Genre : Fantastique - Durée : 2H6 mn
Sortie en salles le 13 Juin 2012 - en VOD/DVD le 23 Octobre 2012
Presse ★★★
Spectateurs ★★★

Le casting principal : «Seul le plus beau sang»

Producteurs et réalisateur envisageaient un film atemporel, qui ferait écho à l’esprit, au style et au ton des frères Grimm, un peu comme si ceux-ci avaient conçu une version de leur histoire 200 ans plus tard. Le premier tour de manivelle étant prévu en Angleterre à l’automne 2011, la directrice de casting Lucy Bevan se lança à la recherche de comédiens pour peupler l’univers de Blanche Neige Et Le Chasseur et lui donner vie.

Le premier rôle a avoir été pourvu est aussi le plus détestable : celui de la Reine Ravenna.
Fille d’une sorcière, Ravenna a petit à petit développé ses pouvoirs maléfiques. Elle s’est initiée à la magie noire dans l’obscure forêt où sa mère l’a conduite avec son frère Finn. Enlevée enfant par un seigneur brutal, le seul pouvoir dont Ravenna pouvait jouer était son étonnante beauté. Mais sa mère a beau lui avoir fait don d’un charme qui la protège contre les ravages du temps, Ravenna doit l’entretenir en consommant la force vitale de très jeunes femmes. Après avoir ensorcelé et tué le père de Blanche-Neige, le Roi Magnus, Ravenna cherche par tous les moyens à prolonger sa jeunesse, mettant en péril l’équilibre vital du royaume de Tabor et y répandant le mal. Mais sa cruauté ne s’arrête pas là. Pour devenir immortelle, elle doit absorber le cœur de Blanche-Neige quand celle-ci sera devenue la plus belle du royaume.

explique : «Ravenna symbolise la Mort, en même temps qu’elle tente d’enrayer la sienne. En cherchant à devenir immortelle, elle perturbe l’équilibre du monde. À l’opposé, Blanche-Neige est un cœur qui bat. Si la Reine ne parvient pas à l’éliminer, la vie et la mort reprendront leur place respective et le royaume retrouvera son équilibre.»

incarne la monarque légendaire, et pour Sanders : «L’actrice a prouvé l’étendue de son talent dans des performances époustouflantes, en étant une des plus belles femmes vivantes. Elle personnifie plus que quiconque la beauté et le pouvoir. C’est Margaret Thatcher et Kate Moss réunies. Quand on a affaire à des archétypes, il faut leur rendre justice. Les gens veulent se délecter en entendant la Reine dire «Miroir, miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle de toutes ?» Ils veulent l’entendre de la bouche de quelqu’un de la stature et de la beauté de Charlize.»

Quant au producteur , il se souvient : «Charlize était notre premier choix. J’avais déjà travaillé avec elle et nous sommes allés la voir sur le tournage d’une publicité. Elle est apparue entièrement parée, sur des talons aiguilles de 10 cm, et j’ai pensé : «Rupert va tomber sur le cul !»»

Le producteur n’a pas déchanté quand l’actrice est arrivée sur le plateau, prête à se lancer dans les scènes les plus intenses de son personnage, dont un bain dans une baignoire d’huile noire : «Elle nous livre une performance féroce. Son personnage est un mélange intéressant de self-control, de magnificence et de courroux.»

Ce qui a attiré la comédienne, c’est la complexité humaine de cette créature trahie et blessée et qui aurait facilement pu verser dans le stéréotype. Elle explique : «La mère de Ravenna lui a inculqué très jeune que son unique pouvoir résidait dans sa beauté et sa jeunesse. Sa maîtrise de la magie représente donc sa survie, et c’est la direction qu’elle a choisi de prendre.»

Malgré ses «instincts brutaux» et «son obsession pour le cœur de Blanche-Neige qui lui assurera l’immortalité», la terrible souveraine n’a pas perdu toute trace d’humanité. Comme le réalisateur, appréciait les leçons inhérentes à cette histoire sans âge : «Ravenna se rend compte qu’elle désire une chose qu’elle aurait pu avoir si elle avait fait d’autres choix dans la vie. Mais, comme on fait son lit, on se couche, et ça n’est plus une option pour elle.»

