté et j’ai visionné un maximum de films pour me familiariser avec cet univers. Je voulais être sûr d’être à la hauteur et de ne pas décevoir les amateurs du genre. »
Volontairement, le scénario n’explique pas les raisons de l’invasion des
zombies.
Ruben Fleischer commente : « Le film nous plonge directement dans un univers post-apocalyptique et ne décrit pas la propagation du fléau. Dans cette histoire, nous suivons le cheminement de quelques personnes dans un monde peuplé majoritairement par les
zombies. Nous avons simplement voulu raconter la façon dont ces rescapés luttent pour leur survie. » Conscient de cette approche, le chef décorateur
Maher Ahmad a pu commencer à façonner cet univers. Il explique : « L’action imaginée par Ruben et les scénaristes se déroule quelques mois à peine après la grande mutation des humains en
zombies. Il s’agissait donc de créer un environnement déserté mais pas dévasté. Les immeubles ne se sont pas effondrés et la végétation n’est pas en train de tout envahir… Mais le dépeuplement participe à l’ambiance sinistre du film et à la peur née du danger qui guette à chaque coin de rue. » Les
zombies ne devaient être drôles ni dans leur physionomie, ni dans leur comportement. Au contraire, ils devaient incarner des ennemis redoutables sur lesquels les acteurs jouant les humains pourraient s’appuyer pour faire naître l’humour. Pour ce faire,
Ruben Fleischer a décidé de se débarrasser de la traditionnelle image du
zombie fatigué et d’opter pour une vision bien plus moderne.
Le réalisateur explique : « Les
zombies classiques sont apparentés à des morts-vivants. Ici, j’ai voulu ancrer l’histoire le plus possible dans la réalité. Nous avons donc décidé d’expliquer la situation par un véritable virus qui aurait évolué et dégénéré. »
Ruben Fleischer,
Tony Gardner, créateur des effets spéciaux maquillage, et l’équipe de Gardner se sont documentés sur toutes sortes de maladies infectieuses et sur les manifestations physiques observées à des stades avancés. Le maquilleur effets spéciaux
Stephen Prouty raconte : « Nous voulions montrer que ces gens étaient infectés. Ils sont toujours vivants mais ils sont ravagés par la fièvre, ce qui explique leurs corps trempés de sueur. Des hémorragies sont visibles à chaque orifice et ils vomissent une sorte de bile noire. » Malgré leur état,
Ruben Fleischer a tenu à individualiser les
zombies. Il explique : « J’ai voulu les habiller autrement qu’en hommes d’affaires ou en jeans et t-shirts. J’ai voulu que les costumes soient représentatifs de la population présente avant l’épidémie. Certains sont habillés en caissiers de fast-food, d’autres en agriculteurs… Tout dépend de l’endroit où l’action se situe. Nous nous sommes beaucoup amusés avec eux au parc d’attractions de Los Angeles, mais par-dessus tout, je voulais être sûr que l’on n’oublie pas la personne « à l’intérieur » du
zombie. Il fallait qu’on puisse toujours deviner qui elle était avant sa transformation. » Cette transformation a concerné des centaines de figurants «
zombies ». Pour la scène du parc d’attractions, plus d’une centaine d’entre eux (recrutés par des castings locaux) ont subi l’épreuve du maquillage. Leur temps de préparation dépendait de leur rôle à l’image et de leur positionnement.
Stephen Prouty explique : « Le maquillage le plus compliqué comprenait la pose de prothèses et nécessitait environ une heure et demie. Les
zombies de second rang quant à eux, n’avaient pas de prothèse et 30 minutes suffisaient à les traiter. Il s’agissait davantage d’un travail de peinture. Il fallait appliquer une substance ruisselante et visqueuse, créer des taches sur leurs dents et leur poser des lentilles de contact. Enfin, ceux qui étaient loin, en arrière-plan, étaient humidifiés, tachés de sang et avaient la bave aux lèvres. Pour eux, 15 minutes suffisaient. »
Le tournage de l’aventure
Bienvenue à Zombieland a débuté en Géorgie ; un Etat qui abritait le parc d’attractions idéal pour la scène finale du film.
