Notes de Prod. : Blueberry

    en DVD le 13 Octobre 2004

Le mot du réalisateur Jan Kounen

L’adaptation de Blueberry au cinéma
Je n’ai jamais voulu faire une transposition littérale de la bande dessinée, ni faire un western classique même si j’en ai revu entre 70 et 80 pour respecter les règles du genre et réussir un film épique qui embarque le spectateur. Les albums de Blueberry, je les ai lus, je les ai refermés et je me suis dit : « Bon, on ne va pas trahir ça, on va le prendre et jouer avec, créer autre chose ». La bande dessinée, j’avais besoin de l’oublier pour déclencher le processus créatif. L’expérience secrète que le film raconte est la tentative de Mike Blueberry de réconcilier les deux mondes, le monde occidental qu’il incarne et le monde indien où il a passé une partie de son enfance.

La perception du personnage de Mike Blueberry
Blueberry, c’est un type qui travaille pour l’armée, la loi, la police – un Marshall, c’est un policier quand même -, mais à côté de ça, il est un peu particulier, il a toujours été en marge. J’aime son indiscipline : il est capable de refuser une mission, de désobéir aux ordres. Il possède une vraie indépendance d’esprit, un mal de vivre aussi : on sent qu’il a un passé lourd, dans la grande tradition des héros de western.

La phase d’écriture
Au départ, Thomas Langmann, le producteur, m’a proposé d’écrire avec Gérard Brach, fidèle collaborateur de Roman Polanski. J’ai trouvé que c’était une excellente idée. A son contact, j’ai abandonné beaucoup d’idées reçu sur le côté scolaire du scénario. Toutefois, lorsque nous avons abordé le chamanisme, nous avons buté sur le sujet que nous connaissions trop mal l’un comme l’autre. À partir de là, j’ai continué seul en allant moi-même rencontrer des chamanes au Mexique, au Pérou… Chacun de ces voyages, au cours desquels je découvrais de nouvelles réalités, transformait ma perception des choses et m’aidait à en nourrir le scénario. Par la suite, les scénaristes Matt Alexander et David Scinto sont intervenus sur l’écriture.

La dimension chamanique
Dans le monde où nous vivons, on a tendance à dire qu’il n’existe qu’une seule réalité. J’avais envie de remettre en question cette idée reçue en montrant une autre réalité, celle que les Indiens ont explorée. Notre culture maîtrise très bien la dimension matérielle mais beaucoup moins la dimension spirituelle.

La version originale
Pour ce type de film, l’anglais me paraissait évident : il ne serait pas logique de tourner un western en français. J’ai écrit en français, nous avons ensuite fait traduire et adapter le scénario, et simultanément je perfectionnais mon anglais.
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Le casting
J’avais indiqué qu’il me faudrait un personnage d’idiot du village, on m’a répondu en plaisantant : pas de problème, ça pullule au Mexique… Alors j’ai dit : « Très bien, c’est moi qui vais le faire, moi qui suis un acteur frustré… » C’est comme ça que je me suis retrouvé à assurer un petit rôle sur le film.

Le mot de Vincent Cassel

La genèse de la participation de Vincent Cassel au film
La genèse de tout ça est une histoire un peu bizarre. J’étais déjà très intéressé par tout ce qui tournait autour du chamanisme, et à la sortie du Dobermann, alors que Jan m’avait donné à lire Le Moine et le philosophe, presqu’en échange je lui ai filé des bouquins de Castaneda et je crois que c’est un peu de là que sont parties les choses. Dans un premier temps, il n’avait pas de rôle pour moi. J’étais extérieur au projet du film. Mais le sujet m’intéressait. Je trouvais extrêmement courageux de la part de Jan de se lancer aussi loin dans un tel univers. Un jour, il m’appelle et me parle du rôle de Prosit – qui est quand même décrit dans le script comme un petit gros, chauve, de cinquante ans… J’étais dérouté, mais prêt à jouer le jeu. Et puis, un peu plus tard, c’est finalement le personnage de Blueberry qu’il m’a proposé.

Le mot de Juliette Lewis

La rencontre avec Vincent Cassel
J’ai été séduite par son côté intrépide. On dirait vraiment que rien ne l’impressionne ! J’ai aussi aimé son sens de l’humour ainsi que son implication dans le film. Il s’est donné sans compter pour ce projet. J’ai de très bons souvenirs de tournage avec lui. On vivait comme de vrais cow-boys, habillé avec des vêtements crasseux et chevauchant nos montures sous un soleil de plomb.

Le mot de Michael Madsen

La principale motivation
Il y a quelques années, j’ai tourné dans Wyatt Earp, un western particulièrement ennuyeux. Avec Blueberry, j’ai saisi l’occasion de me racheter.

Un western réalisé par un français : étonnant ?
Si, mais c’est justement ce qui a excité ma curiosité. J’aime travailler sur des films qui sortent de l’ordinaire.