Après la mort de son épouse, le père de Blanche-Neige a succombé au charme de Ravenna, mais la jeune princesse a vite compris que l’innocence et la compassion étaient des qualités que sa nouvelle belle-mère exécrait. Emprisonnée pendant sept ans, Blanche-Neige a grandi en voyant la meurtrière de son père régner sur le royaume de Tabor d’une main de fer. Mais la jeune beauté, qui a été formée comme archère, comme fauconnière et comme cavalière, finit par s’enfuir. Elle va être amenée à parfaire sa formation avec un allié improbable, le chasseur envoyé par Ravenna pour la capturer. L’heure est venue pour elle de libérer son peuple de l’oppression. Elle fait le vœu de devenir le sabre de la victoire et les incite à se soulever contre Ravenna.
En adaptant un conte de fée écrit il y a deux siècles et traitant d’une jeune fille qui se pose plus en victime qu’en combattante, il était important pour les cinéastes de faire en sorte que le public contemporain puisse s’identifier au personnage de Blanche Neige et à sa trajectoire. Les obstacles et les problèmes auxquels elle doit faire face sont similaires à ceux que rencontrent les filles et les femmes d’aujourd’hui : la solitude, le passage à l’âge adulte, mais aussi des questions ayant trait à la confiance, à l’amour, au pouvoir de la beauté et à son déclin.
Le choix de l’interprète de la rivale de Ravenna s’avéra délicat. La production cherchait une actrice à même d’incarner les deux facettes du personnage : son innocence, sa naïveté et sa délicatesse, qui apparaissent dans la première moitié du film, et la princesse guerrière, coriace et physique qu’elle devient dans la seconde partie.

Le réalisateur déclare : «Kristen a un très grand talent. C’est évident quand on voit les prouesses qu’elle a déjà accomplies au cinéma. Mais ce film lui offre son premier rôle classique et la possibilité de rencontrer un public beaucoup plus large.»

À de renchérir : «Nous ne voulions pas d’une Blanche Neige timide. Nous l’appréhendions comme un personnage à la Jeanne d’Arc, combatif, assertif et positif, et avions d’abord imaginé un visage nouveau, comme avec Mia Wasikowska dans Alice Aux Pays Des Merveilles, mais Rupert et moi avons décidé de nous rendre à la Nouvelle-Orléans où le dernier volet de Twilight (2011) se tournait, et de rencontrer Kristen. Nous avons été convaincus qu’elle ferait un travail formidable. Elle s’est préparée à fond pour le rôle, se consacrant pendant quatre mois à l’équitation et à la pratique de l’accent anglais.»

La jeune actrice incarne un personnage que nous croyions tous connaître : «Nous n’essayons pas d’altérer ce que Blanche-Neige représente, nous lui restons fidèle. Elle est l’affirmation de ce qu’il y a de bon dans l’âme humaine. C’était intéressant de jouer une jeune femme parfaitement étrangère à la vanité. Dans tous les rôles que j’ai été amenée à jouer, le personnage a toujours au moins un peu conscience de son image, mais pas Blanche-Neige, et Ravenna est son contraire. J’admire également les personnages forts, mais Blanche-Neige n’est pas forte pour être forte, elle est forte par nécessité. Elle est avant tout féminine et sensible.»

Ce rôle est la première opportunité pour de jouer une héroïne d’action, même si elle demeure un personnage tourmenté. «On la découvre comme une martyre, mais après s’être enfin échappée, elle reprend vie et se découvre une mission. La plupart des personnages d’action sont prétentieux et vindicatifs, mais pas elle, et c’est quelque chose de tout à fait nouveau pour moi», déclare encore la comédienne. La jeune femme savait également que le rôle comprenait de nombreuses cascades, auxquelles elle se prêta avec entrain, qu’il s’agisse de traverser des égouts peuplés de rats ou de sauter dans une piscine, du deuxième étage d’une bâtisse, par une matinée frisquette à Londres.

Restait à pourvoir le rôle-clé d’Eric : un chasseur qui connaît l’obscure forêt et le Sanctuaire comme sa poche. Ce prédateur respectait non seulement ses proies, mais il avait également la capacité de penser comme elles. Pourtant, depuis que sa femme bien-aimée Zara est morte, Eric est devenu un mercenaire et un ivrogne. Finn lui confit la mission de pister Blanche-Neige dans l’obscure forêt et de la ramener à Ravenna pour que celle-ci puisse disposer de son cœur. Mais Eric découvre la déloyauté de la Reine en même temps que la destinée de Blanche-Neige. Il décide de former la jeune femme aux arts du combat pour l’aider dans sa mission et mettre un terme au règne des ténèbres.