Ruben Fleischer commente : « J’avais connu deux bonnes expériences de tournage en Géorgie et notre collaboration avec ces équipes avait été excellente, même s’il s’agissait de projets plus modestes. J’aime tourner en dehors de Los Angeles car les gens jubilent à l’idée de participer à un film. À L.A., personne ne nous aurait laissés filmer à l’intérieur d’un manoir semblable à celui que nous avons trouvé.
Tourner là-bas a vraiment apporté une valeur ajoutée au film. » Le tournage a débuté par la scène cruciale du film au parc Pacific Playland. C’est
Ruben Fleischer lui-même qui a suggéré de placer la bataille finale à l’intérieur du parc.
Rhett Reese commente : « Après qu’il a fait cette suggestion, la scène est soudain devenue la clé du film. Paul et moi nous sommes beaucoup amusés à écrire cette scène truffée d’action. Nous étions comme des enfants dans un bac à sable ! »
Ruben Fleischer explique : « Pourquoi un parc d’attractions ? C’est comme un rêve devenu réalité car enfant, Little Rock adorait ce genre d’endroit. Dans ce monde post-apocalyptique où chacun peut se déplacer où il veut, quand il le veut, Wichita souhaite faire revivre un moment d’enfance et d’insouciance à sa sœur. » Une fois l’endroit choisi pour figurer Pacific Playland, les scénaristes ont pu adapter leur scénario au parc.
Ruben Fleischer raconte : « Nous nous sommes tous mis à arpenter le parc :
Michael Bonvillain, notre directeur de la photographie,
Maher Ahmad, le chef décorateur,
George Aguilar, notre réalisateur de la deuxième équipe et coordinateur des cascades, et moi-même. On repérait des manèges sympas et on s’imaginait les situations extraordinaires dans lesquelles Woody ou Jesse auraient pu se retrouver. »
On pourrait penser que le fait de débuter par la scène finale a désavantagé les acteurs. Selon
Woody Harrelson, c’est plutôt le contraire : « Ça m’a aidé à rendre mon jeu plus efficace. Lorsque nous avons tourné cette scène d’action, nous n’avions pas exploré les lieux, nous n’avions que quelques secondes pour réagir, tout comme le personnage, avant le clap. Cela m’a aidé à rentrer dans mon rôle et ça a également permis à notre équipe de se souder. »
Ruben Fleischer se souvient : « Les gens du parc se sont montrés extrêmement coopératifs. Ils se sont mis en quatre pour que nous ne manquions de rien. Des opérateurs étaient cachés derrière et dessous chaque manège. Ils travaillaient avec nous des nuits entières pour s’assurer que nous ayons nos plans. » Selon
Ruben Fleischer, être entouré d’une équipe si talentueuse s’est avéré un atout inestimable pour une première expérience de réalisateur. Il développe : « Je ne voudrais pas avoir l’air prétentieux – je sais qu’il ne s’agit que d’une comédie – mais ces gens ont vraiment permis d’enrichir l’expérience cinématographique et de hisser ce film au-dessus des comédies classiques. Chacun des plans de Michael m’a impressionné. Il a placé la barre très haut. Les décors de Maher sont incroyables ; il a conçu et construit le supermarché à partir de rien. Mais le plus bluffant reste sans doute la scène dans laquelle Columbus et Tallahassee se rencontrent sur l’autoroute. Nous avions 75 voitures, 30 épaves et un bateau… L’ampleur des destructions et des catastrophes apporte une vraie valeur ajoutée à ce film. En résumé, je pense avoir eu beaucoup de chance de collaborer avec cette équipe. »

Le dernier jour du tournage, l’équipe a travaillé à Los Angeles, face au célèbre Grauman’s Chinese Theatre à Hollywood, pour y tourner une scène dans laquelle les quatre survivants tombent nez à nez avec une cohorte de
zombies. Hollywood Boulevard a été fermé à la circulation à trois heures du matin afin que le département artistique du film puisse transformer ce lieu hyper touristique en un paysage post-apocalyptique dévasté et abandonné. Au petit matin, la foule s’est pressée pour observer les acteurs affronter le danger et s’enfuir à bord d’un Hummer jaune. Une bonne scène pour achever l’aventure…