BOMBON LE CHIEN s'inscrit dans la continuité de mon précédent film
Historias Minimas. J'ai en effet repris des personnages simples, traités de façon minimaliste et interprétés par des non-acteurs. Parler des personnages simples est sans doute une simplification en soi. En réalité, les personnages simples n'existent pas : l'univers intérieur du paysan le plus humble est aussi insondable que celui du professeur de philosophie. La seule différence est que ce dernier réfléchit et communique essentiellement par la parole alors que le premier, plus élémentaire, le fait à travers des gestes et des silences. J'ai toujours préféré le gestuel au textuel au cinéma. Un regard, un silence, un imperceptible rictus deviné sur un gros plan, exprime bien davantage que toutes les rhétoriques. Et c'est ce qui se produit avec les personnages « simples » : il faut les lire dans les yeux.
Dans
BOMBON LE CHIEN, je retravaille avec des non-acteurs. Ce choix provient sans doute des quelques expériences où j'ai filmé des gens réels en étant réalisateur de pub. Quelques films du cinéma indépendant actuel, qui laissent une part floue à la limite existant entre fiction et documentaire, m'ont également influencé. En règle générale ; je suis plutôt attiré par la réalité que par la fiction, je penche davantage du côté de la biographie que vers le roman. Le travail avec des gens réels, des lieux réels et de l'éclairage réel permet, à mon sens, d'atténuer la manipulation et la tromperie qu'implique inévitablement le cinéma.
Les interprètes de
BOMBON LE CHIEN sont strictement pareils que les personnages. Pas sur le plan anecdotique - ils exercent d'autres métiers et vivent ailleurs- mais dans l'essentiel, dans l'âme. L'idée était de faire surgir de cette superposition des instants de vérité. Si la caméra peut le saisir c'est que nous nous trouvons face à un moment de documentaire, un moment de vérité. A la fin du générique, vous allez retrouver la phrase bien connue qui dit « les personnages et les situations de ce film ne sont que pures fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant réellement existé ne serait que pure coïncidence ». Ne le croyez pas tout à fait : dans ce film, ni les personnages, ni les situations ne sont entièrement fictives, pas plus que les ressemblances n'ont été purement fortuites.