Initialement conçu comme un personnage bien plus âgé que Blanche-Neige, le chasseur a évolué au cours du développement du scénario. Après son impressionnante performance en dieu de guerre nordique dans Thor (Kenneth Branagh, 2011), la production courtisa pour le rôle du chasseur. Son charisme et sa présence à l’écran avaient convaincu producteurs et réalisateur que le comédien était à même de parfaitement incarner cet ancien guerrier tourmenté qui trouve son salut dans l’innocence et la bonté d’une toute jeune femme.

Grâce à son maintien, son sens de l’humour et son intense présence, s’avéra le pendant idéal de l’affrontement qui se jouait entre et .

Le producteur témoigne : «Nous avons passé pas mal de temps à définir le personnage du chasseur et à envisager comment il devait compléter le triangle. Nous avons découvert Chris, dont la carrière était en plein essor, et nous avons tout de suite compris qu’il était le candidat idéal.»

Pour son premier jour sur le plateau, l’acteur se retrouva d’emblée face à dans la scène où la Reine envoie le chasseur à la poursuite de Blanche-Neige. Mais savait qu’Hemsworth serait capable de donner le change à la lauréate de l’Oscar : «Il est bâti comme un rugbyman, il est magnifique à regarder et fait preuve d’une vraie profondeur de caractère. Et il se donne à 110%.»

De son propre rôle, l’acteur déclare : «Le chasseur est une âme égarée. Quand on le découvre, il n’a plus foi en rien. C’est un ivrogne qui vit seul dans les bois, un mercenaire qui subsiste en traquant ceux qu’on lui désigne. Je souhaitais incarner un héros malgré lui, un rustre au grand cœur. Nous avons essayé de mettre en avant les incohérences de son caractère, de le rendre imprévisible.»

et ont eu beau répéter consciencieusement leurs scènes de combat, ils n’étaient pas à l’abri d’un accident, et la comédienne de 22 ans donna accidentellement un coup de poing en pleine figure à son aîné de 9 ans, adepte de la boxe française, qui lui valut un nez joliment enflé. Le chasseur avait bien trouvé, avec Blanche-Neige, celle à même de lui tenir tête.

Mais la fable ne serait pas complète sans la présence d’un prince charmant : répondant au nom de William, il est l’ami d’enfance de Blanche-Neige et le fils du Duc Hammond, ex-bras droit du Roi Magnus. Quand l’armée noire de Ravenna a prit le contrôle du château et emprisonné Blanche-Neige, William, interprété par , s’est enfuit avec son père aux confins du royaume, dans une contrée peuplée de trolls, de nains et de lutins. William et son père travaillent depuis des années à la formation d’une armée chargée de protéger le peu qu’il reste du
royaume du courroux de la Reine maléfique. Quand William apprend que son amour de jeunesse est toujours en vie, ce virtuose du tire à l’arc jure de retrouver Blanche-Neige et de ne plus jamais la quitter.

Pour le comédien, «William cherche à rendre plus juste le monde qui l’entoure, et pour ce faire, il désobéit à son père. Il a donc un côté rebelle. Mais il le fait par conviction. C’est un type fondamentalement respectable.»

William en a assez de vivre en exil, veut reconquérir le royaume et libérer son peuple de la tyrannie qu’exerce Ravenna, et il trouve une alliée dans son amie d’enfance.

Pour le réalisateur, «Sam joue William à la perfection, ce qui n’était pas chose facile, à côté d’un chasseur si charismatique. Il nous a tous impressionnés par sa justesse et sa maîtrise.»

Les personnages secondaires sont interprétés par dans le rôle de l’infâme Finn, le frère et homme de main de Ravenna. incarne le Duc Hammond, ancien commandeur du Roi Magnus, lui-même interprété par . est son épouse adorée et la mère de Blanche-Neige. interprète la servante Greta dont Ravenna vole la jeunesse. Et , dans ses débuts au cinéma, joue Blanche-Neige enfant.

Notes de Tournage...

4 Juillet 2011 - Une trilogie pour Blanche-Neige et le chasseur ?

Le producteur , qui a également produit Alice au pays des merveilles de Tim Burton, a d'ores et déjà annoncé que Blanche-neige Et Le Chasseur serait une trilogie.

Kristen  Stewart


Ce Blanche Neige réunira (Twilight), (Hancock), (Thor) et (Pirates Des Caraïbes : La Fontaine De Jouvence).

D’Alice à Blanche-Neige : comment un conte classique devient une épopée

Ancien président de 20th Century Fox et de Walt Disney Studios et producteur d’Alice Aux Pays Des Merveilles de Tim Burton (2010), a tout de suite su que son équipe avait déniché un joyau quand Palak Patel, directeur du développement chez Roth Films et producteur délégué du film, lui présenta le scénario de ce qui allait devenir Blanche Neige Et Le Chasseur.

