Comme les précédents films de
Nimrod Antal,
Blindés a un style visuel bien à lui qui témoigne de l’attention que le réalisateur porte aux détails.
Dan Farah observe : « Sur le plan visuel, le film est tout simplement fantastique. » Pour créer l’esthétique unique du film, le réalisateur a collaboré avec le directeur de la photographie
Andrzej Sekula, qui a signé la photographie de
Pulp Fiction et
Reservoir Dogs de Quentin Tarantino.
Nimrod Antal et
Andrzej Sekula avaient déjà travaillé ensemble sur
Motel.
Nimrod Antal raconte : « Le directeur de la photographie est la personne avec qui je travaille le plus sur le plateau. Je préfère quand il y a une certaine intimité entre lui et moi, une collaboration étroite. J’ai un sens visuel très fort, mais j’invite et j’encourage tout le monde à donner des idées, et Andrzej est le collaborateur idéal. Son style visuel est discret, élégant et très étonnant. L’éclairage et le type de pellicules qu’il a utilisés donnent une image très lisse. Il a un œil absolument remarquable. »
Nimrod Antal continue : « Travailler avec Andrzej, c’est un peu comme être le passager d’une voiture de course pilotée par un expert. Si c’est un bon conducteur, vous pouvez tenir le volant avec lui sans avoir peur, même s’il roule à 300 km/h. Pour Andrzej, faire des dérapages et prendre des virages à 300 km/h n’a rien d’exceptionnel parce que c’est ce qu’il fait tous les jours. »Une des meilleures idées d’
Andrzej Sekula a été de tourner une scène clé du film depuis un point de vue original : le rétroviseur du fourgon.
Nimrod Antal remarque : « C’est très simple, mais cela crée un effet très puissant qui renforce la narration. L’idée était vraiment brillante. »
Le chef décorateur
Jon Gary Steele, qui a lui aussi travaillé sur
Motel, a rejoint l’équipe et apporté, selon
Nimrod Antal, une contribution inestimable au style visuel du film. Le réalisateur raconte : « Les décors qu’il a construits étaient vraiment spéciaux. A Fontana, en Californie, nous avons trouvé une vieille aciérie qui tombait en ruine. Elle était parfaite pour les extérieurs, mais l’intérieur n’était pas praticable, nous avons donc été obligés de créer un décor intérieur dont le style était le même que celui de l’usine. »Comme presque la moitié du film se déroule dans l’usine, le défi était de créer un décor qui reste intéressant.
Jon Gary Steele se souvient : « Nous avons décidé de construire l’intérieur de l’usine dans un studio, sur plusieurs niveaux. Cela a donné à Nimrod de nombreuses possibilités pour une poursuite dans cet immense espace. »
Nimrod Antal raconte : « Gary a eu l’excellente idée d’utiliser plusieurs niveaux pour créer plus de tension. Il a conçu un système d’escalier labyrinthique comme aurait pu en imaginer Escher. C’était sensationnel ; cela donnait au décor une dimension, une complexité que nous n’aurions jamais pu avoir si nous étions restés constamment au sol. »
Jon Gary Steele a conçu une maquette du décor pour que
Nimrod Antal et
Andrzej Sekula puissent planifier chaque plan. Le chef décorateur note : « Cela permettait de discuter de la façon dont nous allions utiliser le décor. Cela a aussi permis à Andrzej de voir où il allait placer ses éclairages. La construction de la maquette a été terminée en quelques semaines. » L’équipe a ensuite eu sept semaines pour construire le décor proprement dit.
Jon Gary Steele raconte : « Tout a été fabriqué en bois et recouvert d’une peinture qui donne l’aspect du béton. Nous avons tout fait nous-mêmes, excepté une ou deux pièces d’équipement que nous avons louées. Nous avons aussi vieilli et ajouté de l’usure au décor. Un de nos décorateurs, Charlie Bryant, a répandu de la poussière partout pour que l’usine ait l’ait d’être abandonnée depuis de nombreuses années. »
En plus d’avoir donné aux cinéastes plus de contrôle sur le lieu de tournage, construire le décor a eu plusieurs avantages pour les acteurs.
