Ewan Mcgregor, l’interprète d’Edward Bloom jeune dans BIG FISH, explique : " Les histoires que l’on raconte sont faites de nos rêves, elles leur donnent vie. C’est pour cela que nous aimons tant les raconter. Cet imaginaire partagé nous relie les uns aux autres, de génération en génération. Sans elles, notre monde ne serait que matérialiste, sans âme. Il se restreindrait à la politique et aux supermarchés… Une horreur ! "
Le romancier Daniel Wallace, auteur du livre dont a été tiré le scénario, explique : " J’ai été inspiré par mon propre père, un homme très charismatique, et par le fait que je suis récemment devenu père à mon tour. Il y a beaucoup de similitudes entre mon père et Edward Bloom. Comme lui, mon père pouvait vous faire croire qu’il était proche de vous, alors qu’en fait il était juste charmeur. "
Le titre du livre de Wallace, " Big Fish, A Story of Mythic Proportions ", vient d’une expression chère à son père. Il raconte : " Toute sa vie, il a parlé du fait qu’il avait quitté la petite bourgade où il était né pour " la grande ville ", parce qu’il ne voulait pas être " un gros poisson dans un petit étang ". Il a donc quitté Cullman, en Alabama, pour devenir un homme d’affaires international. Mais le titre a une autre signification : un poisson est glissant. Comme Edward Bloom, qu’on ne peut jamais vraiment saisir…
" Je voulais écrire l’histoire de la vie d’un homme ordinaire comme s’il s’agissait d’un mythe. Au fur et à mesure que j’assemblais les fragments, une existence complète se dessinait, une vie passionnante et riche, magnifique et porteuse de tous les symboles. "
Dans son livre, Daniel Wallace rend hommage à une tradition profonde : l’art de mêler la vérité et la fiction, les faits et l’exagération. Il explique : " Edward est ce qu’on pourrait appeler un conteur compulsif. La littérature n'est faite que de cela… Raconter une histoire, pour le pur plaisir de raconter… Les histoires populaires et les grandes légendes nécessitent une extension, une déformation de la vérité, faible ou très accentuée. C’est un tour de passe-passe, une forme de magie, peut-être la seule vraie magie que nous puissions exercer dans notre vie d’adulte. C’est la magie des enfants, que malheureusement, la plupart d’entre nous perdent en grandissant. Les romans et les films nous permettent de rester en contact avec ce sens du merveilleux. "
C’est
John August qui a transformé le roman de Wallace en scénario. Il observe : " Les histoires de Daniel sont faites d’éléments fantastiques très disparates, qu’il a fallu modeler pour leur donner une forme de narration adaptée au cinéma. Le conflit père/fils est un thème universel et en même temps particulier et unique. Il y a aussi une magnifique histoire d’amour et une odyssée presque homérique avec des aventures incroyables. Le livre partait dans tant de directions différentes qu’il a été difficile de lui donner la forme d’un film, mais cela a rendu les choses d’autant plus passionnantes ! "
L’auteur a confié au scénariste comment il avait emprunté des éléments à la mythologie grecque comme les travaux d’Hercule, et mené des recherches sur les fables et grandes légendes transmises de génération en génération.
John August souligne : " Les histoires que nous racontons dans BIG FISH sont presque comme des rituels. Ce sont des contes qui ont été racontés des centaines de fois, pas uniquement pour dire ce qui s’est réellement passé, mais ce qui aurait dû se passer. Ce sont des versions extrêmes de la vie, des visions extrapolées d'une forme d'existence espérée. Edward éprouve le besoin de raconter ces histoires continuellement, de manière à ce que tout le monde s’en rappelle et en même temps, se souvienne de lui.
" Même si les souvenirs hyperboliques de Bloom peuvent passer pour les créations d’une imagination hyperactive, il y a en chacun d’eux une part de vérité. C’est justement la vérité que cherche son fils, Will. Il aspire à la vérité des faits, qui diffère de celle des émotions. Edward n’a probablement jamais dit une seule chose vraie, mais chaque histoire qu’il a racontée recelait dans ses profondeurs une certaine authenticité. "
L’une des créations majeures de
John August a été le personnage de Will, qui représente le narrateur des histoires dans le roman de Wallace.
John August s’est inspiré de ses expériences personnelles. Même si la dynamique de sa relation avec son père décédé n’était pas la même que celle d’Edward et Will, il y avait toutefois des points communs. " Tous les fils commencent par lever les yeux vers leur père, par le voir plus grand et plus fort qu’il ne l’est en réalité, explique-t-il. Mais en grandissant, on se met peu à peu à le voir comme un homme, et plus seulement comme notre père. Il arrive un moment étrange où l’on prend conscience qu’il ne sait pas toujours ce qu’il fait et que nous non plus… Je crois qu’il est facile de se mettre à la place de Will, de savoir que son père a des centaines de qualités que l’on aime, mais certaines qui nous rendent fou… "
Dans BIG FISH, Will apprend qu’il va bientôt être père, et en même temps qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps pour renouer des liens avec le sien. Il va découvrir que malgré les apparences, Edward aime profondément sa famille et que ses histoires extraordinaires recèlent de vraies pépites de vérité. Il se rend compte que sa vie est devenue ce qu’elle est parce que son père l’a poussé à s’aventurer à l’extérieur et à explorer, ce qui l’a conduit à Paris.
John August précise : " Toute l’ironie, bien sûr, c’est que Will a fui loin des histoires de son père simplement pour devenir lui-même un conteur d’histoires… La seule différence est que son père les dit, alors que lui les écrit… "