L’adaptation novatrice, signée , du conte légendaire des frères Grimm datant de 1812 recelait un immense potentiel narratif et visuel. C’est aussi à Patel et Roth qu’on doit d’avoir pressenti qui saurait mener de mains de maître ce projet de film d’aventure à grand spectacle. Réalisateur de publicités de renom, a développé un style visuel unique, responsable du succès de campagnes aussi remarquées que celle du jeu vidéo Halo 3. Patel et sa consœur, la productrice déléguée Gloria Borders, nourrissaient une véritable fascination pour le ton sans complaisance, l’impressionnante variété et la profondeur humaine du travail de Sanders, et il fut le premier et le seul auquel l’équipe de Roth proposa le projet. Pour ce vétéran de la publicité, il était primordial de repenser l’histoire pour en faire une expérience visuelle destinée autant au public féminin que masculin.

Le casting des nains : une poignée de virtuoses anglais

Une impressionnante sélection de comédiens britanniques a été réunie pour donner vie à la bande de nains du film, et un mélange d’effets visuels et de trucages a permis de créer l’illusion de leur taille. Le réalisateur contacta chaque comédien séparément et leur présenta des croquis de leur personnage et une description détaillée de leurs origines et de leur histoire.

Pour , le processus s’apparentait au casting d’un film de gangster anglais : «Je voulais faire quelque chose de différent. Il me fallait des durs au grand cœur. Je voulais les faire chanter et pleurer, rire et se battre, comme une vraie bande de frangins. J’ai élaboré toute une bible avec des images décrivant le monde de Blanche-Neige en détail : sa géographie, son histoire. Pour le reste, j’ai dû les convaincre de me faire confiance. Les nains enrichissent énormément le film. Ils apportent un ressort comique mais aussi beaucoup d’émotions.»

Les costumes : pèlerines et tenues de combat

Triple-lauréate de l’Oscar des Meilleurs Costumes, pour  alice Au Pays Des Merveilles (Tim Burton, 2010), Chicago (Rob Marshall, 2002) et Mémoires D'Une Geisha (Rob Marshall, 2005), la chef costumière visionnaire Colleen Atwood fut mise au défi de présenter aux spectateurs contemporains les personnages de ce conte revisité grâce à des créations riches et hétéroclites.

Collaboratrice de longue date de dans la publicité, il déclare à son propos : «Colleen a plus d’expérience que nous tous réunis. C’est formidable qu’elle ait accepté de travailler sur ce film car les costumes y jouent un rôle primordial. Le défi était d’arriver à un parfait équilibre entre réalisme et fantastique.»

Effets visuels et effets spéciaux : des stars qui rapetissent

se considère comme un réalisateur pratique et n’a aucun intérêt pour les effets visuels en eux-mêmes. Il préfère s’en servir pour mettre en valeur ce qui a déjà été effectivement filmé. 90% du film a été tourné de manière traditionnelle (en plateau ou en décors naturels) avec un recours très limité à l’incrustation.

Un des plus gros défi pour le réalisateur et son directeur de la photographie Greig Fraser fut de filmer et d’intégrer les nains (joués par des comédiens de taille normale) dans les décors, et de les faire interagir avec le reste de la distribution. Plusieurs techniques furent utilisées et l’une d’elles fut élaborée par un des superviseurs des effets visuels (et réalisateur additionnel de 2e équipe), Cedric Nicolas-troyan, collaborateur de longue date de Sanders.

Effets visuels additionnels : homme-miroir et créatures enchantées

Le cas des nains n’est pas le seul à avoir nécessité la collaboration de plusieurs départements. Si le réalisateur préfère les méthodes de tournage traditionnelles, l’exécution finale de nombreux personnages et scènes demandait l’assistance de génies des effets visuels. Compte tenu des délais très serrés, et la productrice déléguée Gloria Borders engagèrent les services de huit compagnies différentes qui se divisèrent le

Les décors : sombres châteaux et chênes de 800 ans

Le monde dans lequel évolue Blanche-Neige fut pensé et élaboré par le chef décorateur de La Mort Dans La Peau (Paul Greengrass, 2004) Dominic Watkins, aux studios de Pinewood dans le Buckinhamshire (Royaume-Uni). La possibilité de travailler en studio était très importante pour le réalisateur, et un luxe de plus en plus rare pour les équipes souvent dépendantes de l’utilisation des techniques d’incrustation.
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