Notes de Prod. : Blindness

    en DVD le 27 Mai 2009

Voir comme un aveugle

Avec dix acteurs principaux et 150 figurants sur le lieu de tournage (une prison à Guelph Ontario), plus 300 à 400 figurants (dont deux non-voyants) à Montevideo, Uruguay, puis à Sao Paolo, Brésil, les coaches de Blindness Christian Duurvoort et Barbara Willis Sweete ont développé une technique perfectionnée afin d'apprendre aux voyants à agir comme des aveugles.
« Il faut un minimum de huit heures pour enseigner une cécité récente convaincante » dit Duurvoort. Les ateliers étaient constitués de deux sessions de quatre heures qui exploraient l'espace, les expériences sensorielles des odeurs et des sons, des exercices physiques individuels et collectifs. Tous commençaient par environ une heure et demie de travail les yeux bandés ce qui permettait aux acteurs de commencer à comprendre un mouvement indépendant de la vision. « Pour les aveugles, l'espace est ce que le corps touche. Les voyants entendent des sons auxquels ils ne sont pas attentifs, mais pour les aveugles, ils sont très importants » poursuit Duurvoort.
Puis, les bandeaux étaient retirés, pour aller progressivement d'un jeu les yeux fermés à un jeu les yeux ouverts. Les acteurs principaux pouvaient choisir de jouer avec des lentilles qui les rendaient aveugles, une solution souvent choisie pour les scènes intenses qui leur permettait de se concentrer sur leur jeu plutôt que sur leur cécité feinte. « Au début, j'ai demandé les lentilles », confie Alice Braga, « il y avait trop de choses auxquelles penser pour pouvoir éviter de regarder. Il fallait aussi ressentir les émotions et parler dans différentes langues. »
Fernando Meirelles fut si impressionné par ces ateliers, qu’il ne se contenta pas d’y participer mais insista pour que tout le monde le fasse y compris César Charlone, le directeur de la photographie ou d'autres responsables d'équipes. « Pour moi , dit Meirelles, « l'expérience la plus forte fut le son : ce qu’on entend, et comment cela modifie votre perception du monde alentour. Donc dans le film vous allez entendre mieux. Le son sera très net afin que les spectateurs prêtent attention au plus petit bruit. »
De surprenantes leçons furent tirées des ateliers de cécité. « Être aveugle ressemble beaucoup au jeu du comédien, il s'agit d'apprendre très tôt à accepter l'humiliation. Quelques fois vous allez être ridicule, vous allez vous cogner dans les murs, vous allez rater l'urinoir. Vous passerez pour un imbécile, ce qui, au fond, est ce que vous découvrez lors de votre première année d'école de théâtre où vous apprenez à être vulnérable sur scène, à permettre aux gens de voir votre insécurité et votre embarras. Devenir aveugle ressemble beaucoup au parcours de l'acteur » dit Don Mckellar.

Notes de Tournage...

Le 25 Avril 2008 - Verra-t-on L'aveuglement à Cannes ?

Le film L'Aveuglement de Fernando Meirelles ne fait pas partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2008.

L'Aveuglement, basé sur un roman de Jose Saramago qui avait obtenu le prix Nobel de littérature, raconte comment une épidémie de cécité contamine toute une ville et la contraint à la quarantaine. Selon le magazine américain The Hollywood Reporter, le film a tout pour plaire : « Il est en anglais et c’est un drame ambitieux. De plus, Meirelles est un réalisateur international qui s’est déjà retrouvé à Cannes. » Le journal ajoute que « le film est bel et bien fini » et qu’il ne comprend donc pas pourquoi L'Aveuglement ne figure pas parmi les sélectionnés. Mais qu’on se rassure, nous dit-il, car « parler d’une absence est peut-être prématuré. En effet, tous les films n’ont pas encore été annoncés. » En outre, plusieurs sources auraient affirmé que le drame de Fernando Meirelles serait le candidat idéal à l’ouverture du 61e Festival de Cannes.

En attendant de voir si Cannes ouvrira les yeux sur L'Aveuglement, une rumeur circule comme quoi « il serait surprenant que le film ne se retrouve pas en compétition. »

Adapter le roman

En 1995, José Saramago publie le roman L'Aveuglement. Don Mckellar découvre la traduction anglaise en 1997, mais c'est seulement au festival de Mar del Plata où il présente son film Last Night qu'il laisse entendre au producteur Niv Fichman de Rhombus Media qu'il réfléchit à une adaptation du livre.

Un réalisateur avec une vision

En 2006, Niv Fichman et Don Mckellar comprennent que l'ampleur de Blindness demande un réalisateur confirmé. “Je ne connaissais pas du tout Fernando,” dit Niv Fichman. “J'avais seulement vu ses films et lu des interviews. Quand je rêvais à qui serait parfait pour Blindness, je rêvais de l'énergie cinétique et du jeu naturaliste de La Cité De Dieu, alliés à l'élégance et au très subtil caractère politique de The Constant Gardener, tant pour le livre que pour le film.

Avoir un point de vue

Le roman, parabole profondément politique, est libéré des conventions du réalisme par le minimalisme de Saramago. Fernando Meirelles croit qu'il est possible d'avoir une lecture politique des événements de Blindness. Il avait été attiré par The Constant Gardener car il voyait dans ce projet une réaction à la manière dont les États-Unis tentaient d'empêcher le Brésil de produire des médicaments génériques moins coûteux.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 416 entrées
  • 1ère semaine IDF : 17 115 entrées
  • Cumul IDF : 35 357 entrées

  • 1ère semaine France : 25 808 entrées
  • Cumul France : 51 529 entrées