Laurence Fishburne raconte : « Il m’arrivait parfois d’oublier que nous étions en studio. J’ai joué dans des entrepôts abandonnés reconvertis en studios qui ressemblaient souvent à ce décor d’usine. Cette fois-ci, le plateau était chauffé et il n’y avait pas de vermine dans les coins. Il y avait même des petites voitures de golf, des toilettes et l’eau courante. »Le confort n’a pas détourné les cinéastes de leur objectif principal : créer un décor ultra réaliste.
Milo Ventimiglia déclare : « J’ai été époustouflé par la façon dont ils ont recréé cette aciérie. C’était gigantesque et tout ressemblait vraiment à une véritable usine. Le style et les textures étaient en parfaite adéquation avec le reste du film. »
Milo Ventimiglia ajoute : « Le décor semblait avoir été pris dans une usine et posé tel quel dans le studio. Cela a apporté beaucoup d’authenticité à l’histoire. Nous avions du gravier et des débris sous nos chaussures, et on respirait de la poussière toute la journée. Cela nous a beaucoup aidés à nous sentir dans l’action et dans la peau de nos personnages. »La seconde moitié du film est pleine de cascades qui semblent terriblement dangereuses. Pour régler ces cascades et assurer la sécurité des acteurs et de son équipe,
Nimrod Antal a travaillé avec le coordinateur des cascades Lance Gilbert.
Le réalisateur observe : « J’ai eu la chance de travailler avec des gens bourrés de talent. Lance est un des meilleurs dans son domaine. Je redoutais les cascades parce que je ne voulais pas que quelqu’un se blesse, mais tout s’est très bien passé et le résultat final est très impressionnant. » Pour planifier les cascades sophistiquées du film, les cinéastes ont utilisé une technique testée et approuvée par tous les petits garçons de dix ans.
Nimrod Antal se souvient en souriant : « Lance et moi étions dans le studio, par terre, avec des petites voitures Hot Wheels, en train de chorégraphier les cascades. Si quelqu’un nous avait vus, je pense qu’il se serait posé des questions sur ce que nous étions en train de faire. Deux adultes agenouillés par terre en train de jouer aux petites voitures, ce n’est pas très rassurant, surtout quand ces deux personnes sont aux commandes d’un film... »Le casting essentiellement masculin du film s’est beaucoup amusé avec les séquences d’action.
Amaury Nolasco confie : « Je suis un peu casse-cou, j’adore faire les cascades moi-même, et pendant le tournage j’ai sauté d’un immeuble de cinq étages. Toutes les précautions ont été prises.
Pour Lance, la sécurité prime sur tout. Il a répété toutes les phases et tous les mouvements avec moi, et puis il m’a demandé si je voulais vraiment le faire. J’ai dit : « Tu plaisantes ? Bien sûr que je vais le faire ! » J’avais une très bonne doublure cascade, mais je voulais faire le saut moi-même pour voir ce que cela fait. C’était très amusant. »
Skeet Ulrich raconte : « Faire des cascades est parfois ce que je préfère dans le métier d’acteur. D’une certaine façon, c’est plus relaxant que les longues scènes de dialogue. La démarche est différente, mais parfois on a un peu de mal à s’endormir après certaines scènes. Vous êtes tellement excité par ce que vous venez de faire qu’il faut un peu de temps avant que l’adrénaline ne retombe. »Bien que peu de gens aient eu un jour à surveiller plusieurs millions de dollars dans un fourgon blindé, le réalisateur
Nimrod Antal pense que les spectateurs de tous âges et toutes origines seront sensibles aux thèmes du film. Il explique : « Nous avons tous vécu un moment où nous nous sommes sentis coincé entre le marteau et l’enclume. C’est une situation que tout le monde peut comprendre. »Le réalisateur conclut : « Nous avons fait un film de hold-up plein d’action et de suspense comme je n’en ai pas vu depuis longtemps. Le tournage de
Blindés a été aussi intense qu’intimidant parce que nous avions de grandes stars et une histoire absolument énorme. Tout le monde s’est donné à fond, et tous les jours je me disais que j’avais beaucoup de chance de faire ce film. »